Le nouveau cabinet d'Erdogan s'attaque aux défis locaux et mondiaux

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avec les nouveaux membres de son cabinet lors de la cérémonie d'investiture au complexe présidentiel d'Ankara, en Turquie. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avec les nouveaux membres de son cabinet lors de la cérémonie d'investiture au complexe présidentiel d'Ankara, en Turquie. (AFP)
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Publié le Dimanche 04 juin 2023

Le nouveau cabinet d'Erdogan s'attaque aux défis locaux et mondiaux

  • Les choix du président turc tournent autour l'économie et la politique étrangère, selon un expert
  • Erdogan est favorable à l'Occident et moins hostile aux pays de la région

ANKARA : Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dévoilé son nouveau cabinet samedi soir lors de la cérémonie d'investiture et les nominations donnent des indications sur l’orientation du nouveau gouvernement en matière d'économie et de politique étrangère.

Le fait que le nouveau vice-président, Cevdet Yilmaz, ait de l’expérience en matière de gouvernance économique pourrait indiquer que l'économie sera une priorité pour Erdogan, qui entame sa troisième décennie à la tête de la nation.

Mehmet Simsek, partisan de politiques économiques orthodoxes et favorables aux investisseurs, et perçu positivement par les marchés financiers, a été nommé ministre du Trésor et des Finances.

Simsek, ancien responsable de l'économie et vice-premier ministre entre 2009 et 2018, sera chargé de restaurer la confiance des marchés après les élections.

Dans sa précédente fonction, il avait préconisé un resserrement de la politique monétaire, mais il a été remplacé par Berat Albayrak, le gendre d'Erdogan.

Il reste à voir si sa présence au sein du cabinet permettra de s'éloigner des politiques économiques peu orthodoxes actuelles, avec leurs faibles taux d'intérêt.  Mais sa nomination est un signal important de changements pour les marchés.

Plutôt qu'un revirement brutal de politique économique, on s'attend à ce que des mesures graduelles soient prises dans un contexte où la livre est en train de tomber à des niveaux records par rapport au dollar.

Dans son discours post-électoral, Erdogan a déclaré : « Nous sommes en train de concevoir une économie axée sur l'investissement et l'emploi, avec une équipe de gestion financière qui jouit d'une réputation mondiale. »

L'économie turque a connu une croissance de 4 % au cours du premier trimestre de l'année, dépassant de peu les prévisions.

Soner Cagaptay, chercheur au Washington Institute, a déclaré à Arab News : "S'il dispose d'une certaine marge de manœuvre pour ajuster les taux d'intérêt ultra-bas, l'économie turque peut se redresser. Mais je m'attends d'abord à une dévaluation de la livre, qui rendra la Turquie très bon marché pour les touristes et abordable pour les exportations ».

« Si Simsek bénéficie d'une flexibilité suffisante, les marchés penseront qu'il a le pouvoir de faire ce qu'il doit faire pour restaurer l'économie turque », a déclaré Cagaptay.

Avec la diminution des réserves, certains changements dans la gouvernance économique à court terme sont inévitables.

Mais l'ampleur et la durabilité de ces changements dans une structure décisionnelle centralisée restent incertaines et dépendent de la nouvelle feuille de route annoncée.

Les experts estiment que si Erdogan insiste pour maintenir des taux d'intérêt bas plutôt que de prendre des mesures d'austérité avant les élections locales qui auront lieu dans dix mois, la nomination de Simsek n'entraînera pas de grands changements dans la politique économique.

Selon Wolfango Piccoli, co-président de Teneo Intelligence, basé à Londres, le retour de Simsek entraînerait un réajustement partiel de la politique économique actuelle de la Turquie, alors qu'un revirement radical en faveur d'une approche de politique monétaire totalement conventionnelle reste improbable.

« On ne sait pas non plus combien de temps Erdogan pourra tolérer une position plus pragmatique sur le front économique, étant donné la priorité qu'il accorde aux élections locales de mars 2024 », a déclaré Piccoli.

Entre-temps, l'ancien chef des services de renseignement, Hakan Fidan, a rejoint le cabinet en tant que nouveau ministre des Affaires étrangères. Fidan est connu pour avoir initié des rapprochements avec de nombreux pays, en particulier l'Égypte et les pays du Golfe.

« Il est très respecté à Washington et est considéré comme un interlocuteur fiable », a déclaré Cagaptay.

« Il s'est également occupé de portefeuilles internationaux clés, en particulier des politiques relatives à la Syrie et à la Russie. Sa nomination est très importante. Il est désormais aux commandes ».

Cagaptay s'attend à ce que le nouveau cabinet soit plus ouvert sur les pays occidentaux et moins antagoniste avec les pays de la région.

Fin avril, Fidan a participé à une réunion avec ses homologues russe, iranien et syrien à Moscou, dans le cadre d'un processus de rapprochement avec le régime de Bachar Assad.

L'année dernière, la poignée de main entre Erdogan et le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi en marge de la Coupe du monde de football au Qatar aurait également été le résultat de réunions entre les services de renseignement et les ministères des Affaires étrangères des deux parties.

Selon Cagaptay, Erdogan souhaite disposer d'experts de premier plan en matière de politique économique et étrangère, afin de pouvoir se concentrer sur les domaines intérieurs qui nécessitent une macro-gestion quasi quotidienne, notamment les questions sociales et la rédaction d'une nouvelle charte.

« Le fait qu'il ait préservé des sièges parlementaires lors de la formation de son cabinet nous indique qu'il souhaite arriver rapidement à un referendum qui aboutirait à une majorité législative », a-t-il ajouté.

Entre-temps, bien que la Turquie ait déjà entamé le processus de normalisation des liens avec la Syrie et le régime Assad par le biais de plusieurs réunions de haut niveau sous la médiation de la Russie, la présence militaire turque dans le nord de la Syrie ne devrait pas disparaître de sitôt.

Mais de nouvelles mesures visant à faciliter le retour en toute sécurité des réfugiés syriens dans leur pays d'origine pourraient être prises pour tenir les promesses faites par Erdogan lors de sa campagne de réélection.

Les campagnes de lutte contre le terrorisme dans le nord de l'Irak et en Syrie devraient également se poursuivre à la lumière de la composition du nouveau cabinet.

Dalia Ziada, directrice du Centre d'études du Moyen-Orient et de la Méditerranée orientale (MEEM), basé au Caire, estime que Fidan est l'homme de la situation, à un moment où la Turquie s'impose comme un acteur régional de premier plan.

« Il détient toutes les cartes importantes et connaît les coulisses de la politique étrangère turque », a-t-elle déclaré à Arab News.

« Fidan a une connaissance approfondie de la situation dans les points chauds du Moyen-Orient, de la Libye au Soudan et à la Syrie, et il est le seul fonctionnaire turc à continuer à participer aux réunions quadripartites de Moscou qui ont rassemblé des hauts fonctionnaires de Turquie, de Syrie, de Russie et d'Iran au cours des derniers mois », a déclaré Mme Ziada.

Selon elle, le rôle actif de Fidan dans l'appareil de politique étrangère permet d'espérer à court terme des progrès tangibles en ce qui concerne la politique étrangère de la Turquie en Syrie et le rôle de médiateur de la Turquie dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine.

Comme Fidan a été l'architecte discret du rapprochement de ces deux dernières années pour réhabiliter les liens rompus avec l'Égypte et les pays arabes du Golfe, Ziada pense que sa nomination pourrait accélérer le processus de réconciliation entre la Turquie et le pays nord-africain.

« Cela permettra d'atténuer les conflits civils en Libye, de faciliter le processus de solution politique et pourrait finalement amener la Libye à des élections plus tôt que nous ne le pensons », a-t-elle précisé.

El-Sisi et Erdogan se sont mis d'accord sur « le début immédiat de l'amélioration des relations diplomatiques et de l'échange d'ambassadeurs », a déclaré la présidence égyptienne dans un communiqué lundi dernier.

Ziada a ajouté que les qualifications de Fidan pourraient renforcer les relations de la Turquie avec les pays arabes du Golfe.

« Je ne serais pas surpris de voir Fidan participer aux discussions entre les pays arabes du Golfe et l'Iran dans un avenir proche. À l'inverse, cela se répercutera positivement sur la Turquie en augmentant les investissements des pays du Golfe et en renforçant ainsi l'économie turque en difficulté », a-t-elle souligné.

« Fidan devrait être le cheval gagnant de la Turquie sur les échiquiers du Moyen-Orient, de la Méditerranée orientale et de la mer Noire. »

Yasar Guler, chef d'état-major général du pays, a été nommé ministre de la Défense dans le nouveau cabinet.

Bien que sa nomination n'ait pas encore été annoncée, le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalin, devrait se retrouver à la tête des services de renseignement.

Le nom du gouverneur de la banque centrale n'a pas encore été annoncé, mais celui de Hafize Gaye Erkan a été évoqué.

Erkan est titulaire d'un doctorat de l'université de Princeton, a travaillé pour de nombreuses institutions financières aux États-Unis, notamment Goldman Sachs en tant que cadre des services financiers, et est l'ancien président de la First Republic Bank.

Au cours des quatre dernières années, la Turquie a connu quatre gouverneurs à la tête de la banque centrale.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Ukraine : un mort et une vingtaine de blessés après une nuit de frappes russes

Des habitants se serrent dans les bras près d'un immeuble résidentiel endommagé à la suite d'une attaque aérienne à Zaporijia, le 30 août 2025. (Photo : Marina Moiseyenko / AFP)
Des habitants se serrent dans les bras près d'un immeuble résidentiel endommagé à la suite d'une attaque aérienne à Zaporijia, le 30 août 2025. (Photo : Marina Moiseyenko / AFP)
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  • Les efforts diplomatiques pour trouver une issue à la guerre en Ukraine se sont intensifiés ces dernières semaines sous l'impulsion de Donald Trump, mais n'ont pour l'heure produit aucun effet concret.
  • La Russie a, au contraire, intensifié ses frappes aériennes, lançant un nombre record de drones contre le pays qu'elle envahit depuis 2022.

KIEV, UKRAINE : Dans la nuit de vendredi à samedi, la Russie a lancé une attaque aérienne d'ampleur contre des régions ukrainiennes, faisant un mort et une vingtaine de blessés à Zaporijjia (sud), selon les autorités locales. Le président Volodymyr Zelensky a appelé Washington et Bruxelles à agir.

Les efforts diplomatiques pour trouver une issue à la guerre en Ukraine se sont intensifiés ces dernières semaines sous l'impulsion de Donald Trump, mais n'ont pour l'heure produit aucun effet concret.

La Russie a, au contraire, intensifié ses frappes aériennes, lançant un nombre record de drones contre le pays qu'elle envahit depuis 2022.

Au moins une personne a été tuée et une vingtaine d'autres blessées lors d'attaques russes nocturnes à Zaporijjia, une grande ville du sud de l'Ukraine, ont indiqué sur Telegram les services de secours.

Trois mineurs, âgés de neuf à seize ans, ont été hospitalisés, ont-ils ajouté.

Des photos partagées par les autorités ukrainiennes montrent des bâtiments en ruine et des pompiers tentant d'éteindre un incendie. 

Des dizaines d'immeubles et de maisons se sont retrouvés sans électricité ni gaz à cause des frappes, a déclaré le gouverneur régional Ivan Fedorov.

L'armée de l'air ukrainienne a affirmé que l'armée russe avait lancé 582 drones et missiles contre l'Ukraine dans la nuit, en disant en avoir abattu la majorité.

Au total, quatorze régions ont été affectées par cette offensive, a déclaré le président Volodymyr Zelensky.

Des incendies ont été provoqués par des attaques dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est), selon son gouverneur, Serguiï Lyssak.

Le ministère russe a assuré avoir effectué une « frappe massive » contre des cibles « militaires » en Ukraine. Moscou affirme toujours ne pas viser d'infrastructures civiles, malgré les très nombreux éléments prouvant le contraire. 

- « Actions concrètes » -

L'Ukraine a été endeuillée par une attaque de grande ampleur dans la nuit de mercredi à jeudi, faisant au moins 25 morts, dont des enfants, dans une zone résidentielle de Kiev, la capitale.

Cette attaque a été dénoncée par les partenaires occidentaux de Kiev, de Washington à Bruxelles, Londres accusant notamment Poutine de « saboter les espoirs de paix ».

Samedi, Volodymyr Zelensky a affirmé que la Russie, en frappant à nouveau l'Ukraine, montrait « son mépris total pour les paroles » de ses alliés.

« Nous comptons sur des actions concrètes », a-t-il dit, appelant les États-Unis et l'Europe à réagir.

M. Zelensky réclame en effet des sanctions économiques plus efficaces contre la Russie afin d'affaiblir son économie. « Cette guerre ne s'arrêtera pas avec de simples déclarations politiques », a-t-il dit.

Ces nouveaux bombardements interviennent alors que les efforts diplomatiques pour régler le conflit qui dure depuis trois ans et demi sont au point mort, deux semaines après un sommet entre Vladimir Poutine et Donald Trump en Alaska. 

L'Ukraine accuse la Russie de gagner du temps et de feindre la volonté de négocier pour mieux préparer de nouvelles attaques.

L'armée russe contrôle actuellement environ 20 % du territoire ukrainien et a l'avantage sur le front.

Samedi, le ministère russe de la Défense a encore revendiqué la prise d'un village de la région de Donetsk (est), Komychouvakha.

Ce type de déclarations, qu'elles viennent de Kiev ou de Moscou, est difficile à vérifier de façon indépendante en raison du manque d'accès aux zones de combat.

En réponse, l'Ukraine vise les infrastructures pétrolières et gazières en Russie, une façon de frapper le pays au portefeuille.

Samedi, l'armée ukrainienne a annoncé avoir provoqué un incendie dans la raffinerie Krasnodarsky, dans le sud de la Russie.

Les autorités de la région de Krasnodar ont confirmé qu'un incendie s'était déclaré après la chute de débris de drones, mais qu'il avait été maîtrisé.

Jeudi, le Kremlin avait indiqué que la Russie restait « intéressée » par les négociations de paix avec l'Ukraine, mais qu'elle continuerait de mener des frappes dans le pays tant que ses « objectifs » ne seraient pas atteints.

Moscou exige que l'Ukraine se retire de certains territoires qu'elle contrôle encore, notamment la région de Donetsk, et en fait une condition préalable à l'arrêt des hostilités. Kiev rejette cette idée.


Un drone ukrainien provoque un incendie à proximité du « palais de Poutine » en Russie

Le  président russe Vladimir Poutine (Photo AFP)
Le président russe Vladimir Poutine (Photo AFP)
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  • Les autorités de la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, ont annoncé que la chute d'un drone avait provoqué un incendie dans une « zone forestière » à proximité de la ville de Guélendjik.
  • Le ministère des Situations d'urgence a affirmé que plus de 400 pompiers continuaient de combattre l'incendie près de Guélendjik.

MOSCOU : Des pompiers russes continue de lutter samedi contre un incendie causé par des débris de drone ukrainien, survenu plus tôt dans la semaine, près du « palais » qui serait la propriété du président russe Vladimir Poutine, sur les bords de la mer Noire.

Jeudi, les autorités de la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, ont annoncé que la chute d'un drone avait provoqué un incendie dans une « zone forestière » à proximité de la ville de Guélendjik.

C'est dans cette zone que se trouve une luxueuse résidence surnommée « le palais de Poutine », dont le président russe nie tout lien.

Samedi, le ministère des Situations d'urgence a affirmé que plus de 400 pompiers continuaient de combattre l'incendie près de Guélendjik.

Des vidéos publiées vendredi par cette source montrent des flammes dévorant des arbres, un sol recouvert de cendres et un hélicoptère transportant de l'eau.

Pour l'heure, rien n'indique que l'incendie menace directement le « palais de Poutine », que les autorités russes n'ont jamais mentionné dans leurs différents communiqués.

En 2021, l'opposant russe Alexeï Navalny, depuis décédé en prison dans des circonstances troubles, avait publié une enquête accusant Vladimir Poutine d'être le propriétaire de cet immense domaine situé dans une zone touristique des bords de la mer Noire.

Selon cette enquête, cet ensemble fastueux, financé par la corruption, compterait également des vignobles, une enceinte de hockey sur glace ou encore un casino.

Vladimir Poutine a toujours nié en être le propriétaire.

L'Ukraine, qui combat depuis 2022 une offensive russe d'envergure sur son territoire, riposte en frappant la Russie avec des drones.

Ces attaques auraient modifié les habitudes de Vladimir Poutine, selon le site d'investigation russe en ligne Proekt.

Craignant pour sa sécurité, il aurait notamment cessé de se rendre à Sotchi, désormais à portée de drones, a indiqué ce média en citant une source anonyme.


Nucléaire iranien: «nous avons 30 jours» pour une solution diplomatique affime Kallas

Les pays occidentaux ont désormais 30 jours pour trouver une solution diplomatique à la crise du nucléaire iranien, a affirmé vendredi la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. (AFP)
Les pays occidentaux ont désormais 30 jours pour trouver une solution diplomatique à la crise du nucléaire iranien, a affirmé vendredi la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. (AFP)
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  • La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, qui forment l'E3, ont indiqué jeudi dans une lettre au Conseil de sécurité que "sur la base de preuves factuelles", ils estiment que l'Iran est en position de non-respect important de ses engagements"
  • L'Union européenne, qui soutient le JCPOA, a participé aux négociations entre l'E3 et l'Iran, notamment à Genève où une ultime réunion a eu lieu cette semaine avant la décision finalement annoncée jeudi par les Européens

COPENHAGUE: Les pays occidentaux ont désormais 30 jours pour trouver une solution diplomatique à la crise du nucléaire iranien, a affirmé vendredi la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.

"Nous entrons dans une nouvelle phase de 30 jours (...) que nous devons vraiment utiliser pour trouver des solutions diplomatiques", a-t-elle déclaré avant le début d'une réunion de l'UE à Copenhague, au lendemain de la décision prise par les Européens de déclencher le mécanisme devant rétablir d'ici un mois les sanctions internationales contre l'Iran. Cette demande doit être examinée vendredi par le Conseil de sécurité de l'Onu.

La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, qui forment l'E3, ont indiqué jeudi dans une lettre au Conseil de sécurité que "sur la base de preuves factuelles", ils estiment que l'Iran est en position de non-respect important de ses engagements" en vertu de l'accord sur le nucléaire de 2015, le JCPOA, et "invoquent ainsi le mécanisme connu sous le nom du snapback", qui ouvre un processus de trente jours permettant de réimposer une série de sanctions suspendues il y a dix ans.

L'Union européenne, qui soutient le JCPOA, a participé aux négociations entre l'E3 et l'Iran, notamment à Genève où une ultime réunion a eu lieu cette semaine avant la décision finalement annoncée jeudi par les Européens.

Les pays occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique. Téhéran dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil.