Quelles sont les causes de l’imbroglio de l’aide humanitaire à Gaza?

Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
Des Palestiniens déplacés fuient Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le30 janvier 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 02 février 2024

Quelles sont les causes de l’imbroglio de l’aide humanitaire à Gaza?

  • L'acheminement des denrées alimentaires et des fournitures médicales à 2,2 millions de personnes dans Gaza est perturbé par une série d'obstacles inattendus
  • Les Palestiniens peinent à accéder à l'aide après que les donateurs ont suspendu leur soutien à l'Unrwa et que les familles des otages israéliens ont bloqué les livraisons

LONDRES: L'aide humanitaire à Gaza pourrait «s'effondrer» d'ici la fin du mois de février si les donateurs occidentaux ne reprennent pas le financement du principal organisme d'aide des Nations unies dans l'enclave palestinienne, ont averti des responsables.

Plusieurs donateurs importants de l'Office de secours et de travaux des Nations unies (Unrwa), dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont interrompu leur financement après l'ouverture d'une enquête interne sur 12 membres du personnel de l'Office, accusés d'avoir participé aux attentats du 7 octobre menés par le Hamas.

Pour ne rien arranger, les membres du cabinet de guerre israélien envisageraient de réduire encore la quantité d'aide autorisée à entrer dans la bande de Gaza, après que les services de renseignement israéliens ont affirmé que le Hamas détournait plus de la moitié des camions d'aide entrant dans le territoire.

Des camions transportant de l'aide sont alignés près du poste frontière de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, le 1er février 2024, alors qu'ils sont inspectés par les forces israéliennes (Photo, Reuters).

En plus de cela, les familles de plusieurs otages israéliens ont organisé des manifestations quotidiennes au poste frontière de Kerem Shalom entre Israël et la bande de Gaza, exigeant qu’aucune aide ne soit autorisée à entrer dans le territoire tant que leurs proches restent en captivité.

Charlotte Leslie, ancienne membre du Parlement britannique et directrice du Conservative Middle East Council, a condamné la suspension du financement de l'Unrwa et a déclaré qu'elle était «très préoccupée» par de telles décisions.

«S'il y a des allégations sérieuses, fondées sur des preuves, concernant l'implication du personnel de l'Unrwa dans l'attaque terroriste du 7 octobre, elles doivent faire l'objet d'une enquête appropriée et des mesures adéquates doivent être prises», a déclaré Leslie à Arab News.

«Cependant, cela ne justifie pas de priver des milliers de Gazaouis désespérés et innocents de soins humanitaires de base, que seul l'Unrwa est en mesure de fournir», a-t-elle ajouté.

Des Israéliens manifestent du côté israélien du poste frontière de Kerem Shalom avec le sud de la bande de Gaza, le 29 janvier 2024, pour demander la libération d'otages par le Hamas (Photo, AFP).

Faisant écho aux préoccupations de Leslie selon lesquelles la réduction du financement de l'Unrwa n'aboutirait qu'à une «catastrophe humanitaire», un porte-parole d'Action Aid a indiqué à Arab News que la décision des puissances occidentales était «imprudente» et constituait en fait une «condamnation à mort» pour plus de deux millions de personnes déplacées à Gaza.

Un porte-parole d'Oxfam a déclaré à Arab News que la «suspension brusque et arbitraire» du financement avait coupé la principale ligne de vie de l'aide à Gaza.

«Il serait extrêmement imprudent et irresponsable de sanctionner une agence entière sur la base d'allégations concernant 12 personnes sur les 13 000 employés de Gaza, avant qu'une enquête appropriée n'ait été menée sur ces accusations», a insisté le porte-parole.

«Ce dont nous avons besoin, c'est d'une augmentation de l'aide humanitaire à Gaza, et non d'une diminution de l'aide vitale à un moment critique où les enfants meurent de faim et où les malades ne reçoivent pas de médicaments», a-t-il précisé.

Les enfants palestiniens déplacés par l'offensive israélienne à Gaza sont ceux qui souffrent le plus, privés de leurs maisons, de leurs équipements, de leur éducation et de leurs soins de santé (Photo, Reuters).

Les États-Unis, qui sont de loin la principale source de financement de l'agence humanitaire des Nations unies, ont versé environ 343 millions de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro) aux opérations de l'Unrwa au cours de l'année 2022. L'Allemagne a fait le deuxième don le plus important, soit 202 millions de dollars au cours de la même période. Le Royaume-Uni, quant à lui, a fait un don de 21 millions de livres sterling.

Bien que les États-Unis aient suspendu leurs versements à l'Unrwa, le département d'État a déclaré qu'il souhaitait voir l'agence poursuivre son travail. Néanmoins, le porte-parole du département d'État, Matthew Miller, a déclaré qu'en tant que principal donateur de l'Unrwa, les États-Unis ont besoin que les Nations unies «prennent l'affaire au sérieux, enquêtent et veillent à ce que toute personne ayant commis des actes répréhensibles soit tenue de rendre des comptes».

L'Unrwa a déclaré avoir licencié neuf des employés présumés impliqués dans les attaques du 7 octobre et avoir lancé une enquête après avoir reçu des preuves d'Israël.

Ces preuves ont été présentées au commissaire général de l'agence, Philippe Lazzarini. Le même jour, la plus haute juridiction des Nations unies, la Cour internationale de justice (CIJ), a ordonné à Israël d'augmenter la quantité d'aide autorisée à entrer dans la bande de Gaza, dans le cadre d'une série de mesures destinées à prévenir un génocide.

Le commissaire général de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a déclaré que l'agence des Nations unies pour les réfugiés avait rapidement pris des mesures en licenciant neuf des employés présumés impliqués dans les attaques du 7 octobre et avait lancé une enquête après avoir reçu des preuves de la part d'Israël (Photo, AFP).

Israël a depuis affirmé que six employés de l'Unrwa faisaient partie de l'opération menée par le Hamas qui a infiltré Israël le 7 octobre, et que quatre d'entre eux auraient même participé à l'enlèvement d'Israéliens.

Qualifiant les actes présumés du personnel de l'Unrwa d'«odieux», le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a néanmoins exhorté les pays donateurs de «garantir la continuité» du financement de l'agence, les implorant à ne pas pénaliser les «dizaines de milliers de personnes qui travaillent pour l'Unrwa» sur la base des actes de quelques-unes d'entre elles.

Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, s'est félicitée de l'enquête menée sur ces allégations et a déclaré que Washington devrait constater des «changements fondamentaux» avant que le financement puisse reprendre.

Un porte-parole de l'Unrwa a prévenu que sans la reprise immédiate du financement par ses deux principaux donateurs, les opérations de l'agence ne pourront pas se poursuivre au-delà du mois de février.

Des réfugiés palestiniens se rassemblent devant les bureaux de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, l'Unrwa, à Beyrouth, au Liban, le 30 janvier 2024 (Photo, AFP).

Ces allégations sont les dernières en date d'une longue série d'efforts visant à discréditer l'agence. Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a particulièrement tenu à mettre fin à la politique de l'Unrwa qui permet aux réfugiés palestiniens de transmettre leur statut de réfugié à leurs enfants, perpétuant ainsi le «droit au retour». Les responsables israéliens affirment que cette politique maintient le conflit en vie en empêchant les réfugiés palestiniens de s’intégrer pleinement dans de nouvelles communautés.

Mettant en doute l'efficacité de l'enquête interne, Netanyahou a qualifié l'Unrwa d'agence «infiltrée» par le Hamas.

«Je crois qu'il est temps que la communauté internationale et les Nations unies elles-mêmes comprennent que la mission de l'UNRWA doit prendre fin», a-t-il déclaré mercredi à une délégation d'ambassadeurs auprès des Nations unies.

Des manifestants palestiniens lancent des œufs à l'entrée du bureau local de l'Unrwa dans la ville de Gaza, le 19 septembre 2022, lors d'une manifestation réclamant la reconstruction de leurs maisons détruites lors du conflit de 2014 avec Israël (Photo, AFP).

«L'Unrwa est totalement infiltré par le Hamas. Il est au service du Hamas et de ses écoles, et de bien d'autres choses encore. Je le dis avec beaucoup de regret car nous espérions qu'il y aurait un organisme objectif et constructif pour offrir de l'aide», a signalé Netanyahou.

«Nous avons besoin d'un tel organisme aujourd'hui à Gaza. Mais l'Unrwa n'est pas cet organisme. Il doit être remplacé par une ou plusieurs organisations qui feront ce travail», a-t-il estimé.

Le professeur Kobi Michael, chercheur principal à l'Institut d'études de sécurité nationale de Tel-Aviv et à l'Institut Misgav de sécurité nationale, a indiqué à Arab News que la suspension du financement de l'Unrwa représentait un moment d'optimisme, notant que «si cela est fait de la bonne manière», les civils de Gaza ne souffriraient pas.

«Maintenant, le monde commence à comprendre et à reconnaître que l’Unrwa n’est rien de moins qu’une autre branche du Hamas», a-t-il déclaré.

Une femme palestinienne essaie de réconforter un enfant palestinien blessé lors des frappes israeliennes sur la bande de Gaza (Capture d’écran).

Se référant à un rapport des services de renseignement israéliens communiqué aux gouvernements étrangers, selon lequel 10% du personnel de l'Office seraient des membres du Hamas, Michael a déclaré qu'il n'avait «aucun doute sur les chiffres concernant le personnel de l'Unrwa impliqué».

Il a ajouté: «Le personnel impliqué directement ou indirectement dans le terrorisme est beaucoup plus important. L'agence doit être fermée.»

Compte tenu du moment où Israël a remis les preuves aux Nations unies, l'analyste jordanien Osama al-Charif a expliqué qu'il ne s'agissait de rien d'autre que de la perpétuation de la campagne de Netanyahou visant à faire fermer l'agence d'aide.

Il a révélé à Arab News qu'il s'agissait également d'un effort de la part du gouvernement israélien pour «manipuler» la communauté internationale.

Des Palestiniens se tiennent à l'entrée du Collège universitaire des sciences de l'éducation géré par l'Unrwa, à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 29 janvier 2024 (Photo, AFP).

«Les allégations contre l'Unrwa ne sont pas nouvelles et ont déjà été utilisées par le passé, mais cette fois, elles sont utilisées pour détourner l'attention de la décision historique de la CIJ qui a conclu à la recevabilité du génocide commis par Israël à Gaza», a-t-il éclairci.

«Puis il y a l'objectif principal derrière la disparition de l'Unrwa, qui est d'enterrer le droit au retour des réfugiés palestiniens, ce qu'Israël a toujours rejeté», a ajouté Al-Charif.

Gershon Baskin, directeur pour le Moyen-Orient de l'International Communities Organization, n'a pas rejeté les rumeurs d'un plan conjoint israélo-américain pour remplacer l'Unrwa après la guerre, mais il a estimé qu'avec des pays comme le Royaume-Uni, les États-Unis et d'autres qui se font de plus en plus entendre sur la nécessité de reconnaître un État palestinien dans le cadre d'une solution à deux États, de tels plans pourraient s'avérer discutables.

Il a déclaré à Arab News que si l'État palestinien était reconnu par les grandes puissances occidentales, la nécessité d'une agence dédiée aux réfugiés deviendrait superflue.

S'il est vrai que le Hamas a volé des fournitures d'aide, il était néanmoins logique qu’Israël respecte ses obligations en vertu de la décision provisoire de la CIJ et facilite l'augmentation des livraisons d'aide à Gaza, déclare un responsable de l'aide (Photo, AFP).

«Vous ne pouvez pas être un réfugié palestinien à l’intérieur de l’État de Palestine, donc avec la reconnaissance de cet État, la Palestine elle-même devrait assumer la responsabilité gouvernementale de la fonction publique et de toutes les tâches que l’Unrwa entreprend actuellement», a-t-il jugé.

«À ce moment-là, l'Unrwa devient un sujet de négociation entre l'État d'Israël et l'État de Palestine.»

Tout en reconnaissant les préoccupations israéliennes concernant les allégations selon lesquelles le Hamas a volé des fournitures d'aide depuis le début du conflit en octobre, Baskin a signalé qu'il était néanmoins logique que le pays respecte ses obligations en vertu de la décision provisoire de la CIJ et facilite l'augmentation des livraisons d'aide à Gaza.

«Ma propre proposition était que l'armée israélienne apporte l'aide à Gaza et la livre sous la protection de l'armée israélienne afin que les marchandises ne soient pas confisquées», a-t-il indiqué.

«Cette aide devrait être apportée dans les régions où Israël affirme aux gens qu'il y aura des zones de sécurité. Il y a des gens en Israël qui commencent à parler de cette possibilité, donc cela pourrait se produire», a soutenu Baskin.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Guterres effectue une visite en Syrie, la première d'un chef de l'ONU depuis 2009

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
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  • Antonio Guterres est arrivé en Syrie pour réaffirmer le soutien de l’ONU à la transition politique et rencontrer les autorités syriennes ainsi que des représentants de la société civile
  • Cette visite intervient à un moment clé, alors que la Syrie doit relever les défis de la reconstruction, de la gouvernance inclusive et des tensions sécuritaires persistantes

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé samedi en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre.

Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana.

"L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Le diplomate réaffirmera que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement", a-t-il ajouté.

Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

- "Période clé" -

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.

L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie".

Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.

Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk.

Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
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  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.