En France, les taxes américaines empêchent les négociants de vin de Bordeaux de dormir

Début avril, Donald Trump avait menacé l'Union européenne (UE), dans le cadre de négociations bilatérales, d'imposer des droits de douane de 200 % sur les alcools (Photo AFP)
Début avril, Donald Trump avait menacé l'Union européenne (UE), dans le cadre de négociations bilatérales, d'imposer des droits de douane de 200 % sur les alcools (Photo AFP)
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Publié le Dimanche 27 juillet 2025

En France, les taxes américaines empêchent les négociants de vin de Bordeaux de dormir

  • Dans le sud-ouest de la France, les négociants en vin de Bordeaux vivent depuis des mois au rythme des annonces du président américain Donald Trump concernant les droits de douane, assistant, impuissants, au bouleversement d'un secteur déjà en crise.
  • Début avril, Donald Trump avait menacé l'Union européenne (UE), dans le cadre de négociations bilatérales, d'imposer des droits de douane de 200 % sur les alcools, en riposte à un projet de taxes européennes sur le bourbon américain.

BORDEAUX, FRANCE : Augmenteront-ils de 10 % ? 30 % ? 200 % ? Dans le sud-ouest de la France, les négociants en vin de Bordeaux vivent depuis des mois au rythme des annonces du président américain Donald Trump concernant les droits de douane, assistant, impuissants, au bouleversement d'un secteur déjà en crise.

En effet, les États-Unis représentent de loin le premier marché d'exportation pour les bordeaux, avec plus de 400 millions d'euros de chiffre d'affaires (20 % du total), suivis par la Chine (300 millions) et le Royaume-Uni (200 millions), selon Philippe Tapie, président de Bordeaux Négoce.

« C'est très compliqué à gérer parce que c'est totalement insaisissable. Un jour, c'est blanc, le lendemain, c'est noir ; l'administration américaine peut changer d'avis du jour au lendemain, et nous n'avons aucune visibilité », explique-t-il à l'AFP.

Début avril, Donald Trump avait menacé l'Union européenne (UE), dans le cadre de négociations bilatérales, d'imposer des droits de douane de 200 % sur les alcools, en riposte à un projet de taxes européennes sur le bourbon américain. Début avril, il a brandi une nouvelle menace de 20 % de droits de douane sur tous les produits européens, finalement suspendue.

Depuis, ces taxes s'élèvent à 10 %, mais fin mai, le locataire de la Maison Blanche a de nouveau menacé d'appliquer 50 %, avant d'annoncer un taux de 30 % à partir du 1er août, date à laquelle les négociations en cours avec l'UE devraient prendre fin.

« À 10 % ou 15 %, on trouvera des solutions. À 30 %, non. » C'est la fin de l'histoire », lance le président du syndicat des négociants bordelais, qui regrette que les exportateurs soient aujourd'hui « condamnés à rester en attente, face à une administration américaine totalement imprévisible », alors que les stocks s'accumulent.

- Incertitude -

En effet, pour exporter du vin, « il faut compter au minimum 30 jours de bateau. Si l'on passe de l'autre côté, en Californie, c'est 60 jours. On ne peut pas raisonner à la semaine », poursuit M. Tapie, assurant n'avoir « jamais été confronté à une situation pareille » en trente ans de métier.

Twins Bordeaux, l'une des principales maisons de négoce bordelaises, est également particulièrement « impactée » par le yo-yo des annonces et des menaces.

« Le marché américain représente environ un tiers de notre chiffre d'affaires, soit quelque 30 millions d'euros », explique Sébastien Mosès, codirecteur et copropriétaire de Twins, qui expédie habituellement plus d'un million de bouteilles par an aux États-Unis.

Depuis janvier, « on doit être à 50 % de chiffre d'affaires en moins par rapport à l'année dernière », dit-il.

Les négociants jouent un rôle central dans la commercialisation du vin bordelais, assurant notamment la majorité des ventes à l'export.

« Jusqu'à présent, on arrive à peu près à sauver les meubles, parce que dès l'élection de Donald Trump, en novembre 2024, on a anticipé et envoyé un maximum de stocks aux États-Unis », explique M. Mosès, soulignant que cette incertitude n'est « pas propice à la mise en place d'une stratégie stable ». 

- Expédition par avion - 

« On fonctionne vraiment au coup par coup, avec un niveau de risque élevé », dit-il.

Twins Bordeaux a même expédié, en mars, environ 10 000 bouteilles par voie aérienne. « Mais uniquement des vins très chers, à partir de 150/200 euros la bouteille, car par avion, c'est au moins deux fois et demi le prix d'un envoi par bateau », explique-t-il.

D'autres ont adopté des stratégies différentes bien avant le retour de Donald Trump à la présidence, comme la maison de négoce bordelaise Bouey, pour qui le marché américain représente moins de 10 % de ses exportations.

« On a entrepris depuis longtemps un éclatement géographique. Face au désordre du monde, les stratégies commerciales ne peuvent plus reposer sur une stratégie mono ou bi-pays », avait indiqué à l'AFP en avril Jacques Bouey, le PDG de l'entreprise.

Pour le plus grand vignoble bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée (AOC) de France, ces droits de douane interviennent dans un contexte déjà difficile, marqué notamment par une baisse de la consommation et des difficultés générales à l'exportation ayant entraîné une surproduction et un effondrement du prix du vrac. Début 2023, un tiers des quelque 5 000 vignerons bordelais se déclaraient en difficulté.

« On commence à être champion du monde dans l'accumulation de problèmes », se désole Philippe Tapie.


Les chemins de fer saoudiens battent des records en 2025 : 14 millions de passagers et 30 millions de tonnes de fret

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
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  • Le transport de 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025 a permis de supprimer 2 millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume et d’économiser 139 millions de litres de carburant
  • Cela a également entraîné une réduction des émissions de carbone de 364 000 tonnes, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne

​​​​​​RIYAD : Les chemins de fer saoudiens (Saudi Arabia Railways, SAR) ont annoncé des résultats opérationnels record pour l’année 2025, consolidant leur position comme un pilier des secteurs logistique et touristique du Royaume.

SAR a transporté plus de 14 millions de passagers, soit une augmentation significative par rapport aux 11,2 millions de passagers enregistrés en 2023, soulignant l’adoption croissante du rail tant pour les déplacements quotidiens que pour les pèlerinages, rapporte l’Agence de presse saoudienne.

De même, le transport de fret a fortement progressé, passant d’environ 24 millions de tonnes en 2023 à 30 millions de tonnes en 2025, stimulé par la demande industrielle accrue et la logistique minière.

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail, le réseau a permis de supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume, entraînant une économie de 139 millions de litres de carburant.

Cela s’est également traduit par une réduction de 364 000 tonnes d’émissions de carbone, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne.

Ces chiffres soulignent le rôle central de SAR dans la réalisation de la Stratégie nationale des transports et de la logistique (NTLS) et de la Vision 2030 de l’Arabie Saoudite, en offrant un réseau à la fois efficace et durable sur le plan environnemental.

“Dream of the Desert”

Une réalisation marquante de 2025 a été le lancement officiel du Dream of the Desert, le premier train de luxe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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Le ministre des Transports et des Services Logistiques et président de SAR, Saleh Al-Jasser, a dévoilé le premier wagon du “Dream of the Desert” en octobre dernier lors du FII9. (Photo SPA)

Développé en partenariat avec le groupe italien de luxe Arsenale, ce service a redéfini le tourisme ferroviaire. Le train comprend 40 cabines de luxe sur mesure, offrant une expérience de « croisière ferroviaire » inspirée de l’Orient Express classique, mais avec une identité saoudienne unique. L’itinéraire traverse le Royaume de Riyadh à Al Qurayyat, en s’arrêtant sur des sites culturels clés tels que Ha’il et Al-Jouf, transformant ainsi le voyage lui-même en destination.

Dans un mouvement majeur pour tirer parti du Transit-Oriented Development (TOD), SAR a annoncé la création d’un fonds immobilier de 6 milliards SAR axé sur La Mecque.

Ce fonds est dédié au développement de terrains premium adjacents à la gare du Haramain High Speed Railway à La Mecque. L’initiative vise à améliorer l’expérience des pèlerins en construisant des hôtels à grande capacité, des centres commerciaux et des unités résidentielles directement connectés à la gare. Ce développement permet non seulement de diversifier les sources de revenus de SAR, mais soutient également l’objectif du gouvernement d’accueillir 30 millions de pèlerins pour la Omra chaque année en intégrant parfaitement transport et hébergement.

Reconnaissance internationale

À l’international, l’engagement de SAR pour l’excellence a été reconnu. SAR est devenue la première entreprise à recevoir le prestigieux prix de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour les trains touristiques longue distance.

La cérémonie s’est tenue au siège de l’Union à Paris, en France, avec la participation de grandes compagnies ferroviaires mondiales.

L’UIC, organisation ferroviaire mondiale, a décerné le prix en reconnaissance de l’innovation de SAR dans l’intégration du tourisme de luxe à l’infrastructure ferroviaire lourde.

Cette distinction consolide la réputation de SAR pour la qualité de ses services et place le Royaume comme destination de premier plan pour les passionnés de chemins de fer et les voyageurs de luxe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Forbes France cesse de paraître, après le retrait de son investisseur français

L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
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  • "En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun"
  • L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe"

PARIS: L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France.

"En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun, et développé un site réunissant 2 millions de visites par mois, ainsi qu'une communauté de plus de 430.000 personnes sur les réseaux sociaux", indique le groupe  360 Business Media dans un communiqué.

L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe", ajoute -t-il, confirmant une information parue dans le quotidien économique Les Echos.

Le dernier numéro de Forbes France a paru en décembre. Le magazine pourrait être relancé si un repreneur se déclare.

Le magazine américain, connu pour son classement annuel des plus grandes fortunes de la planète, édite des versions dans de nombreux pays et en plusieurs langues.

Interrogé par l'AFP, le groupe 360 Business Media a précisé qu'il employait 20 salariés, dont 10 pour Forbes France, à qui "il sera proposé de basculer sur les autres titres s'ils le souhaitent".


La France «ne baisse pas les bras» dans son soutien économique à l'Ukraine, dit Nicolas Forissier

La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
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  • La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays
  • Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes

KIEV: La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7.

Q: La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays. Comment transforme-t-on ces points en gains économiques ?

R: En étant opiniâtres, en étant francs dans la négociation et la discussion. Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes. C'est l'esprit dans lequel il me semble que nous avons travaillé, l'esprit de cette visite à Kiev. On réussit parce qu'on a aussi de l'excellence, des savoir-faire, des entreprises qui sont dans tous les domaines. Et parfois, même souvent, et c'est le cas en Ukraine mais pas seulement, nos partenaires préfèrent travailler avec des entreprises françaises. Il y aura toujours une concurrence quel que soit le pays. Mais il y a une relation particulière qui existe aujourd'hui entre l'Ukraine et la France.

Q: Quelle impression vous a laissée la population ukrainienne lors de cette visite de deux jours ?

R: J'ai été très ému par la visite de Boutcha (ville où des massacres de civils ont eu lieu par l'armée russe en mars 2022, NDLR). Aussi par la remise des générateurs électriques donnés par la France à l'Ukraine. Je pense que c'était le sentiment de tous ceux qui ont participé à cette mission: c'est quand nos amis sont dans la difficulté qu'on doit être avec eux.

Q: L'Ukraine traverse un hiver froid et la communauté internationale s'intéresse moins au sort du pays. Comment attirer l'attention ?

R: D'abord, ce n'est pas le cas de la France, nous sommes vraiment présents et nous le démontrons. Dans le cadre du G7 énergie on va le montrer aussi, on va encore une fois pousser beaucoup pour apporter des solutions. Je suis venu pour inciter nos entreprises à être conquérantes, présentes, à ne pas avoir peur parce qu'il y a une situation compliquée. C'est maintenant qu'il faut être présents. C'est le message du ministre du Commerce extérieur mais aussi du gouvernement français tout entier. Cela va de pair avec la solidarité qu'on a exprimée aux Ukrainiens pendant tout ce voyage: on ne baisse pas les bras.