Liban: La réunion de Paris entre «pédagogie» et craintes de «l’influence du Hezbollah»

Manifestation de proches des victimes de l'explosion du port de Beyrouth, le 23 janvier dans la capitale libanaise (Photo, AFP).
Manifestation de proches des victimes de l'explosion du port de Beyrouth, le 23 janvier dans la capitale libanaise (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 06 février 2023

Liban: La réunion de Paris entre «pédagogie» et craintes de «l’influence du Hezbollah»

  • Selon une source diplomatique française, Paris s’inquiète du pourrissement de la situation au Liban
  • Un effondrement «ne diminue pas le pouvoir du Hezbollah, ni ses capacités, bien au contraire», a confié une seconde source diplomatique à Arab News en français

PARIS: Aucune fumée, ni blanche ni autre, n’apparaîtra à l’issue de la réunion sur le Liban qui se tient à Paris.
Ni la France qui a initié cette rencontre, ni les pays participants en l’occurrence les États-Unis, l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Qatar, ont le pouvoir de trouver une solution aux crises aigues et complexes que traverse le Liban.
Cette réunion qui se tient au niveau de conseillers diplomatiques, résulte de l’inquiétude majeure ressentie par Paris à l’égard du Liban, exposé à un risque de pourrissement de sa situation et une  poursuite de descente aux abîmes.
L’objectif de cette réunion, selon des informations obtenues auprès  d’une source diplomatique française, est de continuer «à mobiliser les partenaires sur le Liban,  de continuer à leurs faire passer des messages et de faire preuve de pédagogie pour leur montrer que la situation actuelle n’est pas tenable ni pour le Liban ni pour ses voisins».
S’appuyant sur l’exemple de l’Arabie Saoudite, qui s’est réinvestie au Liban sous l’impulsion du président Emmanuel Macron après une période d’abstention fournissant une aide humanitaire à la population libanaise, Paris cherche à obtenir des actions similaires de la part des autres partenaires.
Il s’agit «de poursuivre l’effort en proposant aux pays qui prennent part à cette réunion des actes de coopération, en se basant sur une expérience qui fonctionne à l’instar des initiatives humanitaires», souligne la source.
Il s’agit de parer au plus urgent et d’essayer de pallier autant que possible aux besoins humanitaires des Libanais en mobilisant les partenaires de la France.
Quant à  la situation politique, Paris ne change pas d’avis concernant «la responsabilité qui incombe aux dirigeants libanais de se mettre d’accord pour élire un président», affirme la source qui a rappelé la position de la France qui est celle de «soutenir tout candidat apte à rassembler la population et à mettre en place les réformes attendues pour redresser la barre et l’ensemble de la situation au profit de la population».

A qui profite l’effondrement?
Paris estime que les dirigeants libanais «ont montré qu’ils savent s’entendre en signant l’accord gazier avec Israël. Cette signature, malgré toutes les difficultés qui ont précédé sa concrétisation,  est née d’un consensus très large des différentes forces libanaises en présence».
Une deuxième source diplomatique a tenu des propos plus politiques en affirmant que «la situation est très délicate et très difficile, surtout que la France n’a pas le choix de se désengager» de ce dossier.
Le Liban, comme le précise cette source, est exposé à un risque d’effondrement qui «ne diminuerai pas le pouvoir du Hezbollah, ni ses capacités de projection, bien au contraire, ce qui constitue un risque majeur pour la sécurité et la stabilité de la région».
«Si nous voulons circonscrire l’influence du Hezbollah» affirme cette source, «nous n’avons pas d’autre choix que d’être présent au Liban pour soutenir les forces réformatrices qui aspirent au changement et travailler à un assainissement  économique».
Pour la diplomatie française «il est prioritaire pour le Liban de parvenir à mettre en œuvre des réformes et de conclure un accord avec le FMI, sans lesquels aucun appui financier international ne sera possible».


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.