Colère au Yémen à la suite de l’enlèvement par les Houthis d’un juge réputé

Trois véhicules militaires houthis ont pris d’assaut la maison du juge Abdel Wahab Qatran, dans le quartier d’Al-Qaa à Sanaa, avant de détenir le juge et ses enfants (Photo fournie).
Trois véhicules militaires houthis ont pris d’assaut la maison du juge Abdel Wahab Qatran, dans le quartier d’Al-Qaa à Sanaa, avant de détenir le juge et ses enfants (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 05 janvier 2024

Colère au Yémen à la suite de l’enlèvement par les Houthis d’un juge réputé

  • Lundi, trois personnes soupçonnées d'être affiliées aux Houthis ont agressé le directeur de la radio Voice of Yemen, devant son domicile
  • Ces deux agressions sont les dernières d'une série d'attaques des Houthis contre des militants indépendants et des journalistes dans les zones sous leur contrôle

AL-MUKALLA: La milice houthie du Yémen a enlevé mardi à Sanaa un juge militant connu pour son franc-parler, un jour après avoir battu un journaliste qui avait contesté une décision judiciaire dans la même ville, ont déclaré des membres de la famille et des militants à Sanaa.

Ces deux agressions sont les dernières d’une série d’attaques des Houthis contre des militants indépendants, des journalistes et des médias, dans les zones du Yémen sous leur contrôle.

Trois véhicules militaires transportant des Houthis armés et masqués ont encerclé et pris d'assaut la maison du juge Abdel Wahab Qatran, dans le quartier d'Al-Qaa, à Sanaa, avant de détenir le juge et ses enfants.

Mohammed, le fils du juge Qatran, a déclaré dans une vidéo que les Houthis armés avaient défoncé la porte et pénétré dans la maison avant de la saccager pendant des heures, cassant des meubles et éparpillant des livres et des documents.

«Ils ne nous ont pas laissé suffisamment de temps pour leur ouvrir la porte. Ils nous ont menottés et nous ont détenus pendant des heures dans un véhicule militaire sans air, sans nourriture ni eau», rappelle Mohammed, ajoutant qu'ils ont finalement été libérés, tandis que leur père restait kidnappé.

Après sa libération, Mohammed a affirmé avoir vu les Houthis avec des caméras photographiant un véhicule transportant des bouteilles d'alcool, dans une tentative d’accuser le juge de consommer du vin. 

«Ils nous ont dit “Regardez! Votre père aime le vin.” Ils ont apporté plusieurs types de vins que je n’avais jamais vus auparavant», a-t-il indiqué.

Le Club des juges, basé à Sanaa, a vivement critiqué le raid des Houthis contre la maison de M. Qatran, ainsi que l’horreur causée à sa famille, et a instamment demandé qu’il soit libéré immédiatement.

«Nous sommes très inquiets pour la sécurité du juge Qatran et nous voulons que tout le monde sache qu’il est toujours détenu par les services de sécurité et de renseignement des Houthis à Sanaa», a déclaré mercredi le club dans un communiqué.

Lundi, trois personnes soupçonnées d'être affiliées aux Houthis ont agressé Majili al-Samadi, directeur de la radio Voice of Yemen, devant son domicile, et ont brisé les vitres de sa voiture.

Les Houthis face à la pression populaire

Peu de temps après l'attaque, M. Al-Samadi a publié des photos de lui présentant des contusions au visage et aux genoux, ainsi que des vitres brisées de son véhicule. L'incident s'est produit quelques heures après que M. Al-Samadi a reproché à un tribunal dirigé par les Houthis à Sanaa d’avoir rejeté sa demande d'ouverture d’une station privée.

M. Qatran a ensuite sévèrement critiqué les Houthis pour avoir attaqué le journaliste Al-Samadi, dans un article publié lundi, les accusant de vouloir réprimer quiconque s'oppose à leur régime ou revendique ses droits.

«Que la malédiction de Dieu tombe sur les dictateurs tyranniques et oppressifs qui vous ont attaqué, vous ont pris vos droits, votre radio, vos moyens de subsistance et ont porté atteinte à deux reprises à votre sécurité et à votre personne», a écrit M. Qatran sur le réseau X, provoquant la colère des Houthis qui l’ont insulté et menacé de l'assassiner.

Depuis avril 2022, les Houthis font face à d'intenses pressions populaires pour rétablir les services publics et payer les fonctionnaires dans les zones sous leur contrôle, après avoir engrangé des milliards de riyals de revenus grâce à l'afflux de navires pétroliers et de marchandises dans le port de Hodeidah depuis le début de la trêve négociée par l'ONU.

Les Houthis ont réduit au silence de manière oppressive d’importants activistes qui exprimaient leur soutien aux revendications salariales dans la fonction publique, et ont même kidnappé le chef du syndicat des enseignants.

La milice a fermé six stations de radio, dont Voice of Yemen de M. Al-Samadi, en janvier 2022, car ce dernier avait refusé de diffuser des messages de propagande incitant la population à rejoindre les Houthis dans les combats.

Le 23 août, et devant son lieu de résidence, Majili Al-Samadi a été sauvagement agressé pour la première fois pour avoir reproché aux Houthis d'avoir fermé sa station de radio et de ne pas avoir payé les salaires des employés du gouvernement.

Les Houthis ont également fermé une station de radio de musique à Sanaa le mois dernier, pour avoir violé les restrictions imposées par la milice sur la diffusion de chansons ou de programmes de divertissement, en guise de solidarité avec la population de Gaza.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Pentagone: Le Koweït a abattu «par erreur» des avions de combat américains

Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.
Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.
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  • Dimanche soir, "au cours d'une confrontation intense, comprenant des attaques d'avions iraniens, de missiles balistiques et de drones", des avions de combat américains "ont été abattus par erreur par la défense aérienne koweïtienne"
  • Les six membres d'équipage se sont éjectés et sont sains et saufs, a-t-il précisé dans un communiqué

KOWEIT: Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.

L'Iran mène des frappes contre les riches Etats du Golfe depuis samedi, en riposte à la mort de l'ayatollah Ali Khamenei tué dans une attaque israélo-américaine.

Dimanche soir, "au cours d'une confrontation intense, comprenant des attaques d'avions iraniens, de missiles balistiques et de drones", des avions de combat américains "ont été abattus par erreur par la défense aérienne koweïtienne", a annoncé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, Centcom.

Les six membres d'équipage se sont éjectés et sont sains et saufs, a-t-il précisé dans un communiqué.

Les autorités koweïtiennes avaient plus tôt indiqué avoir "immédiatement lancé", après le crash, "les opérations de recherche et de sauvetage, et procédé à l'évacuation des équipages et à leur transfert vers l'hôpital".

Le Koweït a indiqué avoir intercepté des drones visant son territoire, où l'armée iranienne a affirmé avoir ciblé la base aérienne américaine d'Ali Al-Salem.

"Menace persistante" 

Du côté de l'ambassade américaine, une épaisse fumée noire s'est élevée en matinée, a rapporté un journaliste de l'AFP.

L'ambassade n'a pas dit si son bâtiment avait été touché, mais elle a publié un communiqué appelant à "ne pas venir à l'ambassade", en faisant état de "menace persistante d'attaques de missiles et de drones".

Le personnel de l'ambassade est "confiné sur place", a-t-elle ajouté.

De la fumée s'élevant au-dessus d'une centrale électrique dans le nord du pays a également été observée par trois témoins.

La compagnie pétrolière nationale, Kuwait National Petroleum Company, a indiqué que des débris étaient tombés sur la raffinerie de Mina Al-Ahmadi, l'une des plus importantes du pays, blessant deux travailleurs, sans toutefois perturber les opérations.

Dana Abbas, une résidente de Koweït City et ingénieure, s'est dit inquiète face à cette escalade, en affirmant à l'AFP s'être précipitée pour fait le plein de sa voiture et constituer des stocks de produits de première nécessité.

Six personnes ont été tuées dans le Golfe depuis samedi, toutes de nationalités étrangères : une au Koweit, trois aux Emirats, une à Bahreïn et une au large d'Oman, dans l'attaque d'un pétrolier.

Dimanche, les Emirats arabes unis ont annoncé que des débris avaient touché, lors de leur chute, la façade des Etihad Towers, qui abritent des ambassades diplomatiques, dont celle d'Israël, blessant légèrement une femme et un enfant.

Lundi matin, de nouvelles explosions ont été entendues à Dubaï, Abou Dhabi, Doha et Manama.

Les frappes iraniennes, qui ont visé des bases militaires, mais aussi des infrastructures civiles, notamment des immeubles d'habitation, des hôtels, des aéroports et des ports maritimes, ont ébranlé une région longtemps considérée comme un havre de paix et de sécurité au Moyen-Orient.

 

 


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet. (AFP)
Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet. (AFP)
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  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".

 


Ras Tanura: Incendie limité maîtrisé grâce à des débris de drones interceptés

Vue générale de l'usine de production de pétrole de Ras Tannura, près de Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, le 27 décembre 2004. (AFP)
Vue générale de l'usine de production de pétrole de Ras Tannura, près de Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, le 27 décembre 2004. (AFP)
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  • Aucun blessé ni impact sur les approvisionnements n'ont été signalés après l'incendie limité à la raffinerie de Ras Tanura, selon une source officielle du ministère de l'Énergie
  • Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été arrêtées par mesure de précaution, sans impact sur l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés locaux

RIYAD: Une source officielle du ministère saoudien de l'énergie a déclaré qu'à 7h04 lundi, la raffinerie de pétrole de Ras Tanura a subi des dommages limités en raison de débris provenant de l'interception de deux drones dans son voisinage.

L'incident a provoqué un incendie limité, qui a été immédiatement maîtrisé par les équipes d'intervention d'urgence. Aucun blessé ni mort n'est à déplorer.

Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été arrêtées par mesure de précaution, sans impact sur l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés locaux.