Biden appelé à «profiter de sa visite pour reconstruire les liens saoudo-américains»

Pour la journaliste et auteure Karen Elliot House, la relation entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite doit être restaurée dans l’intérêt de leur sécurité commune (Photo, AFP/SPA).
Pour la journaliste et auteure Karen Elliot House, la relation entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite doit être restaurée dans l’intérêt de leur sécurité commune (Photo, AFP/SPA).
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Publié le Samedi 16 juillet 2022

Biden appelé à «profiter de sa visite pour reconstruire les liens saoudo-américains»

  • Les observateurs s’attendent à ce que la question de la production de pétrole soit en tête de l’ordre du jour
  • Karen Elliott House est bien placée pour parler de l’évolution des mentalités en Arabie saoudite, ayant suivi de près la progression du pays lors de visites fréquentes au Royaume

NEW YORK: Le président américain, Joe Biden devrait se promener sur le Riyadh City Boulevard, le centre de divertissement florissant de la ville, afin de prendre conscience de la transformation sociale massive qui est en cours au sein du Royaume, selon la journaliste américaine lauréate du prix Pulitzer Karen Elliott House.

Auteure du livre Sur l’Arabie saoudite: son peuple, son passé, sa religion, ses lignes de faille et son avenir, publié en 2012, la journaliste qui a été éditrice du Wall Street Journal et présidente de Dow Jones International – entretient une relation de longue date avec le Royaume. Elle retrace son évolution du début des années 1970 à nos jours.

«J’ai du mal à mesurer à quel point la situation a changé pour les femmes et les jeunes», déclare-t-elle à Arab News avant la visite de M. Biden, ajoutant que la transformation du Royaume au cours de la dernière décennie, ne serait-ce qu’en matière de droits individuels, est tout simplement «époustouflante».

«La meilleure chose que le président Biden puisse faire, franchement, est de se promener sur le Riyadh City Boulevard pour voir ce qui se passe réellement dans le pays», dit-elle, précisant qu’il doit également se pencher sur les réformes économiques et sociales du Royaume.

«Tous ces hommes, ces femmes et ces enfants sont détendus et s’amusent. Les femmes ne sont plus  assises dans une partie de la maison et les hommes dans l’autre, les jeunes ne sont plus séparés. Ils sont assis ensemble au Starbucks, comme ici [aux États-Unis], travaillant sur leurs ordinateurs et discutant.»

Bien qu’elle soit très pessimiste quant à la possibilité que le président américain puisse changer son attitude négative envers le Royaume, elle espère qu’il tirera profit de ses rencontres avec les dirigeants saoudiens pour reconstruire la relation historique entre les deux nations.

M. Biden est arrivé au Royaume le 14 juillet pour s’entretenir avec les dirigeants saoudiens et d’autres leaders arabes. Les observateurs s’attendent à ce que la question de la production de pétrole soit en tête de l’ordre du jour, à la lumière de la flambée des prix mondiaux de l’énergie, compte tenu de la guerre en Ukraine et de l’embargo occidental qui en résulte sur le pétrole et le gaz russes.

L’Arabie saoudite et d’autres producteurs de pétrole du Moyen-Orient hésitent à augmenter la production à la demande de Washington. La tournée du président américain dans la région est donc largement considérée comme une offensive de charme pour rétablir les liens brisés avec le Royaume.

Karen Elliot House est l’auteure d’un livre sorti en 2012 sur le peuple saoudien et son futur (Photo fournie).

«Personnellement, je ne m’attends pas à grand-chose parce que je pense que cette rencontre a lieu pour les mauvaises raisons», affirme Karen Elliott House.

«Le président Biden est là pour des raisons égoïstes et agit dans son intérêt personnel. Il essaie d’améliorer sa position désastreuse en tentant de sécuriser le pétrole, ce qui aidera à en réduire les prix. Son véritable objectif n’est pas d’atténuer la douleur nationale.»

«Je ne dis pas qu’il aime que les États-Unis souffrent réellement, mais son plus grand objectif est de s’aider lui-même, pas le pays. Ce voyage sera donc principalement une tournée de propagande et non un voyage politique.»

Malgré ses doutes sur les intentions du président, elle estime qu’il est «extrêmement important que les États-Unis et l’Arabie saoudite reconstruisent la coopération en matière de sécurité pour contenir et dissuader l’Iran au moment où Téhéran aurait suffisamment de matières fissiles pour se doter de l’arme nucléaire». Par ailleurs, les pourparlers pour relancer l’accord de 2015 sur le nucléaire (officiellement connu sous le nom de «Plan d’action global commun») continuent de perdre de leur élan.

«Nous devrions travailler dur pour reconstruire une relation qui est absolument dans notre intérêt, puisque les Iraniens commettent des actes atroces dans la région. De plus, je crois qu’ils ont la ferme intention de produire une arme nucléaire. Si jamais quelque chose se passe là-bas, ce sera un désastre potentiel non seulement pour l’Arabie saoudite, mais pour le monde entier», a-t-elle ajouté.

«Nous devons nous préoccuper de la sécurité à travers le monde, certes, mais au Moyen-Orient et en mer de Chine méridionale en particulier, parce que si nous ne sommes pas prêts à coopérer avec des pays comme l’Arabie saoudite, la jeune génération saoudienne du prince héritier Mohammed ben Salmane est bien plus disposée à coopérer avec la Russie et la Chine.»

«Leurs parents, étant anticommunistes, étaient beaucoup moins disposés à le faire. Mais l’état d’esprit est différent maintenant en Arabie saoudite. Nous ne pouvons tout simplement pas malmener les Saoudiens et nous attendre à ce qu’ils nous tendent la main quand nous en avons besoin.»

Le président américain Roosevelt converse avec le souverain saoudien Abdelaziz en 1945 (Photo, Getty Images).

Les relations américano-saoudiennes n’ont pas toujours été ainsi. Après que le président américain Franklin D. Roosevelt a rencontré le roi Abdelaziz, en 1945 sur le croiseur américain USS Quincy, dans le canal de Suez, un lien étroit s’est tissé entre leurs pays.

Les deux dirigeants ont eu beaucoup d’effet l’un sur l’autre. Le roi Abdelaziz a déclaré que Roosevelt et lui étaient en quelque sorte des «jumeaux». Tous deux avaient à peu près le même âge; en plus d’être des chefs d’État aux lourdes responsabilités, ils étaient des agriculteurs dans l’âme et avaient une santé fragile.

Malgré leurs divergences sur l’avenir de la Palestine, l’atmosphère amicale qui régnait lors de cette réunion sur le grand lac Amer a posé les bases d’une relation bilatérale qui a duré des décennies, malgré les conflits et les catastrophes.

En effet, les relations personnelles entre les présidents américains successifs et les monarques saoudiens ont été un facteur déterminant qui a donné le ton aux relations entre les deux pays.

Dans les décennies qui ont immédiatement suivi la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’Arabie saoudite étaient étroitement alliés dans leur opposition à la propagation du communisme et dans leur soutien à la stabilité des prix du pétrole ainsi qu’à la sécurité des champs pétrolifères et des routes maritimes.

Les nations ont fait front commun face à l’invasion soviétique de l’Afghanistan, en 1979, et pendant la guerre du Golfe afin d’expulser les forces du dictateur irakien Saddam Hussein du Koweït, en 1991.

Néanmoins, cette relation a été menacée par de nombreux obstacles en cours de route. Elle a été mise à rude épreuve lors de l’embargo pétrolier de 1973, puis en 2001, à la suite des attentats terroristes du 11-Septembre contre Washington et New York.

«À cette époque, le public américain était très en colère contre l’Arabie saoudite, ce qui n’est pas le cas habituellement», poursuit-elle. «Mais, lors de ces deux occasions, le gouvernement américain a travaillé très dur pour maintenir une relation aussi saine que possible malgré la colère du public. Bien sûr, ce n’est plus le cas aujourd’hui.»

Au cours de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2020, M. Biden s’est engagé à faire de l’Arabie saoudite un «État paria», tant à Washington qu’à l’étranger, pour couper tout soutien à la coalition destinée à restaurer la légitimité au Yémen dans la guerre contre les Houthis, soutenus par l’Iran.

Il a également rompu ses liens personnels avec l’héritier saoudien, le prince Mohammed, à la suite du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi le 2 octobre 2018 à l’intérieur du consulat du Royaume à Istanbul. En septembre 2020, le procureur général d’Arabie saoudite a prononcé le verdict définitif contre huit personnes reconnues coupables du meurtre; cinq d’entre elles ont été condamnées à vingt ans de prison, une sixième à dix ans et les deux dernières à sept ans.

«Le président Biden a personnellement dirigé la campagne d’incitation contre l’Arabie saoudite. Je ne pense pas que le public soit aussi perturbé par l’Arabie saoudite que le président lui-même», renchérit Karen Elliott House.

L’auteure, entourée d’une famille saoudienne dans les montagnes de Jizan, une province reculée à la frontière avec le Yémen (Photo, Blog de Karen Elliot-House).

«C’est la grande différence, pour moi, avec les hauts et les bas du passé. L’embargo pétrolier et le 11-Septembre sont de gros revers. Mais ce bas est bien pire et n’est pas motivé par une action commise par l’Arabie saoudite, mais plutôt par une raison sur laquelle le président choisit de se concentrer en accusant principalement le prince héritier, puis en sanctionnant tout le pays.»

Elle considère le fait que le président Biden boude le prince héritier comme une insulte à tous les Saoudiens.

«Si le roi saoudien refusait de parler au président Biden, je pense que de nombreux Américains se sentiraient insultés», souligne-t-elle. «Dans l’autre sens, c’est encore plus important, parce que l’Arabie saoudite s’identifie à son dirigeant plus que les Américains.»

«Je pense donc que le peuple saoudien a perçu comme une insulte le fait que le président ne parle pas au prince héritier qui dirige le pays au quotidien.»

Elle estime que M. Biden a tenu à réprimander l’Arabie saoudite pour s’attirer la sympathie des membres progressistes du Congrès.

«Je pense personnellement que tout cela fait maintenant partie de ses efforts pour faire appel aux progressistes – les gens qui sont profondément antisaoudiens», soutient-elle.

«Il cherche plus à les courtiser qu’à refléter ses propres opinions innées ou acquises. C’est comme beaucoup d’autres choses qu’il fait. Il a été beaucoup plus progressiste et proavortement qu’il ne l’a jamais été en tant que sénateur ou vice-président.»

Karen Elliott House est bien placée pour parler de l’évolution des mentalités en Arabie saoudite, ayant suivi de près la progression du pays lors de visites fréquentes au Royaume. En particulier, elle considère la décision du roi Salmane de placer le prince héritier à la tête du plan d’affaires de la nation comme un moment décisif que M. Biden serait sage de reconnaître.

L’Arabie saoudite «risquait de finir comme l’ancienne Union soviétique, où des dirigeants âgés et infirmes se succèdent avant de disparaître parce que les vieux frères vieillissaient de plus en plus. Comment auraient-ils pu mettre en place des changements sans s’épuiser?», s’interroge-t-elle.

«La bonne nouvelle est que le roi Salmane a réussi à faire cela. Il a fait venir un jeune chef. Quoi que les gens pensent de ce jeune leader, il est très confiant et très ferme. Il dispose d’une vision et, surtout, de temps pour la mettre en œuvre. C’est ce que les précédents dirigeants saoudiens, y compris le roi Abdallah, ne possédaient pas.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne annonce avoir tué plusieurs membres du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
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  • L'armée israélienne affirme avoir tué plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, où un soldat israélien a également été blessé
  • Malgré le cessez-le-feu, les tensions persistent, le Hezbollah rejetant l'accord-cadre tandis que Beyrouth dénonce la poursuite des opérations israéliennes

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué plusieurs combattants du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban et indiqué qu'un soldat israélien avait été blessé malgré le cessez-le-feu.

L'armée a affirmé avoir identifié dans la nuit plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban.

"Après leur identification, les soldats ont frappé les terroristes et les ont éliminés afin d'écarter la menace", a indiqué l'armée dans un communiqué.

Elle avait précédemment annoncé qu'un soldat avait été blessé dans un "affrontement rapproché" avec le Hezbollah, et a confirmé dans son second communiqué que le soldat avait été "modérement" blessé.

Il a été évacué vers un hôpital, selon les communiqués militaires.

Le Hezbollah pro-iranien n'a revendiqué aucune attaque depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.

Contacté par l'AFP à Beyrouth, le mouvement chiite libanais n'a pas fait de commentaire.

Un accord-cadre parrainé par les Etats-Unis, signé fin juin par le Liban et Israël, vise à mettre un terme aux hostilités. Il prévoit le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise ainsi que le retrait de l'armée israélienne de "zones pilotes", où les forces libanaises seront ensuite déployées.

Le Hezbollah a rejeté à plusieurs reprises cet accord et refuse de déposer les armes, tandis qu'aucun calendrier n'a été fixé pour le retrait complet d'Israël.

L'accord est intervenu plus de trois mois après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en tirant des roquettes sur Israël, le 2 mars, en soutien à Téhéran, déclenchant d'importantes frappes aériennes israéliennes et une offensive terrestre.

Si les violences ont diminué depuis la signature, en juin, d'un accord préliminaire entre les Etats-Unis et l'Iran ainsi que de l'accord entre le Liban et Israël, Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes sporadiques et des tirs d'artillerie dans le sud du pays.

L'armée libanaise a récemment condamné la poursuite des activités militaires israéliennes qui, selon elle, empêchent son déploiement complet conformément à l'accord-cadre.


Les Etats-Unis appellent leurs citoyens à "envisager de quitter" le Moyen-Orient

En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
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  • Les ambassades américaines au Moyen-Orient appellent leurs ressortissants à se tenir prêts à quitter la région face au risque d’une nouvelle escalade entre Washington et Téhéran
  • Malgré des discussions sur une désescalade, les tensions restent vives, Donald Trump menaçant de nouvelles frappes contre l’Iran tandis que Téhéran avertit d’une riposte contre tout pays soutenant les États-Unis

DUBAI: Les ambassades américaines dans plusieurs pays du Moyen-Orient ont mis en garde samedi les citoyens américains contre une possible "escalade" du conflit régional et les ont exhortés à se tenir prêts à partir, le président Donald Trump ayant menacé de frapper l'Iran avec force.

L'Iran et les Etats-Unis ont repris cette semaine leurs échanges de frappes nocturnes après plusieurs jours d'accalmie, mais aucune attaque n'a été signalée depuis la nuit de vendredi à samedi.

Selon des médias américains, Washington envisage de nouveaux bombardements massifs ce weekend, notamment contre des infrastructures énergétiques, mais d'après le média américain CBS, qui cite plusieurs sources anonymes, Donald Trump n'aurait toutefois pas encore donné son feu vert.

Le président américain a de nouveau menacé vendredi de frapper "très fort" l'Iran, qui depuis la reprise des hostilités début juillet, a recommencé à viser des pays alliés de Washington et des installations américaines dans la région.

"Les Américains présents dans la région devraient envisager de partir, ou être prêts à partir en cas d'escalade", indique une alerte de sécurité dont des versions ont été publiées samedi sur les réseaux sociaux des ambassades à Amman, Abou Dhabi, Jérusalem, Mascate, Koweït, Bagdad, Ryad, Doha et Beyrouth.

Les messages invitent les ressortissants américains à vérifier les informations relatives à leurs vols et à suivre les consignes de sécurité des autorités locales.

"Les Américains au Moyen-Orient doivent actuellement faire preuve de prudence et d'une vigilance accrue et se préparer à d'éventuelles annulations de vols, à des fermetures périodiques de l'espace aérien et à des perturbations potentielles des déplacements", précise l'alerte.

- "Imprévisible" -

En Jordanie, les citoyens américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment visées par des missiles iraniens. En Israël, il leur a été recommandé de repérer l'abri antiaérien le plus proche. Au Liban, le personnel non-essentiel de l'ambassade a été relocalisé.

"Le régime iranien est imprévisible, comme l'ont montré ses récentes décisions d'attaquer des zones de la région sans avertissement ni provocation, ainsi que d'étendre ses attaques à des zones qui n'avaient pas été visées auparavant (comme l'Egypte)", indique un message publié sur les sites des ambassades.

Mercredi, un drone a frappé un navire gazier appartenant à une société américaine, amarré dans un port égyptien. L'Egypte mène une enquête mais n'a, à ce stade, accusé aucun groupe d'être à l'origine de l'attaque.

L'armée iranienne a, de son côté, accusé Washington d'"attiser les tensions" dans la région et averti: "Tout pays servant de bouclier défensif à l'Amérique criminelle et agressive sera englouti par les flammes de la guerre".

La guerre au Moyen-Orient a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté par des attaques de missiles et de drones dans la région.

Jeudi, le Pakistan, pays médiateur, a affirmé que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade, en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique au coeur des tensions et verrouillé par Téhéran.

La reprise des affrontements début juillet a fait dérailler le protocole d'accord signé mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.