Indulge Thyself ou quand la durabilité est toujours au rendez-vous

La cheffe saoudienne Yasmine Hamza intègre la méthode de cuisson intégrale, un pilier important de la restauration durable. (Instagram/indulgethyself)
La cheffe saoudienne Yasmine Hamza intègre la méthode de cuisson intégrale, un pilier important de la restauration durable. (Instagram/indulgethyself)
La cheffe Yasmine Hamza concoctant des mets fins dans son restaurant Indulge Thyself à Djeddah. (Photo fournie)
La cheffe Yasmine Hamza concoctant des mets fins dans son restaurant Indulge Thyself à Djeddah. (Photo fournie)
La cheffe Yasmine Hamza concoctant des mets fins dans son restaurant Indulge Thyself à Djeddah. (Photo fournie)
La cheffe Yasmine Hamza concoctant des mets fins dans son restaurant Indulge Thyself à Djeddah. (Photo fournie)
Indulge Thyself prête une attention particulière aux choix durables et respectueux de l’environnement. (Photo fournie)
Indulge Thyself prête une attention particulière aux choix durables et respectueux de l’environnement. (Photo fournie)
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Publié le Lundi 05 juin 2023

Indulge Thyself ou quand la durabilité est toujours au rendez-vous

  • Indulge Thyself promeut des solutions environnementales innovantes en utilisant les restes et les déchets organiques pour créer du compost naturel
  • L’expérience culinaire chez Indulge Thyself comprend une séquence de plats qui emportent le client dans une aventure culinaire internationale mettant en vedette certaines des meilleures cuisines

DJEDDAH: Indulge Thyself est un restaurant gastronomique privé zéro déchet et un service traiteur créé pour montrer que l’adoption de pratiques durables ne compromet pas la qualité et le goût.

Première opération du genre dans la région, Indulge Thyself promeut des solutions environnementales innovantes en utilisant les restes et les déchets organiques pour créer du compost naturel.

Selon l’Autorité générale pour la sécurité alimentaire, le gaspillage alimentaire est évalué à plus de 40 milliards de riyals saoudiens (10,6 milliards de dollars; 1 dollar = 0,94 euro) chaque année dans le Royaume, soit environ un tiers du total produit. C’est un problème qui nécessite une prise de conscience et des solutions durables pour maintenir une planète saine.

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La fermentation et la mise en conserve sont des pratiques qui permettent à la cheffe Yasmine Hamza et à son équipe de réduire le gaspillage alimentaire. (Photo fournie)

Indulge Thyself repose sur une idéologie qui garde toujours les déchets à l’esprit. Le restaurant part d’une volonté de créer des plats innovants et de qualité tout en respectant l’environnement.

Le restaurant a été fondé par la cheffe saoudienne Yasmine Hamza et sa sous-cheffe Hawazen Zahran qui sont fermement convaincues que la durabilité a sa place dans le monde culinaire gastronomique. Le restaurant est dirigé par Yasmine Hamza et son équipe de femmes cheffes.

Au sujet de la responsabilité environnementale, Yasmine Hamza explique à Arab News qu’il faut comprendre que «nous faisons partie de la nature. Lorsque nous commençons en tant qu’êtres humains à comprendre que notre séparation de notre environnement n’est qu’une illusion, nous pourrons alors commencer à agir car nous sommes issus de cette terre.»

EN BREF

  • Indulge Thyself propose des expériences gastronomiques privées et un service de restauration.
  • Les déchets organiques et les restes du restaurant sont compostés et transformés en engrais naturels, qui sont ensuite utilisés dans la culture des produits.

Expliquant l’éthique et la stratégie de développement durable du restaurant, Yasmine Hamza ajoute: «Nous promouvons tout un tas de pratiques et de méthodes culinaires durables pour ne pas gaspiller, comme l'approvisionnement en produits locaux de la ferme à la table, l’utilisation d’une méthode de cuisson intégrale, la fermentation, la mise en conserves, ainsi que l’utilisation d’emballages réutilisables, entre autres.»

Chez Indulge Thyself, les déchets organiques et les restes sont «compostés et transformés en engrais naturels, qui sont ensuite utilisés pour cultiver nos propres fruits et légumes», poursuit-elle.

De l’eau filtrée du robinet pour éviter les bouteilles en plastique, à l’utilisation de matériaux recyclés pour la décoration intérieure, Indulge Thyself prête une attention particulière aux choix durables et respectueux de l’environnement.

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Indulge Thyself prête une attention particulière aux choix durables et respectueux de l’environnement. (Photo fournie)

L’expérience culinaire chez Indulge Thyself comprend une séquence de plats qui emportent les clients dans une aventure culinaire internationale mettant en vedette certaines des meilleures cuisines, tout en respectant les valeurs fondamentales de la durabilité, comme l’approvisionnement à 95% en ingrédients issus de produits locaux.

Yasmine Hamza explique le choix du nom du restaurant. «Nous voulions montrer aux personnes qu’il était en effet possible de se faire plaisir dans un cadre gastronomique tout en incorporant le respect de nos produits et la sensibilisation à notre environnement.»

«Nous pouvons dire en toute confiance que nous proposons actuellement les meilleures expériences gastronomiques en matière de restauration et de boissons, ainsi que les meilleurs services de traiteur en Arabie saoudite.»

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Indulge Thyself prête une attention particulière aux choix durables et respectueux de l’environnement. (Photo fournie)

Après avoir suivi une formation professionnelle de créatrice de mode axée sur la durabilité, Yasmine Hamza a décidé de se concentrer sur l’industrie culinaire pendant la pandémie de Covid-19.

La durabilité est restée une valeur fondamentale dans cette transition: «Il était naturel que mon entreprise soit ancrée dans la durabilité, puisque c’est vraiment ma passion.»

«J’ai travaillé avec mon cousin dans la restauration pendant une journée et j’ai été conquise. L’énergie, la vitesse, la créativité et les réactions rapides correspondent très bien à ma personnalité. J’ai ensuite décidé d’élargir mes compétences culinaires et de travailler avec certains des meilleurs restaurants gastronomiques et étoilés Michelin du monde», explique la cheffe.

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Indulge Thyself prête une attention particulière aux choix durables et respectueux de l’environnement. (Photo fournie)

Elle a travaillé au Samuel à Copenhague, mais également au Silo, au KOL et au Sea, tous situés à Londres.

Indulge Thyself propose des expériences gastronomiques privées pour deux personnes, ainsi que trois expériences pour les groupes de 10 à 20 personnes, avec des menus de cinq à huit plats. Le restaurant propose également un service de traiteur.

La promotion de pratiques durables occupe également une place centrale dans les collaborations de Yasmine Hamza avec d’autres entreprises ou projets. Elle a récemment participé à un cours de cuisine pour enfants à la Biennale d’art islamique, en plus d’une collaboration avec Cartier, avec Kia Corporation pendant le ramadan, ou encore avec Waste Lab, une entreprise de compostage basée à Dubaï et détenue par une femme.

Pour l’initiative «Cycle of Life» («cycle de la vie») de Kia, Yasmine Hamza a organisé un iftar de la ferme à la table à Indulge Thyself pour saluer les efforts des écologistes dans la région.

«Préparer l’iftar pour des personnes influentes dans le domaine du développement durable, puis les voir apprécier les plats et nous faire des retours élogieux sont des moments forts de notre carrière», explique la cheffe.

«Tout a été filmé pour la campagne antigaspillage alimentaire et diffusé partout au Moyen-Orient pour mettre en lumière nos efforts dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Cette expérience est vraiment enrichissante pour toute notre équipe.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre soudanais de la Défense salue des sanctions de l’ONU contre des chefs des RSF, « attendues depuis longtemps »

Le général Hassan Kabroun during an interview with Arab News (AN/File)
Le général Hassan Kabroun during an interview with Arab News (AN/File)
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  • Le général Hassan Kabroun estime que les poursuites contre des commandants ayant perpétré des « atrocités rarement vues à une telle échelle dans l’histoire » constituent « un pas dans la bonne direction »
  • Parmi les personnes visées figurent le commandant adjoint des RSF, Abdul Rahim Hamdan Dagalo, et le brigadier général Al-Fateh Abdullah Idris, surnommé « le boucher d’El-Fasher »

​​​​​​LONDRES : Le ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun, a qualifié mercredi les sanctions de l’ONU contre des dirigeants des Forces de soutien rapide (RSF) de « mesures attendues depuis longtemps », tout en les décrivant comme « un pas dans la bonne direction ».

« Imposer des sanctions contre des individus ou des dirigeants des Forces de soutien rapide était attendu depuis longtemps. Néanmoins, cela reste un pas dans la bonne direction », a-t-il déclaré.

« Ces crimes constituent des crimes de guerre, un génocide et des atrocités rarement observées à une telle échelle dans l’histoire. Il devrait y avoir bien davantage d’inculpations, avec des mandats d’arrêt visant non seulement les hauts dirigeants, mais aussi les commandants intermédiaires opérant sur le terrain — en plus des membres du “gouvernement d’établissement”, qui sert d’aile politique aux Forces de soutien rapide.

« Un nouveau commandant a récemment rejoint leurs rangs au sein du “gouvernement d’établissement”, opérant désormais en coordination avec les Forces de soutien rapide ; les forces d’Abdelaziz Al-Hilu et de Joseph Tuka dans l’État du Nil Bleu. »

Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé des sanctions à quatre dirigeants des RSF pour des atrocités commises dans la ville soudanaise occidentale d’El-Fasher. Parmi eux figurent le commandant adjoint des RSF, Abdul Rahim Hamdan Dagalo, ainsi que le brigadier général Al-Fateh Abdullah Idris, surnommé « le boucher d’El-Fasher ». Le commandant adjoint Gedo Hamdan Ahmed et le commandant de terrain Tijani Ibrahim sont également visés.

La décision, qui fait suite aux recommandations des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France, a été soumise le 17 février afin d’inclure ces dirigeants dans le régime de sanctions établi par la résolution 1591. Les mesures comprennent des interdictions de voyager et le gel des avoirs afin de contribuer à endiguer la violence au Soudan.

La prise d’El-Fasher par les RSF en octobre a constitué l’un des épisodes les plus brutaux de la guerre civile soudanaise, qui dure depuis près de trois ans. La semaine dernière, une mission d’enquête des Nations unies a conclu que cette offensive portait les marques d’un génocide.

Dans une démarche connexe, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain a sanctionné la semaine dernière trois commandants des RSF pour leurs actions à El-Fasher, les accusant d’avoir « mené une campagne effroyable de massacres ethniques, de torture, de famine et de violences sexuelles ». Idris, Gedo et Tijani Ibrahim figurent parmi les personnes visées.

Ces sanctions ont suivi une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant « fermement » l’assaut et la déstabilisation menés par les RSF dans la région du Kordofan, ainsi que « toutes les formes de violations et d’abus commis contre la population civile ».

Le Conseil a appelé les parties belligérantes à « cesser immédiatement les combats », avertissant que les attaques délibérées contre le personnel humanitaire « pourraient constituer des crimes de guerre ».

Les membres ont également exprimé leur « vive inquiétude » face à la famine provoquée par le conflit et à l’insécurité alimentaire extrême dans certaines régions du Soudan, avertissant que la crise risque de s’étendre.

Les RSF ont reconnu des « violations » à El-Fasher et affirmé mener une enquête, tout en soutenant que l’ampleur des atrocités a été exagérée par leurs adversaires.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Soudan: les paramilitaires ont ciblé des personnes handicapées à El-Facher, selon HRW

Des paramilitaires soudanais des Forces de soutien rapide (FSR) ont tué et maltraité des personnes handicapées pendant et après leur prise de contrôle d'El-Facher au Darfour, selon une étude publiée mercredi par l'ONG Human Rights Watch (HRW). (AFP)
Des paramilitaires soudanais des Forces de soutien rapide (FSR) ont tué et maltraité des personnes handicapées pendant et après leur prise de contrôle d'El-Facher au Darfour, selon une étude publiée mercredi par l'ONG Human Rights Watch (HRW). (AFP)
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  • Les FSR ont assiégé pendant 18 mois cette dernière grande ville du Darfour (ouest) qui échappait à leur contrôle, avant qu'elle ne tombe entre leurs mains en octobre
  • "Human Rights Watch documente depuis plus de dix ans les violences à l'encontre de personnes handicapées dans les conflits armés à travers le monde", a souligné Emina Cerimovic, directrice adjointe chargée du handicap

KHARTOUM: Des paramilitaires soudanais des Forces de soutien rapide (FSR) ont tué et maltraité des personnes handicapées pendant et après leur prise de contrôle d'El-Facher au Darfour, selon une étude publiée mercredi par l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Les FSR ont assiégé pendant 18 mois cette dernière grande ville du Darfour (ouest) qui échappait à leur contrôle, avant qu'elle ne tombe entre leurs mains en octobre.

"Human Rights Watch documente depuis plus de dix ans les violences à l'encontre de personnes handicapées dans les conflits armés à travers le monde", a souligné Emina Cerimovic, directrice adjointe chargée du handicap.

"Mais c'est la première fois que nous documentons ce type et ce niveau de violences ciblées", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

L'organisation a interrogé 22 survivants et témoins à El-Facher et conclu que des combattants avaient pris pour cible des civils porteurs de handicap alors qu'ils fuyaient.

"Les Forces de soutien rapide ont traité les personnes handicapées comme des suspects, des fardeaux ou des personnes sacrifiables", relate Mme Cerimovic.

Ils "exécutaient sommairement" les civils amputés, les accusant d'être des soldats blessés de l'armée régulière.

Une infirmière de 29 ans a raconté comment des paramilitaires ont tué un jeune homme atteint du syndrome de Down (trisomie 21) ou encore un adolescent aveugle.

Un autre témoin a rapporté avoir assisté à l'assassinat de "plus de dix personnes", la plupart handicapées.

D'autres habitants se sont vus confisquer leurs chaises roulantes ou leurs aides auditives, selon HRW.

L'ONG dénonce par ailleurs des conditions de vie "désastreuses" dans les camps de déplacés, avec des toilettes et autres infrastructures "inaccessibles" aux personnes handicapées.

Ce rapport est publié alors que la mission indépendante d'établissement des faits de l'ONU sur le Soudan a fait état la semaine dernière "d'actes de génocide" à El-Facher.

Depuis avril 2023, la guerre entre les FSR et l'armée régulière soudanaise a fait des dizaines de milliers de morts, provoquant selon l'ONU la "pire crise humanitaire au monde".

 


Syrie: les autorités confirment des évasions massives de proches de jihadistes du camp d'al-Hol

 Le ministère syrien de l'Intérieur a confirmé mercredi que des évasions massives de proches de jihadistes du groupe Etat islamique (EI) avaient eu lieu dans le camp d'al-Hol, après le retrait fin janvier des troupes kurdes. (AFP)
Le ministère syrien de l'Intérieur a confirmé mercredi que des évasions massives de proches de jihadistes du groupe Etat islamique (EI) avaient eu lieu dans le camp d'al-Hol, après le retrait fin janvier des troupes kurdes. (AFP)
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  • Al-Hol, le plus grand camp de proches de jihadistes de l'EI dans le nord-est de la Syrie, était contrôlé par les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes)
  • Elles s'en étaient retirées le 20 janvier sous la pression militaire de Damas et les forces de sécurité syriennes en ont pris le contrôle quelques heures plus tard

DAMAS: Le ministère syrien de l'Intérieur a confirmé mercredi que des évasions massives de proches de jihadistes du groupe Etat islamique (EI) avaient eu lieu dans le camp d'al-Hol, après le retrait fin janvier des troupes kurdes.

"Lorsque nos forces sont arrivées, elles ont constaté des cas d'évasion collective, en raison de l'ouverture du camp de façon aléatoire", a déclaré le porte-parole du ministère, Noureddine al-Baba, lors d'une conférence de presse.

Al-Hol, le plus grand camp de proches de jihadistes de l'EI dans le nord-est de la Syrie, était contrôlé par les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes).

Elles s'en étaient retirées le 20 janvier sous la pression militaire de Damas et les forces de sécurité syriennes en ont pris le contrôle quelques heures plus tard.

"Les FDS se sont retirées de façon soudaine, sans coordination et sans en informer au préalable" les autorités syriennes ou la coalition internationale antijihadiste, a affirmé le porte-parole.

Il a fait état d'une "situation de chaos" après le retrait kurde, ajoutant que "plus de 138 ouvertures" avaient été constatées dans le mur d'enceinte du camp, long de 17 km, ce qui a facilité les évasions "à travers des réseaux".

Des milliers de femmes et d'enfants se sont enfuis du camp pour une destination inconnue après le retrait des forces kurdes.

Al-Hol abritait selon le porte-parole 23.500 personnes, pour la plupart des Syriens et des Irakiens. Environ 6.500 étrangers de 44 nationalités vivaient dans l'Annexe, une section de haute sécurité du camp.

Les autorités ont évacué les familles restantes du camp la semaine dernière vers un autre site du nord de la Syrie.

Concernant les prisons de jihadistes eux-mêmes, l'armée américaine a achevé le transfert de plus de 5.700 détenus de Syrie vers l'Irak, pour garantir leur surveillance après le retrait des forces kurdes qui les gardaient.