Comment le tremblement de terre du 6 février a-t-il aggravé la misère des enfants du nord-ouest de la Syrie?

La ville de Jindayris, tenue par les rebelles dans la province d'Alep au nord-ouest de la Syrie, a été relativement plus chanceuse dans le sens où elle a reçu une aide humanitaire peu de temps après les tremblements de terre du 6 février (Photo, AFP/Archives).
La ville de Jindayris, tenue par les rebelles dans la province d'Alep au nord-ouest de la Syrie, a été relativement plus chanceuse dans le sens où elle a reçu une aide humanitaire peu de temps après les tremblements de terre du 6 février (Photo, AFP/Archives).
Une vue de la ville de Jableh, à Lattaquié, en Syrie, le 10 février 2023, à la suite d'un tremblement de terre meurtrier (Photo, AFP).
Une vue de la ville de Jableh, à Lattaquié, en Syrie, le 10 février 2023, à la suite d'un tremblement de terre meurtrier (Photo, AFP).
Des Syriens déplacés vivant dans des bâtiments endommagés par la guerre, dans la ville de Raqa, au nord de la Syrie, tenue par les rebelles, le 1er mars 2023 (Photo, AFP).
Des Syriens déplacés vivant dans des bâtiments endommagés par la guerre, dans la ville de Raqa, au nord de la Syrie, tenue par les rebelles, le 1er mars 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 06 août 2023

Comment le tremblement de terre du 6 février a-t-il aggravé la misère des enfants du nord-ouest de la Syrie?

  • L'ampleur de la souffrance des enfants séparés ou orphelins dans une région appauvrie est qualifiée de «multiforme et préoccupante»
  • Les ONG affirment que la situation humanitaire est compliquée en raison de la perte de documentation pendant le conflit et le tremblement de terre

LONDRES: Sauvée des décombres il y a six mois, Hiba, qui n'a pas encore six ans, a perdu toute sa famille et une partie de son pied lors des tremblements de terre meurtriers qui ont frappé la Syrie en février. Ayant besoin de soins constants, elle vit désormais avec des parents éloignés dans un camp de déplacés surpeuplé.

Hiba, dont le nom a été modifié pour protéger son identité, fait partie des milliers d'enfants rendus orphelins par les deux secousses qui ont frappé le sud de la Turquie et le nord de la Syrie le 6 février, et qui ont bouleversé la vie d'au moins 2,5 millions d'enfants rien qu'en Syrie, selon l'UNICEF.

Le tremblement de terre de magnitude 7,8 survenu aux premières heures de la matinée près de la frontière turco-syrienne a été suivi d'un autre presque aussi puissant, provoquant l'une des plus grandes catastrophes humanitaires ayant frappé la région ces derniers temps.

Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et beaucoup d'autres blessées. D'innombrables bâtiments, dont des maisons, des écoles et des hôpitaux se sont effondrés, laissant une grande partie de la population locale exposés aux rigueurs de l'hiver.

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La ville de Jindayris, tenue par les rebelles dans la province d'Alep au nord-ouest de la Syrie, a été relativement plus chanceuse dans le sens où elle a reçu une aide humanitaire peu de temps après les tremblements de terre du 6 février (Photo, AFP/Archives).

Les enfants qui ont perdu tous les membres adultes de leur famille dans les tremblements de terre se sont installés chez des parents éloignés, dont beaucoup avaient eux-mêmes été déplacés par la dévastation, ou ont dû se débrouiller seuls.

Les répercussions des catastrophes naturelles et humanitaires dans le nord-ouest de la Syrie ont été particulièrement néfastes pour les enfants orphelins qui n'ont pas de proches adultes dans la région. Ils sont vulnérables à diverses formes d'abus, de trafic et de troubles mentaux.

L'ampleur des souffrances endurées par les enfants séparés ou orphelins dans le nord-ouest de la Syrie «est vaste, multiforme et profondément préoccupante», a signalé Hamzah Barhameyeh, responsable du plaidoyer et de la communication chez World Vision, une organisation caritative internationale axée sur l'enfance.

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Une bénévole de l'organisation humanitaire Space of Peace s'occupe d'enfants dans un centre de réfugiés pour les personnes déplacées par les tremblements de terre de février dans le nord de la Syrie (Photo fournie).

Selon Barhameyeh, les défis à relever comprennent «des traumatismes et des problèmes psychosomatiques» ainsi que «des blessures physiques et des handicaps, un soutien sanitaire inadéquat et une éducation perturbée».

En outre, les risques accrus de mariage et de travail des enfants, sans parler du recrutement par des groupes armés dans une région déchirée par la guerre, suscitent des inquiétudes.

«Les garçons risquent davantage d'être séparés, de ne pas être accompagnés ou de se retrouver à la rue», a indiqué Barhameyeh à Arab News. «Les adolescents risquent fort d'être recrutés par des groupes armés.»

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Une photo prise le 23 mai 2023 montre des enfants syriens se préparant à monter dans un bus transformé en salle de classe itinérante pour les enfants sans abri et sans école à Jindires, Alep. Les groupes d'aide s'inquiètent du fait que de nombreux enfants orphelins sont susceptibles d'être recrutés par les rebelles (Photo, AFP /Archives).

«On observe également une tendance notable au travail des enfants et aux comportements violents, une augmentation de la toxicomanie et des démêlés avec la justice. Ces expériences sont plus fréquentes chez les garçons», a-t-il ajouté.

Diana al-Ali, fondatrice d'une organisation non gouvernementale locale appelée Suriana, raconte que lors de ses rencontres avec des enfants dans les camps de déplacés, beaucoup se précipitent pour lui tenir la main, en quête de réconfort et de sécurité.

Apparemment, même les enfants qui ne sont pas orphelins sont souvent battus par leurs propres parents, eux-mêmes très stressés.

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Le tremblement de terre entre la Turquie et la Syrie a fait de nombreux orphelins parmi les enfants syriens, dans un contexte de déplacements massifs, d'écoles détruites et d'accès limité à l'eau et à l'assainissement (Photo fournie).

«De nombreux enfants ont un besoin urgent de soutien émotionnel», a révélé Al-Ali à Arab News, citant des cas de jeunes qui ont tenté de se suicider à cause de maladies mentales liées à des traumatismes non traités.

Parmi les enfants qu'elle soutient régulièrement, il y a une fillette qui refuse de marcher sur le sol et qui est terrifiée par les fourmis, convaincue que, comme dans les dessins animés, ces créatures rampantes font trembler le sol lorsqu'elles se déplacent.

De même, Hiba, qui doit régulièrement prendre des médicaments et se rendre à l'hôpital, est terrifiée par les murs et les plafonds; le choc qu'elle a subi lors du tremblement de terre est si violent qu'elle ne réagit pas lorsqu'on lui parle.

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Une bénévole de l'organisation humanitaire Space of Peace s'occupe d'enfants dans un centre de réfugiés pour les personnes déplacées par les tremblements de terre de février dans le nord de la Syrie (Photo fournie).

Al-Ali explique que son organisation caritative a fourni aux enfants et à leurs tuteurs de l'argent liquide, des denrées alimentaires, des médicaments, des couches et même des activités de divertissement, mais elle considère que les besoins humanitaires non satisfaits dans la région touchée par le tremblement de terre sont énormes.

En juillet, le Conseil de sécurité des Nations unies n'a pas renouvelé l'autorisation d'acheminer l'aide humanitaire des Nations unies vers le nord-ouest de la Syrie, tenu par les rebelles, via le poste-frontalier de Bab al-Hawa, coupant ainsi une ligne de vie vitale pour plus de quatre millions de personnes dépendantes de l'aide.  

Le 11 juillet, un jour après l'expiration de la résolution 2672, deux résolutions rivales visant à permettre la poursuite du flux d'aide de des Nations unies en provenance de Turquie ont fait l'objet d'un veto de la part de la Russie, d'une part, et des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France, d'autre part.

Selon un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, la canicule estivale a aggravé les souffrances dans le nord-ouest de la Syrie. Les températures ont dépassé les 40 degrés Celsius et des incendies ont éclaté dans les camps de déplacés d'Idlib et du nord d'Alep.

EN CHIFFRES

58 000 morts dans le sud de la Turquie et le nord-ouest de la Syrie lors des tremblements de terre du 6 février.

200 000 bâtiments endommagés ou détruits, notamment des écoles et des hôpitaux.

2,5 millions d'enfants touchés par les tremblements de terre rien qu'en Syrie (UNICEF).

 

Le soutien en matière de santé mentale reste inaccessible pour la plupart des gens, a mentionné Al-Ali, en racontant le sort d'un enfant qui lutte contre l'épilepsie alors qu'il vit sous une tente. «Il a besoin de médicaments coûteux tous les mois et son père a été tué pendant le conflit», a-t-elle expliqué. 

Al-Ali a ajouté que de nombreuses tentes en question sont si étroites qu'il n'y a pas d'espace pour s'allonger, ce qui oblige les personnes à rester assises au même endroit pendant de longues périodes.

«Les organisations opérant dans la région n'ont pas apporté de soutien en matière de santé mentale lorsque le séisme a frappé», a-t-elle signalé, ajoutant que la concentration de l'aide humanitaire sur les deux villes d'A'zaz et de Jindires a eu pour conséquence de priver d'autres zones d'une attention adéquate. 

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Les besoins des enfants dans le nord-ouest de la Syrie augmentent de façon exponentielle et l'accès à l'aide humanitaire doit être renforcé et non réduit (Photo, World Vision).

 

Elle a poursuivi: «Il n'y avait pas beaucoup d'organisations opérant ici lorsque les tremblements de terre ont frappé, alors nous avons compté sur nos efforts personnels, ainsi que sur les ONG Violet et Shafak, qui ont fourni du pain.»

«Les fonds consacrés au bien-être des enfants sont insuffisants. Nous sommes les seuls à proposer des activités récréatives aux enfants et des séances de soutien à la santé mentale», a divulgué Al-Ali.

«Nous avons des programmes destinés à aider les mineurs à se sentir en sécurité et chaque enfant fait l'objet d'une évaluation afin de déterminer ses besoins», a-t-elle éclairci.

Selon Barhameyeh, de World Vision, la perte de documents civils pendant le conflit et les tremblements de terre est l'un des nombreux facteurs qui nuisent à la protection des orphelins et des enfants séparés.

Qualifiant la situation de «très complexe et difficile», il a déclaré que l'absence de documents constituait «un obstacle important» à la réalisation d'une vie normale pour ces enfants.

Barhameyeh a ajouté que s'il existe des organisations non gouvernementales qui offrent une protection contre la traite et d'autres menaces, «ces services ne sont pas pleinement intégrés ou ne collaborent pas avec les conseils municipaux locaux», et que «l'absence de mécanismes formels de protection de l'enfance» joue également un rôle.

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Avec des fonds limités alloués à la protection de l'enfance, des millions d'enfants restent non seulement vulnérables, mais aussi dans un état d’incertitude politico-bureaucratique (Photo, AFP).

L'absence de preuve d'identité légale «entrave gravement» la capacité des enfants à «exercer leurs droits», a-t-il clarifié, ajoutant que le problème de pièces d’identité devient de manière alarmante «multigénérationnel» car de plus en plus d'enfants sont nés de parents déplacés «qui eux-mêmes n'ont pas de documents appropriés».

«Un niveau de complexité supplémentaire est introduit par les différentes autorités qui délivrent leurs propres documents, ce qui conduit à une prolifération de documents», a avisé Barhameyeh.

Selon lui, les détenteurs de ces documents peuvent en tirer des avantages à court terme dans les zones contrôlées par les autorités qui les délivrent, mais ils pourraient causer de graves problèmes de sécurité à long terme, «notamment des arrestations et des détentions arbitraires par le gouvernement syrien, en particulier à l'extérieur du nord-ouest de la Syrie».

Les fonds alloués à la protection de l'enfance étant limités et les risques dépassant largement les ressources disponibles, des millions d'enfants restent non seulement vulnérables, mais aussi dans un état d’incertitude politico-bureaucratique.

Les ONG et les organisations caritatives actives dans la région s'accordent à dire que si les efforts pour protéger les enfants ne sont pas renforcés, le sort qui les attend est sinistre et incertain.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Syrie: deux explosions près de l'hôtel de Damas où Macron a passé la nuit

  • Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste
  • Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas

DAMAS: Une explosion a secoué mardi matin Damas, selon des journalistes de l'AFP, dans un secteur proche de l'hôtel du centre de la capitale syrienne où le président français Emmanuel Macron a passé la nuit.

Des témoins ont vu de la fumée s'élevant du quartier, alors que le dirigeant avait quitté l'hôtel Four Seasons et était arrivé au palais présidentiel pour un entretien avec son homologue Ahmad al-Chareh.

Des ambulances, sirènes hurlantes, se sont dirigées vers les lieux alors que les forces de sécurité ont bloqué plusieurs issues menant au secteur.

Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste.

Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas.

Lundi soir, Emmanuel Macron avait dîné avec le président syrien dans un restaurant du centre de Damas avant de se rendre avec lui à la célèbre mosquée des Omeyyades au cœur de la ville.


Israël: le Parlement adopte en première lecture la création d'une commission d'enquête sur le 7-Octobre défendue par Netanyahu

Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
  • "Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi
  • Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention

JERUSALEM: Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le vote a été boycotté par l'opposition qui estime que la commission proposée sera à la botte du gouvernement.

"Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi.

Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention.

Telle que définie par cette loi, les six membres de la commission seraient nommés par la Knesset, à la majorité des deux tiers. En l'absence d'un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l'opposition.

D'anciens otages, enlevés par le Hamas lors du 7-Octobre, ou des membres de familles endeuillées auraient un rôle d'observateurs, tandis que les délibérations de la commission seraient diffusées et accessibles au grand public.

Ariel Kallner, parlementaire à l'initiative de la loi, a défendu la composition bipartisane de la commission.

"Seule une commission formée de façon égalitaire nous permettra de découvrir la vérité et de préserver la confiance de l'opinion publique. Cette commission pourra enquêter sur n'importe quelle entité qui a profondément influencé la politique sécuritaire d'Israël", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la Knesset.

Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles.

En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.000 morts en deux ans, d'après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.

Des personnalités d'opposition ont fait savoir qu'elles boycotteraient toute commission nommée par des hommes politiques.

Dans ce cas, le pouvoir de désigner des membres échoirait en dernière instance au président du Parlement, ce qui reviendrait à confier le contrôle du processus à la coalition au pouvoir.

L'opposition appelle depuis longtemps de ses voeux l'établissement d'une commission d'enquête nationale indépendante, mécanisme fréquemment mis en place par le passé lors de fiascos majeurs.

Les sondages indiquent qu'une majorité d'Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutiennent un tel mécanisme pour conduire l'enquête.

Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, actuellement en désaccord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur plusieurs sujets.

"L'opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d'empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu'a connu le peuple juif depuis l'Holocauste", a expliqué le  chef de l'opposition Yaïr Lapid sur X.

La proposition de loi doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.

Mardi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour commémorer les 1.000 jours depuis l'attaque du 7-Octobre, exigeant la création d'une commission nationale d'enquête.

glp/cgc/vl

 


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).