En crise, le Sud-Soudan face à l'arrivée massive de réfugiés du conflit voisin

Akuei Bona Malwal, représentant permanent du Soudan du Sud auprès de l'ONU (Capture d'écran, AN).
Akuei Bona Malwal, représentant permanent du Soudan du Sud auprès de l'ONU (Capture d'écran, AN).
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Publié le Jeudi 22 juin 2023

En crise, le Sud-Soudan face à l'arrivée massive de réfugiés du conflit voisin

  • Les combats prolongés pèsent sur des ressources déjà limitées, déclare le principal diplomate du Sud-Soudan à l'ONU, à Arab News
  • Akuei Bona Malwal affirme que l'autorité de l'UA est minée et que les solutions africaines aux crises africaines sont ignorées

NEW YORK : Le conflit et les déplacements massifs au Soudan constituent une menace pour les ressources humanitaires limitées et la paix fragile du Sud-Soudan, a déclaré à Arab News Akuei Bona Malwal, représentant permanent du pays auprès de l'ONU.

Douze ans après avoir obtenu l'indépendance de son voisin du nord, le Sud-Soudan continue de faire face à ses propres défis, avec des millions de personnes déplacées vers les pays voisins, notamment le Soudan, pour échapper à la pauvreté et à l'instabilité.

Aujourd'hui, la violente lutte pour le pouvoir au Soudan oblige des centaines de milliers de Sud-Soudanais vivant dans ce pays à rentrer en masse, aux côtés d'un grand nombre de Soudanais et d'autres nationalités, ce qui accroît la pression sur les ressources humanitaires du Sud-Soudan, déjà très limitées.

«La crise humanitaire comporte deux aspects», a révélé Malwal à Arab News lors d'une interview spéciale, à New York.

«Tout d'abord, près de deux millions de citoyens Sud-Soudanais se trouvent au Soudan, et plus particulièrement à Khartoum. Ils essaient maintenant de revenir au Sud-Soudan. Cela a pris les autorités de court. 

Une violente lutte pour le pouvoir au Soudan oblige chaque jour des habitants, locaux et étrangers, à fuir le pays, ce qui accroît la pression sur les ressources humanitaires déjà très limitées du Sud-Soudan voisin (Photo, AFP).

Ces dernières «n'ont pas les moyens de les accueillir rapidement et de les rapatrier dans leurs villages. Cela épuise donc les maigres installations dont nous disposons.

«Il y a aussi les Soudanais qui se réfugient dans notre pays ainsi que d'autres Africains et d'autres nationalités qui viennent au Sud-Soudan parce que nous avons ouvert la porte aux gens pour qu'ils viennent s'y réfugier. C'est donc aussi un fardeau pour le gouvernement.»

Les combats au Soudan ont commencé le 15 avril entre les forces armées soudanaises, dirigées par le dirigeant de facto du Soudan, Abdel Fattah al-Burhane, et les forces paramilitaires de soutien rapide (FSR), dirigées par son adjoint devenu rival, Mohammed Hamdan Dagalo.

Les affrontements ont plongé le pays dans une crise humanitaire : jusqu'à 3 000 personnes ont été tuées, selon le ministre soudanais de la Santé, et plus de 1,8 million de personnes ont été déplacées à l'intérieur du Soudan ou au-delà de ses frontières, selon les Nations unies. Beaucoup ont fui vers l'Égypte, le Tchad et le Sud-Soudan, qui font face à leurs propres crises.

Alimentée par la violence intercommunautaire, la criminalité, les problèmes de santé publique, les chocs climatiques et économiques et la mauvaise gouvernance, la pauvreté est omniprésente au Sud-Soudan. Elle est aujourd'hui aggravée par le conflit et l'insécurité.

Près de 70% des Sud-Soudanais vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le Sud-Soudan se classe au dernier rang l'indice mondial de développement humain. En outre, le pays est confronté aux pires inondations qu'il ait connues depuis des années et reste confronté à des niveaux très élevés d'insécurité alimentaire.

Des réfugiés soudanais recueillent de l'eau à un robinet au camp de réfugiés de Gorom près de Juba, au Soudan du Sud, le 20 juin 2023 (Photo, Reuters).

En 2023, environ 10 millions de Sud-Soudanais, soit 76% de la population, auront besoin d'une aide humanitaire pour survivre. Et ce nombre ne cesse d'augmenter.

«Les Américains en veulent aux dirigeants du Sud-Soudan»

La fragile stabilité du Soudan du Sud est également menacée. Le dernier accord de paix du pays a été signé en 2018, conduisant à une trêve délicate et à la formation du gouvernement transitoire d'unité nationale en 2020.

Bien que les hostilités entre le gouvernement et la principale opposition se soient apaisées, la logique même de l'accord de partage du pouvoir a en fait contribué à la poursuite de la violence.

Les États-Unis, qui ont suspendu l'année dernière leur aide aux mécanismes de surveillance du processus de paix, ont accusé les dirigeants du Sud-Soudan de ne pas respecter leurs engagements en faisant preuve d'un «manque de volonté politique nécessaire à la mise en œuvre de réformes essentielles».

Le Conseil de sécurité des Nations unies a récemment voté la prolongation de l'embargo sur les armes à destination du Sud-Soudan, invoquant le fait que le pays n'a pas atteint les objectifs fixés dans le cadre du processus de paix en ce qui concerne les accords de sécurité et le désarmement.

Malwal a qualifié cette extension de «mal intentionnée» et de «contre-productive», et a indiqué qu'elle avait été traitée avec «mauvaise foi».

Akuei Bona Malwal (Photo fournie).

«Les Américains en veulent aux dirigeants du Sud-Soudan», a-t-il déclaré. «Ils ne cessent d'utiliser ce terme que je n'aime pas : «Nous vous avons mis au monde.» Cela signifie qu'ils nous ont aidés à devenir indépendants, ce qui est vrai.

«Nous ne le nions pas. Mais devrait-on soumettre notre indépendance et notre souveraineté aux États-Unis, sous prétexte nous ont aidés à devenir indépendants ?

«Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas d'accord sur des questions sécuritaires que nous ne pouvons plus entretenir de bons rapports. Nous souhaitons toujours travailler avec les États-Unis.»

Malwal estime que la situation au Soudan a sapé le processus politique dans son pays d'origine.

EN CHIFFRES

•16% = Niveau de financement de l'appel interne du HCR pour la crise du Soudan.

•13% = Niveau de financement de l'appel à la crise des pays d'accueil des réfugiés.

•Plus de 1,4 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays par les combats au Soudan.

•467000 = Le nombre de personnes ayant fui le Soudan depuis la mi-avril.

«Le Soudan préside actuellement l'IGAD et la mise en œuvre de la paix au Sud-Soudan est surveillée par l'IGAD, ce qui a ralenti les choses», a-t-il expliqué, faisant référence à l'Autorité intergouvernementale pour le développement, le bloc commercial africain composé de huit pays et dont le siège se trouve à Djibouti.

«Il y a certaines choses que nous faisons par nous-mêmes. Mais il est toujours bon d'avoir une organisation régionale qui fonctionne et qui vérifie ce que nous faisons, parce que certains membres de l'arène internationale ne croient pas que nous mettons fidèlement en œuvre le processus de paix.»

Pour éviter une propagation des hostilités à l'ensemble de la région, une  résolution rapide de la crise au Soudan s’impose. Malwal craint une prolongation du conflit, entraînant de nouvelles destructions et de nouveaux déplacements de population.

«J'ai grandi à Khartoum où je suis allé à l'école. C'est triste de voir ce qui se passe maintenant. Nous pensions que Khartoum serait stable. Elle progressait même. Et maintenant, elle est revenue en arrière. C'est très regrettable. Le Soudan est un pays important dans la région et il devrait être stable le plus rapidement possible

«Nous savions qu'il y avait des tensions. Les signes étaient là. Mais nous espérions une transition en douceur, car les deux généraux étaient ensemble. Ils étaient alliés. Dans les derniers jours précédant l'éruption de la violence, nous ne savions pas pourquoi la situation s'était aggravée. Personne ne le sait.

«Il faut s'attaquer rapidement à ce problème, car les combats ne sont vraiment pas nécessaires. Le peuple soudanais, et en particulier les citoyens de Khartoum, et la ville elle-même, ne devraient pas être un champ de bataille.»

«Nécessaire que les Nations unies interviennent»

De nombreux accords de cessez-le-feu ont été conclus entre les factions belligérantes au Soudan, en particulier ce qui est devenu la déclaration de Djeddah, résultat de négociations menées par l'Arabie saoudite et les États-Unis, qui ont réussi à amener les deux généraux à la table des négociations.

Cependant, toutes les trêves conclues jusqu'à présent ont été violées.

Riyad et Washington ont averti dans une récente déclaration commune que «si les parties ne respectent pas le cessez-le-feu de vingt-quatre heures, les facilitateurs seront contraints d'envisager l'ajournement des pourparlers de Djeddah».

Des représentants des forces armées soudanaises et de leurs rivales, les Forces de soutien rapide, se préparent à signer la Déclaration de Djeddah, en présence de responsables saoudiens et américains, lors d'une cérémonie à Djeddah, le 11 mai 2023 (Photo fournie).

Malwal a relayé l'appel de l'Union africaine à unifier les efforts de paix internationaux afin d'éviter que de multiples initiatives ne se chevauchent, ce qui pourrait constituer un «facteur de complication».

«Il n'est pas nécessaire d'avoir autant de forums pour les négociations de paix», a-t-il estimé. «Lorsque les Américains et les Saoudiens ont réussi à amener les généraux à la table des négociations, tout le monde attendait de voir comment ils allaient s'en sortir, notamment les Nations unies et l'IGAD.

«C'est pourquoi le président du Sud-Soudan, Salva Kiir, a déclaré qu'il fallait travailler en coulisses en attendant de voir ce qui se passerait à Djeddah.

«Maintenant, il est peut-être nécessaire que les Nations unies interviennent et donnent à l'IGAD les moyens de gérer la situation et de voir ce qui se passe. Peut-être la situation nécessite-t-elle une approche plus modérée, plutôt qu'une approche très médiatisée.

Cette photo du 3 octobre 2020 montre le président du Sud-Soudan, Salva Kiir, (au centre) avec le président du Conseil souverain du Soudan, Abdel Fattah al-Burhan, et le président du Tchad, Idriss Deby, lors de la signature de l'accord de paix au Sud-Soudan à Juba (Photo, AFP).

«Je pense que l'IGAD serait la mieux placée pour cela, car le Soudan en est membre. Ce sont des gens qui connaissent très bien les deux généraux. Le président, Salva Kiir, connaît personnellement les deux généraux.

«Il ferait intervenir le Kenya, qui est membre de l'équipe de médiation. C'est un pays très important dans la région. Djibouti est un bon ami du Soudan et un membre de l'IGAD. Ce sont donc trois pays qui connaissent ces personnes.

«Je pense que si on leur donne plus de pouvoir pour prendre les devants et voir ce qu'ils peuvent faire, il y aura peut-être un moyen de sauver la situation plus rapidement.»

Une photo prise le 16 juin 2023 montre un corps couvert en face d'un véhicule blindé militaire dans une rue de la capitale de l'État du Darfour occidental, El-Geneina (Photo, AFP).

Toutefois, Malwal estime que l'autorité de l'Union africaine a été régulièrement sapée.

«Nous avons affaire à certains membres du Conseil de sécurité qui n'écoutent pas», a-t-il déclaré. «Ils ne respectent pas – et je n'utiliserais pas ce mot si je ne savais pas de quoi je parle – la décision de l'Union africaine concernant les questions qui intéressent les pays africains.

«On ne peut pas dire à l'UA que l'on fait partie de ce processus, puis, lorsque les chefs d'État africains disent qu'ils sont contre les sanctions à l'encontre du Sud-Soudan et demandent la possibilité de traiter la question du Sud-Soudan ou toute autre question, dire : “Non, nous avons notre propre façon de voir les choses.”

«Nous avons une autorité morale et nous imposons ces règles parce que notre façon de faire est la seule qui permette de résoudre ce problème. Je ne pense donc pas que l'UA soit traitée comme une organisation d'égale importance lorsqu'il s'agit de certaines questions et, en particulier, du Sud-Soudan», a-t-il soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël dit avoir lancé des «opérations terrestres limitées» contre le Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban. (AFP)
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  • "Ces activités s'inscrivent dans le cadre des efforts défensifs plus larges visant à établir et à renforcer une posture défensive avancée, qui comprend le démantèlement de l'infrastructure terroriste et l'élimination des terroristes opérant dans la zone"
  • L'armée a précisé qu'avant l'entrée de ses soldats dans ce secteur, elle avait "mené des frappes d'artillerie et aériennes contre de nombreuses cibles terroristes"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban.

"Ces derniers jours, des soldats israéliens de la 91e division ont commencé des opérations terrestres limitées et ciblées contre des bastions clés du Hezbollah dans le sud du Liban, visant à renforcer la zone de défense avancée" en territoire libanais, le long de la frontière entre le nord d'Israël et le sud du Liban, a déclaré l'armée dans un communiqué.

"Ces activités s'inscrivent dans le cadre des efforts défensifs plus larges visant à établir et à renforcer une posture défensive avancée, qui comprend le démantèlement de l'infrastructure terroriste et l'élimination des terroristes opérant dans la zone, afin de (...) créer une couche supplémentaire de sécurité pour les habitants du nord d'Israël", ajoute le communiqué.

L'armée a précisé qu'avant l'entrée de ses soldats dans ce secteur, elle avait "mené des frappes d'artillerie et aériennes contre de nombreuses cibles terroristes".

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en riposte à l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février par une frappe israélienne sur Téhéran.

Israël a lancé en riposte des frappes aériennes massives sur le Liban, qui ont déjà fait 850 morts, tout en menant des incursions dans les zones frontalières du sud du Liban, assurant vouloir ainsi protéger les populations du nord d'Israël.

Lors du précédent conflit entre Israël et le Hezbollah, en 2023 et 2024, 60.000 habitants du nord d'Israël avaient été déplacés par les combats. Le gouvernement israélien a promis cette fois d'éviter de tels déplacements de population.


L'envoyé iranien en Arabie saoudite affirme que les «ennemis» de Téhéran sont responsables des attaques dans le Golfe

 L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, lors d'un entretien avec l'AFP à l'ambassade d'Iran à Riyad au début du mois. (AFP/File Photo)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, lors d'un entretien avec l'AFP à l'ambassade d'Iran à Riyad au début du mois. (AFP/File Photo)
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  • Alireza Enayati déclare que l'Iran souhaite une "révision sérieuse" des liens avec les pays arabes du Golfe, et nie tout rôle dans les attaques pétrolières saoudiennes
  • Le message de l'envoyé a suscité un certain nombre de réactions critiques de la part d'utilisateurs qui se sont demandé pourquoi Téhéran n'avait pas clarifié sa position plus tôt s'il pensait que d'autres acteurs étaient responsables

LONDRES: L'ambassadeur iranien en Arabie saoudite a posté un message sur X dimanche, affirmant que les Etats-Unis et Israël lançaient des attaques sur des cibles illégitimes dans les pays voisins, rejetant la responsabilité sur Téhéran.

Alireza Enayati a partagé un avis attribué au commandement militaire iranien, qui a déclaré que "l'ennemi" utilisait des drones "déguisés en Shahed (un drone de fabrication iranienne) sous le nom de drone Lucas".

Le message nie que l'Iran soit responsable des attaques contre les États voisins du Golfe, ajoutant que Téhéran ne vise les intérêts des États-Unis et d'Israël dans la région qu'en représailles d'attaques contre son territoire.

"La République islamique d'Iran n'attaque que les cibles, les centres et les intérêts des États-Unis et de l'entité sioniste, et assumera la responsabilité de tout lieu qu'elle vise en publiant une déclaration officielle", ajoute le message.

Les autorités régionales affirment que des milliers de missiles et de drones iraniens ont été lancés en direction du Golfe depuis le début du conflit, fin février, et que nombre d'entre eux visaient des installations militaires américaines, mais aussi des aéroports, des ports, des infrastructures énergétiques et des zones civiles dans les pays du Golfe.

Le message de l'envoyé a suscité un certain nombre de réactions critiques de la part d'utilisateurs qui se sont demandé pourquoi Téhéran n'avait pas clarifié sa position plus tôt s'il pensait que d'autres acteurs étaient responsables.

Un commentateur a écrit que les remarques de l'ambassadeur semblaient contredire les déclarations des dirigeants militaires iraniens.

Un autre a suggéré que même les attaques visant les installations militaires américaines dans la région mettraient en danger les pays du Golfe et que les missiles ou les drones lancés vers ces sites pourraient mettre en danger les villes voisines et les infrastructures civiles.

Un troisième a dénoncé ce qu'il a décrit comme des messages contradictoires de la part des responsables iraniens, tout en se demandant si une femme et un enfant tués respectivement à Bahreïn et au Koweït avaient été des cibles américaines.

Mercredi, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté un projet de résolution condamnant les attaques de l'Iran contre les pays du Golfe et la Jordanie et exigeant que Téhéran mette immédiatement fin aux hostilités.

Treize des quinze membres du Conseil ont voté en faveur de la résolution, qui était parrainée par le Conseil de coopération du Golfe et coparrainée par 135 autres États membres des Nations unies, ce qui témoigne d'un large soutien international en faveur de cette mesure.

S'adressant à Reuters dimanche, M. Enayati a déclaré que les relations entre l'Iran et les États arabes du Golfe devront être "sérieusement réexaminées" à la lumière de la guerre, afin de limiter le pouvoir des acteurs extérieurs et de permettre à la région de devenir prospère.

Il a réaffirmé que l'Iran n'était pas responsable des attaques contre les installations pétrolières saoudiennes de Ras Tanura et de Shaybah.

À la question de savoir s'il craignait que la guerre ne nuise aux relations, il a répondu : "C'est une question légitime : "C'est une question pertinente, et la réponse est peut-être simple. Nous sommes voisins et nous ne pouvons pas nous passer l'un de l'autre ; nous aurons besoin d'un examen sérieux".

Il poursuit : "Ce dont la région a été témoin au cours des cinq dernières décennies est le résultat d'une approche d'exclusion (au sein de la région) et d'une dépendance excessive à l'égard des puissances extérieures.

Il a également appelé à un renforcement des liens entre les six membres du CCG, ainsi qu'avec l'Irak et l'Iran.

M. Enayati a déclaré qu'il était personnellement en contact permanent avec des responsables saoudiens et que les relations "progressaient naturellement" dans de nombreux domaines. Il a souligné la coopération saoudienne concernant le départ des Iraniens qui se trouvaient dans le Royaume pour un pèlerinage religieux et l'assistance médicale apportée à d'autres.

Il a ajouté que Téhéran était en contact avec Riyad au sujet de la position publiquement exprimée par l'Arabie saoudite, selon laquelle ses ressources terrestres, maritimes et aériennes ne seraient pas utilisées pour attaquer l'Iran.

Son message aux États du Golfe est que la guerre "nous a été imposée, à nous et à la région".

Pour résoudre le conflit, les États-Unis et Israël doivent cesser leurs attaques et les pays de la région ne doivent pas être impliqués, tandis que des garanties internationales doivent être obtenues pour éviter qu'elles ne se reproduisent, a-t-il déclaré.

"Ce n'est qu'alors que nous pourrons nous concentrer sur la construction d'une région prospère", a-t-il ajouté.

* Avec Reuters


L'Iran multiplie ses frappes de drones sur l'Arabie saoudite 

 Les défenses aériennes saoudiennes ont abattu plusieurs drones dans la province orientale lundi.  (X : @modgovksa)
Les défenses aériennes saoudiennes ont abattu plusieurs drones dans la province orientale lundi. (X : @modgovksa)
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  • Le ministère de la défense déclare que 63 drones ont été abattus dans la province de l'Est et à Riyad jusqu'à présent
  • Les autorités des Émirats arabes unis ont suspendu l'exploitation de l'aéroport international de Dubaï à la suite d'une attaque de drone

RIYAD: L'Iran a repris sa campagne nocturne de drones contre l'Arabie saoudite lundi, lançant des vagues de frappes totalisant environ 63 drones hostiles jusqu'à présent, a déclaré le ministère de la Défense.

Le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a annoncé les attaques dans une série de messages sur X à partir de 2 h 22, heure locale, précisant que tous les drones - visant la province orientale et Riyad - avaient été interceptés et détruits.

Les frappes ont eu lieu quelques heures après que l'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a cherché à détourner la responsabilité de Téhéran, en diffusant un avis attribué au commandement militaire iranien affirmant que "l'ennemi" déployait des drones déguisés en drones Shahed de fabrication iranienne sous le nom de "drone Lucas".

Ce nouveau barrage a porté à plus de 230 le nombre de drones interceptés dans le Royaume. Un décompte des postes du ministère de la défense a également montré que plus de 30 missiles avaient été abattus.

Les frappes iraniennes ont suivi un schéma d'attaques nocturnes entrecoupées d'accalmies diurnes.

Les États voisins du Golfe ont fait état d'un bilan plus lourd : Bahreïn a déclaré avoir intercepté à lui seul 125 missiles et 203 drones, les attaques ayant fait deux morts dans ce pays et 24 autres dans la région.

Les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté 294 missiles balistiques, 15 missiles de croisière et 1 600 drones, faisant six morts.

Le bureau des médias de Dubaï a déclaré lundi que les équipes de la défense civile avaient réussi à circonscrire un incendie résultant de l'impact d'un drone sur l'un des réservoirs de carburant à proximité de l'aéroport international de Dubaï.  Les opérations à l'aéroport ont été temporairement suspendues.