Otages tués par erreur à Gaza: Des soldats avaient entendu des appels au secours 5 jours avant

Le corps d'Alon Shamriz, tué par erreur par les forces israéliennes à Gaza, est descendu dans la tombe lors des funérailles au kibboutz Shefayim, près de Tel Aviv (Photo, AFP).
Le corps d'Alon Shamriz, tué par erreur par les forces israéliennes à Gaza, est descendu dans la tombe lors des funérailles au kibboutz Shefayim, près de Tel Aviv (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 29 décembre 2023

Otages tués par erreur à Gaza: Des soldats avaient entendu des appels au secours 5 jours avant

  • Le 10 décembre, prenant d'assaut un bâtiment, des soldats ont entendu ces appels, «otages »et «au secours!» criés en hébreu
  • Cinq jours plus tard, des soldats israéliens leur ont tiré dessus, après les avoir «identifiés comme des menaces»

JERUSALEM: Des soldats israéliens se trouvaient dans le même bâtiment que trois otages abattus par erreur à Gaza et avaient entendu leurs appels au secours en hébreu cinq jours avant les faits, selon les conclusions d'une enquête de l'armée publiées jeudi.

Le 10 décembre, prenant d'assaut un bâtiment, des soldats ont entendu ces appels, "otages" et "au secours!" criés en hébreu. Mais ils ont cru à un stratagème de combattants du Hamas pour leur tendre un piège dans cet immeuble situé à Choujaiya, dans l'est de la ville de Gaza.

Pensant ce bâtiment piégé par des explosifs, les soldats en sont sortis. Cinq combattants du Hamas qui gardaient les otages ont ensuite été tués par des tirs d'hélicoptères israéliens en tentant de s'éloigner de l'immeuble, révèle l'enquête.

Les otages ont ensuite "probablement" fui le bâtiment, selon les investigations.

Cinq jours plus tard, des soldats israéliens leur ont tiré dessus, après les avoir "identifiés comme des menaces". Deux ont été tués sur le coup. Le troisième s'est enfui et d'après l'enquête, les soldats ont alors eu ordre de ne pas tirer afin de l'identifier.

Le commandant du bataillon, entendant des cris en hébreu, "au secours!" et "ils me tirent dessus!", a demandé à l'otage survivant d'avancer vers eux, répétant à ses troupes de ne pas tirer.

Mais deux soldats, "qui n'ont pas entendu l'ordre à cause du bruit d'un char à proximité", l'ont abattu.

Les trois otages étaient torse-nu et brandissaient un drapeau blanc.

La veille de l'incident, le 14 décembre, un drone de l'armée avait identifié des inscriptions sur un bâtiment à 200m de l'endroit où les trois otages ont été tués: "SOS" et "à l'aide, trois otages".

"L'armée a failli à sa mission de secourir les otages", a indiqué dans un communiqué le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Herzi Halevi. Les tirs sur les trois otages "auraient pu être évités", a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement, Benjamin Netanyahou, avait dit regretter "une insupportable tragédie", plongeant "tout l'Etat d'Israël dans le deuil".

Les victimes sont Yotam Haïm, un batteur de Heavy Metal de 28 ans, et Samer al-Talalqa, un Bédouin de 25 ans, tous deux enlevés au kibboutz Nir Am lors de l'attaque meurtrière du Hamas dans le sud d'Israël le 7 octobre.

Le troisième otage tué est Alon Lulu Shamriz, 26 ans, habitant du kibboutz Kfar Aza.

Quelque 250 personnes ont été prises en otage lors de l'attaque du Hamas. A ce jour, 129 sont toujours retenues à Gaza, d'après les autorités israéliennes.

Une otage israélo-américaine annoncée morte par son kibboutz

Le kibboutz de Nir Oz en lisière de Gaza a déclaré jeudi qu'une otage israélo-américaine était morte lors de son enlèvement le 7 octobre pendant l'attaque du Hamas, six jours après l'annonce du décès de son mari dans des circonstances similaires.

Judith Weinstein Haggai "a été blessée lors du massacre du 7 octobre, et il a maintenant été autorisé de publier qu'elle a été tuée ce samedi-là", ayant succombé à ses blessures, a indiqué le kibboutz dans un communiqué.

Agée de 70 ans, elle était présentée comme la femme la plus âgée retenue en otage dans la bande de Gaza.

Selon le kibboutz, elle était "mère de quatre enfants et grand-mère de sept petits-enfants" et exerçait comme "enseignante d'anglais pour enfants à besoins éducatifs particuliers ou ayant des problèmes d'attention et de concentration".

Le kibboutz de Nir Oz avait annoncé mercredi la mort de son mari Gadi Haggai, 73 ans, également otage à Gaza, dans les mêmes circonstances.

"Ce développement tragique fait très mal", a réagi le président américain Joe Biden dans un communiqué, réaffirmant que les Etats-Unis "n'arrêteront pas de se mobiliser pour ramener (les otages) chez eux" .


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".