Quelles sont les causes de l’imbroglio de l’aide humanitaire à Gaza?

Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
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Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 02 février 2024

Quelles sont les causes de l’imbroglio de l’aide humanitaire à Gaza?

  • L'acheminement des denrées alimentaires et des fournitures médicales à 2,2 millions de personnes dans Gaza est perturbé par une série d'obstacles inattendus
  • Les Palestiniens peinent à accéder à l'aide après que les donateurs ont suspendu leur soutien à l'Unrwa et que les familles des otages israéliens ont bloqué les livraisons

LONDRES: L'aide humanitaire à Gaza pourrait «s'effondrer» d'ici la fin du mois de février si les donateurs occidentaux ne reprennent pas le financement du principal organisme d'aide des Nations unies dans l'enclave palestinienne, ont averti des responsables.

Plusieurs donateurs importants de l'Office de secours et de travaux des Nations unies (Unrwa), dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont interrompu leur financement après l'ouverture d'une enquête interne sur 12 membres du personnel de l'Office, accusés d'avoir participé aux attentats du 7 octobre menés par le Hamas.

Pour ne rien arranger, les membres du cabinet de guerre israélien envisageraient de réduire encore la quantité d'aide autorisée à entrer dans la bande de Gaza, après que les services de renseignement israéliens ont affirmé que le Hamas détournait plus de la moitié des camions d'aide entrant dans le territoire.

Des camions transportant de l'aide sont alignés près du poste frontière de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, le 1er février 2024, alors qu'ils sont inspectés par les forces israéliennes (Photo, Reuters).

En plus de cela, les familles de plusieurs otages israéliens ont organisé des manifestations quotidiennes au poste frontière de Kerem Shalom entre Israël et la bande de Gaza, exigeant qu’aucune aide ne soit autorisée à entrer dans le territoire tant que leurs proches restent en captivité.

Charlotte Leslie, ancienne membre du Parlement britannique et directrice du Conservative Middle East Council, a condamné la suspension du financement de l'Unrwa et a déclaré qu'elle était «très préoccupée» par de telles décisions.

«S'il y a des allégations sérieuses, fondées sur des preuves, concernant l'implication du personnel de l'Unrwa dans l'attaque terroriste du 7 octobre, elles doivent faire l'objet d'une enquête appropriée et des mesures adéquates doivent être prises», a déclaré Leslie à Arab News.

«Cependant, cela ne justifie pas de priver des milliers de Gazaouis désespérés et innocents de soins humanitaires de base, que seul l'Unrwa est en mesure de fournir», a-t-elle ajouté.

Des Israéliens manifestent du côté israélien du poste frontière de Kerem Shalom avec le sud de la bande de Gaza, le 29 janvier 2024, pour demander la libération d'otages par le Hamas (Photo, AFP).

Faisant écho aux préoccupations de Leslie selon lesquelles la réduction du financement de l'Unrwa n'aboutirait qu'à une «catastrophe humanitaire», un porte-parole d'Action Aid a indiqué à Arab News que la décision des puissances occidentales était «imprudente» et constituait en fait une «condamnation à mort» pour plus de deux millions de personnes déplacées à Gaza.

Un porte-parole d'Oxfam a déclaré à Arab News que la «suspension brusque et arbitraire» du financement avait coupé la principale ligne de vie de l'aide à Gaza.

«Il serait extrêmement imprudent et irresponsable de sanctionner une agence entière sur la base d'allégations concernant 12 personnes sur les 13 000 employés de Gaza, avant qu'une enquête appropriée n'ait été menée sur ces accusations», a insisté le porte-parole.

«Ce dont nous avons besoin, c'est d'une augmentation de l'aide humanitaire à Gaza, et non d'une diminution de l'aide vitale à un moment critique où les enfants meurent de faim et où les malades ne reçoivent pas de médicaments», a-t-il précisé.

Les enfants palestiniens déplacés par l'offensive israélienne à Gaza sont ceux qui souffrent le plus, privés de leurs maisons, de leurs équipements, de leur éducation et de leurs soins de santé (Photo, Reuters).

Les États-Unis, qui sont de loin la principale source de financement de l'agence humanitaire des Nations unies, ont versé environ 343 millions de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro) aux opérations de l'Unrwa au cours de l'année 2022. L'Allemagne a fait le deuxième don le plus important, soit 202 millions de dollars au cours de la même période. Le Royaume-Uni, quant à lui, a fait un don de 21 millions de livres sterling.

Bien que les États-Unis aient suspendu leurs versements à l'Unrwa, le département d'État a déclaré qu'il souhaitait voir l'agence poursuivre son travail. Néanmoins, le porte-parole du département d'État, Matthew Miller, a déclaré qu'en tant que principal donateur de l'Unrwa, les États-Unis ont besoin que les Nations unies «prennent l'affaire au sérieux, enquêtent et veillent à ce que toute personne ayant commis des actes répréhensibles soit tenue de rendre des comptes».

L'Unrwa a déclaré avoir licencié neuf des employés présumés impliqués dans les attaques du 7 octobre et avoir lancé une enquête après avoir reçu des preuves d'Israël.

Ces preuves ont été présentées au commissaire général de l'agence, Philippe Lazzarini. Le même jour, la plus haute juridiction des Nations unies, la Cour internationale de justice (CIJ), a ordonné à Israël d'augmenter la quantité d'aide autorisée à entrer dans la bande de Gaza, dans le cadre d'une série de mesures destinées à prévenir un génocide.

Le commissaire général de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a déclaré que l'agence des Nations unies pour les réfugiés avait rapidement pris des mesures en licenciant neuf des employés présumés impliqués dans les attaques du 7 octobre et avait lancé une enquête après avoir reçu des preuves de la part d'Israël (Photo, AFP).

Israël a depuis affirmé que six employés de l'Unrwa faisaient partie de l'opération menée par le Hamas qui a infiltré Israël le 7 octobre, et que quatre d'entre eux auraient même participé à l'enlèvement d'Israéliens.

Qualifiant les actes présumés du personnel de l'Unrwa d'«odieux», le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a néanmoins exhorté les pays donateurs de «garantir la continuité» du financement de l'agence, les implorant à ne pas pénaliser les «dizaines de milliers de personnes qui travaillent pour l'Unrwa» sur la base des actes de quelques-unes d'entre elles.

Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, s'est félicitée de l'enquête menée sur ces allégations et a déclaré que Washington devrait constater des «changements fondamentaux» avant que le financement puisse reprendre.

Un porte-parole de l'Unrwa a prévenu que sans la reprise immédiate du financement par ses deux principaux donateurs, les opérations de l'agence ne pourront pas se poursuivre au-delà du mois de février.

Des réfugiés palestiniens se rassemblent devant les bureaux de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, l'Unrwa, à Beyrouth, au Liban, le 30 janvier 2024 (Photo, AFP).

Ces allégations sont les dernières en date d'une longue série d'efforts visant à discréditer l'agence. Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a particulièrement tenu à mettre fin à la politique de l'Unrwa qui permet aux réfugiés palestiniens de transmettre leur statut de réfugié à leurs enfants, perpétuant ainsi le «droit au retour». Les responsables israéliens affirment que cette politique maintient le conflit en vie en empêchant les réfugiés palestiniens de s’intégrer pleinement dans de nouvelles communautés.

Mettant en doute l'efficacité de l'enquête interne, Netanyahou a qualifié l'Unrwa d'agence «infiltrée» par le Hamas.

«Je crois qu'il est temps que la communauté internationale et les Nations unies elles-mêmes comprennent que la mission de l'UNRWA doit prendre fin», a-t-il déclaré mercredi à une délégation d'ambassadeurs auprès des Nations unies.

Des manifestants palestiniens lancent des œufs à l'entrée du bureau local de l'Unrwa dans la ville de Gaza, le 19 septembre 2022, lors d'une manifestation réclamant la reconstruction de leurs maisons détruites lors du conflit de 2014 avec Israël (Photo, AFP).

«L'Unrwa est totalement infiltré par le Hamas. Il est au service du Hamas et de ses écoles, et de bien d'autres choses encore. Je le dis avec beaucoup de regret car nous espérions qu'il y aurait un organisme objectif et constructif pour offrir de l'aide», a signalé Netanyahou.

«Nous avons besoin d'un tel organisme aujourd'hui à Gaza. Mais l'Unrwa n'est pas cet organisme. Il doit être remplacé par une ou plusieurs organisations qui feront ce travail», a-t-il estimé.

Le professeur Kobi Michael, chercheur principal à l'Institut d'études de sécurité nationale de Tel-Aviv et à l'Institut Misgav de sécurité nationale, a indiqué à Arab News que la suspension du financement de l'Unrwa représentait un moment d'optimisme, notant que «si cela est fait de la bonne manière», les civils de Gaza ne souffriraient pas.

«Maintenant, le monde commence à comprendre et à reconnaître que l’Unrwa n’est rien de moins qu’une autre branche du Hamas», a-t-il déclaré.

Une femme palestinienne essaie de réconforter un enfant palestinien blessé lors des frappes israeliennes sur la bande de Gaza (Capture d’écran).

Se référant à un rapport des services de renseignement israéliens communiqué aux gouvernements étrangers, selon lequel 10% du personnel de l'Office seraient des membres du Hamas, Michael a déclaré qu'il n'avait «aucun doute sur les chiffres concernant le personnel de l'Unrwa impliqué».

Il a ajouté: «Le personnel impliqué directement ou indirectement dans le terrorisme est beaucoup plus important. L'agence doit être fermée.»

Compte tenu du moment où Israël a remis les preuves aux Nations unies, l'analyste jordanien Osama al-Charif a expliqué qu'il ne s'agissait de rien d'autre que de la perpétuation de la campagne de Netanyahou visant à faire fermer l'agence d'aide.

Il a révélé à Arab News qu'il s'agissait également d'un effort de la part du gouvernement israélien pour «manipuler» la communauté internationale.

Des Palestiniens se tiennent à l'entrée du Collège universitaire des sciences de l'éducation géré par l'Unrwa, à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 29 janvier 2024 (Photo, AFP).

«Les allégations contre l'Unrwa ne sont pas nouvelles et ont déjà été utilisées par le passé, mais cette fois, elles sont utilisées pour détourner l'attention de la décision historique de la CIJ qui a conclu à la recevabilité du génocide commis par Israël à Gaza», a-t-il éclairci.

«Puis il y a l'objectif principal derrière la disparition de l'Unrwa, qui est d'enterrer le droit au retour des réfugiés palestiniens, ce qu'Israël a toujours rejeté», a ajouté Al-Charif.

Gershon Baskin, directeur pour le Moyen-Orient de l'International Communities Organization, n'a pas rejeté les rumeurs d'un plan conjoint israélo-américain pour remplacer l'Unrwa après la guerre, mais il a estimé qu'avec des pays comme le Royaume-Uni, les États-Unis et d'autres qui se font de plus en plus entendre sur la nécessité de reconnaître un État palestinien dans le cadre d'une solution à deux États, de tels plans pourraient s'avérer discutables.

Il a déclaré à Arab News que si l'État palestinien était reconnu par les grandes puissances occidentales, la nécessité d'une agence dédiée aux réfugiés deviendrait superflue.

S'il est vrai que le Hamas a volé des fournitures d'aide, il était néanmoins logique qu’Israël respecte ses obligations en vertu de la décision provisoire de la CIJ et facilite l'augmentation des livraisons d'aide à Gaza, déclare un responsable de l'aide (Photo, AFP).

«Vous ne pouvez pas être un réfugié palestinien à l’intérieur de l’État de Palestine, donc avec la reconnaissance de cet État, la Palestine elle-même devrait assumer la responsabilité gouvernementale de la fonction publique et de toutes les tâches que l’Unrwa entreprend actuellement», a-t-il jugé.

«À ce moment-là, l'Unrwa devient un sujet de négociation entre l'État d'Israël et l'État de Palestine.»

Tout en reconnaissant les préoccupations israéliennes concernant les allégations selon lesquelles le Hamas a volé des fournitures d'aide depuis le début du conflit en octobre, Baskin a signalé qu'il était néanmoins logique que le pays respecte ses obligations en vertu de la décision provisoire de la CIJ et facilite l'augmentation des livraisons d'aide à Gaza.

«Ma propre proposition était que l'armée israélienne apporte l'aide à Gaza et la livre sous la protection de l'armée israélienne afin que les marchandises ne soient pas confisquées», a-t-il indiqué.

«Cette aide devrait être apportée dans les régions où Israël affirme aux gens qu'il y aura des zones de sécurité. Il y a des gens en Israël qui commencent à parler de cette possibilité, donc cela pourrait se produire», a soutenu Baskin.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.


Après sa rencontre avec le prince Khalid ben Salmane, Graham salue la trajectoire du Royaume

Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
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  • Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington

DUBAÏ : Le sénateur américain Lindsey Graham estime que l’Arabie saoudite est « sur la voie de la lumière », dans une déclaration publiée après sa rencontre avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington.

« Mes échanges avec l’Arabie saoudite au cours des deux derniers jours m’ont donné un sentiment de confiance : le Royaume — tout en poursuivant ses propres intérêts — est sur une voie qui mène à la lumière, et non à l’obscurité », a déclaré le sénateur.

Il a également indiqué qu’il se réjouissait de se rendre prochainement en Arabie saoudite.

« Au fil des années, j’ai développé une solide relation de travail avec l’Arabie saoudite. Je sais que le président Trump est un fervent admirateur du prince héritier Mohammed ben Salmane. J’ai été témoin des changements que le prince héritier a adoptés et j’en ai été impressionné », a ajouté Lindsey Graham.

Le sénateur américain a également affirmé qu’après avoir rencontré le prince Khalid, ainsi que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, plus tôt, « je suis convaincu que l’Arabie saoudite estime que la meilleure chose pour la région est la croissance économique et la prospérité ».

« L’Arabie saoudite souhaite devenir, à l’avenir, une destination de choix, afin que des personnes du monde entier viennent visiter ce que je considère comme un pays remarquable. Le Royaume veut être l’une des forces dominantes dans le domaine de l’IA, ce qui signifie que les esprits les plus brillants afflueront. Je suis convaincu que tel est toujours l’objectif du prince héritier et du Royaume. »

Lindsey Graham a également salué le rôle que le Royaume cherche à jouer en Syrie.

« Ils ont clairement indiqué être l’ami à la fois du gouvernement syrien et du peuple kurde. Cette attitude visant le compromis plutôt que la destruction finira, espérons-le, par l’emporter », a-t-il déclaré.

Le prince Khalid devrait discuter, lors de sa visite, des relations saoudo-américaines et des moyens de les renforcer. Il a déjà rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et l’envoyé spécial Steve Witkoff.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com