Jérusalem: Les Palestiniens vent debout contre une proposition de loi visant à diviser la mosquée Al-Aqsa

Ces dernières années, le complexe d'Al-Aqsa a fait l'objet d'attaques et de raids croissants de la part de colons d'extrême droite (Photo, AFP).
Ces dernières années, le complexe d'Al-Aqsa a fait l'objet d'attaques et de raids croissants de la part de colons d'extrême droite (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 13 juin 2023

Jérusalem: Les Palestiniens vent debout contre une proposition de loi visant à diviser la mosquée Al-Aqsa

  • Le Premier ministre Mohammed Shtayyeh a mis les autorités israéliennesen garde contre la présentation à la Knesset de la proposition de loi d'Amit Halevi
  • Netanyahou utilise la question d'Al-Aqsa pour obtenir des gains d’ordre politique, avertit un haut responsable palestinien

RAMALLAH: Les Palestiniens sont profondément préoccupés par une proposition de loi discutée au Parlement israélien visant à diviser la mosquée Al-Aqsa. Ils envisagent de solliciter le soutien de la Turquie, de la Malaisie, de l'Indonésie et de l'Égypte pour empêcher sa mise en œuvre.

Le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a mis en garde les autorités israéliennes contre cette loi proposée par Amit Halevi, membre du parti Likoud, à la Knesset israélienne dans les jours à venir.

Il est intervenu au début de la session du conseil des ministres à Ramallah.

Selon M. Shtayyeh, une telle mesure provoquerait une «colère démesurée», dont les conséquences «ne peuvent être prédites en raison du caractère sacré et de la valeur religieuse de la mosquée Al-Aqsa pour le peuple palestinien, les Arabes et les musulmans».

Il a appelé à une action arabe, islamique et internationale pour imposer des sanctions qui empêcheraient toute modification de la mosquée Al-Aqsa et mettraient fin à toute violation des lieux saints islamiques et chrétiens à Jérusalem.

La proposition de loi en question prévoit de diviser la mosquée Al-Aqsa entre les musulmans et les juifs.

Ingérence à Al-Aqsa

M. Halevi propose d'attribuer aux juifs la zone qui s'étend de la cour du Dôme du Rocher à l'extrémité de la frontière nord de la mosquée Al-Aqsa.

Les Palestiniens craignent que ce plan représente le début d'un vaste et dangereux projet qui transformera le conflit politique israélo-palestinien en une guerre de religion, conduisant à la généralisation de la violence dans les territoires palestiniens. 

La Palestine ainsi que la Jordanie, qui a la garde des lieux saints islamiques et chrétiens, s'opposent à toute ingérence ou modification de la part des autorités israéliennes à l'intérieur de la mosquée Al-Aqsa.

Ahmed al-Ruwaidi, conseiller présidentiel pour les affaires de Jérusalem, a dénoncé ce plan qui permet à Israël de contrôler Jérusalem et d'annexer Jérusalem-Est.

M. Al-Ruwaidi a expliqué à Arab News que le gouvernement israélien cherchait à réduire le rôle des Palestiniens à Jérusalem en ciblant les institutions et les personnalités palestiniennes, ainsi que la tutelle hachémite sur les lieux saints islamiques et chrétiens. 

La mosquée Al-Aqsa est un lieu sacré réservé aux musulmans et Israël doit respecter la tutelle jordanienne sur ce lieu, a déclaré M. Al-Ruwaidi à Arab News.

Il a ajouté que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait donné le feu vert à des militants d'extrême droite israéliens tels qu'Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich pour prendre d'assaut la mosquée Al-Aqsa et proférer des discours racistes.

M. Netanyahou instrumentalise la question de la mosquée Al-Aqsa pour remporter des victoires politiques, a rappelé M. Al-Ruwaidi, qui prévient que si une guerre de religion éclate, tout le monde en subira les conséquences.

Favoritisme législatif

Les Palestiniens affirment que la proposition de loi visant à diviser la mosquée Al-Aqsa modifierait son identité islamique et la confinerait uniquement à la salle de prière Al-Qibli. Cette situation rappelle celle de la mosquée Ibrahimi à Hébron, qui a également été divisée, avec 75% de l'espace réservé aux fidèles juifs et les 25% restants aux musulmans.

La proposition de M. Halevi constitue, selon les Palestiniens, un bouleversement du statu quo et aboutira au renforcement du contrôle israélien sur la mosquée.

En effet, la proposition de loi permettrait aux juifs d'entrer dans le complexe par toutes les portes, et non plus exclusivement par la porte marocaine, la seule à être sous contrôle total des autorités israéliennes et à laquelle aucun Palestinien ne peut accéder.

Par ailleurs, le comité ministériel des affaires législatives de la Knesset israélienne a approuvé une proposition de loi visant à collecter les amendes imposées aux Palestiniens par les tribunaux militaires de Cisjordanie et les amendes routières imposées par la police israélienne, et à les transférer au trésor du gouvernement israélien.

La Knesset devrait prochainement voter sur cette proposition de loi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran doit «conclure un accord» avec les Etats-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne

L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
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  • L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit"
  • Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui"

PARIS: L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne", a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui", a-t-il écrit.

"L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les Etats-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir", a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des "échanges économiques" entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".

"En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens", s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.


Le Royaume-Uni déploie un système anti-drones au Koweït

Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
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  • "Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique
  • Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement

LONDRES: Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne.

"Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique.

Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement.

"Le Premier ministre a commencé par condamner l'attaque de drone nocturne irresponsable contre une raffinerie de pétrole koweïtienne", a indiqué Downing Street dans un compte rendu de l'entretien téléphonique entre M. Starmer et le prince héritier du Koweït.

"Ils ont discuté du déploiement du système de défense aérienne britannique Rapid Sentry au Koweït, qui protégera le personnel et les intérêts koweïtiens et britanniques dans la région, tout en évitant une escalade du conflit", a ajouté le communiqué de Downing Street.

Les pays du Golfe, dont le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient, visés par des frappes iraniennes en représailles aux attaques lancées par les États-Unis et Israël le 28 février.


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
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  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com