Sommet de Djeddah: Le CCG et l’Asie centrale multiplient les partenariats

Photo de groupe prise lors du sommet CCG-Asie centrale à Djeddah (Photo, SPA).
Photo de groupe prise lors du sommet CCG-Asie centrale à Djeddah (Photo, SPA).
Vue de la 18e réunion consultative des dirigeants du sommet du CCG-C5 à Djeddah le 19 juillet 2023 (Photo, SPA).
Vue de la 18e réunion consultative des dirigeants du sommet du CCG-C5 à Djeddah le 19 juillet 2023 (Photo, SPA).
Des drapeaux représentant les pays du CCG et d'Asie centrale sont déployés le long d'une route lors du sommet Golfe-Asie centrale à Jeddah (Photo, SPA).
Des drapeaux représentant les pays du CCG et d'Asie centrale sont déployés le long d'une route lors du sommet Golfe-Asie centrale à Jeddah (Photo, SPA).
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Publié le Jeudi 20 juillet 2023

Sommet de Djeddah: Le CCG et l’Asie centrale multiplient les partenariats

  • Les dirigeants de l'Ouzbékistan, du Turkménistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan et du Kirghizistan se sont rendus à Djeddah pour le sommet du CCG-C5
  • Le plan d'action conjoint pour le dialogue stratégique et la coopération a été approuvé lors de la réunion des dirigeants organisée par Mohammed ben Salmane

DJEDDAH: Les pays arabes du Golfe et les pays d'Asie centrale ont renforcé leurs relations politiques, sécuritaires et économiques mercredi lors du sommet CCG-C5, qui réunit les dirigeants des États membres du Conseil de coopération du Golfe et les présidents de l'Ouzbékistan, du Turkménistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan et du Kirghizstan.

Lors de cet événement, qui s'est déroulé dans la ville saoudienne de Djeddah, un plan d'action conjoint pour le dialogue stratégique et la coopération entre les pays du CCG et les pays d'Asie centrale a été approuvé, couvrant la période de 2023 à 2027.

Dans une déclaration commune à l'issue du sommet, les dirigeants des deux blocs ont souligné «l'importance de renforcer les relations politiques et stratégiques aux niveaux collectif et bilatéral et de poursuivre la coordination afin d'assurer la sécurité et la stabilité régionales et internationales, de relever les défis et d'œuvrer à la flexibilité» dans des domaines allant des chaînes d'approvisionnement à la sécurité alimentaire.

Les dirigeants de l'Ouzbékistan, du Turkménistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan et du Kirghizistan ont rencontré leurs homologues du Golfe à Djeddah pour le sommet principal CCG-C5, organisé par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, qui a également présidé la 18e réunion consultative des dirigeants du CCG (Photo, SPA).

Ils ont notamment exprimé leur inquiétude face à la montée du racisme et de l'islamophobie et aux actes de violence contre les minorités musulmanes et les symboles islamiques.

«Le plan d'action avec l'Asie centrale prévoit d'activer la coopération dans divers domaines», a déclaré Jasem Mohammed al-Budaiwi, secrétaire général du CCG. «Nous nous efforçons de consolider ce qui a été convenu et de mettre en place des mécanismes de consultation et de coordination avec l'Asie centrale.»

Ces dernières années, l'approfondissement de la coopération économique entre le CCG et l'Asie centrale a suscité un intérêt croissant. Les économies des deux régions sont complémentaires, les pays du CCG bénéficiant d'une abondance de ressources pétrolières et gazières et l'Asie centrale d'une main-d'œuvre jeune et en pleine croissance. Il existe par ailleurs des possibilités de coopération dans les domaines du commerce, de l'investissement et du tourisme.

Dates clé

Octobre 2021 :  Le Conseil de coopération du Golfe et les pays d'Asie centrale ont signé des protocoles d'accord dans plusieurs domaines, notamment la coopération politique, économique et sécuritaire. La signature de ces protocoles d'accord a marqué une étape importante dans le développement des relations entre les deux régions.

Août 2022 :  La première réunion ministérielle des pays du CCG et d'Asie centrale se tient à Riyad, en Arabie saoudite. Les ministres des six pays du CCG et des cinq pays d'Asie centrale ont participé à cette réunion. Les ministres ont examiné les progrès réalisés dans la mise en œuvre des protocoles d'accord et ont discuté des moyens de renforcer davantage la coopération entre les deux régions.

Septembre 2022 : Le plan d'action conjoint pour le dialogue stratégique entre le CCG et les pays d'Asie centrale pour la période 2023-2027 a été approuvé lors de la première réunion ministérielle. Ce plan décrit plusieurs domaines dans lesquels les deux régions coopéreront, notamment la politique, l'économie, la sécurité, la culture et l'éducation.

En marge du sommet de Djeddah, Khaled al-Falih, ministre saoudien de l'Investissement, a affirmé que l’Arabie saoudite entretenait des relations étroites avec les pays de la région d'Asie centrale et qu'il espérait les renforcer davantage.

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a pris la parole lors du sommet et a également présidé, lors d'un événement distinct à Djeddah mercredi, la 18e réunion consultative du Conseil suprême du CCG au nom du roi Salmane.

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, s'adresse aux participants du sommet du CCG-C5 à Djeddah, le 19 juillet 2023 (Photo, SPA).

Notant que les cinq pays d'Asie centrale participant au sommet soutiennent la candidature de l'Arabie saoudite à l'organisation de l'Exposition universelle de 2030, le prince héritier leur a dit : «Nous apprécions la déclaration de soutien de vos pays à la candidature de l’Arabie saoudite pour accueillir l'Expo 2030 à Riyad, qui reflète la force des relations entre nos pays et notre aspiration à un avenir meilleur pour notre région.»

Un communiqué de presse publié à l'issue de la réunion consultative cite le secrétaire général du CCG, al-Budaiwi : «Leurs Majestés et leurs Altesses ont passé en revue, au cours de leur réunion, l'évolution du processus d'action commune du CCG et ont échangé leurs points de vue sur un certain nombre de questions régionales et internationales.»

Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohammed al-Budaiwi (Photo, AFP).

Al-Falih a déclaré que la raison pour laquelle le royaume d’Arabie saoudite avait décidé d'accueillir ce tout premier sommet entre les pays du CCG et d'Asie centrale était de renforcer les relations existantes, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Il a ajouté que l'engagement proactif de son pays en Asie centrale, sous le leadership du roi Salmane et du prince héritier, avait été bien accueilli aux niveaux régional, panasiatique et mondial.

Dans ses commentaires sur le sommet, Al-Falih a exprimé son optimisme quant aux résultats attendus de l'événement, en particulier ceux liés au développement et à l'expansion des relations économiques et d'investissement entre les pays participants.

L'histoire des relations bilatérales entre les membres du CCG et les pays d'Asie centrale est longue et complexe, remontant à l'époque de la route de la soie. Toutefois, ces relations historiques ont été largement rompues après l'effondrement de l'Union soviétique en 1991.

En Bref: Les pays du C5

République du Kazakhstan

Capitale : Astana

Superficie : 2724900 km² 

Population : 19,2 millions

---------------

Kirghizistan

Capitale : Bichkek

Superficie : 198 000 km² 

Population : 6,8 millions 

-----------------

République du Tadjikistan

Capitale : Douchanbé

Superficie : 143 000 km² 

Population : 9,75 millions 

-----------------

Turkménistan

Capitale : Achgabat

Superficie : 488 000 km² 

Population : 7 millions 

--------------------

République d'Ouzbékistan

Capitale : Tachkent

Superficie : 447.400 km² 

Population : 34,9 millions

Dans les années qui ont suivi, le CCG et les pays du C5 se sont efforcés de rétablir les relations. En 2001, les deux régions ont établi le dialogue CCG-Asie centrale, un forum permettant de discuter de la coopération politique, économique et sécuritaire. Depuis lors, des discussions ont eu lieu régulièrement et ont contribué à resserrer les liens entre les deux régions.

Lors de son allocution au sommet, au nom du roi Salmane, le prince héritier a souhaité la bienvenue aux chefs des délégations d'Asie centrale dans leur «deuxième pays» et a déclaré que cet événement s'inscrivait dans le prolongement de relations fondées sur l'histoire, les ressources et la croissance économique. Il a ajouté que le royaume d’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe étaient impatients d'ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre les deux régions.

«Les défis auxquels notre monde est confronté aujourd'hui exigent que tous les efforts soient déployés pour renforcer la coopération entre nos pays afin d'assurer la sécurité et la stabilité dans notre région», a-t-il signalé lors du sommet.

«À cet égard, nous soulignons l'importance du respect de la souveraineté, de l'indépendance et des valeurs des États, de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures et de la nécessité d'intensifier les efforts communs pour faire face à tout ce qui affecte la sécurité énergétique et les chaînes d'approvisionnement alimentaire mondiales», a poursuivi Mohammed ben Salmane.

Du côté du CCG, les participants comprenaient l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, le prince héritier du Koweït, cheikh Mechal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, et le vice-président des Émirats arabes unis, cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum.

«La réunion des dirigeants du CCG et de l'Asie centrale reflète le désir commun de développer les relations. Nous espérons que notre réunion d'aujourd'hui contribuera à renforcer les partenariats entre le golfe et l'Asie centrale», a déclaré le prince héritier du Koweït lors du sommet.

Les souverains d'Oman et de Bahreïn étaient représentés respectivement par Sayyid Asaad ben Tariq al-Said et cheikh Nasser ben Hamad al-Khalifa.

Le cheikh Nasser a salué le rôle actif joué par l’Arabie saoudite dans le renforcement de la coopération et de la coordination entre les pays du CCG et dans la consolidation des amitiés et de la coopération commune avec d'autres pays.

Les présidents du Tadjikistan et de l'Ouzbékistan, Emomali Rahmon et Chavkat Mirziyoyev, sont arrivés à Djeddah mardi.

«Nous avons des relations historiques étroites avec les États du Golfe et nous cherchons à les développer. Nous cherchons à établir un partenariat à long terme avec les pays du Golfe dans divers domaines, a déclaré Mirziyoyev.

Le président de l’Ouzbékistan, Chavkat Mirziyoyev (Photo, SPA).

«Nous nous réjouissons de la coopération avec le Golfe dans les domaines de l'économie et de l'intelligence artificielle. Nous cherchons à développer le secteur des énergies propres avec le Golfe. Nous sommes prêts à mettre en œuvre un mécanisme pour renforcer la coopération dans le domaine de la sécurité alimentaire avec le CCG», a-t-il ajouté.

La sécurité semble figurer en bonne place sur la liste des priorités des dirigeants en visite.

«La coopération en matière de sécurité avec les pays du Golfe est nécessaire pour renforcer la stabilité en Asie centrale», a déclaré le président Rahmon lors du sommet.

Le président du Tadjikistan, Emomali Rahmon (Photo, SPA).

Au cours de sa visite, Kassym-Jomart Tokayev, le président du Kazakhstan, s'est rendu à Médine, où il a prié dans la mosquée du Prophète avant le sommet.

«Nous partageons les mêmes objectifs que les pays du CCG en termes de développement et d'économie. Nous cherchons à développer la coopération entre les pays d'Asie centrale et le CCG. Nous sommes prêts à développer des infrastructures afin de promouvoir le commerce», a-t-il estimé.

Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev (Photo, SPA).

Le président du Turkménistan, Serdar Berdimuhamedow, et le président du Kirghizstan, Sadyr Japarov, sont arrivés à Djeddah dans la nuit de mardi à mercredi.

«Les menaces et les défis mondiaux nous obligent à renforcer notre partenariat pour garantir la sécurité. Nous voulons renforcer le partenariat dans le domaine de l'énergie avec les pays du Golfe», a indiqué Berdimuhamedow lors du sommet de mercredi.

Le président turkmène Serdar Berdimuhamedow (Photo, SPA).

«Nous cherchons également à développer un partenariat sportif entre l'Asie centrale et les pays du Golfe», a-t-il ajouté.

D'après leurs déclarations au cours du sommet, il semble que les dirigeants soient particulièrement intéressés par des projets d'infrastructure communs.

«L'Asie centrale est une région qui offre de vastes possibilités économiques», a déclaré Japarov, représentant le Kirghizstan. «La coopération en matière d'économie et d'investissement est l'élément le plus important à l'ordre du jour de ce sommet. J'invite nos partenaires à coopérer à la construction de chemins de fer reliant l'Asie centrale au Golfe.»

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, rencontre le président du Kirghizstan, Sadyr Japarov (à gauche), à Djeddah, le 19 juillet 2023 (Photo, Twitter : @KSAmofaEN).

Selon le ministre saoudien de l'Investissement, Al-Falih, l’Arabie saoudite et les pays d'Asie centrale ont entretenu des relations étroites en partie grâce à leur lien religieux, la région ayant largement professé l'islam au cours des quatorze derniers siècles.

Il a salué les plans de développement stratégique élaborés par les pays d'Asie centrale, notamment la stratégie nationale de développement 2018-2040 du Kirghizstan et la stratégie 2050 du Kazakhstan.

Il a ajouté que ces programmes s'inscrivaient parfaitement dans les visions des États membres du CCG, notamment la réforme sociale et le plan de diversification économique de l'Arabie saoudite, la Vision 2030, la Vision 2040 d'Oman et la Vision économique 2030 de Bahreïn.

En 2018, le CCG et l'Asie centrale ont organisé leur premier forum économique au Kazakhstan, auquel ont participé des représentants des six pays du CCG et du C5, et dont l'objectif était de trouver des moyens d'accroître les échanges commerciaux et les investissements entre les deux régions.

En 2020, un protocole d'accord sur la coopération dans le domaine de l'éducation a été signé afin de promouvoir les échanges d'étudiants et de professeurs entre les deux régions. Un an plus tard, un autre protocole d'accord sur la coopération dans le domaine du tourisme a été signé afin de promouvoir le tourisme entre les deux régions.

La valeur des produits échangés entre le CCG et les pays d'Asie centrale s'élevait à 3,1 milliards de dollars en 2021 (1 dollar = 0,90 euro), soit environ 0,27% de la valeur totale du commerce de marchandises du CCG. La valeur des exportations du CCG vers l'Asie centrale s'est élevée à 2,06 milliards de dollars en 2021, tandis que les importations se sont élevées à 1,03 milliard de dollars.

Les liaisons aériennes entre les régions s'est accrue ces dernières années, des compagnies aériennes saoudiennes telles que Flynas reliant l’Arabie saoudite à certains pays d'Asie centrale. Al-Rajhi International Group a également des projets d'investissement dans le secteur agricole de l'Ouzbékistan.

Ces dernières années, la coopération en matière de sécurité s'est intensifiée, les deux régions étant confrontées aux menaces croissantes du terrorisme, de l'extrémisme et d'autres défis transnationaux.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, préside une réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG avant le sommet CCG-C5 (Photo, SPA).

En 2022, le CCG et les pays d'Asie centrale ont pris un certain nombre d'engagements pour approfondir leur coopération en matière de sécurité. Parmi ces engagements figure l'établissement d'un dialogue conjoint sur la sécurité pour lutter contre le terrorisme, l'extrémisme et d'autres menaces transnationales.

Ce dialogue prévoit par ailleurs la création d'un groupe de travail commun chargé de coordonner leurs efforts de lutte contre le terrorisme, l'échange de renseignements et d'informations sur les menaces terroristes, ainsi que la formation des forces de sécurité à la lutte contre le terrorisme et à d'autres questions liées à la sécurité.

En 2022, les pays du CCG et ceux du C5 ont enfin lancé un dialogue stratégique, qui offre un cadre de coopération plus ambitieux. Il couvre un large éventail de domaines, notamment la coopération politique et sécuritaire, la coopération économique et en matière d'investissement, ainsi que l'engagement culturel. L'objectif est de créer un partenariat plus fort et plus diversifié entre les deux régions.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'ONU exige qu'Israël empêche un «génocide» à Gaza

Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
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  • Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza
  • Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites"

GENEVE: Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie.

Dans un nouveau rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les actions menées par Israël à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 constituaient des "violations flagrantes" du droit international, s'apparentant souvent à des "crimes de guerre et autres atrocités".

Dans la conclusion de ce rapport, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Israël à veiller au respect d’une ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 lui enjoignant de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza.

Selon lui, Israël doit veiller "avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide, (et prendre) toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide".

Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza. Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites".

Ce rapport, qui concerne la période allant du 7 octobre 2023, date à laquelle une attaque sans précédent du Hamas en Israël a déclenché une offensive israélienne à Gaza, jusqu'en mai 2025, condamne aussi les "violations graves" commises par des groupes armés palestiniens.

L'attaque du Hamas a causé la mort de 1.221 personnes du côté israélien, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Le rapport met aussi en lumière les sévices subis par les otages capturés par les groupes armés palestiniens, dont beaucoup ont fait état de tortures et agressions sexuelles alors qu'ils étaient détenus "dans des conditions inhumaines" pendant des mois.

Meurtres "illégaux" 

Le rapport consacre également une large part aux actions d’Israël à Gaza, où sa campagne militaire de représailles a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, dont les statistiques sont considérées comme fiables par l’ONU.

Une grande partie de ces meurtres "semblent illégaux", indique le rapport, qui souligne aussi comment Israël a "mené des attaques contre des cibles civiles ou protégées".

Parmi celles-ci figurent "des établissements de santé et des installations médicales", ainsi que des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, et ce "de manière systématique et répétée".

Cette campagne d’Israël à Gaza a rendu les conditions de vie dans une grande partie du territoire "incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe", a alerté le Haut-Commissariat.

Il a également déclaré que "le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie a(vait) conduit à des centaines de meurtres illégaux".

"En Cisjordanie, le taux de déplacements forcés de Palestiniens n'a pas été aussi élevé depuis des décennies et l'expansion des colonies israéliennes est sans précédent", a déclaré lundi devant la presse à Genève Ajith Sunghay, qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens.

Sur les deux territoires, "l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle", ajoute le Haut-Commissariat.

Le rapport relève que les violations commises par Israël dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés révélaient une pratique visant à infliger un "déplacement forcé, un dépeuplement et un nettoyage ethnique de vastes parties du territoire palestinien occupé".

Depuis, le fragile cessez-le feu d'octobre dernier "a permis de réduire l'ampleur considérable des violences observées jusqu’alors et a ouvert une marge de manœuvre humanitaire modeste", a déclaré Ajith Sunghay.

"Cependant, les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse", a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat a jugé "essentiel que toutes les violations énumérées dans le rapport fassent l’objet d’un examen en bonne et due forme" par des "instances judiciaires crédibles et impartiales".

 


Le président libanais promet de faire «l'impossible» pour arrêter la guerre avec Israël

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  • Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.
  • Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

BEYROUTH: Le président libanais a promis lundi de faire "l'impossible" pour arrêter la guerre avec Israël qui poursuit ses frappes, faisant plus de 3.000 morts depuis mars, malgré une trêve et de nouvelles négociations bilatérales en vue.

"Il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire l'impossible (...) pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué.

Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.

Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

Et le département d'État américain a indiqué qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin.

Malgré la trêve, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre plusieurs localités dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a appelé à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision de bombardements, et réitéré plus tard son appel pour l'une de ces localités.

Dimanche, des frappes israéliennes près de Baalbeck, dans l'est du pays, ont tué sept personnes dont un chef du Jihad islamique palestinien, allié du Hezbollah.

La formation, qui rejette les négociations directes entre le Liban et son ennemi juré, a revendiqué lundi deux attaques contre des objectifs militaires en Israël.

"En riposte à la violation du cessez-le-feu" par Israël, le Hezbollah a visé "une plateforme du Dôme de fer", le système de défense aérienne israélienne, dans un camp militaire, "au moyen d'un drone d'attaque", a déclaré le mouvement dans un communiqué, ajoutant par ailleurs avoir visé un véhicule militaire dans le nord d'Israël.

Le Hezbollah a aussi revendiqué lundi des attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban.

Ces dernières semaines, le Hezbollah a utilisé à plusieurs reprises des drones FPV à fibre optique, à bas coût. "Aujourd'hui, nous faisons face au défi de neutraliser les drones FPV", avait déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les négociations parrainées par Washington portent notamment sur l'épineuse question du désarmement du Hezbollah, que le groupe refuse.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban, dont 211 enfants ou mineurs et 116 membres du personnel médical, selon un nouveau bilan officiel lundi.

Le bilan des frappes israéliennes au Liban dépasse les 400 morts depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

 


Netanyahu affirme qu'Israël est proche de son objectif de tuer tous les responsables du 7-Octobre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
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  • Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre
  • Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque

 


JERUSALEM: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau.

Ses propos faisaient suite à l'annonce la veille par l'armée israélienne de la mort d'Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, mort vendredi lors d'une frappe aérienne ciblée à Gaza.

Au lendemain de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, M. Netanyahu avait promis de traquer les cerveaux de cette attaque qui, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, a fait 1.221 morts en Israël, en majorité des civils.

"J'ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d'otages serait éliminé jusqu'au dernier, et nous sommes très proches d'achever cette mission", a déclaré M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, qualifiant Ezzedine Al-Haddad de "terroriste méprisable".

Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre.

Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche que les forces israéliennes contrôlaient actuellement 60% du territoire de Gaza.

Cette déclaration laisse entendre que l'armée a continué d'étendre sa présence opérationnelle dans le territoire, après de récents articles de presse affirmant que les troupes israéliennes avaient progressé vers une nouvelle ligne dite "orange".

Selon les termes du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 10 octobre, les forces israéliennes devaient se replier jusqu'à une "ligne jaune" à Gaza, leur laissant le contrôle de plus de 50% du territoire palestinien.

"Nous tenons le Hamas à notre merci. Nous savons exactement quelle est notre mission, et notre mission est de garantir que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël", a encore déclaré M. Netanyahu.

La campagne militaire israélienne contre le Hamas depuis les attaques d’octobre 2023 a fait au moins 72.763 morts à Gaza, selon des chiffres du ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, jugés fiables par les Nations unies.