Frankly Speaking: Que pensent les juifs américains d'un accord entre l'Arabie saoudite et Israël?

La communauté juive américaine est «ravie» de l'accord potentiel entre l'Arabie saoudite et Israël, selon Marc Schneier (Capture d'écran, AN).
La communauté juive américaine est «ravie» de l'accord potentiel entre l'Arabie saoudite et Israël, selon Marc Schneier (Capture d'écran, AN).
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Publié le Lundi 02 octobre 2023

Frankly Speaking: Que pensent les juifs américains d'un accord entre l'Arabie saoudite et Israël?

  • Israël, l'Arabie saoudite et le Congrès américain devraient être «sur la même longueur d'onde» en ce qui concerne les ventes d'armes américaines à l’Arabie saoudite
  • Schneier explique les raisons de son soutien à la campagne «Pourquoi Riyad?» d'Arab News, qui soutient la candidature saoudienne à l'Expo 2030

DUBAI: La communauté juive américaine est «ravie» de l'accord potentiel entre l'Arabie saoudite et Israël, selon Marc Schneier, rabbin américain renommé et expert du Moyen-Orient.

Apparaissant dans le premier épisode d'une nouvelle saison de l'émission d'actualités Arab News «Frankly Speaking», Schneier a déclaré qu'un tel accord pourrait constituer un pas vers la résolution du conflit israélo-palestinien.

«Je crois que nous sommes très proches. Je pense que nous sommes sur le point de voir ce rapprochement entre Israël et l'Arabie saoudite», a-t-il signalé.

Schneier a salué les efforts du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, qui, selon lui, «s'est représenté de manière très humaine et abordable» lors d'une interview avec Fox News qui a fait couler beaucoup d'encre et qui a été diffusée au début du mois.

S'adressant à Bret Baier de la chaîne de télévision américaine, le prince héritier saoudien a notamment révélé que «chaque jour, nous nous rapprochons» de la normalisation des relations entre l'Arabie saoudite et Israël.

Fox News a diffusé une émission spéciale consacrée à la transformation de l'Arabie saoudite, le clou  de celle-ci étant l'interview exclusive avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. Le chef du service politique de la chaîne américaine, Bret Baier, s'est rendu dans le Royaume pour l'occasion  (Photo fournie).

«Très peu de gens ont eu l'occasion de l'entendre, en particulier en anglais. Et cela a touché le public», a indiqué Schneier.

Selon lui, les remarques du prince héritier sur l'avenir des relations entre l'Arabie saoudite et Israël ont touché une corde sensible non seulement chez les juifs américains, mais aussi chez les 16 millions de chrétiens évangéliques aux États-Unis, dont beaucoup ont une opinion très positive d'Israël.

«Certains de mes amis évangéliques qui sont à la tête de ce groupe m'ont dit combien il était réconfortant d'entendre le grand dirigeant du Royaume d'Arabie saoudite exprimer son désir sincère et son rêve de voir une paix non seulement avec Israël, mais aussi une coexistence pacifique dans toute la région», a déclaré Schneier.

Les demandes formulées de la partie saoudienne — la levée des restrictions américaines sur la vente d'armes, l’aide à la création d'un programme nucléaire civil en Arabie saoudite et l’élaboration d'un pacte de sécurité — sont considérées par Schneier comme les véritables obstacles. 

Fox News a diffusé une émission spéciale consacrée à la transformation de l'Arabie saoudite, le clou  de celle-ci étant l'interview exclusive avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. Le chef du service politique de la chaîne américaine, Bret Baier, s'est rendu dans le Royaume pour l'occasion  (Photo fournie).

«Israël, l'Arabie saoudite et les États-Unis — qu'il s'agisse de l'administration Biden ou du Congrès — seraient sur la même longueur d'onde», a-t-il déclaré à Katie Jensen, animatrice de l'émission «Frankly Speaking».

Au cours de l'entretien accordé à Fox News, le prince héritier saoudien a souligné qu'une solution au conflit du Moyen-Orient serait une composante nécessaire de tout accord entre l'Arabie saoudite et Israël. «Pour nous, la question palestinienne est très importante. Nous devons résoudre cette partie», a déclaré le prince héritier lorsqu'on lui a demandé ce qu'il faudrait faire pour obtenir un accord de normalisation.

«C'est le seul obstacle qui reste en suspens, et il n'est pas très facile à surmonter», a indiqué Schneier.

Il considère que les juifs, non seulement aux États-Unis mais dans le monde entier, notamment en Israël, «sont un peu naïfs et n'apprécient pas l'importance de résoudre ce conflit israélo-palestinien une fois pour toutes».

Schneier a reconnu que certains membres du gouvernement du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de plus en plus à droite, pourraient rejeter tout type d'accord de paix en faveur de l'expansion des colonies juives en Palestine. Il a toutefois souligné que les dirigeants de droite ont l'habitude de faire la paix.

Il a cité la visite historique du président Richard Nixon en Chine, les sommets du président Ronald Reagan avec le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et le traité de paix conclu par feu le Premier ministre israélien Menahem Begin avec l'Égypte comme exemples de succès diplomatiques obtenus par des dirigeants politiques plus conservateurs.

«Souvent, lorsqu'il s'agit de ces négociations, lorsqu'il s'agit de concessions, vous avez besoin des personnes les plus à droite pour donner de la crédibilité, de la légitimité et de l'authenticité à ce qui serait une paix véritable et réelle», a précisé Schneier. «Je ne suis donc pas inquiet à ce sujet.»

Apparaissant dans le premier épisode d'une nouvelle saison de l'émission d'actualités Arab News «Frankly Speaking», Schneier a déclaré qu'un tel accord pourrait constituer un pas vers la résolution du conflit israélo-palestinien (Photo fournie).

Dans le contexte actuel, Schneier a déclaré: «Si la coalition israélienne accepte la paix, je sais que le Premier ministre, Netanyahou, sera en mesure de la réaliser. Ma question est la suivante: les dirigeants palestiniens auront-ils la même crédibilité pour ce qui est de la réalisation de cette paix? Les dirigeants palestiniens actuels ont-ils le soutien du peuple palestinien?» s’est -t-il demandé.

Pour qu'il y ait «une paix véritable, réelle et authentique», il a signalé: «La question qui se pose est de savoir si les dirigeants palestiniens actuels peuvent réellement concrétiser bon nombre de ces promesses et garanties. Il s'agit là de questions très, très difficiles.»

Cela dit, Schneier a laissé entendre que les États arabes du Golfe pouvaient et devaient jouer un rôle majeur dans la résolution du conflit israélo-palestinien.

«Je ne crois pas que les dirigeants palestiniens puissent parvenir à une quelconque résolution avec les Israéliens sans la participation de pays comme l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar et d'autres», a-t-il insisté. «Israël aura besoin de l'aide, en particulier du prince héritier et de l'Arabie saoudite, pour parvenir à cette paix.»

Accords d'Abraham

À la mi-septembre, le ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen, a déclaré à la radio de l'armée israélienne qu’«il y a certainement une probabilité» que les détails d'un accord visant à forger des relations entre l'Arabie saoudite et Israël soient «finalisés» au cours du premier trimestre 2024.

Si les Saoudiens sont essentiels au processus de paix, Schneier estime que l’Arabie saoudite peut adopter une stratégie différente de celle des pays arabes qui ont normalisé leurs relations avec Israël.

«Peut-être que l'Arabie saoudite adoptera l'approche des Émirats arabes unis — plutôt opérationnelle — ‘faisons la paix maintenant, nous nous occuperons des Palestiniens plus tard.’ Je ne crois pas que ce soit l'approche du prince héritier saoudien», a-t-il estimé.

L'Arabie saoudite et Israël n'ont jamais eu de relations diplomatiques officielles, bien que les relations entre Israël et plusieurs pays arabes se soient tiédies ces dernières années. La signature des accords d'Abraham en 2020 a permis aux Émirats arabes unis et à Bahreïn de normaliser leurs relations avec Israël, suivis par le Maroc et le Soudan.

Les accords d'Abraham ont fait l'objet de nombreuses critiques. Lors d'une apparition sur Frankly Speaking en mai de l'année dernière, l'ancien chef des services de renseignement saoudiens, le prince Turki al-Faisal, a estimé qu'il n'y avait «aucune preuve» que la normalisation avait conduit Israël à être plus indulgent à l'égard des Palestiniens.

Les violences commises par les colons israéliens ont augmenté cette année. Les Nations unies ont enregistré 591 attaques de colons au cours des six premiers mois de l'année, contre 358 pour la seule année 2020.

À ce sujet, Schneier a déclaré: «Il faut du temps pour que les choses se mettent en place. Mais je sais qu'au Bahreïn, aux Émirats arabes unis, au Maroc et en Israël, les gens se sentent très, très sincèrement prêts à tendre la main à l'autre.»

Il a ensuite qualifié les accords d'Abraham de «révolutionnaires» et de «progression naturelle pour le rapprochement des musulmans et des juifs».

Schneier lui-même a joué un rôle actif dans la diplomatie moyen-orientale, en facilitant le rapprochement entre Recep Tayyip Erdogan et Izaac Herzog, respectivement présidents de la Turquie et d'Israël.

«Avant mars 2022, les relations entre Israël et la Turquie étaient conflictuelles. Aujourd'hui, elles sont marquées par une grande coopération. Alors, oui, je suis réellement fier du rôle que j'ai joué et j’espère jouer des rôles similaires avec d'autres pays afin de rapprocher le monde musulman de l'État d'Israël», a mentionné Schneier.

Schneier est le président et cofondateur de Foundation for Ethnic Understanding, créée en 1989 dans le but d'améliorer les relations entre juifs et musulmans et entre juifs et noirs.

«Ma préoccupation est de trouver le moyen de réduire le fossé, le gouffre, la fracture entre 1,6 milliard de musulmans et 16 millions de juifs», a révélé Schneier.

Qualifiant de «révolutionnaire» l'annonce initiale des accords d'Abraham en septembre 2020, il a déclaré: «En fin de compte, musulmans et juifs, nous sommes une famille, nous sommes cousins. Nous avons peut-être eu quelques désaccords familiaux, mais il n'y a pas deux autres religions qui ont plus en commun et qui ont ce lien historique que l'islam et le judaïsme. Pour moi, il est donc tout à fait naturel que les musulmans et les juifs se réunissent à nouveau.»

Expo 2030

Schneier a profité de l'interview pour réaffirmer son soutien à la campagne d'Arab News en faveur de la candidature saoudienne à l'organisation de l'Exposition universelle de 2030.

Invité à expliquer dans ses propres mots l’initiative «Pourquoi Riyad», il a répondu: «Parce que je pense que les gens n'apprécient pas ce que l’Arabie saoudite a fait d'un point de vue interreligieux. Nous connaissons tous les changements, toutes les réformes politiques et économiques, mais il faut savoir que l'Arabie saoudite a été le premier des États du Golfe à tendre la main à d'autres États, à l'Occident, d'un point de vue interreligieux.»

Il a notamment salué le rôle du Centre international roi Abdellah ben Abdelaziz pour le dialogue interreligieux et interculturel, fondé en 2012 par le défunt roi saoudien Abdellah.

«C'est le Centre roi Abdallah qui a été le premier centre religieux interconfessionnel jamais soutenu, jamais fondé, par un pays du Golfe», a-t-il souligné.

Avant d'accepter d'être le conseiller interconfessionnel de la Coupe du monde de football de 2022, Schneier a demandé des vols directs entre Tel-Aviv et Doha et la fourniture de nourriture casher lors du plus grand événement sportif du monde afin de s'assurer que «les Israéliens s'y sentent les bienvenus».

«J'appelle cela la diplomatie du bagel», a soutenu Schneier, ajoutant: «Nous avons apporté les premiers bagels à Doha, au Qatar.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Guterres effectue une visite en Syrie, la première d'un chef de l'ONU depuis 2009

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
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  • Antonio Guterres est arrivé en Syrie pour réaffirmer le soutien de l’ONU à la transition politique et rencontrer les autorités syriennes ainsi que des représentants de la société civile
  • Cette visite intervient à un moment clé, alors que la Syrie doit relever les défis de la reconstruction, de la gouvernance inclusive et des tensions sécuritaires persistantes

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé samedi en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre.

Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana.

"L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Le diplomate réaffirmera que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement", a-t-il ajouté.

Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

- "Période clé" -

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.

L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie".

Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.

Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk.

Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
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  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.