Les attaques des Houthis en mer Rouge pourraient-elles se poursuivre après un cessez-le-feu à Gaza?

Le MV Merlin Luande est l'un des nombreux cargos qui ont été endommagés par les attaques des Houthis dans le golfe d'Aden et la mer Rouge (Photo, AFP).
Le MV Merlin Luande est l'un des nombreux cargos qui ont été endommagés par les attaques des Houthis dans le golfe d'Aden et la mer Rouge (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 27 février 2024

Les attaques des Houthis en mer Rouge pourraient-elles se poursuivre après un cessez-le-feu à Gaza?

  • La milice affirme qu'elle agit par solidarité avec les Palestiniens, mais elle semble en tirer d’autres avantages
  • Les experts en sécurité estiment que la réponse militaire actuelle de l'Occident pourrait faire le jeu des Houthis

LONDRES: La campagne d'attaques des combattants houthis du Yémen contre la navigation en mer Rouge et dans le golfe d'Aden se poursuit, malgré la reprise des frappes américaines et britanniques sur leurs positions, ce qui fait craindre pour la sécurité à long terme de ces voies navigables d'importance stratégique.

La persistance des attaques a braqué les projecteurs sur la milice soutenue par l'Iran, qui semble gagner en puissance en termes d'armement et de combattants, et en confiance dans sa capacité à perturber le commerce mondial.

S'exprimant la semaine dernière lors de la conférence de Munich sur la sécurité, Rachad al-Alimi, président du Conseil présidentiel du Yémen soutenu par les Nations unies, a déclaré que les Houthis avaient irrévocablement modifié les contours géopolitiques de la région.

La persistance des attaques a braqué les projecteurs sur la milice soutenue par l'Iran (Photo, AP).

«La mer Rouge restera une source de tension, prête à exploser à chaque tournant politique, tant que les Houthis contrôleront les régions côtières», a-t-il expliqué.

«Pour mettre fin à la piraterie des Houthis, nous devons nous attaquer à son origine et à sa source. Cela ne peut se faire qu'en rétablissant les institutions de l'État, en mettant fin au coup d'État et en exerçant une pression maximale sur l'Iran», a-t-il ajouté.

La milice houthie fait partie de «l'axe de la résistance», un réseau informel de milices mandataires soutenues par l'Iran dans toute la région, qui comprend le groupe militant palestinien Hamas, le Hezbollah au Liban et plusieurs groupes chiites en Irak.

Lorsque les Houthis ont commencé à attaquer la navigation commerciale en novembre, ils ont affirmé qu'ils ne visaient que les navires ayant des liens avec Israël, afin de faire pression sur le gouvernement israélien pour qu'il mette fin à son opération militaire contre le Hamas à Gaza.

Cependant, des drones, des missiles et des actes de piraterie des Houthis ont été lancés contre plusieurs navires n'ayant aucun lien avec Israël. Ces dernières semaines, des navires yéménites, et même des navires appartenant à l'Iran, allié des Houthis, ont été attaqués.

Selon un décompte de l'agence de presse Associated Press, les Houthis ont mené au moins 57 attaques contre des navires commerciaux et militaires en mer Rouge et dans le golfe d'Aden depuis le 19 novembre. Le commandement central américain a même identifié l'utilisation d'un drone sous-marin opéré par les Houthis.

En réponse à ces attaques, un grand nombre des plus grandes compagnies de fret du monde ont détourné leurs navires de la route du canal de Suez vers la Méditerranée, évitant ainsi la mer Rouge, et utilisent à la place des routes beaucoup plus longues et plus coûteuses passant par le cap de Bonne-Espérance.

Les Houthis ont mené au moins 57 attaques contre des navires commerciaux et militaires en mer Rouge et dans le golfe d'Aden depuis le 19 novembre (Photo, AFP).

Simon Evenett, fondateur de l'organisation à but non lucratif St. Gallen Endowment for Prosperity Through Trade, a déclaré que si les coûts d'expédition ont augmenté, ils sont encore «bien en dessous» des sommets atteints lors de la pandémie. Il a également noté que certaines compagnies de fret avaient tout simplement continué à traverser les voies navigables de la mer Rouge malgré le risque d'attaque.

«L'indice de la pression de la chaîne d'approvisionnement mondiale de la Fed de New York n'a pratiquement pas bougé», a déclaré M. Evenett à Arab News. «Aussi important soit-il, seulement 11% du commerce mondial passe par la mer Rouge. Ce n'est pas suffisant pour perturber l'économie mondiale.»

«Ce qui est plus difficile à évaluer, c'est de savoir si de nouveaux bouleversements dans les routes commerciales ne vont pas encore ébranler la confiance des décideurs politiques et des entreprises dans l'approvisionnement à longue distance. On peut s’attendre à un nouvel élan vers l’approvisionnement national et régional.»

Afin d'éviter toute perturbation du commerce, de protéger les marins et de faire respecter le droit à la liberté de navigation, la mission de patrouille dirigée par les États-Unis, l'opération Prosperity Guardian, a été mise en place en décembre. Face à la persistance des attaques des Houthis, les États-Unis et le Royaume-Uni ont lancé des frappes contre des cibles des milices au Yémen.

Dans un communiqué commun publié le 24 février, les États-Unis et le Royaume-Uni ont déclaré que leurs forces militaires avaient frappé 18 sites houthis répartis sur huit zones au Yémen, notamment des installations souterraines de stockage d'armes et de missiles, des systèmes de défense aérienne, des radars et un hélicoptère.

La milice houthie fait partie de «l'axe de la résistance», un réseau informel de milices mandataires soutenues par l'Iran dans toute la région (Photo, AFP).

Il s'agissait de la quatrième opération menée conjointement par les États-Unis et le Royaume-Uni contre les Houthis depuis le 12 janvier. Les États-Unis ont également mené des opérations quasi quotidiennes contre des cibles houthies, notamment des missiles entrants, des roquettes et des drones ciblant des navires.

Ces frappes occidentales n'ont toutefois pas permis d'endiguer la vague d'attaques. Le 19 février, les Houthis ont lancé l'un de leurs assauts les plus meurtriers à ce jour contre le Rubymar, navire battant pavillon bélizien et transportant des marchandises des Émirats arabes unis vers la Bulgarie, obligeant son équipage à abandonner le navire.

En effet, loin de freiner les activités des Houthis, leur popularité au Yémen semble s'être accrue depuis le début des attaques maritimes, des milliers de recrues ayant rejoint leurs rangs.

Si l'intention était de forcer les Houthis à se retirer rapidement, la réponse militaire occidentale a jusqu'à présent porté peu de fruits. Les Houthis semblent vouloir passer à la vitesse supérieure, leur chef Abdel Malik al-Houthi ayant déclaré: «Nous attaquerons aussi avec des armes sous-marines.»

Cependant, dans un message posté récemment sur le réseau X, la milice a déclaré: «Ce que le monde attend avec impatience, ce n'est pas la militarisation de la mer Rouge, mais plutôt une déclaration urgente et complète de cessez-le-feu à Gaza, pour des raisons humanitaires qui sont claires pour tout le monde.»

«Il n'y a pas de danger pour la navigation internationale ou européenne tant qu'il n'y a pas d'opérations agressives, et il n'est donc pas nécessaire de militariser la mer Rouge», a-t-il ajouté.

Dans un communiqué commun publié le 24 février, les États-Unis et le Royaume-Uni ont déclaré que leurs forces militaires avaient frappé 18 sites houthis répartis sur huit sites au Yémen (Photo, Getty Images/AFP).

Tout le monde n'est pas convaincu que l'instauration d'un cessez-le-feu à Gaza mettra fin aux attaques des Houthis contre les navires. À l'instar de M. Al-Alimi, ceux qui alimentent de telles inquiétudes souhaitent que la communauté internationale prenne plus au sérieux le scénario le plus pessimiste et prenne des mesures préventives maintenant.

Raiman al-Hamdani, chercheur à l'organisation d'entreprise sociale Ark, reconnaît que les attaques se poursuivront probablement après la guerre, mais sous la forme d'actes de piraterie visant à «monétiser leur présence» dans les mers au large des côtes du Yémen.

«Cela pourrait se traduire par des attaques de navires commerciaux à l'avenir, mais pas dans la même mesure qu'aujourd'hui», a signalé M. Al-Hamdani à Arab News, prévenant que les Houthis pourraient commencer à exiger des péages des navires passant par le détroit de Bab el-Mandeb pour éviter les attaques.

Farea al-Muslimi, chercheur à Chatham House, pense également que les Houthis ont saisi l'occasion de tirer des revenus des navires de passage.

«Ils essaieront bien sûr de conclure des accords et certains pays cherchent déjà à obtenir des dérogations», a indiqué M. Al-Muslimi à Arab News.

«Mais il y a plusieurs problèmes, dont l'un est que s'ils aggravaient la crise en mer Rouge, personne ne serait en sécurité», a-t-il ajouté.

«Comme vous pouvez le constater, ils ont déjà attaqué des navires liés au Yémen et des navires appartenant à leur propre allié, l'Iran, de sorte que toute escalade ne se fera pas sans heurts», a-t-il noté.

Certains pays, notamment des États de la région, ont appelé à une réaction plus mesurée aux attentats, plutôt qu'à une action militaire susceptible d'attiser les tensions dans la région.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a récemment exprimé sa «profonde inquiétude face à l'escalade des opérations militaires en mer Rouge et aux frappes aériennes qui ont visé un certain nombre de sites au Yémen». Il a appelé à un «effort international et régional uni pour réduire les tensions et l'instabilité dans la région, en particulier la sécurité de la navigation».

Le Commandement central américain a identifié l'utilisation d'un drone sous-marin opéré par les Houthis (Photo, AFP).

Le ministère a précisé: «Les développements dangereux et l'escalade en cours sont une indication claire de ce contre quoi nous avons mis en garde à plusieurs reprises concernant les dangers de l'extension du conflit dans la région à cause des attaques israéliennes continues dans la bande de Gaza.»

Des experts en sécurité ont également déclaré que la réponse militaire pourrait s'avérer contre-productive, craignant qu'elle ne fasse le jeu des Houthis, qui ont cherché à se présenter comme les défenseurs de Gaza qui s'opposent à Israël et à ses alliés occidentaux.

M. Al-Hamdani estime que les attaques contre les navires ont plusieurs objectifs pour les Houthis: contribuer à recruter de nouveaux adeptes, détourner l'attention des problèmes intérieurs, renforcer le soutien de la population et consolider la position de négociation de la milice dans le cadre du processus de paix en cours au Yémen.

M. Al-Muslimi pense que les Houthis ont «déjà tiré parti de cette situation autant qu'ils le pouvaient sur le plan politique», indiquant que les attaques cesseront probablement lorsque la guerre à Gaza prendra fin.

Toutefois, il a révélé que le calcul régional avait changé en raison de l'attaque des Houthis et du contexte plus large de la région depuis les attaques du Hamas dans le sud d'Israël le 7 octobre, qui ont déclenché le conflit à Gaza, augmentant ainsi les risques que le Moyen-Orient soit plongé dans une guerre plus vaste.

La persistance des attaques a braqué les projecteurs sur la milice soutenue par l'Iran (Photo, AP).

«Rien ne sera plus pareil au Moyen-Orient après le 7 octobre, notamment la façon dont le monde perçoit le Yémen et la mer Rouge», a souligné M. Al-Muslimi.

«Cela vaut pour tout et partout. C'est dire l'influence qu'il a eu. C'est dire à quel point cela a débordé.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Guterres effectue une visite en Syrie, la première d'un chef de l'ONU depuis 2009

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
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  • Antonio Guterres est arrivé en Syrie pour réaffirmer le soutien de l’ONU à la transition politique et rencontrer les autorités syriennes ainsi que des représentants de la société civile
  • Cette visite intervient à un moment clé, alors que la Syrie doit relever les défis de la reconstruction, de la gouvernance inclusive et des tensions sécuritaires persistantes

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé samedi en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre.

Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana.

"L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Le diplomate réaffirmera que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement", a-t-il ajouté.

Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

- "Période clé" -

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.

L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie".

Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.

Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk.

Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
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  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.