Quelles sont les causes de l’imbroglio de l’aide humanitaire à Gaza?

Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
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Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 02 février 2024

Quelles sont les causes de l’imbroglio de l’aide humanitaire à Gaza?

  • L'acheminement des denrées alimentaires et des fournitures médicales à 2,2 millions de personnes dans Gaza est perturbé par une série d'obstacles inattendus
  • Les Palestiniens peinent à accéder à l'aide après que les donateurs ont suspendu leur soutien à l'Unrwa et que les familles des otages israéliens ont bloqué les livraisons

LONDRES: L'aide humanitaire à Gaza pourrait «s'effondrer» d'ici la fin du mois de février si les donateurs occidentaux ne reprennent pas le financement du principal organisme d'aide des Nations unies dans l'enclave palestinienne, ont averti des responsables.

Plusieurs donateurs importants de l'Office de secours et de travaux des Nations unies (Unrwa), dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont interrompu leur financement après l'ouverture d'une enquête interne sur 12 membres du personnel de l'Office, accusés d'avoir participé aux attentats du 7 octobre menés par le Hamas.

Pour ne rien arranger, les membres du cabinet de guerre israélien envisageraient de réduire encore la quantité d'aide autorisée à entrer dans la bande de Gaza, après que les services de renseignement israéliens ont affirmé que le Hamas détournait plus de la moitié des camions d'aide entrant dans le territoire.

Des camions transportant de l'aide sont alignés près du poste frontière de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, le 1er février 2024, alors qu'ils sont inspectés par les forces israéliennes (Photo, Reuters).

En plus de cela, les familles de plusieurs otages israéliens ont organisé des manifestations quotidiennes au poste frontière de Kerem Shalom entre Israël et la bande de Gaza, exigeant qu’aucune aide ne soit autorisée à entrer dans le territoire tant que leurs proches restent en captivité.

Charlotte Leslie, ancienne membre du Parlement britannique et directrice du Conservative Middle East Council, a condamné la suspension du financement de l'Unrwa et a déclaré qu'elle était «très préoccupée» par de telles décisions.

«S'il y a des allégations sérieuses, fondées sur des preuves, concernant l'implication du personnel de l'Unrwa dans l'attaque terroriste du 7 octobre, elles doivent faire l'objet d'une enquête appropriée et des mesures adéquates doivent être prises», a déclaré Leslie à Arab News.

«Cependant, cela ne justifie pas de priver des milliers de Gazaouis désespérés et innocents de soins humanitaires de base, que seul l'Unrwa est en mesure de fournir», a-t-elle ajouté.

Des Israéliens manifestent du côté israélien du poste frontière de Kerem Shalom avec le sud de la bande de Gaza, le 29 janvier 2024, pour demander la libération d'otages par le Hamas (Photo, AFP).

Faisant écho aux préoccupations de Leslie selon lesquelles la réduction du financement de l'Unrwa n'aboutirait qu'à une «catastrophe humanitaire», un porte-parole d'Action Aid a indiqué à Arab News que la décision des puissances occidentales était «imprudente» et constituait en fait une «condamnation à mort» pour plus de deux millions de personnes déplacées à Gaza.

Un porte-parole d'Oxfam a déclaré à Arab News que la «suspension brusque et arbitraire» du financement avait coupé la principale ligne de vie de l'aide à Gaza.

«Il serait extrêmement imprudent et irresponsable de sanctionner une agence entière sur la base d'allégations concernant 12 personnes sur les 13 000 employés de Gaza, avant qu'une enquête appropriée n'ait été menée sur ces accusations», a insisté le porte-parole.

«Ce dont nous avons besoin, c'est d'une augmentation de l'aide humanitaire à Gaza, et non d'une diminution de l'aide vitale à un moment critique où les enfants meurent de faim et où les malades ne reçoivent pas de médicaments», a-t-il précisé.

Les enfants palestiniens déplacés par l'offensive israélienne à Gaza sont ceux qui souffrent le plus, privés de leurs maisons, de leurs équipements, de leur éducation et de leurs soins de santé (Photo, Reuters).

Les États-Unis, qui sont de loin la principale source de financement de l'agence humanitaire des Nations unies, ont versé environ 343 millions de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro) aux opérations de l'Unrwa au cours de l'année 2022. L'Allemagne a fait le deuxième don le plus important, soit 202 millions de dollars au cours de la même période. Le Royaume-Uni, quant à lui, a fait un don de 21 millions de livres sterling.

Bien que les États-Unis aient suspendu leurs versements à l'Unrwa, le département d'État a déclaré qu'il souhaitait voir l'agence poursuivre son travail. Néanmoins, le porte-parole du département d'État, Matthew Miller, a déclaré qu'en tant que principal donateur de l'Unrwa, les États-Unis ont besoin que les Nations unies «prennent l'affaire au sérieux, enquêtent et veillent à ce que toute personne ayant commis des actes répréhensibles soit tenue de rendre des comptes».

L'Unrwa a déclaré avoir licencié neuf des employés présumés impliqués dans les attaques du 7 octobre et avoir lancé une enquête après avoir reçu des preuves d'Israël.

Ces preuves ont été présentées au commissaire général de l'agence, Philippe Lazzarini. Le même jour, la plus haute juridiction des Nations unies, la Cour internationale de justice (CIJ), a ordonné à Israël d'augmenter la quantité d'aide autorisée à entrer dans la bande de Gaza, dans le cadre d'une série de mesures destinées à prévenir un génocide.

Le commissaire général de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a déclaré que l'agence des Nations unies pour les réfugiés avait rapidement pris des mesures en licenciant neuf des employés présumés impliqués dans les attaques du 7 octobre et avait lancé une enquête après avoir reçu des preuves de la part d'Israël (Photo, AFP).

Israël a depuis affirmé que six employés de l'Unrwa faisaient partie de l'opération menée par le Hamas qui a infiltré Israël le 7 octobre, et que quatre d'entre eux auraient même participé à l'enlèvement d'Israéliens.

Qualifiant les actes présumés du personnel de l'Unrwa d'«odieux», le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a néanmoins exhorté les pays donateurs de «garantir la continuité» du financement de l'agence, les implorant à ne pas pénaliser les «dizaines de milliers de personnes qui travaillent pour l'Unrwa» sur la base des actes de quelques-unes d'entre elles.

Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, s'est félicitée de l'enquête menée sur ces allégations et a déclaré que Washington devrait constater des «changements fondamentaux» avant que le financement puisse reprendre.

Un porte-parole de l'Unrwa a prévenu que sans la reprise immédiate du financement par ses deux principaux donateurs, les opérations de l'agence ne pourront pas se poursuivre au-delà du mois de février.

Des réfugiés palestiniens se rassemblent devant les bureaux de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, l'Unrwa, à Beyrouth, au Liban, le 30 janvier 2024 (Photo, AFP).

Ces allégations sont les dernières en date d'une longue série d'efforts visant à discréditer l'agence. Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a particulièrement tenu à mettre fin à la politique de l'Unrwa qui permet aux réfugiés palestiniens de transmettre leur statut de réfugié à leurs enfants, perpétuant ainsi le «droit au retour». Les responsables israéliens affirment que cette politique maintient le conflit en vie en empêchant les réfugiés palestiniens de s’intégrer pleinement dans de nouvelles communautés.

Mettant en doute l'efficacité de l'enquête interne, Netanyahou a qualifié l'Unrwa d'agence «infiltrée» par le Hamas.

«Je crois qu'il est temps que la communauté internationale et les Nations unies elles-mêmes comprennent que la mission de l'UNRWA doit prendre fin», a-t-il déclaré mercredi à une délégation d'ambassadeurs auprès des Nations unies.

Des manifestants palestiniens lancent des œufs à l'entrée du bureau local de l'Unrwa dans la ville de Gaza, le 19 septembre 2022, lors d'une manifestation réclamant la reconstruction de leurs maisons détruites lors du conflit de 2014 avec Israël (Photo, AFP).

«L'Unrwa est totalement infiltré par le Hamas. Il est au service du Hamas et de ses écoles, et de bien d'autres choses encore. Je le dis avec beaucoup de regret car nous espérions qu'il y aurait un organisme objectif et constructif pour offrir de l'aide», a signalé Netanyahou.

«Nous avons besoin d'un tel organisme aujourd'hui à Gaza. Mais l'Unrwa n'est pas cet organisme. Il doit être remplacé par une ou plusieurs organisations qui feront ce travail», a-t-il estimé.

Le professeur Kobi Michael, chercheur principal à l'Institut d'études de sécurité nationale de Tel-Aviv et à l'Institut Misgav de sécurité nationale, a indiqué à Arab News que la suspension du financement de l'Unrwa représentait un moment d'optimisme, notant que «si cela est fait de la bonne manière», les civils de Gaza ne souffriraient pas.

«Maintenant, le monde commence à comprendre et à reconnaître que l’Unrwa n’est rien de moins qu’une autre branche du Hamas», a-t-il déclaré.

Une femme palestinienne essaie de réconforter un enfant palestinien blessé lors des frappes israeliennes sur la bande de Gaza (Capture d’écran).

Se référant à un rapport des services de renseignement israéliens communiqué aux gouvernements étrangers, selon lequel 10% du personnel de l'Office seraient des membres du Hamas, Michael a déclaré qu'il n'avait «aucun doute sur les chiffres concernant le personnel de l'Unrwa impliqué».

Il a ajouté: «Le personnel impliqué directement ou indirectement dans le terrorisme est beaucoup plus important. L'agence doit être fermée.»

Compte tenu du moment où Israël a remis les preuves aux Nations unies, l'analyste jordanien Osama al-Charif a expliqué qu'il ne s'agissait de rien d'autre que de la perpétuation de la campagne de Netanyahou visant à faire fermer l'agence d'aide.

Il a révélé à Arab News qu'il s'agissait également d'un effort de la part du gouvernement israélien pour «manipuler» la communauté internationale.

Des Palestiniens se tiennent à l'entrée du Collège universitaire des sciences de l'éducation géré par l'Unrwa, à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 29 janvier 2024 (Photo, AFP).

«Les allégations contre l'Unrwa ne sont pas nouvelles et ont déjà été utilisées par le passé, mais cette fois, elles sont utilisées pour détourner l'attention de la décision historique de la CIJ qui a conclu à la recevabilité du génocide commis par Israël à Gaza», a-t-il éclairci.

«Puis il y a l'objectif principal derrière la disparition de l'Unrwa, qui est d'enterrer le droit au retour des réfugiés palestiniens, ce qu'Israël a toujours rejeté», a ajouté Al-Charif.

Gershon Baskin, directeur pour le Moyen-Orient de l'International Communities Organization, n'a pas rejeté les rumeurs d'un plan conjoint israélo-américain pour remplacer l'Unrwa après la guerre, mais il a estimé qu'avec des pays comme le Royaume-Uni, les États-Unis et d'autres qui se font de plus en plus entendre sur la nécessité de reconnaître un État palestinien dans le cadre d'une solution à deux États, de tels plans pourraient s'avérer discutables.

Il a déclaré à Arab News que si l'État palestinien était reconnu par les grandes puissances occidentales, la nécessité d'une agence dédiée aux réfugiés deviendrait superflue.

S'il est vrai que le Hamas a volé des fournitures d'aide, il était néanmoins logique qu’Israël respecte ses obligations en vertu de la décision provisoire de la CIJ et facilite l'augmentation des livraisons d'aide à Gaza, déclare un responsable de l'aide (Photo, AFP).

«Vous ne pouvez pas être un réfugié palestinien à l’intérieur de l’État de Palestine, donc avec la reconnaissance de cet État, la Palestine elle-même devrait assumer la responsabilité gouvernementale de la fonction publique et de toutes les tâches que l’Unrwa entreprend actuellement», a-t-il jugé.

«À ce moment-là, l'Unrwa devient un sujet de négociation entre l'État d'Israël et l'État de Palestine.»

Tout en reconnaissant les préoccupations israéliennes concernant les allégations selon lesquelles le Hamas a volé des fournitures d'aide depuis le début du conflit en octobre, Baskin a signalé qu'il était néanmoins logique que le pays respecte ses obligations en vertu de la décision provisoire de la CIJ et facilite l'augmentation des livraisons d'aide à Gaza.

«Ma propre proposition était que l'armée israélienne apporte l'aide à Gaza et la livre sous la protection de l'armée israélienne afin que les marchandises ne soient pas confisquées», a-t-il indiqué.

«Cette aide devrait être apportée dans les régions où Israël affirme aux gens qu'il y aura des zones de sécurité. Il y a des gens en Israël qui commencent à parler de cette possibilité, donc cela pourrait se produire», a soutenu Baskin.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis retirent la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme

Les États-Unis retirent la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette mesure « contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique ». (AFP)
Les États-Unis retirent la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette mesure « contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique ». (AFP)
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  • Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a affirmé que cette décision américaine offrait aux Syriens "une voie vers la prospérité".
  • Cette mesure "élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale", a-t-il indiqué dans un communiqué

WAHSINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir retiré la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, sur laquelle le pays figurait depuis 47 ans, une nouvelle étape de la levée progressive des sanctions américaines.

Le gouvernement Trump avait indiqué début juillet son intention de supprimer la Syrie de cette liste, qui limitait jusqu'ici les investissements dans ce pays, un peu moins de deux ans après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.

Les Etats-Unis ont également sorti Hayat Tahrir al-Sham (HTS), anciennement Front al-Nosra, ancien groupe islamiste qu'a dirigé le président syrien Ahmad al-Chareh, de leur liste des principaux groupements et individus "terroristes" (Specially Designated Global Terrorist).

Un temps branche d'Al-Qaïda en Syrie, le Front al-Nosra avait annoncé rompre ses liens avec l'organisation en 2016 et s'était rebaptisé HTS.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a affirmé que cette décision américaine offrait aux Syriens "une voie vers la prospérité".

Cette mesure "élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie, a lui salué sur X, "une nouvelle étape décisive dans le remarquable parcours de la Syrie, de l'isolement au partenariat, et d'un pourvoyeur de terrorisme à un partenaire engagé dans la lutte mondiale contre lui".

"Moderne et durable"

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani a qualifié la décision américaine d'"étape historique", affirmant qu'elle reflétait "l'engagement du nouvel Etat syrien en faveur de la paix et de la sécurité internationale".

Le ministre syrien des Finances, Mohammed Barnieh, y voit un "succès majeur et historique de la diplomatie syrienne", dans un commentaire cité par l'agence de presse officielle Sana.

Cette mesure ouvre également selon lui une "voie majeure et attendue de longue date pour renforcer l'intégration de la Syrie dans le système économique et financier mondial, attirer les investissements et les technologies modernes, et soutenir les perspectives de développement".

De son côté, le gouverneur de la Banque centrale syrienne s'est félicité que le retrait du pays de cette liste lui permette "de retrouver sa place naturelle au sein du système économique mondial" et de "bâtir un système financier moderne et fiable".

Après sa prise de pouvoir, en décembre 2024, Ahmad al-Chareh avait annoncé la dissolution de tous les groupes armés ayant renversé Bachar al-Assad, dont HTS, sa propre formation.

Lundi toujours, le Trésor américain a ôté HTS de sa liste des personnes et entités sous sanctions (SDN List), selon un communiqué.

"Le Trésor se conforme à la promesse du président Trump de donner au peuple syrien une ouverture sur de grandes choses", a déclaré le ministre des Finances, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

"Les décisions prises aujourd'hui vont favoriser des investissements supplémentaires en Syrie pour promouvoir la stabilité politique et économique" du pays, a-t-il poursuivi.

Depuis 2025, de nombreux pays occidentaux ont progressivement annulé les sanctions imposées à la Syrie, notamment le Canada ou le Royaume-Uni. L'Union européenne les avait levées dès mai 2025.

Lors de sa visite à Damas fin juillet, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait appelé les Etats à lever "immédiatement" les dernières sanctions visant encore la Syrie, afin de soutenir la reconstruction et la relance de l'économie locale.


Le ministre des Affaires étrangères d'Oman en Iran pour discuter d'Ormuz

Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région"
  • Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux"

TEHERAN: Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz.

M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région", a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, dans un communiqué.

Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux".

En riposte aux frappes israélo-américaines sur son sol le 28 février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a verrouillé le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel circulait, avant le conflit, un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Téhéran a indiqué qu'il entendait imposer des frais de navigation pour des services aux navires y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région. L'Iran a pris pour cible des navires qui tentent de traverser le détroit sans demander d'autorisation.

De son côté, le président américain Donald Trump martèle avoir le "contrôle total" du détroit et a affirmé qu'il en ferait, après la guerre un "territoire américain".

Il a également menacé de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" du chemin des Etats-Unis.

L'Iran et Oman discutent depuis plusieurs semaines pour établir une nouvelle route de navigation dans le détroit.

Mardi, le Qatar, un des pays médiateurs dans le conflit, les a appelés à conclure leurs négociations, pour permettre de "reprendre" les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran.

Téhéran affirme que la voie maritime restera fermée tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, dont la levée du blocus imposé par les Etats-Unis aux  ports iraniens.


La Syrie dit vouloir désamorcer les tensions avec Israël après l'attaque d'une base

Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
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  • Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie
  • Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie

DAMAS: La Syrie et Israël ont tenu dimanche des discussions de haut niveau en Jordanie, Damas affirmant vouloir désamorcer la crise provoquée par une attaque israélienne et rester à l'écart des tensions entre Israël et la Turquie.

Avec cette frappe sur une base aérienne du nord du pays, vivement condamnée par Damas, Israël avait dit vouloir y empêcher le déploiement de troupes turques. Ankara a démenti toute présence militaire.

Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie.

Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie, selon ces sources qui ont requis l'anonymat.

L'agence de presse officielle syrienne Sana, citant une source au ministère syrien des Affaires étrangères, a confirmé que des pourparlers parrainés par les Etats-Unis avaient eu lieu en Jordanie, dans l'objectif d'"une désescalade après le récent bombardement israélien du territoire syrien".

D'après Sana, un groupe mené par le chef de la diplomatie syrienne s'est entretenu avec une "délégation israélienne de haut niveau". Les discussions devaient, entre autres, "faire en sorte que les tensions actuelles entre les deux pays ne se répercutent pas sur le territoire syrien", de même source.

La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, mais les relations sont tendues avec le président Recep Tayyip Erdogan, qui a été qualifié vendredi par Benjamin Netanyahu de "dictateur antisémite".

Un porte-parole du bureau du Premier ministre israélien a, lui, indiqué à l'AFP ne pas avoir de commentaire à faire à ce sujet.

Selon une source diplomatique, ces négociations entre Israël et la Syrie sont les premières depuis plusieurs mois.

Après l'arrivée au pouvoir fin 2024 de l'islamiste Ahmad al-Chareh, dont la coalition de rebelles a renversé le président Bachar al-Assad, Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie.

L'armée israélienne a également mené des incursions dans le sud du pays et déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, où Israël revendique la mise en place d'une "zone de sécurité" qu'il entend maintenir.

"Violation flagrante" 

En parallèle, les deux pays ont tenu, sous la pression des Etats-Unis, plusieurs cycles de discussions directes.

A l'issue de négociations en janvier, les deux pays avaient convenu de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.

Un diplomate arabe à Damas avait indiqué à l'époque à l'AFP qu'une salle d'opérations conjointe basée en Jordanie devait notamment suivre les questions de coordination sécuritaire et de contrôle des frontières.

Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie qui est également ambassadeur en Turquie, a condamné le bombardement israélien de mardi, accusant Israël d'"escalade inutile".

Dans un entretien accordé à l'influenceur Mario Nawfal et diffusé vendredi, il a aussi suggéré que la frappe pourrait avoir cherché à provoquer un conflit avec la Turquie dans le cadre d'une manœuvre électoraliste du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui aborde en position difficile les législatives d'octobre en Israël.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a dénoncé des "positions qui contredisent la ligne du président américain Donald Trump".

M. Barrack a également déclaré que le plateau du Golan - un territoire syrien dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer en 1981 - était "occupé" par Israël, alors que les Etats-Unis sont parmi les rares pays à avoir reconnu son annexion par Israël, sous le premier mandat de Donald Trump en 2019.

Les discussions ont par ailleurs eu lieu au lendemain de frappes israéliennes visant, selon Israël, des combattants en Syrie, près du plateau du Golan.

Damas a fait état d'un blessé et dénoncé une "violation flagrante" de sa souveraineté.