L’ONU qualifie d’«abomination morale» l'idée de fermer la dernière ligne d'aide à la Syrie

Des réfugiés syriens traversent un passage frontalier vers la Turquie (Photo, AFP).
Des réfugiés syriens traversent un passage frontalier vers la Turquie (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 27 mai 2022

L’ONU qualifie d’«abomination morale» l'idée de fermer la dernière ligne d'aide à la Syrie

  • L'accord transfrontalier expire le 10 juillet et les membres du Conseil de sécurité s'opposent déjà à sa prorogation
  • Le nombre de Syriens confrontés à la faim a presque doublé depuis 2019, alors que la guerre en Ukraine fait grimper les prix et affecte les réserves de blé et de carburant

NEW YORK: L'autorisation exceptionnelle accordée par le Conseil de sécurité des Nations unies pour l'acheminement de l'aide humanitaire par le dernier point de passage frontalier dans le nord-ouest de la Syrie doit expirer le 10 juillet. Pour la Commission d'enquête de l’ONU sur la Syrie, il s’agirait d’un «échec de premier ordre» si le Conseil ne prolongeait pas cette opération de sauvetage.

«Alors que le pays est confronté à sa pire crise économique et humanitaire depuis le début du conflit, la communauté internationale doit préserver l'aide transfrontalière existante, qui permet de sauver des vies, et augmenter ses engagements en matière de financement pour soutenir cette aide», a indiqué une déclaration de la Commission, qui s'alarme également de ce qu'elle appelle une «trajectoire de réduction constante de l'acheminement de l'aide humanitaire transfrontalière».

Lorsque les livraisons d'aide internationale à la Syrie ont commencé en 2014, le Conseil de sécurité a approuvé quatre passages frontaliers. En janvier 2020, la Russie, membre permanent, a utilisé son droit de veto afin de forcer la fermeture de tous les postes sauf un, Bab-al-Hawa.

Moscou affirme que les opérations d'aide internationale violent la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie.

Les discussions du Conseil de sécurité sur cette question s'avèrent souvent difficiles, la Russie et la Chine insistant constamment pour que toute livraison d'aide humanitaire nécessite le consentement des autorités syriennes.

Les points de vue opposés entre les membres du Conseil la semaine dernière sur la nécessité de prolonger le mécanisme transfrontalier ont suscité l'inquiétude des agences humanitaires, car le passage a jusqu'à présent garanti l'accès à l'aide désespérément cruciale pour des millions de Syriens depuis 2014.

«C'est une abomination morale qu'une résolution du Conseil de sécurité ait été jugée nécessaire pour faciliter l'aide transfrontalière alors que le gouvernement syrien et d'autres parties ont constamment violé leurs obligations en vertu du droit international afin de permettre et de faciliter l'aide humanitaire aux civils dans le besoin», a prévenu Paulo Pinheiro, président de la Commission des Nations unies pour la Syrie.

Le vote de renouvellement du 10 juillet intervient alors que les besoins humanitaires dans toute la Syrie sont à leur plus haut niveau, depuis le début de la guerre il y a onze ans.

L'ONU estime que 14,6 millions de Syriens ont désormais besoin d'aide. Dans l'ensemble de ce pays ravagé par la guerre, 12 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation vertigineuse de 51% depuis 2019, dans un contexte de conflit en Ukraine qui a fait monter en flèche les prix des denrées alimentaires et menacé l'approvisionnement en blé et autres produits de base.

Dans le nord-ouest de la Syrie, sous le contrôle de l'opposition, les conditions se détériorent à cause de la poursuite des hostilités et de l'aggravation de la crise économique. Environ 4,1 millions de personnes, principalement des femmes et des enfants, dépendent de l'aide afin de satisfaire leurs besoins essentiels.

Les opérations transfrontalières autorisées par le Conseil de sécurité permettent à l'aide d'atteindre environ 2,4 millions de personnes chaque mois.

La Commission a indiqué dans son dernier rapport que cette ligne de vie est vitale pour la population du nord-ouest de la Syrie, ajoutant que si une partie de l'aide est acheminée à travers la ligne depuis la Syrie, ces livraisons contiennent des quantités beaucoup plus faibles et insuffisantes et sont exposées à des attaques le long d'un itinéraire dangereux, qui traverse des lignes de front actives.

Au cours de ses onze années d'enquête sur le conflit, la Commission a établi que le gouvernement et les groupes armés ont à plusieurs reprises utilisé l'aide humanitaire comme monnaie d'échange politique, la refusant souvent délibérément à certaines populations, notamment celles qui sont assiégées.

La Commission affirme également que sur l’ensemble du territoire syrien, le personnel des organisations humanitaires court constamment le risque d'être harcelé, arrêté arbitrairement et détenu.

Pour la commissaire Hanny Megally, «les parties au conflit ont systématiquement manqué à leur obligation de permettre et de faciliter le passage rapide et sans entrave de l'aide humanitaire destinée aux civils dans le besoin à travers la Syrie. Il est inadmissible que la discussion semble se concentrer sur la question de savoir s'il faut fermer le seul point de passage frontalier encore autorisé pour l'aide, plutôt que sur la manière d'élargir l'accès à l'aide vitale à travers le pays et par toutes les voies appropriées.»

Au début du mois, les organisations d'aide humanitaire ont tiré la sonnette d'alarme lors de la conférence de Bruxelles VI sur la Syrie, organisée par l'UE.

«Les fonds destinés à l'aide humanitaire ne sont tout simplement pas suffisants pour répondre aux besoins et protéger les Syriens en ce moment», a affirmé Pinheiro.

«La communauté internationale ne peut pas maintenant abandonner le peuple syrien. Ils ont enduré onze ans d'un conflit dévastateur qui leur a infligé des souffrances indicibles. Ils n'ont jamais été aussi appauvris et ont besoin de notre aide.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.