Sondage Arab News/YouGov: la majorité des Palestiniens favorable à la solution des deux États, 11% souhaitent vivre sous l’occupation israélienne

La moitié des Palestiniens privilégient la solution de deux États pour régler le conflit avec Israël et le quart de la population palestinienne se disent prêts à vivre sous l’occupation israélienne, selon un sondage (Photo d’archive/Reuters).
La moitié des Palestiniens privilégient la solution de deux États pour régler le conflit avec Israël et le quart de la population palestinienne se disent prêts à vivre sous l’occupation israélienne, selon un sondage (Photo d’archive/Reuters).
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Publié le Lundi 15 mai 2023

Sondage Arab News/YouGov: la majorité des Palestiniens favorable à la solution des deux États, 11% souhaitent vivre sous l’occupation israélienne

  • 51 % des répondants sont favorables à une solution à deux États pour mettre un terme au conflit avec Israël qui perdure depuis des dizaines d’années
  • Le quart de la population palestinienne se disent prêts à vivre sous le contrôle ou l’occupation israélienne

DUBAÏ : La moitié des Palestiniens privilégient la solution de deux États pour régler le conflit avec Israël. Cependant, le quart de la population palestinienne se dit prêt à vivre sous l’occupation israélienne. C’est ce qui ressort d’un sondage spécial réalisé par Arab News/YouGov. 

Le rapport a été publié à l’occasion du 75e anniversaire de la Nakba, le jour où l’armée israélienne a chassé des centaines de milliers de Palestiniens de leurs maisons. Il révèle que sur l’ensemble des Palestiniens interrogés, 51% sont favorables à une solution à deux États pour mettre un terme à ce conflit qui perdure depuis des dizaines d’années. 

Les conclusions du sondage montrent par ailleurs que 13% des Palestiniens interrogés souhaitent être intégrés à Israël, c’est-à-dire se fondre dans la société israélienne et acquérir la citoyenneté israélienne. 

En revanche, 11% des personnes interrogées affirment qu’elles préfèrent continuer de vivre sous l’occupation israélienne. Ces dernières ne souhaitent pas être gouvernés par l’Autorité palestinienne ni obtenir la citoyenneté israélienne. 

«Les Palestiniens sombrent dans le désespoir. Soixante-quinze ans se sont écoulés depuis la Nakba, et la plupart d’entre eux ont perdu tout espoir de parvenir à une solution politique significative par le biais du processus politique», confie à Arab News Chris Doyle, directeur du Council for Arab-British Understanding («Conseil pour l’entente entre Arabes et Britanniques»), basé à Londres 

Selon les données recueillies, les deux tiers des Palestiniens (64 %) se disent peu enclins à un compromis au sujet de Jérusalem. La solution la plus populaire consiste à scinder la ville en deux parties: Jérusalem Est (capitale de l’État palestinien) et Jérusalem Ouest (capitale d’Israël). 35% des répondants appartenant au groupe des personnes les plus âgées sont favorables à cette solution.

La solution à deux États est envisagée depuis la signature des accords d’Oslo en 1993. Elle vise à mettre un terme au conflit israélo-palestinien et à l’occupation. 

M. Doyle s’est exprimé en ces termes: «La solution à deux États est désormais une notion ambiguë, car on ne sait plus très bien ce qu’elle signifie. On ignore si elle envisage une Palestine souveraine sur la base des lignes de 1967, ayant Jérusalem pour capitale.» 

Le sondage révèle que la solution la moins favorable est d’intégrer Gaza à l’Égypte et la Cisjordanie à la Jordanie, ce qui permettrait aux citoyens d’obtenir des passeports de chacun des deux pays. 

Points marquants

*    51% des Palestiniens sont favorables à la solution à deux États, comme le montre le sondage.

*    13% d’entre eux souhaitent être intégrés à Israël, selon les conclusions de l’enquête.

*    11% des personnes interrogées se disent prêtes à vivre sous l’occupation israélienne.

Quant aux médiations impartiales, les Palestiniens ont perdu toute confiance dans les États-Unis. Cela s’explique par la décision de l’administration Trump de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem et par le fait que plusieurs responsables américains considèrent la ville comme la capitale d’Israël. 

L’enquête menée par YouGov révèle que seuls 23% des Palestiniens continuent de percevoir les États-Unis comme un médiateur équitable. 59% d’entre ne partagent pas ce point de vue. En revanche, c’est la Russie qui arrive en tête des médiateurs les plus équitables (25% de réponses favorables), suivie de près par l’Union européenne (22% de réponses favorables). Viennent ensuite la Chine (18%) et le Japon (11%). 

Si l’on parvient à créer un État palestinien, les citoyens espèrent que leur gouvernement privilégiera le développement de l’économie et la création d’emplois – ces attentes sont privilégiées par 41% des personnes interrogées.

Dans ce contexte, la Cisjordanie et la bande de Gaza restent tributaires de l’aide étrangère. Si l’économie a progressé de 4% au cours des deux dernières années, la Banque mondiale prévoit un effondrement de l’économie palestinienne. Elle estime que la situation est sombre en 2023. 

La sécurité intérieure et le contrôle des frontières sont considérés comme des priorités pour 30% des répondants, les soins de santé pour seulement 5% d’entre eux, en dépit des mauvaises performances du secteur de la santé.

En 2022, la somme nécessaire à l’Unicef pour fournir et maintenir des services vitaux pour les femmes et les enfants en Palestine s’est élevée à 39 millions de dollars (1 dollar = 0,92 euro) de fonds humanitaires.

Le secteur de la santé continue de subir des pressions excessives et des perturbations. On estime que l’accès aux soins de santé primaires reste insuffisant pour 1,5 million des habitants de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, dont 700 000 enfants. En outre, 1,36 million de Palestiniens risquent de contracter des maladies en raison de la pénurie d’eau dans les foyers, des mauvaises conditions d’hygiène et des services publics limités. La pandémie de Covid-19 a, à elle seule, provoqué la mort de 5 622 citoyens. 

Quant aux raisons pour lesquelles les initiatives de paix ont échoué jusqu’à présent, les Palestiniens vivant en Palestine les imputent à l’intimidation exercée par Israël et à la construction de colonies sur des terres palestiniennes annexées (31%), aux erreurs et au manque de leadership de l’Autorité palestinienne (20%) et au sabotage du dialogue par les milices armées palestiniennes (8%).

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Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Liban: fin de l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth

Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
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  • Le juge Tarek Bitar a clôturé l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth en 2020, ouvrant la voie à d’éventuels renvois devant le tribunal de dizaines de responsables politiques, militaires et fonctionnaires interrogés
  • L’explosion, provoquée par 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées sans précaution, avait fait plus de 220 morts et est devenue un symbole de l’impunité au Liban, l’enquête ayant été bloquée par l’hostilité politique avant d’être reprise en 2025

BEYROUTH: Le juge chargé du dossier de l'explosion au port de Beyrouth en 2020 a clôturé son enquête, ouvrant la voie à de possibles renvois devant le tribunal des dizaines de personnes auditionnées au cours des investigations, a indiqué lundi une source judiciaire à l'AFP.

"Le juge d'instruction en charge de l'enquête, Tarek Bitar, a clôturé son enquête" près de six ans après l'explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise le 4 août 2020 et fait plus de 220 morts, a précisé cette source judiciaire.

Le magistrat a transmis le dossier au procureur général de la Cour de cassation pour avis, avant d'éventuels renvois devant le tribunal, a ajouté cette source.

Près de 70 personnes, dont des personnalités politiques, des responsables des services de sécurité et de l'armée ainsi que des fonctionnaires, avaient été convoquées au cours de l'enquête, a détaillé la source judiciaire. Certaines d'entre elles avaient refusé de répondre aux convocations du juge et d'être interrogées.

Le dossier judiciaire de la déflagration du port est devenu un symbole de l'impunité, le juge d'instruction ayant dû interrompre son enquête en janvier 2023 face à l'hostilité d'une grande partie de la classe politique, notamment du Hezbollah qui accusait le magistrat de partialité.

Il avait été poursuivi un temps pour insubordination, mais avait pu reprendre son enquête début 2025 après l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement et d'un nouveau président qui avaient promis de préserver l'indépendance de la justice.

Considérée comme l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'Histoire, l'explosion du port avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d'ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.

La cargaison de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, transportée à bord d'un navire, le Rhosus, était arrivée au port de Beyrouth en novembre 2013.

Les autorités portuaires avaient stocké cette marchandise dans un entrepôt délabré, selon des responsables libanais, tandis que le Rhosus, immobilisé après le lancement de poursuites contre le propriétaire, avait coulé dans le port en 2018.

Un premier juge chargé en 2020 de l'enquête avait jeté l'éponge après avoir inculpé l'ex-Premier ministre, Hassan Diab, et trois anciens ministres.


L'Iran a attaqué un pétrolier du Koweït à Dubaï, aucun blessé

L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
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  • L’Iran est accusé d’avoir attaqué par drone un pétrolier koweïtien au large de Dubaï, provoquant un incendie et des dégâts matériels, sans faire de victimes parmi les membres d’équipage
  • Cette attaque s’inscrit dans une escalade régionale depuis fin février, avec des frappes iraniennes contre des infrastructures du Golfe et un fort ralentissement du trafic dans le détroit d’Ormuz, impactant les marchés énergétiques mondiaux

KOWEIT: L'Iran a conduit une attaque "directe et malveillante" contre un pétrolier sous pavillon koweïtien au niveau du port de Dubaï, aux Emirats arabes unis, sans faire de blessés, a rapporté mardi l'agence de presse koweïtienne.

Le pétrolier "était entièrement chargé au moment de l'incident. L'attaque a causé des dégâts matériels sur la coque du navire et un incendie à bord, avec un risque de marée noire dans les eaux environnantes", a écrit l'agence Kuna, citant la société pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation.

Il n'y a eu aucun blessé, de même source.

Les autorités de l'émirat ont confirmé qu'un pétrolier koweïtien avait été ciblé par un drone dans les eaux de Dubaï, ce qui a provoqué un incendie. Une équipe d'intervention est finalement venue à bout de l'incendie, ont-elles fait savoir un peu plus de deux heures après leur premier message sur X.

Les membres d'équipage du navire sont en sécurité, a ajouté le bureau de presse de Dubaï.

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février par des frappes américano-israéliennes en Iran, Téhéran frappe régulièrement des infrastructures de pays du Golfe, et bloque en partie le détroit d'Ormuz par lequel transite en temps de paix environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le trafic y a chuté d'environ 95% depuis le début du conflit, selon la plateforme de suivi maritime Kpler. Les répercussions se font sentir sur l'ensemble des marchés énergétiques mondiaux.


Liban/Finul: réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies mardi

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence à la demande de la France après la mort de Casques bleus de la FINUL au Liban
  • Paris condamne fermement les tirs, appelle à protéger le personnel onusien et pointe des incidents impliquant Israël dans un contexte de tensions avec le Hezbollah

Nations unies, États-Unis: Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mardi à 10H00 (14H00 GMT) une réunion d'urgence demandée par la France après la mort de plusieurs Casques bleus au Liban, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé plus tôt dans la journée cette requête de la France à la suite des "incidents gravissimes subis par les Casques bleus de la Finul", la force de maintien de la paix de l'ONU au Liban.

La France "condamne avec la plus grande fermeté les tirs" qui ont causé dimanche et lundi la mort de trois Casques bleus de la Finul, a-t-il ajouté sur X.

Cette force, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.

Depuis, la Finul a essuyé des tirs à plusieurs reprises.

"La France condamne également les graves incidents subis hier (dimanche) par le contingent français de la Finul dans la zone de Naqoura", a ajouté le ministre français.

"Ces atteintes à la sécurité et ces intimidations de la part de soldats de l'armée israélienne à l'encontre de personnels onusiens sont inacceptables et injustifiables, d'autant plus que les procédures de déconfliction avaient été respectées", a-t-il estimé, soulignant que ces condamnations avaient "été signifiées avec la plus grande fermeté à l'ambassadeur d'Israël à Paris".

Jean-Noël Barrot a enfin exhorté toutes les parties à respecter la sécurité du personnel onusien.

Lors de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël à l'automne 2024, la Finul avait déjà accusé les troupes israéliennes de tirs "répétés" et "délibérés" sur ses positions.

La Finul est déployée entre le fleuve Litani et la frontière libano-israélienne, et son quartier général est installé à Ras al-Naqoura, près de la frontière avec Israël.

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche par l'explosion d'un projectile d'origine inconnue près de la ville frontalière d'Adchit Al Qusayr. Lundi, deux autres soldats ont été tués dans "une explosion d'origine inconnue" près de Bani Hayyan, autre ville frontalière, et plusieurs autres ont été blessés.