Soudan: Les militants pro-démocratie, rouages essentiels de l'aide humanitaire

Bien qu'il fasse toujours campagne pour un gouvernement civil, le mouvement prodémocratique soudanais s'est recentré sur la fourniture de l’aide humanitaire (Photo, AFP).
Bien qu'il fasse toujours campagne pour un gouvernement civil, le mouvement prodémocratique soudanais s'est recentré sur la fourniture de l’aide humanitaire (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 13 juillet 2023

Soudan: Les militants pro-démocratie, rouages essentiels de l'aide humanitaire

  • Les militants ont utilisé les mêmes réseaux que ceux qui ont mené les manifestations de masse contre le président de longue date Omar el-Bachir en 2019
  • Bien que toujours attachés à la transformation démocratique, les «comités de résistance» locaux ont pris la tête des opérations de secours

JUBA: Le mouvement prodémocratie du Soudan a dû faire face à d'innombrables défis et revers depuis que les forces armées soudanaises et les forces paramilitaires rivales de soutien rapide (FSR) ont plongé le pays dans une violente lutte pour le pouvoir en avril, déclenchant une urgence humanitaire majeure.

Animés par un désir de paix, de gouvernance représentative et de justice sociale, les militants prodémocratie sont néanmoins restés engagés dans la transformation du Soudan, utilisant les mêmes réseaux populaires qui ont contribué à renverser le président de longue date Omar el-Bachir en 2019.

Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées par la crise, qui a commencé le 15 avril, notamment des partisans clés du mouvement pro-démocratique, qui a pris de l'importance il y a quatre ans lors des manifestations massives menées par les jeunes qui ont contraint l'armée à agir contre El-Bachir.

Bon nombre des militants les plus éminents du mouvement ont été contraints de fuir leur domicile pour échapper à la violence, laissant derrière eux les réseaux communautaires établis et rendant plus difficile la coordination de leurs efforts et le maintien d'un front uni.

Les affrontements entre les forces armées soudanaises et les forces paramilitaires de soutien rapide ont commencé le 15 avril (Photo, AFP).

La violence a également détourné l'attention et les ressources des objectifs premiers du mouvement pro-démocratique, les orientant plutôt vers les exigences de survie immédiate, la fourniture d'aide humanitaire et la satisfaction des besoins urgents des personnes déplacées.

Ces efforts locaux ont été menés par des groupes de quartier décentralisés qualifiés de comités de résistance, qui ont vu le jour en 2013 lors d'une première vague de désobéissance civile contre le régime d’El-Bachir.

En 2019, «les comités de résistance étaient devenus plus sophistiqués, développant des structures, des divisions de tâches et apprenant par l'expérience», a déclaré à Arab News, Muzna Alhaj, membre du Comité de résistance de Khartoum.

Il existe aujourd'hui environ 500 de ces groupes à travers le pays, dont beaucoup travaillent de manière isolée car «la coopération entre les comités de résistance est difficile à cause de l'immensité du Soudan», a déclaré Alhaj.

Malgré ces difficultés, beaucoup ont trouvé des moyens de se coordonner. En fait, les comités de 16 des 18 États soudanais ont récemment signé une «charte révolutionnaire pour l'établissement de l'autorité populaire» afin de renforcer leur impact collectif.

Néanmoins, la structure générale des comités est restée fluide et décentralisée, avec une autonomie accordée aux groupes locaux.

«Dans les zones urbaines, la participation des femmes est souvent plus importante, en raison de facteurs tels que la classe socio-économique et le degré de liberté dont disposent les femmes pour participer à des activités publiques», a expliqué Alhaj.

La coordination entre les comités s'est avérée extrêmement efficace lors des manifestations de 2019. Cependant, ils ont finalement été mis à l'écart lorsque les politiciens civils de la coalition des Forces pour la liberté et le changement ont formé un gouvernement de transition aux côtés des militaires.

En conséquence, «beaucoup de Soudanais ne croient plus que les Forces pour la liberté et le changement (FLC) sont favorables à la démocratie», a déclaré à Arab News Ghania Aldirdiri, étudiante et militante qui s'est récemment réfugiée en Égypte.

Malgré des obstacles importants, les comités de résistance ont continué à tirer parti de leurs réseaux locaux et de leurs capacités d'organisation dans le but de répondre aux besoins urgents découlant de la crise. Ils ont mis en place des «salles d'urgence» pour entreprendre diverses tâches en fonction des besoins spécifiques et des ressources disponibles dans leurs communautés, apportant un soutien et une aide immédiats là où le besoin s'en fait le plus sentir.

De telles initiatives ont permis d'apporter une réponse palliative indispensable, alors que le déploiement des équipes humanitaires dans le pays a été longuement retardé.

«La majorité des ONG (organisations non-gouvernementales) humanitaires n'ont pas reçu de nouveaux visas pour le Soudan depuis le début du conflit», a déclaré à Arab News William Carter, directeur national du Conseil norvégien pour les réfugiés pour le Soudan.

Les comités de résistance ont également pris en charge la réparation et la réouverture des hôpitaux endommagés, l'approvisionnement en fournitures médicales et ont même mobilisé des équipes de médecins bénévoles pour apporter une aide de première urgence aux blessés et aux malades chroniques.

En outre, ils ont coordonné l'évacuation en toute sécurité des civils des zones de front, réparé les systèmes électriques pour rétablir l'alimentation des centres médicaux et travaillé avec diligence pour localiser les personnes disparues et les réunir avec leurs familles.

Les «comités de résistance» du Soudan, un réseau informel de groupes d'activistes de quartier, ont été le fer de lance du mouvement de protestation de 2019 qui a incité l'armée à prendre des mesures contre le dictateur de longue date Omar el-Bachir (Photo, AFP).

Ces services sont souvent rendus au péril de leur vie. Selon les activistes, les bénévoles des comités de résistance sont fréquemment arrêtés par les forces des deux parties au conflit. Certains ont même été tués, tandis que d'autres ont disparu sans laisser de traces.

Moayad Awad, 23 ans, membre fondateur du Comité de résistance de Khartoum, a récemment été arrêté par les FSR dans le quartier Al-Salam de la ville.

«Nous n'avons plus de nouvelles de lui depuis qu'il est tombé entre leurs mains», a révélé à Arab News Ahmad Ismat, un autre membre du comité, qui s'est réfugié dans un village au nord de la capitale soudanaise après la disparition d'Awad.

Les factions belligérantes du Soudan ne sont pas la seule menace pour la sécurité des bénévoles Alaa al-Deen Mohammedin, un étudiant en ingénierie, a subi une décharge électrique mortelle alors qu'il aidait à rétablir l'électricité dans un centre de santé au Darfour, par exemple.

Dans le cadre des appels à une augmentation de l'aide internationale au Soudan, il a été proposé de faire transiter les fonds des donateurs par les comités de résistance. Nombreux sont ceux qui affirment que les comités sont les mieux placés pour apporter une réponse efficace en raison de l'étendue de leur action au niveau local.

«Nous nous efforçons de minimiser les dommages causés aux citoyens (mais) nous disposons de ressources limitées», a déclaré Ismat.

Les militants prodémocratie estiment également qu'ils devraient jouer un rôle beaucoup plus important dans les négociations de paix et soulignent le manque d'implication des civils dans les pourparlers de cessez-le-feu.

«Nous critiquons la consolidation du pouvoir par l'armée à cause de la suppression des réformes démocratiques», a indiqué Alhaj. «Nous pensons que le soutien de la communauté internationale à l'armée sape son action en faveur de la démocratie et de la justice.»

Des manifestants soudanais se rassemblent dans la zone du quartier général militaire dans la capitale Khartoum au coucher du soleil, le 15 avril 2019 (Photo, AFP).

En effet, les militants prodémocratie se sentent abandonnés par la communauté internationale, qui a choisi de travailler avec l'armée après avoir renversé le gouvernement de transition dirigé par des civils en 2021, ce qui a finalement entraîné une rivalité latente entre les principaux généraux du Soudan, qui a atteint son point critique.

«La communauté internationale a jusqu'à présent abandonné le peuple soudanais parce qu'elle avait décidé que les chefs militaires étaient de bons partenaires avec lesquels traiter, et nous voyons maintenant ce que cela a donné», a précisé Hamid Khalafallah, un analyste politique soudanais, à Arab News.

Il estime que la communauté internationale s'est montrée réticente à travailler avec le mouvement prodémocratique, le considérant comme un allié potentiellement imprévisible et comme une quantité inconnue.


L'Iran appelle les civils à quitter les zones situées à proximité des forces américaines dans la région

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
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  • Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe
  • "Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre.

Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe.

"Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils.

 


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.