Les États arabes demandent à l'ONU de contraindre Israël à respecter la résolution sur le cessez-le-feu

Abdelaziz Al-Wasil, représentant permanent de l'Arabie saoudite auprès de l'ONU et président du Groupe arabe pour le mois d'avril, a appelé à l'invocation du chapitre sept de la charte de l'ONU. (Capture d'écran/UNTV)
Abdelaziz Al-Wasil, représentant permanent de l'Arabie saoudite auprès de l'ONU et président du Groupe arabe pour le mois d'avril, a appelé à l'invocation du chapitre sept de la charte de l'ONU. (Capture d'écran/UNTV)
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Publié le Lundi 08 avril 2024

Les États arabes demandent à l'ONU de contraindre Israël à respecter la résolution sur le cessez-le-feu

  • L'envoyé saoudien déclare que le massacre des travailleurs humanitaires de la World Central Kitchen est « une preuve supplémentaire du génocide » perpétré par Israël à Gaza.
  • Le responsable de Save the Children prévient que « la prochaine série de décès massifs d'enfants à Gaza ne sera pas due aux balles et aux bombes, mais à la famine et à la malnutrition ».

NEW YORK : Le groupe des pays arabes à l'ONU a demandé vendredi au Conseil de sécurité d'invoquer le chapitre 7 de la Charte des Nations unies pour forcer Israël à mettre en œuvre un cessez-le-feu immédiat à Gaza jusqu'à la fin du Ramadan et permettre aux travailleurs humanitaires de distribuer l'aide afin de prévenir une famine imminente dans le territoire.

Le Conseil a récemment adopté une résolution appelant à un cessez-le-feu pendant le mois sacré des musulmans. Cette résolution faisait suite à deux autres demandant aux autorités israéliennes de lever les restrictions imposées aux travailleurs humanitaires et permettre l'acheminement de l'aide à la population affamée de l'enclave à l'échelle nécessaire pour faire face à la crise croissante qui y sévit.

Les résolutions du Conseil de sécurité ont force de droit international et sont donc juridiquement contraignantes. Le chapitre 7 de la Charte des Nations unies confère au Conseil de sécurité le pouvoir d'ordonner des actions militaires et des mesures non militaires, telles que des sanctions, afin de garantir la mise en œuvre de ses résolutions et de « rétablir la paix et la sécurité internationales ».

Abdelaziz Al-Wasil, représentant permanent de l'Arabie saoudite auprès de l'ONU et président du groupe arabe pour le mois d'avril, a déclaré : « Le groupe arabe demande au Conseil d'adopter une résolution, en vertu du chapitre 7 de la charte des Nations unies, pour garantir qu'Israël, la puissance occupante, respecte un cessez-le-feu, donne accès à l'aide humanitaire, mette fin à l'agression diabolique contre le peuple palestinien et assure sa protection ».

Ces propos sont intervenus lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, demandée par l'Algérie avec le soutien de la Guyane, de la Suisse et de la Slovénie, pour discuter du risque de famine à Gaza et des attaques des forces israéliennes contre les travailleurs humanitaires.

Lundi, sept personnes travaillant pour l'organisation caritative World Central Kitchen ont été tuées dans le centre de Gaza lorsque l'armée israélienne a attaqué leur convoi de trois véhicules, sur lesquels le logo de l'organisation était clairement affiché.

Al-Wasil a condamné « avec la plus grande fermeté » ce « crime de guerre » et a reclamé que les autorités israéliennes soient tenues pour responsables de cet acte.

« Le monde entier a été choqué par cette attaque », a-t-il ajouté. 

« Il ne fait aucun doute que cet incident n'est qu'une preuve supplémentaire à ajouter au dossier des violations perpétrées par la puissance occupante israélienne à l'encontre des travailleurs humanitaires ».

« Le nombre total de victimes parmi les travailleurs humanitaires a atteint un chiffre sur lequel nous ne pouvons plus rester silencieux, en tant que communauté internationale. Il s'agit d'un précédent dangereux qui viole toutes les règles, coutumes et chartes internationales ».

Il a ajouté que les victimes avaient « sacrifié leur vie pour servir des innocents qui sont confrontés au danger de mort parce qu'ils sont systématiquement affamés, et parce que cette méthode est utilisée comme une arme dans cette crise, puisque l'occupation israélienne continue de fermer les points de passage et d'empêcher l'entrée de nourriture, d'eau, de médicaments et de carburant, et qu'elle prend pour cible les citoyens palestiniens lorsqu'ils tentent d'accéder à l'aide alimentaire ».

Tout en appelant à une enquête internationale sur l'incident, Al-Wasil a ajouté : « Ce massacre est une nouvelle preuve accablante du génocide que le gouvernement d'occupation israélien perpétue dans ses opérations militaires à Gaza ».

Janti Soeripto, directrice de Save the Children, a déclaré au Conseil : « Si je devais m'asseoir ici et lire le nom et l'âge de chaque enfant israélien et palestinien mort le 7 octobre et après, cela me prendrait plus de 18 heures ».

Selon elle, 14 000 enfants ont été tués au cours des six derniers mois de guerre, et des milliers d'autres sont portés disparus, présumés morts ou enterrés sous les décombres.

« Des enfants meurent actuellement de malnutrition et de déshydratation à Gaza ». 

« Privés de nourriture et d'eau par un blocus illégal, ils sont condamnés à mourir de faim », a poursuivi Mme Soeripto.

Selon elle, 350 000 enfants de moins de 5 ans risquent de mourir de faim et elle a ajouté : « Le monde est en train de regarder une famine provoquée par l'homme. La faim qui sévit dans le nord du pays est particulièrement préoccupante, car les gens en sont réduits à consommer des aliments pour animaux ou des feuilles d'arbres ».

Soeripto a averti les membres du Conseil que « si rien ne change – toutes les parties du conflit violant de manière flagrante les règles de la guerre et le droit humanitaire international, sans aucune responsabilité, et les nations puissantes refusant d'utiliser les leviers d'influence à leur disposition –  alors la prochaine série de décès massifs d'enfants à Gaza ne sera pas due à des balles et des bombes, mais à la famine et à la malnutrition ».

Au nom de tous les travailleurs humanitaires, Soeripto a exhorté le Conseil à « cesser de prétendre que la protection des civils est une priorité ici. Nous sommes submergés d'obstacles. La vie humaine n'est pas une priorité, ni celle des civils, ni celle des enfants, et certainement pas celle des humanitaires. Les enquêtes ne suffisent pas. Nous avons besoin d'action, de changement et tout de suite ».

Elle a appelé les membres du Conseil à adopter une « résolution sur un cessez-le-feu permanent, comprenant des mesures fermes pour garantir le respect de cette résolution par les parties au conflit ». Elle a également exhorté les États membres à « cesser d'alimenter cette crise » en vendant des armes aux belligérants.

Le représentant permanent de la Slovénie auprès des Nations unies, Samuel Zbogar, a déclaré aux 15 membres du Conseil de sécurité : 

« La famine s'installe à Gaza. Si nous nous réunissions aujourd'hui dans le nord de la bande de Gaza, nous aurions tous les 15 sauté des repas au cours des derniers mois ».

« Dix d'entre nous passeraient des jours et des nuits entières sans manger. La moitié d'entre nous aurait désespérément besoin d'aide humanitaire. Enfin, au moins cinq d'entre nous seraient les parents d'enfants souffrant de malnutrition sévère et aiguë », ce qui constitue un danger de mort « avec des conséquences irrévocables ».

La famine est utilisée comme une arme de guerre à Gaza, a averti Zbogar.

« Attendre que le danger de famine soit officiellement reconnu ne changera rien sur le terrain, mais nous savons ce dont on pourrait bénéficier : un cessez-le-feu immédiat ; un accès humanitaire total, sûr, sécurisé et sans entrave, en particulier par voie terrestre, pour fournir de la nourriture saine et nutritive, de l'eau et des médicaments en quantité suffisante ; le rétablissement des services de santé, d'eau et d'assainissement et de l'approvisionnement en énergie ; la fourniture et la mise en place d'abris adéquats pour les civils et d'un système d'évacuation des eaux usées ».

L'ambassadrice de Guyane, Carolyn Rodrigues-Birkett, a déploré le fait que l'ordre de cessez-le-feu du Ramadan contenu dans la résolution 2728 récemment adoptée ait été « complètement ignoré » alors que la situation humanitaire se détériore.

« Ce conflit a donné lieu à des attaques aveugles contre les travailleurs et les agences humanitaires, y compris les agences de l'ONU », a-t-elle déclaré.

« La stratégie de punition collective infligée au peuple palestinien a intégré la famine comme méthode de guerre, des attaques sauvages contre ceux qui tentaient de répondre aux besoins des Palestiniens affamés, et les Palestiniens eux-mêmes ont été violemment attaqués alors qu'ils cherchaient à se nourrir ».

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.