Tunisie: Les familles de détenus tunisiens, dont Rached Ghannouchi, devant un tribunal africain

Yusra Ghannouchi et Kaouther Ferjani, les filles d'éminents détenus politiques tunisiens, sont photographiées avec leur avocat, l'avocat britannique Rodney Dixon à Nairobi, le 23 mai 2023 (Photo, AFP).
Yusra Ghannouchi et Kaouther Ferjani, les filles d'éminents détenus politiques tunisiens, sont photographiées avec leur avocat, l'avocat britannique Rodney Dixon à Nairobi, le 23 mai 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 24 mai 2023

Tunisie: Les familles de détenus tunisiens, dont Rached Ghannouchi, devant un tribunal africain

  • Rached Ghannouchi, l'ancien président du Parlement et l'un des principaux opposants au président tunisien Kais Saied, qui a dissous le Parlement en juillet 2021 et s'est arrogé les pleins pouvoirs, figure parmi les personnes détenues
  • Kais Saied avait de son côté affirmé que les personnes détenues étaient des «terroristes» impliqués dans un «complot contre la sûreté de l'Etat»

NAIROBI: Les familles de membres de l'opposition tunisienne arrêtés ont déposé mercredi une plainte devant la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples pour demander la libération immédiate de leurs proches.

Depuis début février, les autorités tunisiennes ont incarcéré plus de 20 opposants et des personnalités parmi lesquelles des ex-ministres, une répression condamnée par la communauté internationale et par les groupes de défense des droits humains.

Rached Ghannouchi, l'ancien président du Parlement et l'un des principaux opposants au président tunisien Kais Saied, qui a dissous le Parlement en juillet 2021 et s'est arrogé les pleins pouvoirs, figure parmi les personnes détenues.

M. Ghannouchi, 81 ans, chef du mouvement islamo-conservateur Ennahdha, avait été arrêté en avril et condamné le 15 mai à un an de prison pour "apologie du terrorisme".

Pour sa fille, Yousra Ghannouchi, 45 ans, qui vit en Grande-Bretagne, les accusations portées contre l'ancien président du Parlement tunisien sont "politiquement motivées et fabriquées" et font partie d'une tentative de M. Saied pour "éliminer l'opposition", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Kais Saied avait de son côté affirmé que les personnes détenues étaient des "terroristes" impliqués dans un "complot contre la sûreté de l'Etat".

Ces arrestations et condamnations ont été qualifiées par les opposants de "coup d'Etat" et de retour à un régime autocratique dans la seule démocratie qui a émergé à la suite des soulèvements des Printemps arabes il y a plus de dix ans.

Les proches de Rached Ghannouchi: «Nous ne nous tairons pas»

Les proches de M. Ghannouchi et de plusieurs autres opposants emprisonnés ont déposé une plainte devant la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples à Arusha, en Tanzanie, dans le cadre d'une campagne mondiale pour demander leur libération.

"Nous espérons que cela conduira à leur libération et à la justice pour eux", a affirmé mardi Yousra Ghannouchi à Nairobi, à la veille d'un déplacement à Arusha.

"Ils ne se taisent pas et nous ne nous tairons pas", a-t-elle poursuivi.

Yousra Ghannouchi, comme plusieurs autres proches de détenus, a également appelé les États-Unis, l'Union européenne et la Grande-Bretagne à imposer des sanctions ciblées contre M. Saied et plusieurs ministres qui sont "tous impliqués dans des violations des droits humains".

"Ils essaient de défendre leurs dossiers en Tunisie mais toutes les portes ont été fermées", a déclaré à l'AFP Rodney Dixon, avocat de M. Ghannouchi et de cinq autres personnes emprisonnées.

M. Dixon a déclaré que les proches souhaitaient saisir la justice pour constater que les emprisonnements étaient contraires à la charte africaine des droits humains et obtenir leur libération.

"Il n'y a pas de justice par le biais du système là-bas (...), c'est pourquoi ils doivent venir" devant la Cour africaine, a affirmé M. Dixon, précisant que les détenus n'avaient pas régulièrement accès à des avocats et avaient du mal à obtenir des soins médicaux appropriés.

L'avocat a également déclaré qu'une "allégation de torture" sur un détenu sera soulevée devant la Cour.

Yousra Ghannouchi s'est dite inquiète pour la santé de son père car il souffre d'hypertension et "ce n'est plus un jeune homme".

L'ancien président du Parlement a été emprisonné à deux reprises dans les années 1980 pour activités politiques clandestines avant de s'exiler pendant 20 ans puis de revenir après le renversement du dictateur Zine El Abidine Ben Ali lors de la révolte du printemps arabe de 2011.

La Tunisie est l'un des six pays du continent à avoir pleinement adhéré à la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples.


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
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  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.

 

 


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.