Gaza: La communauté internationale «manque d’humanité», selon la ministre slovène des AE

Tanja Fajon, ministre slovène des Affaires étrangères et européennes (Capture d’écran).
Tanja Fajon, ministre slovène des Affaires étrangères et européennes (Capture d’écran).
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Publié le Mercredi 28 février 2024

Gaza: La communauté internationale «manque d’humanité», selon la ministre slovène des AE

  • Tanja Fajon exhorte Washington à utiliser son influence sur Israël pour faire avancer la solution à deux États
  • Elle craint que l'offensive militaire israélienne prévue à Rafah ne déclenche des troubles régionaux

NEW YORK: Tanja Fajon, ministre slovène des Affaires étrangères et européennes, a exprimé sa profonde déception face à l'utilisation répétée par les États-Unis de leur droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour bloquer les appels de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

Le 20 février, les États-Unis ont opposé pour la troisième fois leur veto à une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza. Ils ont été les seuls à voter contre la résolution présentée par l'Algérie. Le Royaume-Uni a été le seul pays à s'abstenir, avec 13 votes en faveur de la résolution.

Alors que quelque 30 000 personnes ont été tuées à Gaza depuis qu'Israël a lancé son offensive militaire en octobre dernier et que 2 millions de personnes sont désormais menacées de famine, l'utilisation continue par Washington de son droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher la censure d'Israël a suscité des condamnations.

«Je crains que le monde n'ait pas réussi le test de l'humanité», a déclaré Fajon, dont le pays est un membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU pour 2024-2025, lors d'un entretien accordé à Arab News, à New York.

Le 20 février, les États-Unis ont opposé leur veto à une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza pour la troisième fois (Photo, AFP).

«Voir tant d'enfants sans abri, sans nourriture, sans école, sans hôpital. Nous voyons le nombre insupportable de morts parmi les civils, les violations des lois humanitaires internationales – c'est notre responsabilité à tous», a-t-elle indiqué.

Washington a tenté de justifier son veto en affirmant qu'un cessez-le-feu mettrait en péril les négociations «sensibles» menées par les États-Unis, le Qatar et l'Égypte en vue d'obtenir la fin des hostilités à Gaza, la libération des otages détenus par le Hamas et l'autorisation d'acheminer de l'aide dans l'enclave.

Plutôt que d'opposer leur veto aux résolutions, les États-Unis devraient user de leur influence sur Israël pour exiger l'arrêt de ses opérations militaires à Gaza et s'engager en faveur de la création d'un État palestinien indépendant, a estimé Fajon.

«Ce n'est un secret pour personne que les Américains ont une influence sur Israël», a-t-elle signalé.

«Ils doivent vraiment faire tout ce qui est possible, d'abord pour entamer des négociations sérieuses avec Israël, arrêter les violations à Gaza, assurer un cessez-le-feu, parvenir à un accord sur la libération des otages et des prisonniers politiques et commencer réellement à travailler pour la solution à deux États.

«Nous faisons notre part du travail sur le plan européen. Mais nous avons besoin de tout le monde à la table.»

L'utilisation continue par Washington de son droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher la censure d'Israël a suscité des condamnations (Photo, AFP).

Fajon craint que le pire ne se produise encore si Israël met à exécution sa menace de lancer une nouvelle offensive terrestre contre Rafah, le dernier refuge de plus de 1,5 million de Palestiniens déplacés.

«Je m'attends à ce que les Américains soient conscients de ce qui pourrait se produire après le début du Ramadan si Israël mettait ses menaces à exécution», a-t-elle prévenu. «Si rien ne se passe, si un cessez-le-feu n'est pas mis en œuvre de toute urgence, je ne sais pas comment nous pourrons aller de l'avant.»

Fajon estime que toute opération de grande envergure à Rafah pendant le Ramadan provoquera des troubles massifs dans tout le Moyen-Orient et au-delà.

«La colère monte contre Israël», a-t-elle alerté. «Et lorsque des masses de gens sont frustrées, il est toujours difficile de les contrôler et de garantir la paix. Nous courons donc le risque d'une véritable escalade des violations au Moyen-Orient.»

La position de la Slovénie sur le conflit israélo-palestinien diffère de la position dominante de l'UE en matière de politique étrangère, principalement représentée par de grands pays tels que l'Allemagne, dont les autorisations d'exportation de matériel de défense vers Israël ont presque décuplé depuis le 7 octobre, selon Reuters.

Bien que de nombreux pays européens aient appelé à un cessez-le-feu, ils sont restés largement favorables à Israël.

Washington a tenté de justifier son veto en affirmant qu'un cessez-le-feu mettrait en péril des négociations «sensibles» (Photo, AFP).

«Nous sommes un petit pays. Je ne dirais pas que nous sommes pro-israéliens ou pro-palestiniens, mais nous sommes pour la paix», a déclaré Fajon.

Elle a indiqué que les Slovènes ont été attristés par les images de souffrance provenant de Gaza.

Une grande partie de l'électorat slovène, en particulier la gauche, critique la politique étrangère des États-Unis et d'Israël, qu'elle considère comme «néocoloniale».

Nombre d'entre eux ont une attitude positive à l'égard des sociétés de l'hémisphère sud et sont largement pacifistes. Beaucoup pensent que le gouvernement slovène de Ljubljana est bien placé pour jouer le rôle de médiateur entre Israël et les Palestiniens.

Certains historiens estiment que ces attitudes sont un héritage de l'époque où la Slovénie faisait partie de la Yougoslavie, qui avait pour tradition d'offrir un soutien aux pays en développement et qui s'était engagée à ne pas s'aligner pendant la guerre froide, ne soutenant ni l'Otan ni le Pacte de Varsovie.

Fajon a récemment accueilli les ministres des Affaires étrangères de l'Égypte et de la Jordanie à Ljubljana. Elle a affirmé que tous deux étaient venus «avec un message de gratitude, car nous essayons vraiment d'écouter et de soutenir les efforts visant à créer des plans de paix viables ou réalisables».

Avec les ministres arabes, Fajon a indiqué qu'elle avait discuté du souhait de son pays d'organiser une conférence de paix réunissant les Américains, les Israéliens et toutes les autres parties prenantes afin de trouver une solution pacifique au conflit et de discuter de la reconnaissance d'un État palestinien.

«Cela signifie également le bien-être et la sécurité des Israéliens et des Palestiniens qui vivent côte à côte», a-t-elle précisé. «Nous n'en sommes pas encore là. Je sais qu'il reste des questions en suspens sur la manière d'assurer la stabilité à Gaza après la guerre.»

Quelque 30 000 personnes ont été tuées à Gaza depuis qu'Israël a lancé son offensive militaire en octobre dernier (Photo, AFP).

La Slovénie participe activement à la procédure engagée devant la plus haute juridiction des Nations unies, la Cour internationale de justice de La Haye (CIJ), qui examine «les violations continues par Israël du droit du peuple palestinien à l'autodétermination, du fait de son occupation prolongée, de la colonisation et de l'annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967», ainsi que les politiques menées dans la partie occupée de Jérusalem-Est et les allégations de «législation discriminatoire» à l'encontre des Palestiniens.

«Il s'agit d'un très large éventail de violations présumées qui ont été commises dans la région pendant des décennies et dont les conséquences horribles sont encore visibles aujourd'hui», a déclaré Fajon le mois dernier.

S'adressant à Arab News à propos de cette affaire, Fajon a expliqué qu'il s'agissait de faire respecter le droit international.

«Nous utilisons nos arguments juridiques, en parlant d'une force d'occupation et de ses méfaits illégaux sur des terres illégalement occupées», a-t-elle insisté. «Notre avis d'expert montre clairement que nous essayons de respecter le droit international et que nous le faisons toujours. Et c'est là notre principal message à La Haye.»

La Slovénie a toujours demandé à l'UE d'introduire des sanctions contre le Hamas et les colons israéliens extrémistes en Cisjordanie, dont la violence «est suivie avec beaucoup d'inquiétude», a indiqué Fajon.

Le pays s'est également joint aux efforts de l'Irlande et de l'Espagne pour revoir l'accord de coopération de l'UE avec Israël, qui régit les relations commerciales et est lié par la disposition relative au respect des droits de l'homme.

«Nous faisons partie d'un groupe de six ou sept pays de l'UE qui partagent les mêmes idées et qui s'efforcent de parvenir à un cessez-le-feu permanent», a souligné Fajon.

De nombreux Slovènes ont une attitude positive à l'égard des sociétés de l’hémisphère sud et sont largement pacifistes (Photo fournie).

«Oui, il existe des divisions au sein de l'UE pour différentes raisons historiques. Mais de notre point de vue, je pense que nous sommes tout simplement très cohérents dans notre politique étrangère, ce qui signifie que nous respectons le droit international et le droit humanitaire international. Et nous disons que ce que nous voyons à Gaza est une violation du droit humanitaire international», a-t-elle maintenu.

Dans l'affaire de génocide opposant l'Afrique du Sud à Israël, la CIJ a pris des mesures provisoires ordonnant à Israël d’empêcher et de punir la commission d'un génocide ou l'incitation à le commettre, de mettre fin au massacre aveugle de Palestiniens et de permettre immédiatement la fourniture d'une aide humanitaire aux habitants de Gaza.

«Nous demandons à Israël de respecter les mesures prises par la CIJ de La Haye», a précisé Fajon.

«C'est extrêmement important. Nous respectons le travail des tribunaux internationaux. Et c'est l'appel que nous lançons clairement à Israël. Je pense qu'il n'y a pas deux poids, deux mesures. Nous pouvons dire cela à Israël, et nous le disons à la Russie dans sa guerre en Ukraine.»

Elle a mentionné que les deux guerres, en Ukraine et à Gaza, sont le résultat direct de «régimes qui ne respectent pas la Charte des Nations unies.»

«Nous demandons à Israël de respecter les mesures prises par la CIJ de La Haye», a soutenu Fajon.

«Dans le cas de l'agression russe en Ukraine, qui entre dans sa troisième année, nous comprenons et soutenons pleinement la lutte des Ukrainiens pour la souveraineté et l'intégrité territoriales. En effet, personne ne peut, par la force, vous enlever votre terre ou modifier des frontières internationalement reconnues.

«Nous menons une politique étrangère cohérente, fondée sur le droit international et la charte des Nations unies», a-t-elle expliqué.

La Slovénie est également l'un des chefs de file de l'initiative d'entraide judiciaire pour l'adoption de la Convention sur la coopération internationale en matière d'enquêtes et de poursuites relatives aux génocides, aux crimes contre l'humanité, aux crimes de guerre et aux autres crimes internationaux.

La Convention d’entraide juridique et d’extradition Ljubljana-La Haye a été adoptée en mai 2023, marquant ainsi un traité international historique visant à renforcer la coopération juridique internationale pour aider à réduire l’impunité des auteurs de crimes et à rendre justice aux victimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.

«La Convention de Ljubljana-La Haye est un instrument important parce qu’elle comble d’une manière ou d’une autre l’écart entre la législation, de sorte que les systèmes judiciaires du monde entier puissent échanger plus rapidement des preuves pour poursuivre, enquêter et punir les pires crimes de guerre partout», a signalé Fajon.

«Tous les pays signataires de cette convention seront donc beaucoup mieux placés pour accélérer les processus. Et j’espère que de nombreux pays la signeront», a-t-elle ajouté.

Une grande partie de l'électorat slovène, en particulier la gauche, critique la politique étrangère des États-Unis et d'Israël, qu'elle considère comme «néocoloniale» (Photo, AFP).

Par-dessus tout, Fajon pense que la communauté internationale a la responsabilité d’aider ceux qui désirent la paix – peu importe de quel côté ils se trouvent – à avoir accès aux moyens pour y parvenir.

«Dans chaque pays, qu'il s'agisse d'un régime agressif qui mène une guerre ou d'une victime, mais surtout dans les pays qui ont un régime agressif, qu'il s'agisse d'Israël ou de la Russie, il y a des citoyens et des personnes qui veulent la paix.

«Et nous devons soutenir ces personnes. C'est ce que je veux dire lorsque j'affirme que nous ne sommes ni pro-israéliens ni pro-palestiniens. Je parle exactement de notre soutien à ces personnes qui veulent la paix.

«Je pense que c'est notre rôle en tant que politiciens», a soutenu Fajon.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.


Le Hezbollah rejette le dernier exutoire négocié par les Etats-Unis, Aoun exige l'application du cessez-le-feu

Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Une déclaration conjointe libano-israélienne, publiée à l'aube du jeudi, heure de Beyrouth, indique qu'"Israël et le Liban ont, sous l'égide des États-Unis, accepté de mettre en œuvre un cessez-le-feu"
  • Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington"

BEYROUTH : Le président libanais Joseph Aoun a déclaré jeudi que la déclaration commune issue du quatrième cycle de négociations israélo-libanaises sous l'égide des États-Unis comportait "des points très importants en faveur du Liban et représentait la dernière occasion de passer à un cessez-le-feu définitif et global, étant entendu que chaque partie assumerait la responsabilité si elle ne répondait pas".

Un responsable libanais a confirmé à Arab News que le président attendait la réponse du Hezbollah, qui devrait arriver par l'intermédiaire du président du Parlement, Nabih Berri.

"Toutes les parties ont été informées du résultat de la session de négociation", a déclaré le fonctionnaire. "Ce qui a été publié n'est pas un accord de cessez-le-feu. Il s'agit d'une déclaration dont Israël a accepté intégralement le contenu et les conditions. Ce qui reste, c'est la réponse du Hezbollah".

Une fois cette réponse donnée, a ajouté le fonctionnaire, Washington sera informé et les prochaines étapes seront déterminées.

S'adressant de manière informelle aux journalistes au palais de Baabda, M. Aoun a déclaré que Washington "déterminerait le calendrier et le mécanisme de mise en œuvre du cessez-le-feu, qui pourrait commencer 24 heures après la notification de l'approbation et une fois que les garanties nécessaires auront été fournies." Le président américain Donald Trump serait le garant direct de la mise en œuvre.

Le président a déclaré que "la délégation libanaise de négociation, dirigée par l'ambassadeur Simon Karam, a tenu bon tout au long des deux sessions convoquées au cours des deux derniers jours".

La session de mercredi a été difficile : M. Karam a été poussé à suspendre le cycle de négociations et a insisté pour refuser d'aborder toute autre question tant qu'un cessez-le-feu global n'aurait pas été mis en place. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a été invité à relancer les pourparlers, qui se sont conclus par l'acceptation de la demande libanaise d'un cessez-le-feu global.

M. Aoun a déclaré que "de mercredi matin jusqu'aux petites heures de jeudi, nous sommes restés en contact avec les acteurs internationaux et nationaux pour verrouiller le cessez-le-feu global, et un certain nombre d'États frères et amis ont également joué un rôle en exerçant des pressions au nom du Liban".

La déclaration conjointe israélo-libanaise, publiée jeudi à l'aube, heure de Beyrouth, précise que "tant Israël que le Liban ont accepté, sous l'égide des États-Unis, de mettre en œuvre un cessez-le-feu. Son entrée en vigueur est subordonnée à une cessation totale des tirs du Hezbollah et au retrait de tout son personnel de la zone située au sud du Litani. Le Hezbollah doit également permettre l'établissement rapide de zones pilotes où les forces armées libanaises - et uniquement les forces armées libanaises - exercent un contrôle exclusif sur le territoire, tout acteur armé non étatique étant écarté du tableau."

Israël a déclaré que "sa sécurité et le respect de son intégrité territoriale ne peuvent être assurés que par le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de son infrastructure sur l'ensemble du territoire libanais".

De son côté, le Liban a souligné "la nécessité d'un respect mutuel des frontières internationalement reconnues et le besoin urgent d'une mise en œuvre complète de la cessation des hostilités, en mettant l'accent sur les principes de l'intégrité territoriale et de la pleine souveraineté de l'État". Le Liban s'est engagé à renforcer les capacités de l'armée libanaise, avec le soutien des États-Unis, afin d'exercer un contrôle effectif sur l'ensemble du pays.

Toutes les parties ont déclaré que "l'avenir des relations entre Israël et le Liban doit être exclusivement décidé par les deux gouvernements souverains". Elles ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban.

Selon la déclaration, "Israël et le Liban ont réaffirmé qu'ils n'avaient aucune intention hostile l'un envers l'autre et se sont engagés à poursuivre les négociations directes afin de renforcer la confiance, de résoudre toutes les questions en suspens et d'œuvrer à la conclusion d'un accord global entre les deux pays".

De leur côté, les États-Unis ont réitéré leur "soutien constant aux deux gouvernements dans l'exercice de leur souveraineté". Ils ont ajouté que "tout accord de cessation des hostilités doit être conclu directement entre les deux gouvernements, sous l'égide des États-Unis, et non par le biais d'une voie distincte".

Les États-Unis ont également souligné leur intention de "soutenir les forces armées libanaises, dans le but d'améliorer leur capacité et de permettre l'exercice effectif de la souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais".

S'adressant aux journalistes jeudi, le président Aoun a déclaré que "le Liban a suggéré de commencer la mise en œuvre de "zones pilotes" dans les villes de Zawtar Al-Sharqiya, Zawtar Al-Gharbiya, Yahmar et la zone entourant le château de Beaufort (Qalaat Al-Shaqif), occupé la semaine dernière par Israël, en raison de leur importance symbolique et de leur proximité avec la ville de Nabatieh".

M. Aoun a souligné "la grande importance de l'accord conclu à Washington dans l'intérêt du Liban et de la région. Il représente une véritable occasion de passer de l'escalade à la stabilité. Le succès de ce processus dépend de l'engagement clair de toutes les parties concernées et de la mise en œuvre intégrale des mesures convenues. L'État libanais a entamé ces négociations avec un fort sentiment de responsabilité nationale. L'objectif principal était de protéger le Liban, de garantir la sécurité de ses citoyens et de maintenir la stabilité. Chacun doit aborder les récents développements avec un sens de la responsabilité nationale et saisir cette opportunité pour renforcer la sécurité et la stabilité dans tout le pays".

M. Aoun a également déclaré que les États-Unis avaient joué un rôle de médiateur et de pivot dans ces négociations, contribuant à rapprocher les parties "d'un accord grâce à une approche ferme et à des efforts soutenus pour aplanir les divergences".

Le président libanais a ajouté que "cet accord diffère de celui conclu le 27 novembre 2024, non seulement par sa substance mais aussi par le contexte politique qui l'entoure, ce qui renforce ses perspectives de durabilité et de succès". Cela dépend maintenant du rôle du président américain Donald Trump et de son administration dans l'obtention des garanties nécessaires pour solidifier l'accord et assurer son respect par toutes les parties."

Pendant ce temps, les forces israéliennes se sont retirées de la ville de Dibbin dans le district de Marjayoun, au sud du fleuve Litani, au cours de la matinée, tandis que l'armée libanaise a annoncé son déploiement à la jonction de la ville plus tard dans l'après-midi.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News que "suite au retrait israélien de Dibbin, l'armée libanaise a levé les barrages routiers, rouvert l'accès à la ville et commencé à dégager les obstructions militaires de la zone".

Quant à savoir si l'entrée dans la ville était basée sur un calendrier de retrait israélien clair, la source militaire a déclaré : "Il n'y a pas de calendrier de retrait.

La source militaire a confirmé que l'armée libanaise restait déployée au sud du fleuve Litani partout où il n'y avait pas de présence de l'armée israélienne, que ce soit à Hasbaya, Marjayoun ou même dans la ville de Tyr.

En ce qui concerne la possibilité de mettre en place des zones pilotes et le calendrier d'une telle initiative, la source a déclaré : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de la mise en place de zones pilotes : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de quoi que ce soit à ce sujet jusqu'à présent.

Le terme "zone pilote" est apparu comme un mécanisme de mise en œuvre progressive visant à démanteler les impasses sécuritaires qui sont géographiquement et politiquement enracinées. Toutefois, son application au Liban pourrait se heurter aux réalités des conditions complexes du terrain au Liban.

Une source militaire libanaise a estimé que l'adoption de ce terme "réduit la probabilité d'un échec global, car il se concentre sur l'essai d'une zone géographique spécifique et limitée dans le secteur au sud du fleuve Litani, servant de laboratoire pour évaluer l'étendue de l'engagement des parties et le sérieux des garanties".

La source a expliqué que les arrangements supposaient que "l'armée israélienne se retirerait complètement, tandis que des unités des forces armées libanaises s'installeraient et assumeraient le contrôle militaire, sécuritaire et administratif exclusif. Aucune autorité parallèle ou arme en dehors du cadre de la légitimité officielle de l'État ne serait autorisée. Cela signifie le retrait de tous les éléments du Hezbollah de la région, le démantèlement de l'infrastructure du parti et l'interdiction de son rétablissement, de sorte que la région soit entièrement démilitarisée de toute présence militaire non affiliée au gouvernement souverain".

Dans un discours prononcé jeudi après-midi, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington, qui expose les principes fondamentaux par lesquels les États-Unis et Israël envisagent la soumission du Liban au projet du Grand Israël".

Qassem a déclaré que "le résultat des négociations est rejeté dans son intégralité par de larges segments du peuple libanais".

Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a annoncé que le Hezbollah rejetait "tout accord partiel ou toute formule de compromis en matière de sécurité".

Qamati a déclaré que "les zones pilotes et le projet de désarmement constituent un recul stratégique".

Alors que le Hezbollah insiste sur la condition d'un retrait israélien complet du Sud-Liban, le négociateur libanais, selon la source officielle, estime que "le Liban considère les zones pilotes comme une occasion de garantir des retraits israéliens progressifs et de restaurer la souveraineté sur certains secteurs".

Entre-temps, jeudi, l'armée israélienne a demandé aux citoyens libanais de ne pas se rendre au sud de la rivière Zahrani "pour leur propre sécurité". Elle a également continué à cibler des véhicules et des individus dans le sud du Liban.

Les parties libanaise et israélienne doivent tenir un nouveau cycle de négociations le 22 juin, "en vue de parvenir à un accord global". Les États-Unis ont accepté de continuer à faciliter la communication entre les parties dans l'intervalle", selon la déclaration commune.