Après l'évacuation d'al-Chifa, la longue route des déplacés

Cette photo diffusée par l'armée israélienne le 15 novembre 2023 montre des soldats israéliens menant des opérations à l'intérieur de l'hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza, alors que les combats se poursuivent entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo de l'armée israélienne / AFP)
Cette photo diffusée par l'armée israélienne le 15 novembre 2023 montre des soldats israéliens menant des opérations à l'intérieur de l'hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza, alors que les combats se poursuivent entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo de l'armée israélienne / AFP)
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Publié le Dimanche 19 novembre 2023

Après l'évacuation d'al-Chifa, la longue route des déplacés

  • 2.300 personnes se trouvaient à al-Chifa avant son évacuation samedi, selon l'ONU: malades, blessés, déplacés et médecins pris au piège des combats
  • A huit heures du matin, les haut-parleurs ont résonné. Un soldat israélien ordonnait l'évacuation de l'hôpital al-Chifa «sous une heure, sous peine de bombarder»

JERUSALEM : Cela faisait 20 jours que Rami Charab était bloqué dans l'hôpital al-Chifa de Gaza. Aujourd'hui, il a fini par arriver dans le centre de la bande de Gaza, après des heures de marche parmi les blessés, les déplacés et les enfants apeurés.

Quand son quartier de la ville de Gaza a été bombardé, Rami Charab s'est réfugié dans le plus grand complexe médical du territoire, avec sa soeur Hanane, 22 ans, son frère Farès, 11 ans et leur mère Oum Rami, 53 ans. Il était convaincu que les combats ne le gagneraient jamais.

A l'instar de ce Palestinien de 24 ans, 2.300 personnes se trouvaient à al-Chifa avant son évacuation samedi, selon l'ONU: malades, blessés, déplacés et médecins pris au piège des combats et de l'étau des chars israéliens qui se resserrait.

Sur la route Salaheddine traversant la bande de Gaza du nord au sud, que Rami Charab a rejoint en partant, une cohorte de Palestiniens avance lentement. Un homme porte à bras-le-corps sa fille handicapée. Un autre avance, avec sa fillette la jambe plâtrée, allongée dans ses bras.

Autour d'eux, deux talus. D'un côté, des entrepôts aux toits écrasés, des voitures calcinées et des fils électriques qui pendent au-dessus de rues défoncées. De l'autre, des soldats israéliens casqués et armés en surplomb qui les surveillent devant blindés, chars et véhicules de transport de troupes.

Des enfants marchent pieds nus, des hommes âgés s'appuient sur des cannes. Certaines familles, les rares qui peuvent payer vingt ou trente shekels --entre cinq et huit euros--, les dépassent sur des carrioles tirées par un âne ou un cheval.

- Sacs, cartons, couches -

Certains brandissent un drapeau blanc bricolé avec un morceau de tissus et une tige de bois. Beaucoup portent des sacs et des paquets de couche, désormais presque introuvables ou hors de prix, ainsi que des cartons et des couvertures.

Sur leurs visages, la fatigue, l'angoisse, les pleurs parfois. Pour Rami Charab, le soulagement domine pourtant.

«A huit heures du matin», se rappelle-t-il, les haut-parleurs ont résonné. Un soldat israélien ordonnait l'évacuation de l'hôpital al-Chifa «sous une heure sous peine de nous bombarder».

L'établissement est assiégé depuis des jours par l'armée israélienne, selon laquelle le complexe hospitalier abriterait une base militaire du Hamas, ce que dément le mouvement palestinien.

«J'ai été l'un des premiers à sortir», poursuit le jeune homme. «On a entendu des tirs en l'air et des tirs d'artillerie». L'armée israélienne, elle, affirme avoir répondu à «une requête d'évacuation» de la direction de l'hôpital.

Au début du siège, des médecins avaient raconté à l'AFP que des snipers israéliens tiraient sur quiconque sortait de l'établissement. Puis les opérations de l'armée ont débuté à l'intérieur, dans les couloirs, les services et les bureaux.

- «L'enfer» -

Des patients, déplacés, soignants ont été interrogés, fouillés, certains déshabillés, a raconté un journaliste de l'AFP lui-même bloqué pendant des jours dans l'hôpital, où il s'était rendu pour mener des entretiens.

«C'était l'enfer», raconte Rami Charab, qui dit avoir été battu. «Je suis resté cinq heures sur l'esplanade de l'hôpital en sous-vêtements», ajoute-t-il. «Et tout ça au milieu des bombardements».

Ces derniers sont incessants sur la bande de Gaza depuis que le Hamas a tué le 7 octobre 1.200 personnes en Israël, en majorité des civils, selon les autorités israéliens, déclenchant une guerre qui a fait jusqu'ici 12.300 morts à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Samia al-Khatib, 45 ans, son mari Ayman et leur fille de 15 ans, sont eux aussi sortis samedi matin d'al-Chifa et ont marché pour rejoindre le reste de la famille déjà partie dans le camp de réfugiés de Nousseirat, à 10 kilomètres au sud.

Aujourd'hui, un tiers des habitants du nord sont partis, selon le Bureau central des statistiques palestiniennes, parmi les plus de 1,5 million de déplacés de Gaza --soit les deux tiers de la population.

«On a d'abord pris la route de la côte», vers l'ouest. «Toutes les rues étaient détruites, il y avait des cratères, on a vu beaucoup de corps en décomposition près de l'hôpital et sur la route côtière», raconte la quadragénaire.

«C'était des visions d'horreur, un vrai massacre».


Le prince William arrive à AlUla pour la prochaine étape de sa tournée en Arabie saoudite

Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
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  • Accueilli à l’aéroport international d’AlUla par le prince Salmane ben Sultane ben Abdulaziz, gouverneur de la région de Médine

ALULA : Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Il a été accueilli à l’aéroport international d’AlUla par le prince Salmane ben Sultane ben Abdulaziz, gouverneur de la région de Médine.

Le comité d’accueil comprenait également le général de division Yousef ben Abdullah Al-Zahrani, directeur de la police régionale, Ibrahim ben Abdullah Barri, directeur du Bureau du protocole royal, ainsi que d’autres hauts responsables.

Plus tôt mardi, le prince William s’était rendu à Riyad, où il a rencontré des joueuses de football, joué aux jeux vidéo et échangé avec des clients dans un café.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël sous le feu des critiques pour ses mesures visant à contrôler davantage la Cisjordanie

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
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  • Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric
  • "Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats"

NATIONS-UNIES: Les critiques contre Israël se multiplient à l'international lundi, après les annonces la veille de mesures renforçant considérablement son contrôle sur la Cisjordanie, faisant craindre une annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967.

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric.

"Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats".

Plus tôt dans la journée, l'Union européenne avait également condamné "un nouveau pas dans la mauvaise direction".

"Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, nous rappelons que l'annexion est illégale en droit international", a déclaré devant la presse Anouar El Anouni, un porte-parole.

Par conséquent, "toute mesure concrète prise en ce sens serait considérée comme une violation du droit international", a-t-il poursuivi.

Les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Turquie, du Qatar, de la Jordanie, des Emirats arabes unis, d'Indonésie et du Pakistan ont eux dénoncé l'imposition "d'une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, accélérant ainsi les tentatives de son annexion illégale et le déplacement du peuple palestinien".

"Enterrer l'idée d'un Etat palestinien" 

Les Etats-Unis n'ont pas commenté dans l'immédiat, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mercredi.

Le président Donald Trump, pourtant soutien indéfectible d'Israël, a averti plusieurs fois par le passé qu'il ne lui "permettrait pas d'annexer la Cisjordanie".

Dimanche, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite, lui-même colon et partisan d'une annexion de la Cisjordanie, avait applaudi des mesures permettant "d'enterrer l'idée d'un Etat palestinien".

"Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d'Israël", s'était-il félicité, quand son confrère à la Défense, Israël Katz, soulignait l'intérêt "sécuritaire, national et sioniste de premier ordre" des nouvelles règles.

Les autorités israéliennes n'ont pas précisé quand elles entreraient en vigueur. Elles ne requièrent cependant pas d'être approuvées par un autre organe que le cabinet de sécurité.

Le texte complet n'a pas été rendu public, mais les mesures dévoilées facilitent l'achat de terres pour les colons israéliens, avec notamment l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie.

Elles permettent aussi aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.

L'obtention de permis de construire pour les colons israéliens à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, est aussi facilité.

"Israël fait avancer l'annexion, c'est quelque chose que nous observons depuis trois ans, mais ce qui est également significatif dans ce cas, c'est qu'Israël a aussi décidé d'affaiblir l'Autorité palestinienne", affirme Yonatan Mizrachi, de l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

La présidence palestinienne à Ramallah avait fustigé dès dimanche soir des décisions visant à "approfondir les tentatives d'annexion de la Cisjordanie occupée".

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies.

"Nous parlions jusque là d'une annexion rampante, à présent c'est une course à toute allure", a déclaré à l'AFP un expert du groupe de réflexion palestinien Al-Shakaba, Fathi Nimer.


Effondrement d'un immeuble au Liban: le bilan s'alourdit à 14 morts

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
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  • "Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish
  • Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts

BEYROUTH: Quatorze personnes sont décédées dans l'effondrement dimanche d'un immeuble à Tripoli, dans le nord du Liban, où les opérations de recherche sont terminées, a annoncé lundi le chef de la Défense civile.

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.

Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement.

"Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish.

Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts.

Le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh, a déclaré dimanche la "ville sinistrée" en raison de l'insécurité de ses bâtiments.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a lui dénoncé une "catastrophe", attribuée à "de longues années de négligence accumulée".

Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d'immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.

En 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que "des milliers de personnes" vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d'un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie.