Israël-Hezbollah: Ravagé par la crise, le Liban se prépare au pire tandis que les combats s’intensifient

Le Liban est particulièrement vulnérable à une escalade potentielle de la guerre entre Israël et le Hamas (Photo, AFP).
Le Liban est particulièrement vulnérable à une escalade potentielle de la guerre entre Israël et le Hamas (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 25 octobre 2023

Israël-Hezbollah: Ravagé par la crise, le Liban se prépare au pire tandis que les combats s’intensifient

  • Le Hezbollah est pressé de déclarer la guerre si Israël lance une invasion terrestre de Gaza
  • De nombreux Libanais craignent de devoir se débrouiller seuls en cas de véritable guerre

DUBAI: La guerre d'Israël contre le Hamas à Gaza risque de s'étendre à l'ensemble de la région arabe, les milices sympathisantes du groupe palestinien organisant leurs propres attaques contre des cibles israéliennes et américaines. Le Liban est un pays particulièrement vulnérable à cette escalade potentielle.

Le Hezbollah, milice chiite issue de la guerre civile libanaise de 1975 à 1990 et qui continue de contrôler un formidable arsenal et une part de l'économie nationale, subit d'énormes pressions pour déclarer la guerre si Israël lance une invasion terrestre de la bande de Gaza.

À court d'argent, le gouvernement de Beyrouth et les communautés situées le long de la frontière avec Israël ne sont pas en mesure de mettre en place une défense durable en cas de guerre totale, à cause d'une crise financière paralysante et d'années de paralysie politique.

Néanmoins, les agences gouvernementales, les hôpitaux, les écoles et les hôtels ont commencé à se préparer aux évacuations, aux zones de sécurité et au traitement des blessés si des combats sérieux devaient éclater, dans un conflit qui risque d’être bien plus destructeur que la guerre de 2006.

Le Hezbollah subit d'énormes pressions pour déclarer la guerre si Israël lance une invasion terrestre de la bande de Gaza (Photo, AFP).

«Mon mari travaille dans le Golfe et fait de son mieux, mais je ne pourrai pas rester à l'hôtel plus de quelques semaines. Et puis, où vais-je aller?» a révélé Layal, une mère de deux enfants qui a fui la zone frontalière pour se réfugier à Beyrouth, à Arab News.

«Mes enfants ont 11 et 9 ans. Ils ne comprennent pas la gravité de ce qui se passe et, heureusement, ils n'ont pas goûté à l'amertume de 2006. Ils croient que nous sommes en vacances. Je dois encore leur expliquer ce qui se passe réellement», a-t-elle ajouté.

Les civils du Liban-Sud ne se souviennent que trop bien de la guerre de juillet 2006 entre le Hezbollah et Israël, qui a coûté la vie à plus de 1 200 Libanais, pour la plupart des civils, et en a blessé plus de 4 400. En Israël, 160 personnes ont été tuées, principalement des soldats. Ce conflit de trente jours a entraîné le déplacement d'environ un million de civils libanais.

Craignant une répétition du carnage, des communautés entières ont déjà quitté leurs maisons.

«Il est facile de constater que les quartiers sont devenus des villes fantômes. On le voit à l'absence de linge suspendu aux balcons. Il n'y a plus que quelques maisons», a déclaré Safi, un travailleur des médias libanais, à Arab News.

«Ceux qui sont restés sont des hommes qui ont mis leurs femmes et leurs enfants à l'abri. Les gens ont peur. Les gens reconnaissent que l'ampleur des destructions ne sera pas la même qu'en 2006, mais qu'elle sera bien pire», a-t-il prévenu.

«Même ceux qui soutiennent le Hezbollah sont conscients que les destructions seront bien plus importantes qu'en 2006», a-t-il signalé.

Safi a indiqué qu’il avait été chanceux. Il a échappé à la mort, son immeuble à Naqoura ayant été bombardé peu après son déplacement vers Beyrouth. «J'ai eu de la chance, et maintenant les habitants du village voisin de Talloussa ont commencé à fuir eux aussi.»

Mais tout le monde n'a pas encore fui. Les petits magasins restent ouverts et les cultivateurs d'olives de Dhayra ont également décidé de rester. «Vous pouvez entendre les affrontements en cours, mais allez à Tyr ou à Nabatieh et c'est une toute autre ambiance qui y règne. La normalité et la circulation prévalent généralement», a expliqué Safi.

Les tensions restent vives le long de la frontière israélo-libanaise, les accrochages entre le Hezbollah et les forces israéliennes faisant craindre une nouvelle escalade. Des tirs d'artillerie lourde ont récemment visé la zone contestée des fermes de Chebaa, à côté de Bint Jbeil et Rab al-Thalathine.

Quelque 41 personnes ont été tuées du côté libanais, selon un décompte de l'agence de presse AFP, principalement des combattants mais aussi quatre civils, dont le journaliste de Reuters Issam Abdallah. Quatre personnes ont été tuées en Israël, dont trois soldats et un civil.

Le conflit de trente jours entre Israël et le Hezbollah en 2006 a déplacé environ 1 million de civils libanais (Photo, AFP).

Plus de 4 000 civils libanais ont déjà fui leurs maisons pour se réfugier dans des régions voisines comme Tyr ou dans la capitale, Beyrouth. Pendant ce temps, Israël a continué d'étendre son propre plan d'évacuation, déplaçant les communautés vers des logements temporaires financés par l'État, loin de la frontière.

Dans un communiqué, Andrea Tenenti, porte-parole de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui administre la Ligne bleue séparant les deux pays, a déclaré que les forces de maintien de la paix «restent pleinement engagées dans leur mission, qui consiste à rétablir la stabilité dans le sud du Liban, et font tout leur possible pour empêcher l'escalade des hostilités».

Toutefois, les factions belligérantes ont continué à échanger des coups de feu avec une intensité croissante depuis le début du conflit le 7 octobre, lorsque le Hamas a lancé son attaque transfrontalière sans précédent contre Israël, provoquant le bombardement de la bande de Gaza et une attaque terrestre largement attendue.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, n'a pas encore abordé l'escalade publiquement, mais son second, Naim Qassem, a déclaré que le groupe était «tout à fait prêt» et qu'il ne se laisserait pas intimider par Washington pour se tenir à l'écart du conflit.

Hassan Fadlallah, un législateur du Hezbollah, a également publié un communiqué indiquant que la milice suivait de près l'évolution de la situation et dirigeait les soldats.

Le Hezbollah et le groupe musulman sunnite Hamas, ont tous deux des liens avec la Force Al-Qods, la branche des opérations extérieures du puissant Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran. Ils font également tous deux partie de ce que l'on appelle «l'axe de la résistance», composé de groupes armés libanais, palestiniens, syriens, irakiens, yéménites et autres, soutenus par l'Iran, qui s'opposent à Israël.

Quelque 90% de la population libanaise vit aujourd'hui en dessous du seuil de pauvreté (Photo, AFP).

Téhéran apporte au Hezbollah un soutien financier et militaire, tandis que la Syrie voisine, où le groupe se bat aux côtés du président, Bachar el-Assad, dans la guerre civile qui sévit dans son pays, facilite le transfert d'armes, notamment de missiles guidés.

Si le Hezbollah choisit d'entrer dans le conflit aux côtés du Hamas, ouvrant ainsi un nouveau front contre Israël à partir du Liban-Sud, les résultats pourraient être dévastateurs pour les deux parties.

Bien que la crise humanitaire à Gaza ait provoqué un fort soutien aux Palestiniens et une hostilité envers Israël dans la rue arabe, l'opinion publique libanaise est divisée sur la question de savoir si le Hezbollah doit s'impliquer directement dans la guerre.

EN CHIFFRES

- 100 000 combattants à la disposition du Hezbollah en octobre 2021, selon le chef du groupe Hassan Nasrallah.

- 700 millions de dollars (1 dollar américain = 0,94 euro) = Budget militaire du Hezbollah en 2018, selon le Wilson Center et les estimations officielles américaines.

Depuis la fin de 2019, le Liban est en proie à une crise économique dévastatrice, tandis que la discorde politique a privé le pays d'un gouvernement stable et opérationnel. Quelque 90% de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté.

Bien que fermement opposé à Israël, Walid Jumblatt, l'ancien chef du Parti socialiste progressiste, a signalé que le Liban pourrait ne pas être en mesure d'échapper à la possibilité d'un «cercle de guerre qui s'élargit».

C'est pourquoi les villages druzes dans les montagnes «seront ouverts à tous, chiites, sunnites ou chrétiens», a signalé Jumblatt, dont le parti fait «les efforts logistiques nécessaires pour accueillir les personnes déplacées des zones qui pourraient être visées en cas d'attaque israélienne».

Hassan Dbouk, le maire de Tyr, a indiqué que les abris étaient déjà pleins et que la municipalité cherchait maintenant à ouvrir d'autres centres pour accueillir les familles déplacées.

Si le Hezbollah choisit d'entrer dans le conflit aux côtés du Hamas, les résultats pourraient être dévastateurs pour les deux parties (Photo, AFP).

Mortada Mohanad, directeur de l'unité de gestion des catastrophes, a déclaré que trois écoles publiques ont été transformées en abris de fortune pour accueillir environ 1 000 personnes. Les agences humanitaires, quant à elles, se concentrent sur la distribution de nourriture et d'autres produits de première nécessité.

Cependant, au milieu de ces préparatifs frénétiques, il y a aussi ceux qui semblent profiter du déplacement.

Ali Tabaja, chef de l'union libanaise des syndicats du tourisme, a déclaré que les hôtels et les propriétaires ont profité de la crise pour augmenter leurs prix, «simplement parce que certains de nos concitoyens subissent l'agression israélienne dans les régions frontalières du sud et cherchent des endroits plus sûrs».

Tabaja a exhorté Walid Nassar, le ministre du Tourisme, et le syndicat hôtelier à «émettre des directives interdisant aux gens d'augmenter les prix et de profiter de la situation des personnes déplacées».

Najib Mikati, Premier ministre intérimaire du Liban, a déclaré que le Liban ne voulait pas entrer en guerre, mais qu'il «ne pouvait obtenir d'aucune partie des assurances sur l'évolution de la situation», celle-ci étant en constante évolution.

Le gouvernement libanais a mis en place un plan d'urgence en cas de guerre ouverte, estimant que près de 1,5 million de civils seraient déplacés.

Le plan classe les régions du pays en zones codées par couleur. Les villes du sud et celles situées le long de la frontière israélienne, notamment Al-Hermel, Baalbek et Baabda, sont considérées comme des zones rouges, c'est-à-dire les plus susceptibles d'être prises pour cible par Israël.

Des régions telles que Tyr, Sidon, Beyrouth, Zahle et la Bekaa occidentale, considérées comme des zones jaunes, ont été sélectionnées pour fournir des abris, du soutien et de l'aide. Les zones vertes, dont Chouf, Aley, Metn et la Bekaa, ont été sélectionnées pour accueillir les familles déplacées.

Dans le cadre de ce plan, quelque 75 écoles du pays seront transformées en abris de fortune et 20% des bénéfices du port de Beyrouth seront affectés à la reconstruction et à l'infrastructure en cas d'attaques.

Les agences gouvernementales, les hôpitaux et les écoles du Liban ont commencé à se préparer aux évacuations (Photo, AFP).

Le ministère de la Santé a réservé des fonds pour assurer l'aide et les services humanitaires. Des réunions gouvernementales quotidiennes commenceront à se tenir pour traiter les questions de l'approvisionnement en nourriture et en eau potable.

Malgré les initiatives du gouvernement, de nombreux citoyens libanais restent sceptiques quant à la fourniture de l'aide de l'État. «Je doute que nous verrons un dollar», a estimé Layal, la mère de famille déplacée à Beyrouth avec ses deux enfants.

«Je ne pense pas que le gouvernement aidera les gens. Dès que l'aide internationale arrivera, ils se rempliront les poches. Nous avons eu le soutien des nations arabes en 2006, mais maintenant qui va venir à notre aide? Dieu, seulement Dieu.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Le Hezbollah doit choisir entre le Liban et l’Iran », affirme Jean-Yves le Drian

Jean-Yves le Drian, Président exécutif de l’Agence française pour le Développement d’AlUla et envoyé personnel du Président de la République française pour le Liban, ancien ministre de la Défense et des Affaires étrangères. (Photo: Huda Bashatah, Arab News)
Jean-Yves le Drian, Président exécutif de l’Agence française pour le Développement d’AlUla et envoyé personnel du Président de la République française pour le Liban, ancien ministre de la Défense et des Affaires étrangères. (Photo: Huda Bashatah, Arab News)
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  • Les frappes sur Beyrouth marquent une escalade majeure malgré une trêve censée s’appliquer à toute la région
  • Jean-Yves le Drian insiste sur une issue diplomatique, incluant la sécurité régionale et la libre circulation maritime dans le détroit d’Ormuz

DUBAÏ : Au lendemain de frappes israéliennes inédite sur Beyrouth, la communauté internationale s’inquiète d’une nouvelle phase d’escalade au Proche-Orient. En dix minutes, une centaine de frappes ont visé la capitale libanaise, sans avertissement, causant des centaines de morts et de blessés.

Pour Jean-Yves le Drian, Président exécutif de l’Agence française pour le Développement d’AlUla et envoyé personnel du Président de la République française pour le Liban, ancien ministre de la Défense et des Affaires étrangères, la violence de l’attaque marque un seuil critique, lors d’un entretien accordé à Arab News en français.

Il évoque « un carnage effrayant » et juge ces frappes « intolérable[s] », rappelant qu’elles interviennent alors même qu’une trêve venait d’être acceptée par les principales parties, notamment les États-Unis et l’Iran.

Au cœur de la crise, la trêve apparaît à la fois essentielle et déjà compromise. Selon l’ancien ministre, celle-ci est « claire dans ses principes, sans ambiguïté, et devait s’appliquer à l’ensemble de la région, incluant le Liban ».

Mais la poursuite des opérations militaires en vide largement la portée. En frappant Beyrouth, Israël agit, selon lui, à rebours de la dynamique diplomatique qui avait permis l’instauration de ce cessez-le-feu. Une contradiction qui rend la situation « extrêmement grave » et alimente une méfiance généralisée entre les acteurs.

Dans ce contexte, le Liban apparaît comme un théâtre secondaire d’un affrontement régional qui le dépasse. Jean-Yves le Drian insiste sur ce point : les combats se poursuivent sur le sol libanais alors même que les protagonistes principaux ne sont pas directement liés au pays.

Cette situation met en péril des éléments fondamentaux de l’État libanais. « Ce qui est en cause aujourd'hui, c'est l'intégrité et la souveraineté du Liban », souligne-t-il, décrivant un pays pris au piège d’une confrontation extérieure.

Malgré ses failles, la trêve reste, selon lui, une nécessité stratégique. Elle devait permettre de stopper une spirale jugée « inacceptable », tant pour la stabilité régionale que pour l’économie mondiale.

Mais sa fragilité est évidente. « Chacun suspecte l'autre de mensonge, de mauvaise interprétation ou de cacher son jeu », explique M. le Drian, ajoutant que la poursuite des frappes sur le Liban empêche toute stabilisation réelle.

Dans cette crise, Jean-Yves le Drian désigne clairement le rôle du Hezbollah, qu’il considère comme à l’origine de l’engrenage initial des frappes contre Israël, en lien avec l’Iran. Mais il dénonce simultanément la riposte israélienne, qu’il juge « complètement disproportionnée ».

Cette dynamique crée une situation paradoxale : loin d’affaiblir le Hezbollah, l’intensification des frappes pourrait renforcer son influence.

« L'aggravation des tensions aujourd'hui et l'aggravation du conflit renforcent indirectement le rôle du Hezbollah qui est en train de s'ériger en protecteur de la nation », ajoute M. le Drian.

C’est dans ce contexte qu’il formule une mise en garde centrale : « Il faut que le Hezbollah choisisse ou c'est le Liban, ou c'est l'Iran. Il n'y a pas d'alternative. » Un choix qu’il espère voir tranché en faveur de l’État libanais, notamment par une partie de la population chiite.

Il souligne toutefois que le Liban dispose aujourd’hui d’un « gouvernement de qualité », qu’il décrit comme responsable et engagé dans le renforcement de l’État. Celui-ci a notamment affirmé que « seul l'État a le monopole des armes ».

Mais « ce gouvernement est aujourd'hui en difficulté face à l'aggravation de la crise », explique M. le Drian, insistant sur la nécessité de le soutenir, notamment par les partenaires internationaux et les pays du Golfe.

Malgré l’intensité des combats, une voie politique demeure envisageable. Le gouvernement libanais a récemment proposé l’ouverture de discussions directes avec Israël, une initiative que Jean-Yves le Drian qualifie d’effort « considérable ».

Il y voit une opportunité rare, estimant que cette initiative pourrait constituer un tournant si elle était saisie. Dans un contexte où la guerre ne produit pas de solution durable, il insiste sur la nécessité de redonner toute sa place à la négociation.

Les pays du Golfe apparaissent également comme des acteurs clés dans cette tentative de désescalade. Indirectement affectés par le conflit, ils ont soutenu les efforts de médiation.

« Il y a eu une offre de négociation […] avec le soutien de plusieurs pays du Golfe, en particulier avec le soutien de l'Arabie saoudite », explique M. le Drian.

Pour Jean-Yves le Drian, cette implication ouvre la voie à une redéfinition plus large de la sécurité régionale, fondée sur « une sécurité collective ».

Concernant les opérations israéliennes dans le sud du Liban, M. le Drian met en garde : « toute intervention d'occupation de la part d'Israël sur le Liban est contraire au droit international. »

Il rappelle que les précédentes opérations de ce type ont favorisé le renforcement du Hezbollah, une dynamique qu’il estime à ne pas reproduire.

Au-delà des enjeux stratégiques, la situation humanitaire se dégrade rapidement. « L'intervention israélienne a mis sur la rue quasiment un million de déplacés qui aujourd'hui survivent », explique M. le Drian.

Jean-Yves le Drian alerte sur le risque d’une aggravation rapide, avec des conséquences potentiellement graves pour la cohésion interne du pays.

Face à cette crise, la France maintient son engagement. Elle soutient les forces armées libanaises, notamment par la livraison récente de véhicules blindés, et poursuit son action humanitaire.

L’objectif est clair : renforcer l’État libanais dans ses fonctions régaliennes, en particulier sa capacité à assurer le monopole de la force.

Pour Jean-Yves le Drian, la poursuite du conflit ne peut mener qu’à une impasse. Tous les acteurs en sont conscients, estime-t-il, ce qui rend d’autant plus urgente la reprise des discussions.

Il réaffirme la nécessité d’une solution diplomatique : « La France a toujours considéré qu'il fallait régler les conflits par la voie de la négociation. »

Les paramètres d’un accord existent déjà : « C'est sur la table, il faut en discuter. »

Dans ce contexte, il élargit la réflexion aux enjeux régionaux et internationaux, en particulier la liberté de circulation maritime. « La libre circulation maritime dans le détroit d'Ormuz est essentielle », explique-t-il, avertissant que toute perturbation engendre « des difficultés considérables pour l'économie mondiale ».

Il souligne enfin que des initiatives sont déjà envisagées pour sécuriser cette zone stratégique, notamment par des dispositifs d’escorte maritime, une fois la désescalade suffisamment engagée. À cet égard, le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, ont permis de mobiliser un ensemble de pays volontaires pour accompagner la sécurisation du trafic maritime dans le Golfe.

Dans une région sous tension, le Liban apparaît ainsi à un moment décisif de son histoire — entre effondrement et sortie de crise par la diplomatie, sur fond d’équilibres régionaux et économiques encore fragiles.


Le prince héritier saoudien et le Premier ministre britannique discutent des développements régionaux

Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz. (SPA)
À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz. (SPA)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre britannique Keir Starmer pour renforcer la coopération stratégique entre leurs deux pays
  • Les discussions ont porté sur les enjeux régionaux, avec un soutien commun à la stabilité et à un cessez-le-feu durable, notamment concernant l’Iran et le détroit d’Ormuz

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu mercredi à Djeddah le Premier ministre britannique Keir Starmer.

Au cours de la rencontre, ils ont passé en revue les relations entre leurs deux pays et examiné les moyens de renforcer davantage leur partenariat stratégique dans divers domaines.

Ils ont également abordé les derniers développements régionaux et internationaux, notamment les évolutions dans la région ainsi que leurs implications en matière de sécurité et d’économie.

Les deux parties ont affirmé leur soutien à tous les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité de la région. Plusieurs questions d’intérêt commun ont également été discutées.

Keir Starmer est arrivé dans le Royaume plus tôt dans la journée, où il a été accueilli à l’aéroport de Djeddah par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz, selon des photos diffusées par l’Agence de presse saoudienne.

Lors de sa visite, Starmer a salué le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, tout en soulignant qu’il restait « beaucoup de travail à faire » pour garantir sa pérennité.

« Il reste également beaucoup à faire concernant le détroit d’Ormuz, qui a un impact à l’échelle mondiale », a-t-il ajouté. 

À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz, a rapporté l’Agence de presse saoudienne. Les ambassadeurs respectifs des deux pays étaient également présents.

*Avec SPA, Reuters 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: Israël dit avoir mené mercredi sa "plus grande frappe coordonnée" contre le Hezbollah depuis le 28 février

« De la fumée s’élève du site d’une frappe israélienne ayant visé une zone à Beyrouth le 8 avril 2026. Israël a lancé une série de frappes sur Beyrouth le 8 avril, l’attaque la plus violente contre la capitale libanaise depuis le début de la guerre. (AFP)
« De la fumée s’élève du site d’une frappe israélienne ayant visé une zone à Beyrouth le 8 avril 2026. Israël a lancé une série de frappes sur Beyrouth le 8 avril, l’attaque la plus violente contre la capitale libanaise depuis le début de la guerre. (AFP)
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  • L’armée israélienne a mené la plus vaste frappe coordonnée contre le Hezbollah depuis le début du conflit, visant une centaine de cibles à Beyrouth, dans la Bekaa et le sud du Liban
  • Malgré le cessez-le-feu avec l’Iran, Israël confirme que le Liban n’est pas concerné et que les opérations contre le Hezbollah vont se poursuivre

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé mercredi une centaine d'objectifs du Hezbollah à travers le Liban, affirmant qu'il s'agissait de "la plus grande frappe coordonnée" contre le mouvement pro-iranien depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, le 28 février.

"En l'espace de 10 minutes et simultanément dans plusieurs zones, [les forces israéliennes ont attaqué] une centaine de postes de commandement et d'infrastructures militaires" du mouvement islamiste libanais à travers le pays voisin, indique un communiqué militaire israélien.

Les frappes ont visé des objectifs à Beyrouth, dans la plaine de la Bekaa (est du Liban) ainsi que dans le sud du pays, selon l'armée israélienne.

Les frappes israéliennes sur Beyrouth, les plus violentes depuis le début de la guerre, ont provoqué des scènes de panique dans la capitale à une heure de grande affluence, selon des journalistes de l'AFP.

Ennemi d'Israël et allié de Téhéran, le Hezbollah s'était joint le 2 mars à la guerre régionale.

Le cessez-le-feu de 15 jours avec l'Iran décrété dans la nuit par le président américain Donald Trump "n'inclut pas le Liban", a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "La bataille continue au Liban, a ensuite déclaré l'armée israélienne

"Nous continuerons de frapper l'organisation terroriste Hezbollah et exploiterons chaque occasion qui se présente sur le plan opérationnel", a dit le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée, cité dans un communiqué militaire.

"Nous ne transigerons pas sur la sécurité des habitants du nord d'Israël [et] nous continuerons de frapper avec détermination", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne avait annoncé mardi avoir achevé dans le sud du Liban le déploiement de ses troupes au sol jusqu'à une "ligne de défense avancée" destinée à maintenir le nord d'Israël à l'abri des tirs de roquettes antichars du Hezbollah, dont la portée est évaluée à une dizaine de kilomètres.