Israël: La France appelle le Hezbollah libanais et l'Iran à la retenue

Emmanuel Macron a multiplié les échanges avec des dirigeants étrangers, demandant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi d'ouvrir un couloir humanitaire à Gaza (Photo, AFP).
Emmanuel Macron a multiplié les échanges avec des dirigeants étrangers, demandant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi d'ouvrir un couloir humanitaire à Gaza (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 15 octobre 2023

Israël: La France appelle le Hezbollah libanais et l'Iran à la retenue

  • Les Libanais et le puissant mouvement armé pro-iranien Hezbollah doivent «rester à l'écart du conflit» entre Israël et le Hamas, et Paris juge «très préoccupante» la situation tendue à la frontière entre le Liban et Israël
  • Le Hezbollah et les Libanais doivent «impérativement faire preuve de retenue pour éviter d'ouvrir un deuxième front dans la région», dont «la première victime sera le Liban», a souligné la présidence française

PARIS: Les Libanais et le puissant mouvement armé pro-iranien Hezbollah doivent "rester à l'écart du conflit" entre Israël et le Hamas, et Paris juge "très préoccupante" la situation tendue à la frontière entre le Liban et Israël, a déclaré samedi la présidence française.

Par ailleurs, Emmanuel Macron a multiplié les échanges avec des dirigeants étrangers, demandant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi d'ouvrir un couloir humanitaire à Gaza, via Rafah, pour "l'évacuation de nos compatriotes".

Le bilan des ressortissants français tués dans les attaques du Hamas contre Israël s'est encore alourdi avec un total de 17 morts et 15 disparus, selon l'entourage de la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna qui vient d'arriver à Tel-Aviv.

Trois nouveaux "vols spéciaux" sont programmés dimanche, après la rotation de quatre vols entre jeudi et samedi qui ont déjà permis de rapatrier 1.200 Français, selon le Quai d'Orsay. La priorité sera donnée aux personnes vulnérables (mineurs isolés, femmes enceintes...), en situation de handicap ou présentant une urgence médicale.

Le Hezbollah et les Libanais doivent "impérativement faire preuve de retenue pour éviter d'ouvrir un deuxième front dans la région", dont "la première victime sera le Liban", a souligné la présidence française.

"Il ne faut donner aucun prétexte pour que le Liban bascule une nouvelle fois dans la guerre", a-t-on insisté, "d'autant plus que le Liban est extrêmement fragilisé par l'absence d'autorités fonctionnelles" à sa tête depuis de longs mois.

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée le 7 octobre par une attaque d'une ampleur sans précédent du mouvement islamiste, le sud du Liban est le théâtre de tirs entre le Hezbollah libanais et l'armée israélienne, et de tentatives d'infiltration en Israël depuis le Liban.

Deux civils libanais ont été tués dans un bombardement israélien à Chebaa, dans le sud du Liban, a annoncé samedi à l'AFP le maire du village, Mohammad Harb.

Plus tôt, le Hezbollah a indiqué avoir ciblé des positions israéliennes dans une zone frontalière contestée.

Cette frappe intervient après qu'un journaliste de Reuters a été tué vendredi et plusieurs autres, dont deux de l'AFP, blessés, dans un tir attribué à Israël par les autorités libanaises.

Edouard Philippe fustige «l'énorme faute politique» de Mélenchon

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe a fustigé samedi soir "l'énorme faute politique" de Jean-Luc Mélenchon qui a  refusé de qualifier le mouvement islamiste Hamas d'organisation "terroriste" après son attaque d'il y a une semaine contre Israël, qui a fait au moins 1.300 morts côté israélien.

"Je lui en veux (...): là, c'est une énorme faute politique. C'est nul ce qu'il a dit et comme il est intelligent il devrait le savoir", a affirmé l'actuel maire du Havre sur le plateau de l'émission "Quelle époque!" sur France 2.

L'ancien chef du gouvernement s'est d'ailleurs dit "surpris" par le positionnement du patron de LFI, rappelant qu'il avait participé à ses côtés à une émission télévisée au lendemain des attentats du 13 novembre 2015.

"Je dois dire que ce jour-là il m'avait impressionné, car il avait su trouver les mots justes dans l'union nationale", a-t-il affirmé.

«Abstention» de l'Iran

Par ailleurs, "il est très important que l'Iran s'abstienne d'ajouter aux tensions et s'abstienne de soutien opérationnel au Hamas", a aussi affirmé la présidence française, tout en précisant "ne pas disposer d'informations spécifiques" sur l'implication de Téhéran dans l'offensive du groupe islamiste.

"Mais nous savons que des armes d'Iran sont allées vers Gaza, que le contrôle de la mer est difficile, et les liens qui unissent le Hezbollah à l'Iran", a-t-elle souligné.

"L'Iran a un rôle à jouer qui peut être très négatif dans la situation actuelle, il peut avoir aussi un rôle positif, c'est l'abstention" pour "éviter une escalade régionale", a ajouté l'Elysée, en affirmant qu'Emmanuel Macron allait contacter son homologue iranien pour lui transmettre ce message.

Sur la Russie, Paris a dénoncé une "position unilatérale de mise en garde contre Israël et de soutien" au Hamas, qualifiée de "cynique" de la part de Moscou pour isoler l'Occident et plaire aux opinions publiques d'un certain nombre de pays du sud, en pleine guerre en Ukraine.

Réaffirmant qu'"Israël a le droit de se défendre et lutter contre les groupes terroristes qui l'ont frappé", l'Elysée a appelé une nouvelle fois à prendre "toutes les mesures qui permettent d'épargner les civils" alors qu'Israël mène des bombardements intenses sur la bande de Gaza en riposte à l'attaque du Hamas.

Paris a enfin assuré ne pas avoir été sollicitée pour fournir de l'aide militaire à Israël et qu'il n'était "pas question" pour la France de se joindre à des opérations militaires.


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
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  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
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  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.

 


La France publie sa stratégie pour être neutre en carbone, en pleine vague de chaleur

De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
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  • La France présente sa stratégie SNBC-3 visant la neutralité carbone d'ici 2050, avec une sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz fossile
  • Les émissions baissent, mais pas assez vite pour atteindre les objectifs, tandis que le financement de la transition reste un défi

PARIS: Après des mois de préparation, le gouvernement présente mercredi sa copie définitive pour une France "neutre en carbone" en 2050, qui se passerait du pétrole et du gaz, qui réchauffent l'atmosphère terrestre.

Cette troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) doit être présentée dans la matinée au ministère de la Transition écologique à l'occasion d'une conférence, et être suivie par la publication d'un décret, attendu dans les prochains jours, selon le ministère.

Les "principales évolutions" du texte et son calendrier doivent notamment être présentés à la presse, indique le ministère, tout comme l'impact du plan d'électrification du gouvernement sur la trajectoire de décarbonation.

Le projet de feuille de route pour baisser les rejets de gaz à effet de serre de la France avait déjà été publié en décembre et devait ensuite faire l'objet d'une série de consultations par des instances diverses, avant celle du public.

Lors de la récente première conférence sur la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie) fin avril, qui regroupait une cinquantaine de pays volontaires, les engagements français avaient été salués.

La France a présenté un document prévoyant notamment la fin de la consommation de charbon à horizon 2030, de pétrole d'ici à 2045 et de gaz fossile en 2050.

Depuis, l'ouest de l'Europe a connu trois épisodes de chaleurs intenses en moins de deux mois, témoins des effets dévastateurs du réchauffement climatique principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

Le gouvernement a aussi annoncé en juin un gel de 163 millions d'euros sur le fonds vert, programme gouvernemental destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales, en dépit de l'urgence de la question climatique, venant poser avec insistance la question du financement par la France de son ambition en matière d'adaptation au changement climatique, à l'heure où les finances publiques sont exsangues.

La nouvelle stratégie climatique française ambitionne une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'environ 4% par an pour la période 2024-2028, en vue d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Or la tendance actuelle (-1,5% en 2025) n'est pas alignée avec cette trajectoire, bien que le pays ait nettement fait baisser ses émissions au premier trimestre 2026 de 4,8% sur un an, à la faveur d'un recul des consommations de chauffage l'hiver dernier.

Pour accélérer, le gouvernement a lancé en avril un plan d'électrification de l'économie, de l'industrie aux transports en passant par le numérique.