Gaza: Action urgente nécessaire pour éviter un génocide, avertit l’ONU

Des personnes vérifient les décombres de bâtiments détruits lors d'une frappe israélienne sur le camp de réfugiés de Bureij dans le centre de la bande de Gaza, le 2 novembre 2023 (Photo, AFP).
Des personnes vérifient les décombres de bâtiments détruits lors d'une frappe israélienne sur le camp de réfugiés de Bureij dans le centre de la bande de Gaza, le 2 novembre 2023 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 03 novembre 2023

Gaza: Action urgente nécessaire pour éviter un génocide, avertit l’ONU

  • L’ONU a rappelé les «décennies de difficultés et de privations» endurées par les habitants de Gaza et a exhorté Israël et ses alliés à accepter un cessez-le-feu immédiat
  • L’organisation a demandé la libération immédiate de tous les civils captifs depuis les attaques du Hamas du 7 octobre

NEW YORK: Un groupe d'experts indépendants des Nations unies a lancé jeudi un avertissement urgent dans lequel il a tiré la sonnette d'alarme: le temps presse pour empêcher un génocide potentiel et une catastrophe humanitaire à Gaza.

Ils ont dressé un tableau sombre de la situation dans la bande de Gaza assiégée et ont exprimé leur profonde frustration face au refus d'Israël de mettre fin à ses plans de «décimation» du territoire.

«Nous restons convaincus que le peuple palestinien court un grave risque de génocide», ont prévenu les experts. «Il est temps d'agir. Les alliés d'Israël portent également une responsabilité et doivent agir immédiatement afin d’empêcher ses opérations militaires désastreuses.»

Le groupe de sept experts comprenait les rapporteurs spéciaux des Nations unies sur les droits de l'homme à l'eau potable et à l'assainissement, le droit à l'alimentation, les droits de l'homme des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays et les formes contemporaines de racisme, ainsi que Francesca Albanese, rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967.

Exprimant leur «horreur croissante» face aux frappes aériennes israéliennes qui visent sans relâche le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, depuis mardi soir, tuant et blessant des centaines de résidents. Ils ont qualifié ces attaques de «violation flagrante du droit international».

Ils ont ajouté: «La frappe aérienne israélienne sur un complexe résidentiel dans le camp de réfugiés de Jabaliya est une violation flagrante du droit international et un crime de guerre. L'attaque d'un camp abritant des civils, notamment des femmes et des enfants, est une violation totale des règles de proportionnalité et de distinction entre les combattants et les civils.»

Les experts ont salué la récente résolution de l'Assemblée générale des Nations unies, adoptée le 27 octobre avec le soutien d'une majorité écrasante d'États membres, qui a souligné la nécessité de protéger les civils et de respecter les obligations juridiques et humanitaires. Toutefois, ils ont précisé que la situation exigeait plus qu'une simple résolution.

«Nous avons reçu la résolution avec espoir, mais c'est maintenant qu'il faut agir», ont-ils insisté, avertissant que tous les signes indiquent que l'on s'approche rapidement d'un point de rupture critique dans la bande de Gaza.

Ils ont mis en lumière des rapports inquiétants faisant état de personnes contraintes de recourir à des mesures désespérées pour survivre, telles que la saisie désespérée de farine et d'autres produits de première nécessité dans un entrepôt des Nations unies, d'enfants contraints de boire de l'eau de mer en raison du manque d'eau potable, et d'opérations chirurgicales pratiquées sur des patients, surtout des enfants, sans anesthésie. En outre, de nombreux habitants âgés de Gaza et des personnes handicapées ont été déplacés de leurs maisons, qui ne sont plus que des décombres, et sont contraints de vivre sous des tentes.

La situation à Gaza a atteint un point critique, ont averti les experts, dans lequel le besoin urgent de nourriture, d'eau, de médicaments, de carburant et d'autres fournitures essentielles est aggravé par une crise sanitaire imminente, étant donné le manque prolongé de carburant et les dommages causés aux infrastructures d'approvisionnement en eau par les bombardements incessants des trois dernières semaines, qui ont laissé la population de Gaza avec peu ou pas d'accès à l'eau potable.

Situation humanitaire à Gaza

Environ 1,4 million de personnes à Gaza sont maintenant déplacées à l'intérieur du pays, et quelque 630 000 d'entre elles ont trouvé refuge dans 150 abris d'urgence de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa). L'agence a rapporté que 70 travailleurs de l'ONU sont morts jusqu'à présent à cause des bombardements israéliens sur Gaza.

Les experts de l'ONU ont également demandé la libération immédiate de tous les civils détenus depuis l'attaque des villes israéliennes par des combattants du Hamas le 7 octobre.

«Toutes les parties doivent respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire et des droits de l'homme», ont-ils insisté.

«Nous demandons un cessez-le-feu humanitaire afin que l'aide parvienne à ceux qui en ont le plus besoin. Un cessez-le-feu signifie également que les voies de communication peuvent être ouvertes pour assurer la libération des otages», ont-ils ajouté.

Tout en exprimant leur vive inquiétude quant à la sécurité du personnel des Nations unies et des autres travailleurs humanitaires, ainsi que des hôpitaux et des écoles qui offrent un refuge et des services médicaux vitaux à la population de Gaza, les experts ont également tiré la sonnette d'alarme concernant la sécurité des journalistes et des autres travailleurs des médias, ainsi que de leurs familles. Ils ont mentionné que les connexions Internet et les communications ont été interrompues, ce qui a empêché la diffusion d'informations essentielles sur l'évolution de la situation dans la bande de Gaza.

«Nous souhaitons rappeler à toutes les parties que le personnel et les installations humanitaires et médicales sont protégés par le droit international», ont-ils déclaré. «Les États ont l'obligation d'assurer leur sécurité et leur protection en temps de guerre.»

«Comme le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres l'a répété à plusieurs reprises, Israël et les groupes armés palestiniens doivent garder à l'esprit que même les guerres ont des règles.»

Les experts ont conclu en rappelant les immenses difficultés et privations que subit la population palestinienne de Gaza et en lançant un appel pressant à Israël et à ses alliés pour qu'ils acceptent un cessez-le-feu immédiat, avertissant qu'il est impératif d'agir rapidement.

«La population palestinienne de Gaza, en particulier les femmes, les enfants, les personnes handicapées, les jeunes et les personnes âgées, a enduré des décennies de difficultés et de privations», ont-ils affirmé.

«Nous n'avons plus beaucoup de temps», ont-ils averti.

Les rapporteurs spéciaux font partie de ce que l'on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Ce sont des experts indépendants qui travaillent sur une base volontaire, ne font pas partie du personnel de l'ONU et ne sont pas rémunérés pour leur travail.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un char israélien tire près d’une patrouille de l’armée libanaise et de la FINUL sur fond de tensions croissantes

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
Short Url
  • Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement, Nabih Berri, afin d’aborder l’escalade israélienne
  • Joseph Aoun fait face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement

BEYROUTH : Un char israélien a ouvert le feu vendredi après-midi à proximité d’une patrouille conjointe de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dans un nouvel incident venant accroître les tensions le long de la Ligne bleue.

L’obus serait tombé près de Wadi Al-Asafir, au sud de la ville de Khiam, alors que l’armée libanaise et la FINUL menaient une opération de terrain. Selon des témoins, le tir provenait d’une nouvelle position israélienne établie dans la zone de Hamams.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News :
« Ce n’est pas la première fois que les forces israéliennes prennent pour cible des unités de l’armée libanaise et de la FINUL. Des incidents similaires ont eu lieu lors d’opérations au sud du fleuve Litani, et la FINUL a déjà condamné de tels agissements. »

Plus tôt dans la journée de vendredi, un drone israélien a tiré trois missiles sur un véhicule à Baalbek, dans l’est du Liban, lors d’une tentative d’assassinat qui a échoué. Des témoins ont indiqué que le premier missile a touché une voiture circulant sur la route Majdaloun-Baalbek. Le conducteur, présumé palestinien, a réussi à s’échapper après avoir jeté son téléphone, avant de stationner près de l’hôpital Dar Al-Amal.

Le second missile a manqué sa cible, ne causant que des dégâts matériels, tandis qu’un troisième tir a suivi sans faire de blessés.

Ces attaques interviennent dans un contexte de scepticisme renouvelé d’Israël quant aux efforts du Liban pour confisquer les armes au sud du Litani. Des responsables israéliens ont qualifié l’annonce récente de Beyrouth, faisant état de l’achèvement de la première phase du plan de désarmement, de « coup médiatique destiné à gagner du temps ». Les autorités libanaises assurent, de leur côté, que des progrès sont réalisés dans le cadre d’une stratégie nationale graduelle, soutenue par des partenaires internationaux.

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri afin d’aborder l’escalade israélienne, qui a notamment inclus cette semaine des bombardements de zones résidentielles au nord du Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles.

Joseph Aoun fait par ailleurs face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement. Une campagne sur les réseaux sociaux lancée jeudi l’a accusé de « trahir la résistance », à travers des vidéos largement diffusées en ligne.

Malgré ces attaques, Nabih Berri soutiendrait la position du président. Un responsable libanais a confié à Arab News :
« Berri continue de jouer un rôle de médiation et estime que le véritable problème réside dans l’absence de pression internationale sur Israël pour qu’il respecte le cessez-le-feu et mette fin à ses violations. »

S’adressant vendredi à une délégation de l’Association des villes frontalières du Sud, Joseph Aoun a affirmé que la stabilité du Liban est impossible sans sécurité dans le Sud.
« Nous coordonnons avec l’armée afin de renforcer sa présence dans les villages frontaliers », a-t-il déclaré. « Notre principale revendication dans les réunions du mécanisme reste le retour en toute sécurité des déplacés et la libération des prisonniers. »

Parallèlement, le Parquet a commencé à convoquer plusieurs personnes accusées d’avoir insulté le président en ligne, dont le journaliste Hassan Alik, qui ne s’est pas présenté vendredi.

Le palais présidentiel a indiqué à Arab News que le chef de l’État n’avait pas déposé de plainte et que la justice avait agi de manière indépendante, conformément au droit libanais, qui criminalise les insultes envers le président.

L’avocate de Hassan Alik, Alia Moallem, a déposé un mémoire juridique estimant que la convocation violait la Constitution et les lois sur la presse, arguant que les propos relevaient du travail journalistique et de la liberté d’expression.

Dans un communiqué, le Syndicat des rédacteurs en chef de la presse libanaise a appelé les journalistes à faire preuve de responsabilité dans ce contexte sensible, tout en réaffirmant l’importance de protéger la liberté d’expression garantie par la loi libanaise.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite accueillera la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale en avril

Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
Short Url
  • L’Arabie saoudite accueillera à Djeddah, en avril 2026, la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale, confirmant son rôle croissant sur la scène économique internationale
  • L’événement s’inscrit dans la continuité des initiatives du Royaume, visant à favoriser un dialogue pragmatique et des décisions à impact pour soutenir la croissance mondiale

RIYAD : L’Arabie saoudite accueillera la réunion du Forum économique mondial (WEF) consacrée à la collaboration et à la croissance mondiale à Djeddah, les 22 et 23 avril 2026.

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de cette rencontre de haut niveau, annoncée lors de la réunion annuelle du WEF en 2025, selon l’Agence de presse saoudienne.

Dans ses remarques de clôture au forum, le ministre a souligné la nécessité d’un dialogue soutenu pour accélérer la croissance mondiale, appelant les participants à s’impliquer activement dans la réunion à venir.

Il a indiqué que cet événement s’inscrira dans la continuité de l’élan créé par la réunion spéciale du WEF organisée à Riyad en 2024, affirmant que le Royaume s’est imposé comme une capitale mondiale du pragmatisme et de la prise de décisions à fort impact.

Le président du WEF, Børge Brende, a pour sa part salué l’approfondissement de l’engagement du Forum avec le Royaume.

« Nous sommes ravis de revenir en Arabie saoudite en 2026 pour poursuivre les discussions engagées lors de notre réunion annuelle, en créant un espace où les dirigeants peuvent travailler ensemble, instaurer la confiance et faire en sorte que le dialogue débouche sur une collaboration et des actions concrètes », a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tunisie: trois ans et demi de prison pour deux célèbres chroniqueurs

 Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux. (AFP)
Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux. (AFP)
Short Url
  • Les deux hommes sont déjà en détention depuis presque deux ans pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied, dans des émissions de radio et de télévision ainsi que des publications sur les réseaux sociaux
  • Condamnés à une année de prison, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel

TUNIS: Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux.

Les deux hommes sont déjà en détention depuis presque deux ans pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied, dans des émissions de radio et de télévision ainsi que des publications sur les réseaux sociaux.

Condamnés à une année de prison, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel.

Ils auraient dû sortir de prison en janvier 2025 mais sont restés en détention pour une affaire de "blanchiment d'argent" et d'"évasion fiscale".

"Trois ans et demi pour Mourad et Borhen", a écrit sur Facebook la soeur de M. Zeghidi, Meriem Zeghidi Adda.

Jeudi, lors de la dernière audience du procès, M. Zeghidi a réclamé sa libération tandis que M. Bsaies a demandé à ce que justice lui soit rendue, a rapporté à l'AFP l'avocat du premier, Ghazi Mrabet.

Un autre avocat de M. Zeghidi, Fethi Mouldi, a affirmé que son client avait été inculpé en raison d'une déclaration fiscale incomplète, "une situation qui a été réglée ce qui invalide l'inculpation pour blanchiment d'argent" selon lui.

Les arrestations de MM. Zeghidi et Bsaies avaient coïncidé avec celles de l'avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, libérée fin novembre, et d'une dizaine de militants de l'aide aux migrants.

Depuis le coup de force du président Saied, qui s'est octroyé tous les pouvoirs depuis le 25 juillet 2021, des ONG locales et internationales dénoncent une régression des droits et libertés en Tunisie.

Des dizaines d'opposants et militants de la société civile sont poursuivis en vertu d'un décret présidentiel visant officiellement à lutter contre "les fausses informations" mais sujet à une interprétation très large dénoncée par des défenseurs des droits humains.

Des chefs de l'opposition ont notamment été condamnés à de lourdes peines dans un méga-procès de "complot contre la sûreté de l’Etat".

En 2025, la Tunisie a chuté de 11 places dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), passant de la 118e à la 129e place sur 180 pays.