Gaza: La communauté internationale «manque d’humanité», selon la ministre slovène des AE

Tanja Fajon, ministre slovène des Affaires étrangères et européennes (Capture d’écran).
Tanja Fajon, ministre slovène des Affaires étrangères et européennes (Capture d’écran).
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Publié le Mercredi 28 février 2024

Gaza: La communauté internationale «manque d’humanité», selon la ministre slovène des AE

  • Tanja Fajon exhorte Washington à utiliser son influence sur Israël pour faire avancer la solution à deux États
  • Elle craint que l'offensive militaire israélienne prévue à Rafah ne déclenche des troubles régionaux

NEW YORK: Tanja Fajon, ministre slovène des Affaires étrangères et européennes, a exprimé sa profonde déception face à l'utilisation répétée par les États-Unis de leur droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour bloquer les appels de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

Le 20 février, les États-Unis ont opposé pour la troisième fois leur veto à une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza. Ils ont été les seuls à voter contre la résolution présentée par l'Algérie. Le Royaume-Uni a été le seul pays à s'abstenir, avec 13 votes en faveur de la résolution.

Alors que quelque 30 000 personnes ont été tuées à Gaza depuis qu'Israël a lancé son offensive militaire en octobre dernier et que 2 millions de personnes sont désormais menacées de famine, l'utilisation continue par Washington de son droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher la censure d'Israël a suscité des condamnations.

«Je crains que le monde n'ait pas réussi le test de l'humanité», a déclaré Fajon, dont le pays est un membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU pour 2024-2025, lors d'un entretien accordé à Arab News, à New York.

Le 20 février, les États-Unis ont opposé leur veto à une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza pour la troisième fois (Photo, AFP).

«Voir tant d'enfants sans abri, sans nourriture, sans école, sans hôpital. Nous voyons le nombre insupportable de morts parmi les civils, les violations des lois humanitaires internationales – c'est notre responsabilité à tous», a-t-elle indiqué.

Washington a tenté de justifier son veto en affirmant qu'un cessez-le-feu mettrait en péril les négociations «sensibles» menées par les États-Unis, le Qatar et l'Égypte en vue d'obtenir la fin des hostilités à Gaza, la libération des otages détenus par le Hamas et l'autorisation d'acheminer de l'aide dans l'enclave.

Plutôt que d'opposer leur veto aux résolutions, les États-Unis devraient user de leur influence sur Israël pour exiger l'arrêt de ses opérations militaires à Gaza et s'engager en faveur de la création d'un État palestinien indépendant, a estimé Fajon.

«Ce n'est un secret pour personne que les Américains ont une influence sur Israël», a-t-elle signalé.

«Ils doivent vraiment faire tout ce qui est possible, d'abord pour entamer des négociations sérieuses avec Israël, arrêter les violations à Gaza, assurer un cessez-le-feu, parvenir à un accord sur la libération des otages et des prisonniers politiques et commencer réellement à travailler pour la solution à deux États.

«Nous faisons notre part du travail sur le plan européen. Mais nous avons besoin de tout le monde à la table.»

L'utilisation continue par Washington de son droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher la censure d'Israël a suscité des condamnations (Photo, AFP).

Fajon craint que le pire ne se produise encore si Israël met à exécution sa menace de lancer une nouvelle offensive terrestre contre Rafah, le dernier refuge de plus de 1,5 million de Palestiniens déplacés.

«Je m'attends à ce que les Américains soient conscients de ce qui pourrait se produire après le début du Ramadan si Israël mettait ses menaces à exécution», a-t-elle prévenu. «Si rien ne se passe, si un cessez-le-feu n'est pas mis en œuvre de toute urgence, je ne sais pas comment nous pourrons aller de l'avant.»

Fajon estime que toute opération de grande envergure à Rafah pendant le Ramadan provoquera des troubles massifs dans tout le Moyen-Orient et au-delà.

«La colère monte contre Israël», a-t-elle alerté. «Et lorsque des masses de gens sont frustrées, il est toujours difficile de les contrôler et de garantir la paix. Nous courons donc le risque d'une véritable escalade des violations au Moyen-Orient.»

La position de la Slovénie sur le conflit israélo-palestinien diffère de la position dominante de l'UE en matière de politique étrangère, principalement représentée par de grands pays tels que l'Allemagne, dont les autorisations d'exportation de matériel de défense vers Israël ont presque décuplé depuis le 7 octobre, selon Reuters.

Bien que de nombreux pays européens aient appelé à un cessez-le-feu, ils sont restés largement favorables à Israël.

Washington a tenté de justifier son veto en affirmant qu'un cessez-le-feu mettrait en péril des négociations «sensibles» (Photo, AFP).

«Nous sommes un petit pays. Je ne dirais pas que nous sommes pro-israéliens ou pro-palestiniens, mais nous sommes pour la paix», a déclaré Fajon.

Elle a indiqué que les Slovènes ont été attristés par les images de souffrance provenant de Gaza.

Une grande partie de l'électorat slovène, en particulier la gauche, critique la politique étrangère des États-Unis et d'Israël, qu'elle considère comme «néocoloniale».

Nombre d'entre eux ont une attitude positive à l'égard des sociétés de l'hémisphère sud et sont largement pacifistes. Beaucoup pensent que le gouvernement slovène de Ljubljana est bien placé pour jouer le rôle de médiateur entre Israël et les Palestiniens.

Certains historiens estiment que ces attitudes sont un héritage de l'époque où la Slovénie faisait partie de la Yougoslavie, qui avait pour tradition d'offrir un soutien aux pays en développement et qui s'était engagée à ne pas s'aligner pendant la guerre froide, ne soutenant ni l'Otan ni le Pacte de Varsovie.

Fajon a récemment accueilli les ministres des Affaires étrangères de l'Égypte et de la Jordanie à Ljubljana. Elle a affirmé que tous deux étaient venus «avec un message de gratitude, car nous essayons vraiment d'écouter et de soutenir les efforts visant à créer des plans de paix viables ou réalisables».

Avec les ministres arabes, Fajon a indiqué qu'elle avait discuté du souhait de son pays d'organiser une conférence de paix réunissant les Américains, les Israéliens et toutes les autres parties prenantes afin de trouver une solution pacifique au conflit et de discuter de la reconnaissance d'un État palestinien.

«Cela signifie également le bien-être et la sécurité des Israéliens et des Palestiniens qui vivent côte à côte», a-t-elle précisé. «Nous n'en sommes pas encore là. Je sais qu'il reste des questions en suspens sur la manière d'assurer la stabilité à Gaza après la guerre.»

Quelque 30 000 personnes ont été tuées à Gaza depuis qu'Israël a lancé son offensive militaire en octobre dernier (Photo, AFP).

La Slovénie participe activement à la procédure engagée devant la plus haute juridiction des Nations unies, la Cour internationale de justice de La Haye (CIJ), qui examine «les violations continues par Israël du droit du peuple palestinien à l'autodétermination, du fait de son occupation prolongée, de la colonisation et de l'annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967», ainsi que les politiques menées dans la partie occupée de Jérusalem-Est et les allégations de «législation discriminatoire» à l'encontre des Palestiniens.

«Il s'agit d'un très large éventail de violations présumées qui ont été commises dans la région pendant des décennies et dont les conséquences horribles sont encore visibles aujourd'hui», a déclaré Fajon le mois dernier.

S'adressant à Arab News à propos de cette affaire, Fajon a expliqué qu'il s'agissait de faire respecter le droit international.

«Nous utilisons nos arguments juridiques, en parlant d'une force d'occupation et de ses méfaits illégaux sur des terres illégalement occupées», a-t-elle insisté. «Notre avis d'expert montre clairement que nous essayons de respecter le droit international et que nous le faisons toujours. Et c'est là notre principal message à La Haye.»

La Slovénie a toujours demandé à l'UE d'introduire des sanctions contre le Hamas et les colons israéliens extrémistes en Cisjordanie, dont la violence «est suivie avec beaucoup d'inquiétude», a indiqué Fajon.

Le pays s'est également joint aux efforts de l'Irlande et de l'Espagne pour revoir l'accord de coopération de l'UE avec Israël, qui régit les relations commerciales et est lié par la disposition relative au respect des droits de l'homme.

«Nous faisons partie d'un groupe de six ou sept pays de l'UE qui partagent les mêmes idées et qui s'efforcent de parvenir à un cessez-le-feu permanent», a souligné Fajon.

De nombreux Slovènes ont une attitude positive à l'égard des sociétés de l’hémisphère sud et sont largement pacifistes (Photo fournie).

«Oui, il existe des divisions au sein de l'UE pour différentes raisons historiques. Mais de notre point de vue, je pense que nous sommes tout simplement très cohérents dans notre politique étrangère, ce qui signifie que nous respectons le droit international et le droit humanitaire international. Et nous disons que ce que nous voyons à Gaza est une violation du droit humanitaire international», a-t-elle maintenu.

Dans l'affaire de génocide opposant l'Afrique du Sud à Israël, la CIJ a pris des mesures provisoires ordonnant à Israël d’empêcher et de punir la commission d'un génocide ou l'incitation à le commettre, de mettre fin au massacre aveugle de Palestiniens et de permettre immédiatement la fourniture d'une aide humanitaire aux habitants de Gaza.

«Nous demandons à Israël de respecter les mesures prises par la CIJ de La Haye», a précisé Fajon.

«C'est extrêmement important. Nous respectons le travail des tribunaux internationaux. Et c'est l'appel que nous lançons clairement à Israël. Je pense qu'il n'y a pas deux poids, deux mesures. Nous pouvons dire cela à Israël, et nous le disons à la Russie dans sa guerre en Ukraine.»

Elle a mentionné que les deux guerres, en Ukraine et à Gaza, sont le résultat direct de «régimes qui ne respectent pas la Charte des Nations unies.»

«Nous demandons à Israël de respecter les mesures prises par la CIJ de La Haye», a soutenu Fajon.

«Dans le cas de l'agression russe en Ukraine, qui entre dans sa troisième année, nous comprenons et soutenons pleinement la lutte des Ukrainiens pour la souveraineté et l'intégrité territoriales. En effet, personne ne peut, par la force, vous enlever votre terre ou modifier des frontières internationalement reconnues.

«Nous menons une politique étrangère cohérente, fondée sur le droit international et la charte des Nations unies», a-t-elle expliqué.

La Slovénie est également l'un des chefs de file de l'initiative d'entraide judiciaire pour l'adoption de la Convention sur la coopération internationale en matière d'enquêtes et de poursuites relatives aux génocides, aux crimes contre l'humanité, aux crimes de guerre et aux autres crimes internationaux.

La Convention d’entraide juridique et d’extradition Ljubljana-La Haye a été adoptée en mai 2023, marquant ainsi un traité international historique visant à renforcer la coopération juridique internationale pour aider à réduire l’impunité des auteurs de crimes et à rendre justice aux victimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.

«La Convention de Ljubljana-La Haye est un instrument important parce qu’elle comble d’une manière ou d’une autre l’écart entre la législation, de sorte que les systèmes judiciaires du monde entier puissent échanger plus rapidement des preuves pour poursuivre, enquêter et punir les pires crimes de guerre partout», a signalé Fajon.

«Tous les pays signataires de cette convention seront donc beaucoup mieux placés pour accélérer les processus. Et j’espère que de nombreux pays la signeront», a-t-elle ajouté.

Une grande partie de l'électorat slovène, en particulier la gauche, critique la politique étrangère des États-Unis et d'Israël, qu'elle considère comme «néocoloniale» (Photo, AFP).

Par-dessus tout, Fajon pense que la communauté internationale a la responsabilité d’aider ceux qui désirent la paix – peu importe de quel côté ils se trouvent – à avoir accès aux moyens pour y parvenir.

«Dans chaque pays, qu'il s'agisse d'un régime agressif qui mène une guerre ou d'une victime, mais surtout dans les pays qui ont un régime agressif, qu'il s'agisse d'Israël ou de la Russie, il y a des citoyens et des personnes qui veulent la paix.

«Et nous devons soutenir ces personnes. C'est ce que je veux dire lorsque j'affirme que nous ne sommes ni pro-israéliens ni pro-palestiniens. Je parle exactement de notre soutien à ces personnes qui veulent la paix.

«Je pense que c'est notre rôle en tant que politiciens», a soutenu Fajon.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: un Casque bleu français tué dans une embuscade attribuée au Hezbollah

Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
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  • Un soldat français a été tué et trois blessés au sud-Liban lors d’une embuscade contre des Casques bleus, attribuée au Hezbollah, marquant une nouvelle escalade dans le conflit régional
  • La France appelle le Liban à agir contre les responsables, tandis que les tensions persistent malgré les cessez-le-feu et les efforts diplomatiques en cours

PARIS: Deuxième soldat français tué depuis le début de la guerre contre l'Iran fin février, un militaire français a été tué et trois autres soldats français blessés samedi au sud-Liban, lors d'une embuscade contre des Casques bleus attribuée au Hezbollah.

"La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué "par un tir direct à l'arme légère", dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin sur X.

"La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul", a ajouté M. Macron.

Le président libanais Joseph Aoun a condamné samedi l'attaque contre les Casques bleus français. Il a promis de poursuivre les responsables.

La Force d'interposition de l'ONU au Liban (Finul) a dénoncé une attaque "délibérée", estimant que les auteurs de l'embuscade étaient vraisemblablement le Hezbollah, groupe militaire islamiste chiite allié de l'Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

- "Garantir la sécurité" -

M. Macron s'est entretenu samedi avec M. Aoun et le Premier ministre libanais Nawaf Salam, leur demandant de "garantir la sécurité des soldats de la Finul", déployée au Liban depuis 1978, composée de plus de 7.000 militaires, dont plus de 600 Français.

Le sergent-chef Montorio "était en mission d'ouverture d'itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance", a détaillé Mme Vautrin, soulignant que ce "sous-officier expérimenté" avait déjà été "déployé plusieurs fois en opération".

"La Nation s'incline devant la mémoire d'un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d'armes", a ajouté la ministre.

La gravité des blessures des trois autres militaires n'a pas été précisée.

C'est le deuxième militaire français tué par des alliés de Téhéran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a embrasé toute la région.

Le 12 mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué dans une attaque de drone attribuée à une milice pro-iranienne. Il était déployé dans une base dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, où il participait à une mission de formation à la lutte antijihadiste.

Un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est en vigueur depuis le 8 mars, et un intense ballet diplomatique est en cours pour tenter de le consolider.

Une trêve est aussi à l’œuvre au Liban, qu'Israël a attaqué en riposte aux attaques du Hezbollah. Des préparatifs de négociations sont en cours, mais le Hezbollah se dit "non concerné" par ces négociations libanaises avec Israël.


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.