Algérie-Turquie: Quels sont les enjeux de la visite surprise d'Erdogan?

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune (Photo, AFP).
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune (Photo, AFP).
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Algérie-Turquie: Quels sont les enjeux de la visite surprise d'Erdogan?

  • Le point central des discussions entre les deux présidents a été la condamnation ferme des actions d'Israël dans la bande de Gaza
  • Suite à cette visite, un développement significatif a été annoncé dans le domaine énergétique.

ALGER: Le 21 novembre 2023, le président turc Recep Tayyip Erdogan a effectué une visite surprise dans la capitale algérienne. 

Cette visite, apparemment spontanée, a été marquée par des entretiens en tête-à-tête entre Erdogan et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, portant notamment sur des enjeux diplomatiques cruciaux dans le contexte de la crise israélo-palestinienne et des ambitions de coopération économiques entre les deux nations.

Solidarité à l'égard des Palestiniens 

Le point central des discussions entre les deux présidents a été la condamnation ferme des actions d'Israël dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Alors que la région est secouée par les affrontements entre Israël et le Hamas, Erdogan et Tebboune ont exprimé un point de vue commun, qualifiant les actions israéliennes de "crimes de guerre" et de "terrorisme".

Le président algérien a insisté sur la nécessité d'une action immédiate pour tenir responsables les auteurs de ces "atrocités" à Gaza. Lors d'une conférence de presse conjointe, Tebboune a déclaré que la justice était en marche et que les coupables seraient traduits devant la Cour pénale internationale, marquant ainsi une position ferme et unifiée de l’Algérie et de la Turquie  sur la scène internationale.

Prolongation du contrat gazier turco-algérien 

Au-delà des aspects diplomatiques, la visite d'Erdogan a mis en lumière les enjeux économiques de plus en plus importants entre la Turquie et l'Algérie. 

Suite à cette visite, un développement significatif a été annoncé dans le domaine énergétique. 

En effet, la société publique turque Botas a conclu un accord avec la société pétrolière et gazière algérienne Sonatrach pour prolonger de trois ans leur contrat de fourniture de gaz existant, a rapporté le ministre turc de l'Énergie . 

Dans le cadre de cet accord, qui a été signé lors de la visite officielle du président Erdogan à Alger, la Turquie continuera d'importer 4,4 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié d'Algérie chaque année, a précisé le membre de la délégation turque Alparslan Bayraktar, dans un communiqué diffusé sur les canaux officiels . 

Le partenariat entre Botas et Sonatrach remonte à 1988, date de la signature du premier contrat de fourniture de gaz entre les deux entreprises. Depuis lors, ce contrat a été renouvelé à plusieurs reprises. Initialement prévu pour expirer en octobre de l'année prochaine, le contrat a été prolongé jusqu'en 2027, selon le ministère turc de l'Énergie.

Cette prolongation revêt une importance particulière pour la Turquie, pays ayant une faible production de pétrole et de gaz et dépendant fortement des importations en provenance de Russie, d'Azerbaïdjan, d'Iran, ainsi que du gaz naturel liquéfié (GNL) d'Algérie, du Qatar, des États-Unis et du Nigeria.

En parallèle à ses efforts pour garantir ses besoins énergétiques, Ankara poursuit le développement d'un champ de gaz naturel de 710 Gm3 en mer Noire en vue d'une future production, soulignant ainsi la diversification de ses sources énergétiques et son engagement dans le secteur gazier.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com