Ce que l'expérience des conflits au Moyen-Orient signifie pour la reconstruction de Gaza

Des Palestiniens vérifient les dégâts après une frappe israélienne sur le camp de réfugiés palestiniens de Jabalia dans la bande de Gaza, le 1er novembre 2023 (Photo, AFP).
Des Palestiniens vérifient les dégâts après une frappe israélienne sur le camp de réfugiés palestiniens de Jabalia dans la bande de Gaza, le 1er novembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 23 novembre 2023

Ce que l'expérience des conflits au Moyen-Orient signifie pour la reconstruction de Gaza

  • Alors que l'accord sur les otages entre en vigueur, des questions se posent quant à la possibilité de reconstruction, compte tenu de l'ampleur des destructions
  • De Mossoul à Alep, les villes arabes dévastées par le conflit témoignent que la reconstruction n'est pas toujours évidente

ATHÈNES/IRBIL: Alors que l'accord sur les otages, conclu entre Israël et le Hamas ouvre la voie à une brève pause dans les combats à Gaza, certains pensent déjà à la possibilité pour l'enclave palestinienne de se remettre d'une dévastation physique sans précédent.

Si l'on se fie à l'expérience d'autres villes arabes frappées par le conflit ces dernières années, le redressement de Gaza ne sera pas une tâche facile, compliquée par des questions telles que le financement, le leadership et les garanties d'une paix durable.

Le monde arabe n'est pas étranger au travail de reconstruction. Plus de 8 000 bâtiments ont été détruits dans la vieille ville de Mossoul lors de la bataille pour reprendre la ville du nord de l'Irak des mains de Daech en 2017. La ville d'Alep, en Syrie, a également vu plus de 35 000 de ses structures détruites au cours de la guerre civile qui a débuté en 2011.

Ces villes ont une caractéristique commune: leur destruction. Mais l'ampleur de leur reconstruction dépend d'un ensemble complexe de facteurs, dont la situation géographique, la taille (en termes de superficie et de population), la situation sécuritaire actuelle et les mesures, ou l'absence de mesures, prises par les gouvernements locaux et nationaux.

Une photo prise le 9 mars 2017 dans la ville d'Alep, dans le nord de la Syrie, qui a été reprise par les forces gouvernementales en décembre 2016, montre des personnes marchant devant des bâtiments fortement endommagés (Photo, AFP).

Par exemple, alors qu'une grande partie de Mossoul reste en ruines, l'absence relative de conflit au cours des six dernières années a permis des initiatives de reconstruction telles que «Revive the Spirit of Mosul» («Raviver l'esprit de Mossoul»), un projet de plusieurs millions de dollars mené par l'Unesco avec l'aide de l'UE et des Émirats arabes unis, qui vise à raviver l'emblématique ville irakienne.

Alep est confrontée à des problèmes similaires. La ville est reconstruite de façon fragmentaire, les habitants des quartiers anciennement tenus par l'opposition à l'est et des quartiers semi-autonomes à majorité kurde au nord se plaignant d'être négligés par le gouvernement central de Damas.

D'autres habitants se plaignent que les milices pro-gouvernementales soutenues par l'Iran ont monopolisé l'aide et l'ensemble du processus de reconstruction.

La reconstruction à Alep et à Mossoul est encore compliquée par les allégations selon lesquelles de nombreuses évaluations des dommages effectuées par l'ONU ne portent que sur les bâtiments d'importance culturelle ou historique, et non sur les logements et les infrastructures résidentielles.

Cela signifie que les projets massifs de l'Unesco et les promesses de dons pour reconstruire les quartiers historiques, s'ils sont bien intentionnés, négligent souvent les besoins réels des civils sur le terrain.

Un combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS) fait le geste de la victoire alors qu'il monte la garde avec ses camarades sur un toit d’un bâtiment de Raqqa, le 20 octobre 2017, après avoir repris la ville aux combattants de Daech (Photo, AFP).

Raqqa, quant à elle, sous l'administration autonome du nord et de l'est de la Syrie soutenue par les États-Unis, jouit d'une stabilité et d'une sécurité relatives depuis sa libération, ce qui a favorisé sa reconstruction.

Avec l'aide de l'administration locale et des organisations humanitaires internationales, plus de 400 des 528 écoles de la ville ont été entièrement ou partiellement reconstruites, et 90% du réseau d'eau de la ville a été réparé, selon les informations fournies à Arab News par Abdel Salam Hamsork, vice-président du Conseil exécutif de Raqqa.

Gaza n'a pas eu la chance de jouir d'une telle stabilité, ayant été soumise à de multiples et intenses campagnes militaires au cours des dernières décennies.

Un garçon passe devant les décombres de maisons détruites dans la vieille ville de Mossoul, dans le nord de l'Irak, un site fortement endommagé par les combattants de Daech lors de la bataille de 2017 pour la ville, le 21 avril 2021 (Photo, AFP).

Alors que les précédentes reconstructions de maisons et d'infrastructures civiles ont été menées par l'Agence internationale de secours et le Programme des Nations unies pour le développement, le conflit qui a débuté le 7 octobre est d'une ampleur sans précédent, a déclaré à Arab News le Dr Saleh Abdel Aty, avocat palestinien, chercheur et militant des droits de l'homme.

«Au cours de cette agression, les forces d'occupation ont détruit 60% des unités d'habitation, détruisant complètement ou partiellement environ 250 000 unités d'habitation, en plus de la destruction des bâtiments, des infrastructures, des installations de service, des usines, des fermes et des magasins», a-t-il indiqué.

«La reconstruction est possible, bien sûr, mais elle nécessite une conférence internationale pour mettre fin au siège et convenir d'une vision internationale pour mettre fin à l'occupation et l'empêcher de contrôler le processus de reconstruction», a-t-il précisé.

LES DOMMAGES À GAZA EN CHIFFRES

41 000 logements détruits et 222 000 endommagés au 15 novembre, soit 45% du nombre total de logements. (OCHA)

 

279 établissements d'enseignement endommagés au 15 novembre – plus de 51% du nombre total d’écoles. (OCHA)

 

9 des 35 hôpitaux de Gaza ne fonctionnent que partiellement depuis le 16 novembre. (Ministère de la Santé)


70% des habitants du sud de la bande de Gaza n'ont pas accès à l'eau potable depuis le 16 novembre. (Unrwa)

Pour de nombreux Palestiniens qui vivent encore sous la menace des bombardements et des déplacements, il est prématuré de parler de reconstruction. Après des décennies de siège et d'assauts militaires, le désespoir demeure un sentiment dominant chez les habitants de Gaza.

«Il est bien trop tôt pour parler de reconstruction alors que la guerre israélienne se poursuit sans fin en vue», a déclaré à Arab News, Oussama al-Charif, journaliste et commentateur politique basé à Amman.

«Les véritables objectifs de l'agression israélienne restent flous. Ce qui est évident, c'est qu'Israël tente de faire de la majeure partie du nord de Gaza, notamment la ville de Gaza, une zone tampon. Les autorités israéliennes appliquent une politique de terre brûlée en procédant à une destruction massive et délibérée de cette région. Les habitants de Gaza ne seront peut-être jamais autorisés à retourner dans le nord, qui a été transformé en terrain vague», a-t-il expliqué.

La destruction de Gaza ouvre également la voie à une possibilité inquiétante: le retour des colonies. En 2005, dans le cadre du désengagement israélien de l'enclave, plus de 20 colonies israéliennes à l'intérieur de Gaza ont été démantelées et les colons israéliens ainsi que les forces militaires se sont retirés de la zone.

Cette combinaison d'images satellites diffusées par Maxar Technology et créées le 1er novembre 2023, montre (à gauche) une vue d'ensemble du camp de réfugiés de Jabalia le 31 octobre 2023 et la destruction du même camp après avoir été visé par une frappe israélienne (Photo, AFP).

Bien qu'Israël n'ait fait aucune déclaration ni approuvé le retour des colons, il y a deux semaines, plusieurs anciens colons de Gaza qui ont parlé à Voice of America, ont exprimé leur désir de retourner dans leurs anciennes colonies après la fin des hostilités.

Avec un cessez-le-feu temporaire dans le cadre de l'accord d'échange d'otages, il y a une lueur d'espoir pour une fin durable des combats, ou au moins une fenêtre d'opportunité pour fournir une aide vitale à la population sinistrée de Gaza.

Mais tant qu'une paix durable n'est pas garantie, il n'y a guère d'intérêt à soutenir une reconstruction majeure à Gaza si ces bâtiments sont destinés à être de nouveau rasés lors de la prochaine vague de violence.

En effet, tant que la région vivra dans l'ombre des groupes armés et dans le nuage d'une guerre régionale potentiellement plus étendue, il pourrait être impossible d'obtenir des fonds pour la reconstruction.

«Soit la reconstruction n'aura pas lieu du tout en raison d'un manque de ressources, d'une sécurité intense et d'une fragmentation politique, soit elle deviendra une continuation du conflit par d'autres moyens impliquant des concurrents locaux et extérieurs», ont déclaré Amr Adly, Mohammed Alaraby et Ibrahim Awad dans un essai rédigé conjointement en 2021 pour le Carnegie Middle East Center sur le thème de la reconstruction de l'après-guerre dans la région.

Des drapeaux israéliens se dressent au sommet de bâtiments détruits dans la bande de Gaza, vus depuis le sud d'Israël, le samedi 18 novembre 2023 (Photo, AP).

L'absence de garantie que les conflits futurs ne ravageront pas les villes est l'un des principaux obstacles au progrès dans de nombreuses villes détruites dans le monde.

La plupart des entités politiques syriennes insistent sur le fait que la mise en œuvre de la résolution 2254 des Nations unies de 2015, qui appelle à un règlement politique en Syrie, est une condition préalable à toute forme de reconstruction ou de retour des réfugiés.

«Pour que Gaza ne soit pas détruite, il faudrait que la raison même de l'existence de la résistance soit totalement supprimée, à savoir la liberté du peuple palestinien», a signalé l'auteur et commentateur palestinien Ramzi Baroud à Arab News.

«La construction doit également être liée à un autre processus: celui de la protection de Gaza contre les futures guerres israéliennes et les destructions qui s'ensuivraient», a-t-il indiqué.

Toutefois, Baroud met en garde contre la politisation des efforts de reconstruction.

«Israël, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ne doivent pas être autorisés à lier la reconstruction de Gaza à leurs propres programmes politiques contre le Hamas, le Djihad islamique ou tout autre groupe palestinien», a-t-il mentionné, ajoutant que «ceux qui ont tout perdu sont des gens ordinaires qui sont victimes des crimes de guerre israéliens».

Des Palestiniens enterrent des corps dans une fosse commune au cimetière de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 novembre 2023 (Photo, AFP).

Il pourrait s'avérer extrêmement difficile d'éliminer les agendas politiques de toute reconstruction potentielle, d'autant plus que toute l'aide et tout le matériel doivent d'abord traverser le territoire israélien pour atteindre Gaza. Un long embargo sur les importations de ciment a ralenti les travaux de restauration et de reconstruction passés.

Israël ayant également l'habitude de procéder à des démolitions punitives de maisons de membres de la famille de militants palestiniens, il n'est pas certain que le gouvernement du pays, de plus en plus à droite, soit disposé à contribuer aux efforts de reconstruction à Gaza, ou même à les tolérer.

«Théoriquement, la reconstruction n'est pas un problème si l'agression cesse et si l'aide internationale afflue», a affirmé Al-Charif, le commentateur basé à Amman. «Les pays occidentaux et arabes contribueront à un plan de reconstruction, dont la réalisation pourrait prendre des années.»

Les coûts associés à toute reconstruction potentielle n'ont pas encore été évalués, mais ils seront certainement énormes. À titre de référence, l'ONU a déclaré en 2017 que la reconstruction des infrastructures de base de Mossoul coûterait un milliard de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro).

L’ONU a déclaré en octobre de cette année que, même avant la guerre actuelle, Gaza avait déjà besoin d'une aide d'une valeur de plusieurs milliards de dollars, la région souffrant d'un des taux de chômage les plus élevés au monde et d'un taux d'insécurité alimentaire de 64%.

Les travaux de reconstruction et de développement ont également besoin de donateurs, alors que les fonds destinés à Gaza sont déjà en baisse. Entre 2008 et 2022, l'aide fournie à Gaza est passée de 2 milliards de dollars à 500 millions de dollars.

Des Palestiniens vérifient les dégâts après des frappes israéliennes dans le sud de la bande de Gaza, le 22 novembre 2023 (Photo, AFP).

La manière dont la reconstruction de Gaza pourrait être financée fait l'objet d'un certain nombre de controverses. L'une des idées avancées est l'exploitation du champ gazier offshore Gaza Marine, situé à 36 km de la côte, en mer Méditerranée.

Amos Hochstein, coordinateur présidentiel spécial des États-Unis pour les infrastructures mondiales et la sécurité énergétique, s'est rendu en Israël lundi, ce qui pourrait favoriser les perspectives d'exploitation des réserves de gaz offshore de Gaza après la guerre.

«Il ne faut pas surestimer son potentiel, mais il peut tout à fait constituer une source de revenus pour un gouvernement palestinien et garantir un système énergétique indépendant pour la Palestine», a déclaré Hochstein lors d'une interview dimanche.

Même si tous les obstacles politiques, matériels, financiers et d’accès sont surmontés, des villes comme Alep, Raqqa et Mossoul montrent que les progrès de reconstruction peuvent encore être lents.

Bien que six ans se soient écoulés, voire plus, de vastes zones de ces villes restent dépeuplées et en ruines, ce qui témoigne de l'immense défi que représente la reconstruction une fois que les armes et les bombes se taisent.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne annonce avoir tué plusieurs membres du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
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  • L'armée israélienne affirme avoir tué plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, où un soldat israélien a également été blessé
  • Malgré le cessez-le-feu, les tensions persistent, le Hezbollah rejetant l'accord-cadre tandis que Beyrouth dénonce la poursuite des opérations israéliennes

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué plusieurs combattants du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban et indiqué qu'un soldat israélien avait été blessé malgré le cessez-le-feu.

L'armée a affirmé avoir identifié dans la nuit plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban.

"Après leur identification, les soldats ont frappé les terroristes et les ont éliminés afin d'écarter la menace", a indiqué l'armée dans un communiqué.

Elle avait précédemment annoncé qu'un soldat avait été blessé dans un "affrontement rapproché" avec le Hezbollah, et a confirmé dans son second communiqué que le soldat avait été "modérement" blessé.

Il a été évacué vers un hôpital, selon les communiqués militaires.

Le Hezbollah pro-iranien n'a revendiqué aucune attaque depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.

Contacté par l'AFP à Beyrouth, le mouvement chiite libanais n'a pas fait de commentaire.

Un accord-cadre parrainé par les Etats-Unis, signé fin juin par le Liban et Israël, vise à mettre un terme aux hostilités. Il prévoit le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise ainsi que le retrait de l'armée israélienne de "zones pilotes", où les forces libanaises seront ensuite déployées.

Le Hezbollah a rejeté à plusieurs reprises cet accord et refuse de déposer les armes, tandis qu'aucun calendrier n'a été fixé pour le retrait complet d'Israël.

L'accord est intervenu plus de trois mois après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en tirant des roquettes sur Israël, le 2 mars, en soutien à Téhéran, déclenchant d'importantes frappes aériennes israéliennes et une offensive terrestre.

Si les violences ont diminué depuis la signature, en juin, d'un accord préliminaire entre les Etats-Unis et l'Iran ainsi que de l'accord entre le Liban et Israël, Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes sporadiques et des tirs d'artillerie dans le sud du pays.

L'armée libanaise a récemment condamné la poursuite des activités militaires israéliennes qui, selon elle, empêchent son déploiement complet conformément à l'accord-cadre.


Les Etats-Unis appellent leurs citoyens à "envisager de quitter" le Moyen-Orient

En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
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  • Les ambassades américaines au Moyen-Orient appellent leurs ressortissants à se tenir prêts à quitter la région face au risque d’une nouvelle escalade entre Washington et Téhéran
  • Malgré des discussions sur une désescalade, les tensions restent vives, Donald Trump menaçant de nouvelles frappes contre l’Iran tandis que Téhéran avertit d’une riposte contre tout pays soutenant les États-Unis

DUBAI: Les ambassades américaines dans plusieurs pays du Moyen-Orient ont mis en garde samedi les citoyens américains contre une possible "escalade" du conflit régional et les ont exhortés à se tenir prêts à partir, le président Donald Trump ayant menacé de frapper l'Iran avec force.

L'Iran et les Etats-Unis ont repris cette semaine leurs échanges de frappes nocturnes après plusieurs jours d'accalmie, mais aucune attaque n'a été signalée depuis la nuit de vendredi à samedi.

Selon des médias américains, Washington envisage de nouveaux bombardements massifs ce weekend, notamment contre des infrastructures énergétiques, mais d'après le média américain CBS, qui cite plusieurs sources anonymes, Donald Trump n'aurait toutefois pas encore donné son feu vert.

Le président américain a de nouveau menacé vendredi de frapper "très fort" l'Iran, qui depuis la reprise des hostilités début juillet, a recommencé à viser des pays alliés de Washington et des installations américaines dans la région.

"Les Américains présents dans la région devraient envisager de partir, ou être prêts à partir en cas d'escalade", indique une alerte de sécurité dont des versions ont été publiées samedi sur les réseaux sociaux des ambassades à Amman, Abou Dhabi, Jérusalem, Mascate, Koweït, Bagdad, Ryad, Doha et Beyrouth.

Les messages invitent les ressortissants américains à vérifier les informations relatives à leurs vols et à suivre les consignes de sécurité des autorités locales.

"Les Américains au Moyen-Orient doivent actuellement faire preuve de prudence et d'une vigilance accrue et se préparer à d'éventuelles annulations de vols, à des fermetures périodiques de l'espace aérien et à des perturbations potentielles des déplacements", précise l'alerte.

- "Imprévisible" -

En Jordanie, les citoyens américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment visées par des missiles iraniens. En Israël, il leur a été recommandé de repérer l'abri antiaérien le plus proche. Au Liban, le personnel non-essentiel de l'ambassade a été relocalisé.

"Le régime iranien est imprévisible, comme l'ont montré ses récentes décisions d'attaquer des zones de la région sans avertissement ni provocation, ainsi que d'étendre ses attaques à des zones qui n'avaient pas été visées auparavant (comme l'Egypte)", indique un message publié sur les sites des ambassades.

Mercredi, un drone a frappé un navire gazier appartenant à une société américaine, amarré dans un port égyptien. L'Egypte mène une enquête mais n'a, à ce stade, accusé aucun groupe d'être à l'origine de l'attaque.

L'armée iranienne a, de son côté, accusé Washington d'"attiser les tensions" dans la région et averti: "Tout pays servant de bouclier défensif à l'Amérique criminelle et agressive sera englouti par les flammes de la guerre".

La guerre au Moyen-Orient a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté par des attaques de missiles et de drones dans la région.

Jeudi, le Pakistan, pays médiateur, a affirmé que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade, en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique au coeur des tensions et verrouillé par Téhéran.

La reprise des affrontements début juillet a fait dérailler le protocole d'accord signé mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.