Sommet de Djeddah: Le CCG et l’Asie centrale multiplient les partenariats

Photo de groupe prise lors du sommet CCG-Asie centrale à Djeddah (Photo, SPA).
Photo de groupe prise lors du sommet CCG-Asie centrale à Djeddah (Photo, SPA).
Vue de la 18e réunion consultative des dirigeants du sommet du CCG-C5 à Djeddah le 19 juillet 2023 (Photo, SPA).
Vue de la 18e réunion consultative des dirigeants du sommet du CCG-C5 à Djeddah le 19 juillet 2023 (Photo, SPA).
Des drapeaux représentant les pays du CCG et d'Asie centrale sont déployés le long d'une route lors du sommet Golfe-Asie centrale à Jeddah (Photo, SPA).
Des drapeaux représentant les pays du CCG et d'Asie centrale sont déployés le long d'une route lors du sommet Golfe-Asie centrale à Jeddah (Photo, SPA).
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Publié le Jeudi 20 juillet 2023

Sommet de Djeddah: Le CCG et l’Asie centrale multiplient les partenariats

  • Les dirigeants de l'Ouzbékistan, du Turkménistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan et du Kirghizistan se sont rendus à Djeddah pour le sommet du CCG-C5
  • Le plan d'action conjoint pour le dialogue stratégique et la coopération a été approuvé lors de la réunion des dirigeants organisée par Mohammed ben Salmane

DJEDDAH: Les pays arabes du Golfe et les pays d'Asie centrale ont renforcé leurs relations politiques, sécuritaires et économiques mercredi lors du sommet CCG-C5, qui réunit les dirigeants des États membres du Conseil de coopération du Golfe et les présidents de l'Ouzbékistan, du Turkménistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan et du Kirghizstan.

Lors de cet événement, qui s'est déroulé dans la ville saoudienne de Djeddah, un plan d'action conjoint pour le dialogue stratégique et la coopération entre les pays du CCG et les pays d'Asie centrale a été approuvé, couvrant la période de 2023 à 2027.

Dans une déclaration commune à l'issue du sommet, les dirigeants des deux blocs ont souligné «l'importance de renforcer les relations politiques et stratégiques aux niveaux collectif et bilatéral et de poursuivre la coordination afin d'assurer la sécurité et la stabilité régionales et internationales, de relever les défis et d'œuvrer à la flexibilité» dans des domaines allant des chaînes d'approvisionnement à la sécurité alimentaire.

Les dirigeants de l'Ouzbékistan, du Turkménistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan et du Kirghizistan ont rencontré leurs homologues du Golfe à Djeddah pour le sommet principal CCG-C5, organisé par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, qui a également présidé la 18e réunion consultative des dirigeants du CCG (Photo, SPA).

Ils ont notamment exprimé leur inquiétude face à la montée du racisme et de l'islamophobie et aux actes de violence contre les minorités musulmanes et les symboles islamiques.

«Le plan d'action avec l'Asie centrale prévoit d'activer la coopération dans divers domaines», a déclaré Jasem Mohammed al-Budaiwi, secrétaire général du CCG. «Nous nous efforçons de consolider ce qui a été convenu et de mettre en place des mécanismes de consultation et de coordination avec l'Asie centrale.»

Ces dernières années, l'approfondissement de la coopération économique entre le CCG et l'Asie centrale a suscité un intérêt croissant. Les économies des deux régions sont complémentaires, les pays du CCG bénéficiant d'une abondance de ressources pétrolières et gazières et l'Asie centrale d'une main-d'œuvre jeune et en pleine croissance. Il existe par ailleurs des possibilités de coopération dans les domaines du commerce, de l'investissement et du tourisme.

Dates clé

Octobre 2021 :  Le Conseil de coopération du Golfe et les pays d'Asie centrale ont signé des protocoles d'accord dans plusieurs domaines, notamment la coopération politique, économique et sécuritaire. La signature de ces protocoles d'accord a marqué une étape importante dans le développement des relations entre les deux régions.

Août 2022 :  La première réunion ministérielle des pays du CCG et d'Asie centrale se tient à Riyad, en Arabie saoudite. Les ministres des six pays du CCG et des cinq pays d'Asie centrale ont participé à cette réunion. Les ministres ont examiné les progrès réalisés dans la mise en œuvre des protocoles d'accord et ont discuté des moyens de renforcer davantage la coopération entre les deux régions.

Septembre 2022 : Le plan d'action conjoint pour le dialogue stratégique entre le CCG et les pays d'Asie centrale pour la période 2023-2027 a été approuvé lors de la première réunion ministérielle. Ce plan décrit plusieurs domaines dans lesquels les deux régions coopéreront, notamment la politique, l'économie, la sécurité, la culture et l'éducation.

En marge du sommet de Djeddah, Khaled al-Falih, ministre saoudien de l'Investissement, a affirmé que l’Arabie saoudite entretenait des relations étroites avec les pays de la région d'Asie centrale et qu'il espérait les renforcer davantage.

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a pris la parole lors du sommet et a également présidé, lors d'un événement distinct à Djeddah mercredi, la 18e réunion consultative du Conseil suprême du CCG au nom du roi Salmane.

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, s'adresse aux participants du sommet du CCG-C5 à Djeddah, le 19 juillet 2023 (Photo, SPA).

Notant que les cinq pays d'Asie centrale participant au sommet soutiennent la candidature de l'Arabie saoudite à l'organisation de l'Exposition universelle de 2030, le prince héritier leur a dit : «Nous apprécions la déclaration de soutien de vos pays à la candidature de l’Arabie saoudite pour accueillir l'Expo 2030 à Riyad, qui reflète la force des relations entre nos pays et notre aspiration à un avenir meilleur pour notre région.»

Un communiqué de presse publié à l'issue de la réunion consultative cite le secrétaire général du CCG, al-Budaiwi : «Leurs Majestés et leurs Altesses ont passé en revue, au cours de leur réunion, l'évolution du processus d'action commune du CCG et ont échangé leurs points de vue sur un certain nombre de questions régionales et internationales.»

Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohammed al-Budaiwi (Photo, AFP).

Al-Falih a déclaré que la raison pour laquelle le royaume d’Arabie saoudite avait décidé d'accueillir ce tout premier sommet entre les pays du CCG et d'Asie centrale était de renforcer les relations existantes, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Il a ajouté que l'engagement proactif de son pays en Asie centrale, sous le leadership du roi Salmane et du prince héritier, avait été bien accueilli aux niveaux régional, panasiatique et mondial.

Dans ses commentaires sur le sommet, Al-Falih a exprimé son optimisme quant aux résultats attendus de l'événement, en particulier ceux liés au développement et à l'expansion des relations économiques et d'investissement entre les pays participants.

L'histoire des relations bilatérales entre les membres du CCG et les pays d'Asie centrale est longue et complexe, remontant à l'époque de la route de la soie. Toutefois, ces relations historiques ont été largement rompues après l'effondrement de l'Union soviétique en 1991.

En Bref: Les pays du C5

République du Kazakhstan

Capitale : Astana

Superficie : 2724900 km² 

Population : 19,2 millions

---------------

Kirghizistan

Capitale : Bichkek

Superficie : 198 000 km² 

Population : 6,8 millions 

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République du Tadjikistan

Capitale : Douchanbé

Superficie : 143 000 km² 

Population : 9,75 millions 

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Turkménistan

Capitale : Achgabat

Superficie : 488 000 km² 

Population : 7 millions 

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République d'Ouzbékistan

Capitale : Tachkent

Superficie : 447.400 km² 

Population : 34,9 millions

Dans les années qui ont suivi, le CCG et les pays du C5 se sont efforcés de rétablir les relations. En 2001, les deux régions ont établi le dialogue CCG-Asie centrale, un forum permettant de discuter de la coopération politique, économique et sécuritaire. Depuis lors, des discussions ont eu lieu régulièrement et ont contribué à resserrer les liens entre les deux régions.

Lors de son allocution au sommet, au nom du roi Salmane, le prince héritier a souhaité la bienvenue aux chefs des délégations d'Asie centrale dans leur «deuxième pays» et a déclaré que cet événement s'inscrivait dans le prolongement de relations fondées sur l'histoire, les ressources et la croissance économique. Il a ajouté que le royaume d’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe étaient impatients d'ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre les deux régions.

«Les défis auxquels notre monde est confronté aujourd'hui exigent que tous les efforts soient déployés pour renforcer la coopération entre nos pays afin d'assurer la sécurité et la stabilité dans notre région», a-t-il signalé lors du sommet.

«À cet égard, nous soulignons l'importance du respect de la souveraineté, de l'indépendance et des valeurs des États, de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures et de la nécessité d'intensifier les efforts communs pour faire face à tout ce qui affecte la sécurité énergétique et les chaînes d'approvisionnement alimentaire mondiales», a poursuivi Mohammed ben Salmane.

Du côté du CCG, les participants comprenaient l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, le prince héritier du Koweït, cheikh Mechal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, et le vice-président des Émirats arabes unis, cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum.

«La réunion des dirigeants du CCG et de l'Asie centrale reflète le désir commun de développer les relations. Nous espérons que notre réunion d'aujourd'hui contribuera à renforcer les partenariats entre le golfe et l'Asie centrale», a déclaré le prince héritier du Koweït lors du sommet.

Les souverains d'Oman et de Bahreïn étaient représentés respectivement par Sayyid Asaad ben Tariq al-Said et cheikh Nasser ben Hamad al-Khalifa.

Le cheikh Nasser a salué le rôle actif joué par l’Arabie saoudite dans le renforcement de la coopération et de la coordination entre les pays du CCG et dans la consolidation des amitiés et de la coopération commune avec d'autres pays.

Les présidents du Tadjikistan et de l'Ouzbékistan, Emomali Rahmon et Chavkat Mirziyoyev, sont arrivés à Djeddah mardi.

«Nous avons des relations historiques étroites avec les États du Golfe et nous cherchons à les développer. Nous cherchons à établir un partenariat à long terme avec les pays du Golfe dans divers domaines, a déclaré Mirziyoyev.

Le président de l’Ouzbékistan, Chavkat Mirziyoyev (Photo, SPA).

«Nous nous réjouissons de la coopération avec le Golfe dans les domaines de l'économie et de l'intelligence artificielle. Nous cherchons à développer le secteur des énergies propres avec le Golfe. Nous sommes prêts à mettre en œuvre un mécanisme pour renforcer la coopération dans le domaine de la sécurité alimentaire avec le CCG», a-t-il ajouté.

La sécurité semble figurer en bonne place sur la liste des priorités des dirigeants en visite.

«La coopération en matière de sécurité avec les pays du Golfe est nécessaire pour renforcer la stabilité en Asie centrale», a déclaré le président Rahmon lors du sommet.

Le président du Tadjikistan, Emomali Rahmon (Photo, SPA).

Au cours de sa visite, Kassym-Jomart Tokayev, le président du Kazakhstan, s'est rendu à Médine, où il a prié dans la mosquée du Prophète avant le sommet.

«Nous partageons les mêmes objectifs que les pays du CCG en termes de développement et d'économie. Nous cherchons à développer la coopération entre les pays d'Asie centrale et le CCG. Nous sommes prêts à développer des infrastructures afin de promouvoir le commerce», a-t-il estimé.

Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev (Photo, SPA).

Le président du Turkménistan, Serdar Berdimuhamedow, et le président du Kirghizstan, Sadyr Japarov, sont arrivés à Djeddah dans la nuit de mardi à mercredi.

«Les menaces et les défis mondiaux nous obligent à renforcer notre partenariat pour garantir la sécurité. Nous voulons renforcer le partenariat dans le domaine de l'énergie avec les pays du Golfe», a indiqué Berdimuhamedow lors du sommet de mercredi.

Le président turkmène Serdar Berdimuhamedow (Photo, SPA).

«Nous cherchons également à développer un partenariat sportif entre l'Asie centrale et les pays du Golfe», a-t-il ajouté.

D'après leurs déclarations au cours du sommet, il semble que les dirigeants soient particulièrement intéressés par des projets d'infrastructure communs.

«L'Asie centrale est une région qui offre de vastes possibilités économiques», a déclaré Japarov, représentant le Kirghizstan. «La coopération en matière d'économie et d'investissement est l'élément le plus important à l'ordre du jour de ce sommet. J'invite nos partenaires à coopérer à la construction de chemins de fer reliant l'Asie centrale au Golfe.»

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, rencontre le président du Kirghizstan, Sadyr Japarov (à gauche), à Djeddah, le 19 juillet 2023 (Photo, Twitter : @KSAmofaEN).

Selon le ministre saoudien de l'Investissement, Al-Falih, l’Arabie saoudite et les pays d'Asie centrale ont entretenu des relations étroites en partie grâce à leur lien religieux, la région ayant largement professé l'islam au cours des quatorze derniers siècles.

Il a salué les plans de développement stratégique élaborés par les pays d'Asie centrale, notamment la stratégie nationale de développement 2018-2040 du Kirghizstan et la stratégie 2050 du Kazakhstan.

Il a ajouté que ces programmes s'inscrivaient parfaitement dans les visions des États membres du CCG, notamment la réforme sociale et le plan de diversification économique de l'Arabie saoudite, la Vision 2030, la Vision 2040 d'Oman et la Vision économique 2030 de Bahreïn.

En 2018, le CCG et l'Asie centrale ont organisé leur premier forum économique au Kazakhstan, auquel ont participé des représentants des six pays du CCG et du C5, et dont l'objectif était de trouver des moyens d'accroître les échanges commerciaux et les investissements entre les deux régions.

En 2020, un protocole d'accord sur la coopération dans le domaine de l'éducation a été signé afin de promouvoir les échanges d'étudiants et de professeurs entre les deux régions. Un an plus tard, un autre protocole d'accord sur la coopération dans le domaine du tourisme a été signé afin de promouvoir le tourisme entre les deux régions.

La valeur des produits échangés entre le CCG et les pays d'Asie centrale s'élevait à 3,1 milliards de dollars en 2021 (1 dollar = 0,90 euro), soit environ 0,27% de la valeur totale du commerce de marchandises du CCG. La valeur des exportations du CCG vers l'Asie centrale s'est élevée à 2,06 milliards de dollars en 2021, tandis que les importations se sont élevées à 1,03 milliard de dollars.

Les liaisons aériennes entre les régions s'est accrue ces dernières années, des compagnies aériennes saoudiennes telles que Flynas reliant l’Arabie saoudite à certains pays d'Asie centrale. Al-Rajhi International Group a également des projets d'investissement dans le secteur agricole de l'Ouzbékistan.

Ces dernières années, la coopération en matière de sécurité s'est intensifiée, les deux régions étant confrontées aux menaces croissantes du terrorisme, de l'extrémisme et d'autres défis transnationaux.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, préside une réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG avant le sommet CCG-C5 (Photo, SPA).

En 2022, le CCG et les pays d'Asie centrale ont pris un certain nombre d'engagements pour approfondir leur coopération en matière de sécurité. Parmi ces engagements figure l'établissement d'un dialogue conjoint sur la sécurité pour lutter contre le terrorisme, l'extrémisme et d'autres menaces transnationales.

Ce dialogue prévoit par ailleurs la création d'un groupe de travail commun chargé de coordonner leurs efforts de lutte contre le terrorisme, l'échange de renseignements et d'informations sur les menaces terroristes, ainsi que la formation des forces de sécurité à la lutte contre le terrorisme et à d'autres questions liées à la sécurité.

En 2022, les pays du CCG et ceux du C5 ont enfin lancé un dialogue stratégique, qui offre un cadre de coopération plus ambitieux. Il couvre un large éventail de domaines, notamment la coopération politique et sécuritaire, la coopération économique et en matière d'investissement, ainsi que l'engagement culturel. L'objectif est de créer un partenariat plus fort et plus diversifié entre les deux régions.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël: Netanyahu a accepté une invitation à siéger au «Conseil de paix» de Trump

Benjamin Netanyahu a accepté une invitation du président américain Donald Trump à siéger à son "Conseil de paix", a annoncé mercredi le bureau du Premier ministre israélien. (AFP)
Benjamin Netanyahu a accepté une invitation du président américain Donald Trump à siéger à son "Conseil de paix", a annoncé mercredi le bureau du Premier ministre israélien. (AFP)
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  • "Benjamin Netanyahu a (...) accepté l'invitation du président américain Donald Trump (à) rejoindre, en tant que membre, le Conseil de paix"
  • Le "Conseil de paix" avait été initialement conçu pour superviser la reconstruction de la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de guerre entre Israël et le mouvements islamiste palestinien Hamas

JERUSALEM: Benjamin Netanyahu a accepté une invitation du président américain Donald Trump à siéger à son "Conseil de paix", a annoncé mercredi le bureau du Premier ministre israélien.

"Benjamin Netanyahu a (...) accepté l'invitation du président américain Donald Trump (à) rejoindre, en tant que membre, le Conseil de paix", qui sera composé de dirigeants de pays du monde entier", indique un bref communiqué de son bureau.

Le "Conseil de paix" avait été initialement conçu pour superviser la reconstruction de la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de guerre entre Israël et le mouvements islamiste palestinien Hamas.

Mais le projet de "charte" présenté par M. Trump accorde à ce dernier, en tant que président de cet organisme, des pouvoirs très étendus et révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question du territoire palestinien : celui de contribuer à la résolution de conflits armés dans le monde.

La création du "Conseil de paix" prévu par le plan de M. Trump pour Gaza a bien été endossée, comme le reste de cette initiative, par le Conseil de sécurité des Nations unies, mais "strictement à cette fin", a rappelé lundi Farhan Haq, porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Sous la pression des Etats-Unis, un cessez-le-feu très fragile est entré en vigueur le 10 octobre, un peu plus de deux ans après le début de la guerre de Gaza déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Les Etats-Unis ont annoncé mi-janvier le passage à la deuxième phase du plan de M. Trump censé mettre fin à la guerre, alors que les deux belligérants s'accusent mutuellement de violer la trêve de façon quotidienne.

Le gouvernement de M. Netanyahu menace régulièrement de reprendre l'offensive si le Hamas n'accepte pas de désarmer conformément à ses exigences.

Outre le désarmement du Hamas, la deuxième phase du plan Trump prévoit un retrait israélien graduel de la bande de Gaza et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

M. Netanyahu répète régulièrement son opposition à la création d'un Etat palestinien, allant ainsi à l'encontre du consensus onusien selon lequel la solution de paix dite à deux Etats est la seule à même de mettre un terme définitif au conflit israélo-palestinien.


Des bulldozers israéliens démolissent des bâtiments au siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est

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JERUSALEM: Des bulldozers israéliens ont démoli mardi sans avertissement préalable des bâtiments du siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est, l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens dénonçant une "attaque sans précédent".

Des forces israéliennes ont "pris d'assaut" le complexe peu après 07H00 (05H00 GMT), a dit à l'AFP un porte-parole de l'Unrwa, Jonathan Fowler, précisant qu'elles avaient forcé les gardes de sécurité à partir.

Le site n'est plus occupé par l'Unrwa depuis l'interdiction il y a un an de ses activités par Israël, qui accuse cette agence de liens avec le Hamas.

Israël considère que cette interdiction s'applique aussi à Jérusalem-Est, la partie de la ville qu'il occupe depuis 1967 puis a annexée, en violation selon l'ONU du droit international.

Un photographe de l'AFP a vu des engins de chantier démolir au moins un bâtiment du complexe, au-dessus duquel flottait un drapeau israélien, en présence de responsables politiques israéliens.

"Il s'agit d'une attaque sans précédent contre l'Unrwa et ses locaux, elle constitue une violation grave du droit international et des privilèges et immunités des Nations unies", a dénoncé M. Fowler.

"Cela devrait nous servir de signal d'alarme", a-t-il ajouté, "ce qui arrive aujourd'hui à l'Unrwa peut arriver demain à n'importe quelle autre organisation internationale ou mission diplomatique".

Interrogé par l'AFP, le directeur de l'Unrwa en Cisjordanie occupée (dont dépend Jérusalem-Est), Roland Friedrich, a discerné une "probable intention" israélienne de "s'emparer des terrains pour construire des colonies", alors que le siège de l'organisation est déjà entouré de quartiers de colonisation.

Immunité en question 

Le ministère des Affaires étrangères israélien a défendu une "mise en oeuvre de la législation israélienne existante concernant +l'Unrwa-Hamas+".

Les autorités israéliennes ont accusé des employés de l'agence d'avoir participé à l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

L'ONU avait annoncé en août 2024 avoir limogé neuf de ses employés à Gaza, indiquant qu'ils pourraient avoir été impliqués, tout en précisant que leur commission d'enquête n'avait pas pu authentifier les renseignements utilisés par Israël pour fonder ses allégations.

Le complexe "ne bénéficie d'aucune immunité et sa saisie par les autorités israéliennes a été effectuée conformément au droit israélien et international", a aussi soutenu la diplomatie israélienne, affirmant qu'il "appartenait à l'Etat d'Israël".

Il s'agit "d'une installation des Nations Unies (...) donc inviolable en vertu de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies, que tous les Etats membres de l'ONU sont tenus de respecter", a objecté M. Fowler.

Selon lui, l'Unrwa loue son siège de Jérusalem-Est à la Jordanie depuis 1952 via un bail ininterrompu.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "considère comme totalement inacceptable l'escalade persistante des actions contre l'Unrwa, qui sont incompatibles avec les obligations claires d'Israël au regard du droit international".

"Historique" 

L'Autorité palestinienne a mis en garde contre "une escalade délibérée (...) dans le cadre d'une attaque systématique" contre l'Unrwa et "d'une tentative de saper le système international de protection des réfugiés palestiniens".

A ce statut de réfugié, transmis de génération en génération, est associé le droit au retour, que conteste Israël, l'un des points les plus litigieux du conflit israélo-palestinien.

Créée en 1949, l'Unrwa gère des centres de santé et des écoles destinés aux réfugiés palestiniens dans les Territoires palestiniens, au Liban, en Syrie et en Jordanie.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, s'est rendu sur place pour saluer "un jour historique (...) très important pour la gouvernance à Jérusalem".

"Pendant des années, ces soutiens au terrorisme étaient ici, et aujourd'hui ils sont chassés (...) C'est ce qui arrivera à quiconque soutient le terrorisme", a ajouté cette figure de l'extrême droite sur Telegram.

Début décembre, l'Unrwa avait déjà dénoncé la saisie par les autorités israéliennes de biens sur le même site. La police avait indiqué à l'AFP que l'opération relevait d'un recouvrement de dettes.

Après le début de la guerre à Gaza, les autorités israéliennes ont déclaré Antonio Guterres et le chef de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, personae non gratae en Israël.


Les ministres saoudiens saluent la prochaine phase du plan pour Gaza et le Conseil de la paix de Trump

La session s'est tenue mardi à Riyad et était présidée par le roi Salmane. (SPA)
La session s'est tenue mardi à Riyad et était présidée par le roi Salmane. (SPA)
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  • Les responsables soulignent l’urgence d’un cessez-le-feu et de l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza
  • Le Conseil des ministres du Royaume réaffirme son soutien à l’accord de cessez-le-feu et à l’intégration des Forces démocratiques syriennes au sein de l’État syrien

​​​​​​RIYAD : Le Conseil des ministres saoudien a salué la deuxième phase du plan de paix pour la bande de Gaza, soutenant la création d’un comité palestinien chargé de l’administration du territoire ainsi que l’annonce du Conseil de la paix par le président américain Donald Trump.

La session s’est tenue mardi à Riyad et a été présidée par le roi Salmane, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Les ministres ont mis en avant la nécessité urgente d’un cessez-le-feu et de l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Ils ont appelé au retour de l’Autorité palestinienne dans le territoire et à la fin de l’occupation israélienne, afin d’établir un État palestinien indépendant conformément aux résolutions de l’ONU, à l’Initiative de paix arabe et à la solution à deux États.

Le Conseil des ministres a également soutenu l’accord de cessez-le-feu et l’intégration des Forces démocratiques syriennes au sein de l’État syrien, réaffirmant son attachement à la paix civile et à la souveraineté de la Syrie.

Concernant le Yémen, les ministres ont indiqué que l’Arabie saoudite poursuit ses efforts pour mettre fin à la crise et a lancé un ensemble de projets et de programmes d’une valeur de 507 millions de dollars pour développer des secteurs clés tels que la santé, l’éducation et les infrastructures.

En 2025, l’Arabie saoudite s’est classée première parmi les pays arabes et deuxième au niveau mondial sur la liste des donateurs au Yémen établie par les Nations unies, a ajouté la SPA.

Les ministres ont également souligné que la majorité des activités non pétrolières du Royaume ont enregistré des taux de croissance annuels compris entre 5 % et 10 % au cours des cinq dernières années, en ligne avec les objectifs de durabilité et la Vision 2030.

Ils ont enfin examiné et approuvé plusieurs protocoles d’accord signés avec le Pakistan, l’Irak et le Kirghizistan, ainsi que la promotion de plusieurs responsables saoudiens à des postes de haut niveau au sein de différents ministères. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com