Syrie: Erdogan prêt à envoyer ses troupes, les Kurdes préparent leur riposte

Sur cette photo d'archive prise le 21 janvier 2018, des troupes de l'armée turque se rassemblent près de la frontière syrienne à Hassa, dans la province de Hatay. (AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 21 janvier 2018, des troupes de l'armée turque se rassemblent près de la frontière syrienne à Hassa, dans la province de Hatay. (AFP)
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Publié le Jeudi 24 novembre 2022

Syrie: Erdogan prêt à envoyer ses troupes, les Kurdes préparent leur riposte

  • Ankara a lancé dimanche l'opération Griffe Epée, multipliant les raids aériens et les tirs d'artillerie contre des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et des Unités de protection du peuple (YPG)
  • Le gouvernement turc accuse ces deux mouvements - qui ont démenti - d'avoir commandité l'attentat qui a fait six morts et 81 blessés le 13 novembre à Istanbul

ISTANBUL: La Turquie a continué mercredi de viser des positions de combattants kurdes dans le nord de la Syrie se disant "plus déterminée que jamais" à protéger sa frontière méridionale.

"Notre détermination à protéger toutes nos frontières sud (...) par une zone de sécurité est plus forte aujourd'hui que jamais", a de nouveau prévenu mercredi le président Recep Tayyip Erdogan qui a réitéré son intention d'ordonner, "quand le moment semblera opportun", une offensive terrestre.

L'artillerie turque a notamment touché mercredi, selon des sources syriennes indépendantes et kurdes sur place, les forces kurdes chargées de garder le camp d'Al-Hol qui abrite 50.000 proches de jihadistes du groupe Etat islamique et la prison où sont détenus des membres de l'EI.

La Turquie a lancé dimanche l'opération Griffe Epée, multipliant les raids aériens et les tirs d'artillerie contre des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et des Unités de protection du peuple (YPG).

Le gouvernement turc accuse ces deux mouvements - qui ont démenti - d'avoir commandité l'attentat qui a fait six morts et 81 blessés le 13 novembre à Istanbul.

"La Turquie a les moyens d'aller chercher et de punir les terroristes impliqués dans des attaques contre (elle) à l'intérieur et à l'extérieur de ses frontières", a affirmé M. Erdogan devant le groupe de son parti AKP à l'Assemblée.

D'ici là, a-t-il mis en garde, "nous allons poursuivre nos opérations aériennes sans interruption et nous entrerons sur le terrain des terroristes au moment qui nous semblera opportun".

Pourquoi les Kurdes craignent un rapprochement entre Damas et Ankara

Menacés par une offensive terrestre des forces turques contre leurs régions autonomes, les Kurdes de Syrie redoutent en outre de faire les frais du rapprochement qui se dessine entre Ankara et le régime de Damas.

Les relations sont rompues depuis le début de la guerre en Syrie entre le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui soutient les groupes rebelles opposés à Damas, et son homologue syrien, Bachar al-Assad.

Mais M. Erdogan, dont l'armée mène depuis dimanche des raids aériens contre les zones kurdes en Syrie et menace de déclencher une offensive terrestre, a jugé "possible" mercredi une rencontre avec le chef de l'Etat syrien.

Quelles relations entre la Syrie et la Turquie?

Avant le début du conflit en Syrie en 2011, Ankara était un partenaire politique et économique privilégié de Damas et une relation d'amitié liait les président des deux pays.

Mais au début du soulèvement populaire en Syrie, la Turquie a conseillé à son allié d'engager des réformes politiques, avant de l'appeler à "démissionner pour empêcher l'effusion de sang".

En mars 2012, la Turquie a fermé son ambassade à Damas et le président Erdogan a commencé à taxer Bachar al-Assad de "meurtrier" et de "terroriste".

Ankara a alors accueilli les groupes de l'opposition politique syrienne, avant de commencer à soutenir les rebelles armés.

La Turquie a lancé depuis 2016 trois offensives sur le sol syrien contre les forces kurdes, qui lui ont permis de contrôler une bande frontalière. Elle ne s'est heurtée aux forces du régime que lors de sa dernière opération en février 2020, qui visait à arrêter l'avancée de l'armée de Damas dans la province d'Idleb. La Russie était alors intervenue pour calmer le jeu.

Quels liens entre Damas et les Kurdes syriens?

Depuis le début du conflit en Syrie, les Kurdes ont évité toute confrontation avec le régime de Damas, à l'exception d'escarmouches limitées, et ont maintenu leurs relations avec le pouvoir central.

Les combattants kurdes, qui contrôlent de vastes pans de territoires dans le nord et le nord-est de la Syrie et sont appuyés par Washington, ont institué une administration autonome dans les zones qu'ils contrôlent. Damas refuse cette administration autonome, taxant les Kurdes syriens de "séparatisme".

Plusieurs sessions de pourparlers entre les deux parties n'ont pas abouti, mais les deux camps sont néanmoins parvenus à un accord, via une médiation russe, en vertu duquel l'armée de Damas a déployé des forces limitées dans certaines zones kurdes pour freiner l'avancée turque.

Des signes de rapprochement syro-turc?

Ankara a infléchi sa position à l'égard de Damas ces derniers mois. En août, le chef de la diplomatie turque a appelé une réconciliation entre le régime syrien et l'opposition. Et mercredi, M. Erdogan a jugé "possible" une entrevue avec le dirigeant syrien, estimant qu'il "n'y avait pas de place pour le ressentiment en politique".

Selon plusieurs analystes, la Russie joue un rôle essentiel dans le processus de rapprochement entre les deux pays voisins qui ont un ennemi commun: les combattants kurdes.

Le chroniqueur proche du gouvernement turc Abdulkadir Selvi a écrit mercredi dans le quotidien Hurriyet que la rencontre Erdogan-Assad pourrait avoir lieu avant les élections turques de juin 2023, et que le président russe Vladimir Poutine en serait l'hôte.

Depuis le lancement dimanche des raids turcs, qui ont fait une vingtaine de tués dans les rangs de l'armée syrienne, Damas s'est contenté d'une faible protestation. Le vice-ministre des Affaires Etrangères, Ayman Soussan, a dénoncé mercredi "les prétextes invoqués par l'occupation turque pour justifier sa politique en Syrie".

"La position de Damas est plus faible que lors des offensives turques précédentes", a déclaré mardi à l'AFP le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde), Mazloum Abdi, affirmant avoir des informations sur "des contacts entre les deux parties".

Quelles conséquences pour les Kurdes syriens?

Pour M. Abdi, Ankara veut "éradiquer l'expérience" de l'administration autonome kurde par le biais de son offensive militaire ou d'un "accord" avec Damas.

Pour les forces kurdes syriennes, "une réconciliation sérieuse entre Ankara et Damas serait un désastre", estime l'analyste Aron Lund, membre du groupe de réflexion Century International.

"Elle les priverait de leur principale protection contre Ankara, qui est Damas, soutenu par la Russie, et permettrait à MM. Erdogan et Assad d'agir de concert pour résoudre leurs +problèmes+ kurdes".

Kobané en ligne de mire

Le chef de l'Etat a précisé ses objectifs prioritaires, citant les localités syriennes de Tal Rifaat, Manbij et Ayn al-Arab (Kobané en kurde), en vue d'établir une zone de sécurité large de trente km au sud de sa frontière.

La ville emblématique de Kobané, bastion kurde des YPG repris en 2015 aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI) avec le soutien occidental, a été visée par l'artillerie turque.

Mercredi, les chefs d'état-major turc et américain se sont entretenus au sujet des "développements en cours", selon l'armée turque qui n'a pas donné d'autre détail.

Dans un courriel adressé à l'AFP, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a affirmé qu'une frappe turque mardi contre une base conjointe des forces kurdes et de la coalition internationale antijihadiste dans le nord-est de la Syrie a mis les forces américaines "en danger".

Le Centcom avait indiqué le contraire mardi.

Après les Etats-Unis et la Russie qui ont appelé la Turquie à faire preuve de "retenue", la France a dit mercredi "suivre avec inquiétude l'escadalade en cours", estimant dans un communiqué qu'une offensive terrestre "menacerait la stabilité de la région et la sécurité de ses habitants".

"Les raids aériens devraient se poursuivre un moment", avant toute opération terrestre, a indiqué à l'AFP un haut responsable turc.

"Nos unités militaires sont en alerte", a ajouté cette source, sous couvert d'anonymat, rappelant que des troupes turques sont présentes dans le Nord syrien "depuis trois ans".

Des responsables kurdes et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) ont fait état de frappes de drones mercredi sur de nombreux points de la province de Hassaké (nord-est de la Syrie), dont une raffinerie de gaz et une station de pompage de pétrole.

Une zone abritant une présence russe a été visée par une attaque de drone qui a blessé un soldat russe et tué un combattant kurde, a indiqué à l'AFP un responsable des forces kurdes.

Après cinq frappes contre les gardes kurdes du camp d'Al-Hol, le porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les combattants kurdes) Farhad Chami a prévenu que "certaines familles de l'EI pourraient en profiter pour fuir le camp" en profitant du chaos.

Plus de 10.000 étrangers originaires d'une soixantaine de pays, dont des Français et d'autres Européens, figurent parmi les résidents de ce camp.

Les environs de la prison de Jerkin à Qamichli, où sont détenus des jihadistes de l'EI ont été également touchés.

Frappes punitives

Selon le ministre turc de la Défense Hulusi Akar, qui assure que "la seule cible des forces armées turques sont les terroristes", les frappes "punitives" conduites par l'aviation et l'artillerie ont visé près de 500 cibles depuis dimanche.

Ankara menace depuis mai de s'en prendre aux positions du PKK et des YPG et a réaffirmé avec insistance depuis lundi son intention de poursuivre ses opérations par voie terrestre.

Par ailleurs, Recep Tayyip Erdogan a réitéré mercredi ses accusations à l'encontre des pays qui leur ont apporté leur soutien, visant implicitement les Etats-Unis.

"Ces puissances qui nous ont garanti qu'il n'y aurait aucune menace provenant de ces régions sous leur contrôle n'ont pas su tenir parole", a-t-il dénoncé. "Par conséquent, nous avons le droit de gérer nous-mêmes nos affaires" en Syrie.

Le porte-parole des YPG Nouri Mahmoud a en revanche déploré les "déclarations timides des pays garants et de la coalition internationale" qui les ont soutenus.

Dans un communiqué commun publié mercredi après une réunion tripartite du processus d'Astana sur la Syrie, réunissant la Russie, la Turquie et l'Iran, les parties "ont souligné leur ferme soutien à l'intégrité territoriale de la Syrie".


Guterres effectue une visite en Syrie, la première d'un chef de l'ONU depuis 2009

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
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  • Antonio Guterres est arrivé en Syrie pour réaffirmer le soutien de l’ONU à la transition politique et rencontrer les autorités syriennes ainsi que des représentants de la société civile
  • Cette visite intervient à un moment clé, alors que la Syrie doit relever les défis de la reconstruction, de la gouvernance inclusive et des tensions sécuritaires persistantes

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé samedi en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre.

Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana.

"L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Le diplomate réaffirmera que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement", a-t-il ajouté.

Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

- "Période clé" -

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.

L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie".

Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.

Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk.

Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
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  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.