Migrants illégaux en Tunisie: Arrivée à Conakry de 50 Guinéens fuyant les agressions

Un enfant est porté par une femme alors que des migrants d'Afrique subsaharienne attendent devant les agents du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Tunis le 27 février 2023, exigeant une résolution de leur situation (Photo, AFP).
Un enfant est porté par une femme alors que des migrants d'Afrique subsaharienne attendent devant les agents du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Tunis le 27 février 2023, exigeant une résolution de leur situation (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 02 mars 2023

Migrants illégaux en Tunisie: Arrivée à Conakry de 50 Guinéens fuyant les agressions

  • Le ministre des Affaires étrangères Morissandan Kouyaté a déclaré que 49 personnes avaient été rapatriées
  • Il a annoncé un pont aérien entre Conakry et Tunis pour le retour d'autres volontaires

CONAKRY: Le chef de la junte en Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, a accueilli mercredi à Conakry une cinquantaine de ses compatriotes qui ont fui la Tunisie après les attaques contre les ressortissants d'Afrique subsaharienne ayant suivi les déclarations controversées du président tunisien Kais Saïed, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il s'agit du premier vol de rapatriement depuis le discours il y a une semaine du président tunisien Kais Saïed, qui a annoncé des "mesures urgentes" contre l'immigration clandestine de ces Africains.

Il avait affirmé que leur présence en Tunisie était source de "violence, de crimes et d'actes inacceptables".

Des femmes avec des bébés ont été les premières à sortir de l'avion à Conakry. Parmi eux, il y avait Mariétou Diallo, la trentaine, son enfant dans ses bras, selon un journaliste de l'AFP.

"J'étais allée accoucher quand cette affaire nous est tombée dessus. À l'hôpital (à Tunis), nous avons senti le sentiment de haine et de rejet contre nous", a-t-elle dit.

Le système de santé est défectueux en Guinée après des années de mauvaise gestion des pouvoirs successifs. La Tunisie est également une destination pour de nombreux étrangers en quête de soins médicaux de qualité.

"Ma tutrice est rapidement (venue) me chercher avant même la fin de mon séjour à l'hôpital. En cours de route, nous avons échappé à deux attaques avec mon nourrisson dans les mains. C'était effrayant et dangereux", a-t-elle ajouté.

Alghassimou Sangaré, la quarantaine, a affirmé qu'il était "à Sfax" (centre-est du pays) et voulait "traverser pour aller en Italie mais le sentiment anti-noir a fait que j'ai cherché à rejoindre Tunis".

Il dit avoir été transporté dans une voiture de Sfax à Tunis avec deux Tunisiennes à bord.

"En cours de route, j'ai failli me faire lyncher à un barrage érigé par des jeunes incontrôlés. Ce sont (ces) deux Tunisiennes qui m'ont sauvé la vie en leur criant dessus", a-t-il poursuivi.

Le ministre des Affaires étrangères Morissandan Kouyaté a déclaré que 49 personnes avaient été rapatriées. Il a annoncé un pont aérien entre Conakry et Tunis pour le retour d'autres volontaires.

«Des enfants et des nourrissons»

Les rapatriés comprennent "des enfants de moins de 10 ans et des nourrissons", a indiqué un responsable de la police.

Dans un communiqué dans la nuit de mardi à mercredi, la présidence guinéenne avait précisé que le ministre Kouyaté avait été dépêché en Tunisie dans un avion affrété par la junte au pouvoir "pour aller urgemment au secours des Guinéens".

Mercredi, la Côte d'Ivoire a également annoncé avoir "enclenché les opérations de retour" de quelque 500 ressortissants.

"Le plus urgent c'est de sauver des vies, éviter qu'il y ait des blessés", a déclaré le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, à l'issue du conseil des ministres, estimant que ces retours pourraient avoir lieu dans un délai de 24 à 72 heures.

Un grand nombre des 21 000 migrants originaires de pays d'Afrique subsaharienne recensés officiellement en Tunisie, pour la plupart en situation irrégulière, ont perdu du jour au lendemain leur travail (généralement informel) et leur logement.

D'autres ont été arrêtés pour des contrôles policiers et certains ont témoigné avoir été physiquement agressés.

Cette situation a provoqué l'afflux de dizaines de migrants vers leurs ambassades, en particulier la Côte d'Ivoire et le Mali, afin de repartir dans leurs pays.

Plusieurs Etats d'Afrique subsaharienne ont annoncé des rapatriements pour les volontaires. Mais l'organisation de ces vols retours est retardée par les "pénalités que doivent payer les personnes ayant dépassé les délais de séjour" qui dépassent souvent les 1 000 euros, a indiqué un diplomate ivoirien.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.