Les Palestiniens optimistes après le rétablissement des relations avec l'UE

La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, accueille le Premier ministre palestinien Mohammed Chtayyeh à Bruxelles, le 23 janvier (Photo, AFP).
La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, accueille le Premier ministre palestinien Mohammed Chtayyeh à Bruxelles, le 23 janvier (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 25 janvier 2023

Les Palestiniens optimistes après le rétablissement des relations avec l'UE

  • Les responsables de l'UE ont condamné les violations commises en Palestine et rejeté les mesures punitives imposées à l'AP par Israël
  • Des négociations sont en cours avec l'UE afin d’obtenir un soutien européen supplémentaire pour le budget de l'Autorité palestinienne

RAMALLAH: Les Palestiniens ont renforcé leurs relations avec l'UE à la suite de la visite du Premier ministre, Mohammed Chtayyeh, à Bruxelles cette semaine, a révélé un haut responsable.
Shtayyeh a demandé à l'UE un soutien politique pour préserver la solution à deux États, boycotter les produits fabriqués dans les colonies israéliennes et reconsidérer les accords de coopération avec Israël.
L'UE accordera à l'Autorité palestinienne une aide de 325 millions de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro), notamment pour soutenir l'Office de secours et de travaux des Nations unies, l'aide sociale aux familles à faible revenu et les projets d'infrastructure.
Abdel Rahim al-Farra, ambassadeur palestinien auprès de l'UE, a déclaré que les dernières retouches avaient été apportées à un accord d'aide, qui sera signé la semaine prochaine à Ramallah.
Al-Farra a révélé que les consultations et le dialogue politique avaient commencé au niveau ministériel, ajoutant que des mesures avaient été prises pour «conclure un accord de partenariat complet entre les deux parties».
Les responsables de l'UE ont condamné les violations qui ont lieu en Palestine, rejeté les mesures punitives imposées à l'AP par Israël et appelé à un rôle plus efficace allant au-delà des déclarations, a affirmé Al-Farra.
Ahmad al-Deek, conseiller politique au ministère palestinien des Affaires étrangères, a déclaré à Arab News que les Palestiniens demandent à l'UE de renforcer son soutien politique et économique à la Palestine et de devenir un acteur clé dans le lancement d'un processus de paix afin de mettre fin à l'occupation israélienne.
Des négociations sont en cours avec l'UE afin d'obtenir un soutien européen supplémentaire pour le budget de l'AP, a indiqué Al-Deek.
Chadi Othman, un porte-parole de l'UE à Jérusalem, a déclaré à Arab News que le bloc soutiendra l'Unrwa à hauteur de 100 millions de dollars et qu'un accord pour soutenir les projets palestiniens sera signé à Ramallah la semaine prochaine.
Un haut responsable palestinien a signalé à Arab News que l'UE était la seule partie à soutenir financièrement l'AP après l'arrêt de l’aide américaine et arabe.
L'AP recevait auparavant un soutien financier annuel de 2 milliards de dollars des États-Unis, des pays arabes et de l'UE. Aujourd'hui, elle ne reçoit plus que 250 millions de dollars de l'UE et de l'Algérie.
Dans un autre contexte, les Palestiniens ont exprimé leur colère après que les trois compagnies palestiniennes de téléphone fixe et cellulaire ont déclaré qu'elles factureraient à leurs 5 millions d'abonnés des montants au nom des dons à Jérusalem pendant douze mois, suite à un décret présidentiel.
L'AP vise à collecter 18 millions de dollars de cette manière.
Des centaines d'abonnés palestiniens ont menacé de couper leur ligne téléphonique si la décision était appliquée.
Esmat Mansour, une analyste politique palestinienne, a déclaré à Arab News que cette colère est due à des expériences antérieures de collecte de dons par l'AP qui n'ont pas atteint leur objectif.
«Les citoyens ont le sentiment qu'il s'agit d'une tentative d'exploitation et de vol de leur argent par des méthodes frauduleuses», a avisé Mansour.
Ce mécanisme est «antidémocratique, illégal et doit être plus transparent», a-t-elle ajouté.
Amer Hamdan, un militant palestinien des droits de l'homme de Naplouse, a déclaré à Arab News que ce décret émis par le président est illégal, et que Mahmoud Abbas «n'a pas le droit d'émettre de tels décrets et de déduire des fonds d’une façon unilatérale».
Il a souligné: «Le gouvernement palestinien souffre d'une grave crise financière et veut la résoudre en vidant les poches des citoyens.»
Majed al-Arouri, un militant des droits de l'homme de Ramallah, a expliqué à Arab News: «L'AP s'est transformée en une autorité chargée de collecter de l'argent pour couvrir ses dépenses sans améliorer les services qu'elle fournit aux citoyens.»
Les manifestants ont estimé qu'il serait plus approprié pour l'AP d'imposer ces sommes aux grandes entreprises opérant dans les territoires palestiniens qui bénéficient d'exonérations fiscales et réalisent d'énormes bénéfices du marché palestinien.
Ahmad Guneim, un haut dirigeant du Fatah de Jérusalem-Est, a soutenu que les gens ne croyaient pas que l'argent finirait par atteindre Jérusalem.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président ukrainien tiennent des pourparlers à Djeddah

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  • Zelensky s’est rendu à Djeddah et a rencontré le prince héritier saoudien pour renforcer les relations bilatérales
  • Les discussions portent sur la coopération en sécurité, énergie et infrastructures, après un soutien financier européen

DJEDDAH : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé à Djeddah vendredi pour sa deuxième visite en Arabie saoudite en un mois.

Au cours de cette visite, Zelensky a rencontré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, où les deux dirigeants ont discuté des moyens de renforcer les liens entre Kyiv et Riyad et d’élargir la coopération dans des secteurs clés, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

« Hier, lors d’une réunion avec des dirigeants européens, nous avons obtenu des garanties financières pour notre résilience. Aujourd’hui, nous faisons avancer nos accords avec l’Arabie saoudite dans les domaines de la sécurité, de l’énergie et des infrastructures », a déclaré Zelensky dans un message publié sur X à son arrivée dans le Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington sanctionne Bagdad pour l'obliger à démanteler les milices pro-Iran

 Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias. (AFP)
 Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias. (AFP)
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  • Un responsable de la Banque centrale irakienne a de son côté indiqué à l'AFP que les livraisons de dollars avaient cessé pendant la guerre régionale "en raison de la suspension des vols et de la situation sécuritaire"
  • Il a ajouté que la Banque centrale n'avait pas demandé plus de dollars, car elle dispose de réserves suffisantes et qu'il n'y a "actuellement aucun besoin de les augmenter"

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de dollars à Bagdad, ainsi que des programmes de coopération militaire, espérant forcer l'Irak à démanteler les milices pro-iraniennes qu'ils accusent d'attaques récentes contre des intérêts américains, selon des médias.

Le Wall Street Journal, citant des sources officielles irakiennes et américaines, a affirmé mardi soir que Washington avait, pour la deuxième fois depuis le début de la guerre, suspendu la livraison par avion-cargo de près de 500 millions de dollars en cash, provenant des ventes de pétrole irakien.

Un responsable du gouvernement irakien a affirmé à l'AFP que seul un envoi n'était pas arrivé, invoquant "des raisons logistiques liées à la guerre" et la fermeture de l'espace aérien.

Un responsable de la Banque centrale irakienne a de son côté indiqué à l'AFP que les livraisons de dollars avaient cessé pendant la guerre régionale "en raison de la suspension des vols et de la situation sécuritaire".

Il a ajouté que la Banque centrale n'avait pas demandé plus de dollars, car elle dispose de réserves suffisantes et qu'il n'y a "actuellement aucun besoin de les augmenter".

Les revenus des exportations de pétrole irakiennes sont en grande partie déposés à la Réserve fédérale de New York, en vertu d'un arrangement conclu après l'invasion américaine de 2003, qui avait renversé Saddam Hussein.

Un accord qui donne à Washington un levier majeur sur les autorités de Bagdad.

En parallèle, les Etats-Unis ont suspendu le financement de formations des forces armées irakiennes et de programmes de lutte contre les jihadistes, au premier rang desquels le groupe Etat islamique.

Un responsable de la sécurité irakien a confirmé à l'AFP l'arrêt de cette coopération bilatérale, en raison "des milices et des (...) bombardements".

Il n'a fourni aucun détail mais les deux pays coopèrent depuis plusieurs années, en particulier dans la lutte antijihadiste.

L'Irak, voisin de l'Iran, a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient par des frappes imputées aux Etats-Unis ou à Israël visant des groupes pro-iraniens. Ces derniers ont revendiqué des attaques contre les intérêts américains dans le pays.

L'équilibre précaire de l'Irak 

Au début de la guerre régionale déclenchée par les frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février, Washington et Bagdad avaient déclaré vouloir "intensifier la coopération" pour prévenir les attaques contre les intérêts américains et garantir que le territoire irakien ne serait pas utilisé pour ces opérations.

Mais Washington s'est plaint d'efforts insuffisants de la part de l'Irak, qui tente depuis des années de conserver un équilibre précaire entre ses liens avec les Etats-Unis et sa proximité avec Téhéran.

Le 9 avril, le département d'Etat américain avait déclaré avoir "convoqué" l'ambassadeur irakien à Washington, pour condamner ces attaques.

Sollicitée mercredi par l'AFP, la diplomatie américaine n'a pas confirmé la suspension des livraisons de dollars mais affirmé que "l'incapacité du gouvernement irakien à prévenir ces attaques (...) nuit aux relations entre les Etats-Unis et l'Irak".

"Les Etats-Unis ne toléreront pas les attaques contre leurs intérêts et attendent du gouvernement irakien qu'il prenne immédiatement toutes les mesures nécessaires pour démanteler les milices alignées sur l'Iran en Irak", a déclaré le porte-parole par intérim du département d'Etat, Tommy Pigott.

Plusieurs de ces factions ont cessé leurs attaques contre les "bases ennemies" dans le pays et la région après le cessez-le-feu irano-américain.

Avant la fin des combats, l'ambassade des Etats-Unis en Irak avait rapporté "de nombreuses attaques de drones" lancées selon elle par des milices pro-iraniennes contre des installations diplomatiques et l'aéroport international de Bagdad.

En janvier, Donald Trump avait menacé de retirer tout soutien à Bagdad si l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, 75 ans, perçu comme proche de l'Iran, revenait au pouvoir.

L'Iran, pour autant, n'entend pas lâcher ses leviers sur son voisin.

Le général Esmaïl Qaani, un haut responsable militaire iranien, s'est rendu samedi à Bagdad pour rencontrer des responsables politiques et des groupes armés pro-iraniens, a indiqué à l'AFP un haut responsable irakien.


Journaliste tuée: les dirigeants libanais dénoncent un «crime de guerre»

Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • "Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre"
  • Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales

BEYROUTH: Les dirigeants libanais ont accusé jeudi Israël d'avoir perpétré un "crime de guerre" après la mort d'une journaliste dans une frappe aérienne israélienne dans le sud du pays.

Amal Khalil, 42 ans, journaliste du quotidien Al-Akhbar, a été tuée mercredi et sa collègue indépendante Zeinab Faraj blessée dans cette frappe dans le sud, où les forces israéliennes occupent plusieurs régions.

"Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre".

Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales.

Les deux journalistes s'étaient réfugiées dans une maison du village d'al-Tiri, après qu'une frappe israélienne a visé une voiture qui les précédait, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Les deux occupants du véhicule, le maire de la ville voisine de Bint Jbeil, occupée par Israël, et un homme qui l'accompagnait, ont été tués, a précisé la même source.

Une frappe israélienne a ensuite visé la maison où s'étaient réfugiées les deux journalistes. Les secours ont évacué dans un premier temps la journaliste blessée, avant que "des tirs israéliens visent l'ambulance", selon le ministère de la Santé.

Les autorités libanaises ont dû mener des contacts avec les Casques bleus déployés dans le sud du Liban et il a fallu plusieurs heures avant que les secouristes puissent à nouveau accéder au secteur pour retirer des décombres le corps de l'autre journaliste.

Le ministère de la Santé a accusé jeudi Israël d'avoir "entravé les opérations de sauvetage" et "visé une ambulance portant clairement le signe de la Croix-Rouge".

L'armée israélienne a de son côté affirmé avoir frappé dans le secteur d' al-Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des "terroristes", qui avaient "franchi la ligne de défense avancée" de ses troupes dans le sud du Liban.

Israël dit avoir tracé une "ligne jaune" ou ligne de défense avancée en profondeur dans le sud du Liban où ses troupes sont entrées, et interdit aux habitants d'y retourner.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril, après une guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien qui a fait plus de 2.400 morts au Liban.

L'armée israélienne a démenti avoir "empêché les équipes de secours d'accéder à la zone". Elle a indiqué que "des informations font état de deux journalistes blessés lors des frappes" et affirmé que l'incident était "en cours d'examen".

Correspondante dans le sud du Liban pour le journal al-Akhbar, proche du Hezbollah, Amal Khalil a couvert les différentes guerres dans cette région. Elle était connue pour son courage et était respectée par ses collègues.

Le 28 mars, trois journalistes avaient été tués dans une frappe israélienne dans le sud et des experts de l'ONU avaient réclamé une enquête internationale.